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ISBN : 2846261962
Éditeur : Au Diable Vauvert (19/03/2009)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 209 notes)
Résumé :
Prévoyant la catastrophe, Franx a convaincu les siens de fortifier le Feu de Dieu, une ferme du Périgord, conçue pour une autonomie totale de plusieurs années.

Mais le cataclysme le surprend à Paris et. pour rejoindre sa famille, il entreprend une impossible odyssée, à pied dans des ténèbres perpétuelles en compagnie d'une autre survivante, une petite fille muette.

Pendant ce temps, dans l'arche transformée en bunker, sa femme et leur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  24 janvier 2016
La malédiction de Cassandre a toujours frappé les visionnaires : ils prédisent l'avenir, mais jamais personne ne les croit.
Ainsi en est-il de Franx, héros de ce livre, vilipendé, moqué, trahi, méprisé, qui prophétise la fin de ce monde, et l'avènement d'une nouvelle ère après une décennie de bouleversements géologiques et climatiques.
Franx a eu l'incroyable énergie de réaliser son rêve de fou en construisant avec l'aide d'une petite communauté une véritable forteresse dans le fin fond du Périgord noir, au lieu-dit le « Feu de Dieu ». Une forteresse destinée à les protéger durant la décennie que durerait les cataclysme climatiques et géologiques.
Mais qui, à l'exception de Franx avec son caractère bien trempé et son intransigeance, pourrait durablement croire à l'extinction prochaine de l'espèce humaine ?
C'est au moment où la petite communauté se désagrège de l'intérieur et quitte le « Feu de Dieu » que le « Grand Bouleversement » finit par arriver, si promptement que Franx n'a même pas le temps de dire aux incroyants, aux sceptiques et aux persifleurs : « Vous voyez, je vous l'avais bien dit ! »
Deux destins se déroulent en parallèle.
Le voyage apocalyptique et dantesque de Franx pour rejoindre sa famille terrée au « Feu de Dieu ». Cinq cent bornes à pied au milieu d'un paysage ravagé, d'orgueilleuses cités millénaires englouties ; une marche harassante dans le blizzard, la nuit perpétuelle et les pluies de cendre ; un combat inégal contre la faim, l'épuisement, le découragement, et le froid mordant jusqu'à l'os ; une lutte de chaque instant contre soi-même et contre tous les autres survivants, et d'abord les rats, éternels rivaux de l'homme. Pour survivre et avancer, Franx doit abandonner toute émotion, toute compassion. Se faire plus dur que le roc.
Quant au « Feu de Dieu », nous assistons à un huis-clos malsain et étouffant où la famille de Franx se protège tant bien que mal et cherche à se libérer de la tyrannie de Jim aux « doigts tentaculaires ».
Pourtant, malgré cette atmosphère oppressante, cet épuisement des corps et des âmes tellement palpables, ce fatalisme mortifère, il existe toujours un peu d'amour et d'humanité qui permet à nos héros si malmenés de poursuivre leur chemin, de chercher à survivre, vaille que vaille.
On entrevoit, de temps à autre, dans une fugace éclaircie une espérance nouvelle pour l'humanité, et c'est tout le talent de Pierre Bordage que d'avoir confié les clefs de ce monde en gestation aux deux êtres les plus fragiles, les plus innocents et les plus démunis de cette sombre histoire.
Un beau livre, d'une noirceur sidérale, d'une violence pure, mais aussi plein d'espérance, qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout.
Challenge 2016 Pierre Bordage

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finitysend
  15 novembre 2016
Un style très efficace et un très bon moment dans un monde âpre et dure !
Je ne suis pas un inconditionnel de P Bordage . Cependant j'ai dévoré ce roman .
Il contient selon moi tout ce qui peut combler l'amateur du genre post apocalyptique .
La catastrophe est brutale . Nous la vivons en direct dès les premières pages et tout le reste du temps les personnages ( ciselés et prégnants de réalité ) en assument les conséquences, ballotés par les vents et marées .
Le récit se structure entre deux pôles :
Le personnage principal est coincé à paris et il tente de rejoindre son domicile . C'est un parcours hallucinant dans un environnement de froid extrême .. de lave .. de vapeurs dangereuses et mortelles , avec des rencontres pas toujours bonnes et pas toujours mauvaises ( des fois les deux ensemble malgré tout ). Cet exode du personnage principale est une virée hallucinante et spectaculaire de chaque instant .
L'autre volet du texte concerne la famille , qui attend le retour du personnage principal dans une sorte de fortin ( la maison familiale fortifiée ) , assiégée par des malheureux , occasionnellement assiégée mais principalement sous la coupe d'un personnage limité , dangereux et nocif .
Un homme qui s'est incrusté dans la maison .Cette maison est superbement décrite et habitée ( la situation et les lieux sont très fouillés ) ..
Franchement c'est un excellent moment de lecture apocalyptique plein de rebondissements , de nuances et de suspens . le feu de dieu est tout simplement excellent . Une lecture post apocalyptique du tonnerre , que je recommande aveuglément pour qui voudra découvrir ce sous-genre de la SF .
Ps : je mets le mot-clef guerre parce que la maison subit un véritable siège et la route est émaillée d'affrontements .
Ps bis : Dans ce genre je mentionne un texte qui est un autre must du genre post apocalyptique francophone : L'autoroute sauvage de Julia Verlanger ..
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lyoko
  22 avril 2016
Je déteste les scénarios catastrophes, ou le monde péri sous les coups d'une éruption volcanique ou d'un séisme de magnitude 24 sur l'échelle de Richter .
Quand mon mari regarde ce genre de film c'est le meilleurs moyen pour me faire fuir le salon.
Alors quand j'ai attaqué les premiers chapitres de ce roman dans ma tête ça a fait : " Argh !! pourquoi tu n'as pas lu la quatrième de couverture ! Tu as choisi le seul Bordage que tu vas détester !"
Et bien non ! parce que Bordage est un formidable conteur et qu'il aborde le sujet complètement différemment. Ce n'est pas tant la catastrophe qui intéresse l'auteur mais tout simplement le comportement humain. L'homme devient un loup pour l'homme (ce qu'il est déjà au demeurant) pour sauver sa peau, il devient tortionnaire pour appuyer sa domination, ou utilise ses atouts pour arriver a ses fins.
Alors oui ce roman c'est du Bordage tout craché, mais un Bordage différent. Dans ce roman il n'est absolument pas question d'une critique du système mais d'une mise en évidence de ce que l'homme peut faire lorsqu'il est confronté à une situation extrême, mais également aux mutations que le corps, l'esprit ou la nature peuvent subir pour s'adapetr au mieux a un écosystème hostile.
Je n'ai pas complètement été convaincue par le personnage d'Alice. Tout simplement parce que en tant que mère je crois que je pourrais me transformer en lionne (voir pire) si on touchait a un seul cheveux de mes enfants.
Mais d'un autre côté, avec sa vision des choses, Bordage démontre que nous sommes tous différents et que la sécurité de nos enfants ne passe pas toujours pas des actes inconsidérés... mais parfois par des actes "plus posés".
Au final, j'ai fortement apprécié ce roman .. et ce n'est pas encore celui ci qui fera baisser mon appréciation de ce grand auteur Français.
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Pavlik
  19 avril 2016
Challenge Pierre Bordage 2016 / 3
Un Bordage sympa, aux antipodes des "Guerriers du Silence" qui contentera aisément les lecteurs amateurs de thriller post-apocalyptiques.
Franx est un visionnaire, seul contre tous. Il a prévu le cataclysme planétaire qui a mis fin à l'humanité, telle que nous la connaissons. Il savait que la terre, suite à une série de bouleversements globaux (tsunamis, tremblement de terre, inversion des pôles magnétiques, éruptions volcaniques massives...) allait entrer dans une nuit glaciaire d'une décennie. En conséquence, il a aménagé une ferme, baptisée le Feu de Dieu, dans le Périgord noir, afin d'y mettre sa famille à l'abri (Alice, sa femme, Théo et Zoé, ses deux enfants). Trois autres familles l'ont suivi, mais las de ses "délires" paranoïaques, elles sont parties, juste avant la catastrophe...Seul reste, en compagnie des siens, Jim, dit le grax, un dangereux pervers, inutile et tyrannique. le problème est que Franx, à cause d'un malheureux concours de circonstances, s'est retrouvé à Paris, lorsque les implacables événements ont débuté. Accompagné d'une étrange petite fille, qu'il a recueilli en chemin, arrivera-t-il à parcourir les 500 km qui le sépare du Feu de Dieu, alors que le monde s'écroule autour de lui ?
Un Bordage sympa, donc, très immersif et dont les pages se tournent toutes seules. L'auteur alternent l'histoire de Franx et d'Alice, en égrenant des chapitres courts, à l'aide d'une écriture nerveuse et rythmée, qui n'est certes pas à la hauteur de celle des "Guerriers du Silence", mais qui a le mérite d'être adaptée au récit. le monde qu'il nous dépeint est proprement effroyable et le changement des comportements humains est aussi radical et rapide que les bouleversements climatiques et géologiques. On est quand même assez loin de "Ravages", par exemple. J'ai eu un peu de mal à apprécier le personnage de Jim, tant Bordage en fait un repoussoir, qui manque un peu de finesse. D'une manière générale, les personnages ne sont pas très développés, tant c'est le rythme de l'action qui prime, et il faut reconnaître qu'il saisit d'emblée le lecteur à la gorge.
Au final, un roman plutôt agréable, qui se lit bien et qui nous livre l'humanisme de l'auteur sous la forme d'une allégorie de la solidarité, qui, pense-t-il, doit primer sur le repli égoïste, d'autant plus lorsque la situation parait désespérée. le final, sans être transcendant, est la marque de l'espoir (de la foi ?) que Bordage éprouve à l'égard de l'espèce humaine.
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Eve-Yeshe
  31 janvier 2014
Franx (François-Xavier) a beaucoup lu sur l'écologie, les menaces qui guettent notre planète, il sent la grande catastrophe proche et a décidé il y a quelques années, avec des amis, de construire dans le Périgord noir un gigantesque bunker, inviolable. Il a tout étudié en détail, l'épaisseur des murs, le renforcement, du toit des clôtures, la nourriture en quantité suffisante et la ventilation pour que les denrées alimentaires ne s'abîment pas. Il l'a appelé « le feu de Dieu » Les amis l'ont aidé, mais agacés par sa « paranoïa » et sa gestion stricte du domaine, peu à peu ils quittent le navire.
Sa femme Alice a des doutes et se détache de lui. Au début du roman, Franx doit s'absenter pour aller régler l'héritage de sa tante qui vient de décéder. Il se promène dans Paris, attendant le rendez-vous avec le notaire. Pendant ce temps, le dernier couple qui restait au « feu de Dieu » en profite pour quitter les lieux. Il ne reste que Jim venu au domaine avec un couple et qui reste car il veut rajouter Alice à son tableau de chasse.
C'est à ce moment-là que la catastrophe arrive. D'abord, les séismes qui se répètent, la Seine qui disparait de façon spectaculaire dans les profondeurs de son lit qui se retrouve à sec. Les volcans entrent en éruption tout ne devient que misère et désolation.
Franx avait tout prévu sauf qu'il serait à cinq cent km du « feu de dieu » quand les évènements se produiraient, laissant sa femme Alice et ses enfants Zoé et Théo seuls avec un fou, un pervers narcissique et lubrique.
On assiste au voyage, odyssée serait un terme plus adéquat, d'un homme qui tente de survivre pour rentrer chez lui alors que sa famille tente de survivre à l'abri certes mais dans des conditions désastreuses !!!
Ce que j'en pense :
C'est le premier roman de Pierre Bordage que je lis et j'ai été littéralement envoûté par son écriture. On est dans le roman, on voit la désolation, les émanations de souffre, ce qu'il doit faire pour survivre. On voit la cendre et la neige qui tombent en flocons, le vent glacial (il fait jusqu'à – 50° dehors) nous envahit.
Pierre Bordage alterne dans sa narration : un chapitre pour Franx, ses questionnements, son avancée et le suivant consacré à ce qui se passe dans le « feu de Dieu), ce qui nous accroche de plus en plus car on a envie de connaître la suite, chaque chapitre se terminant par un suspens.
Au cours du chemin il rencontre une femme blessée grièvement qui lui confie son enfant en lui faisant promettre de ne pas l'abandonner. Il apprivoise cette petite fille qui ne parle pas mais sent les choses, les voit de façon prémonitoire. Une relation père-fille s'installe entre eux, ils se donnent du courage mutuellement.
On voit la façon dont évoluent les humains devant une telle catastrophe : ceux qui ne pensent qu'à voler des téléphones et autres gadgets inutiles, ce que la faim peut engendrer, la survie à tout prix n'hésitant pas à exterminer les autres pour un peu de nourriture alors qu'il faudrait plutôt s'unir pour survivre, c'est la jungle, le chacun pour soi. le pire étant la ferme abritant un couple de fermiers cannibales !!!! On voit jusqu'où l'être humain peut être cynique, lâche…
Au « feu de dieu », au contraire, on voit ce qu'un être démoniaque peut déclencher comme peurs pour maintenir sa tout puissance et son emprise sur les autres, frapper une femme ou des enfants, imposer sa loi juste pour imposer, même s'il est dans son tort. On a une très belle description du prédateur, du parasite qui ne fait rien pour améliorer le sort de ses compagnons bien au contraire critiquant la qualité de la nourriture par exemple alors qu'il devrait s'estimer heureux de pouvoir manger grâce aux prévisions de Franx.
On assiste aussi à la transformation de Zoé, la petite fille de 12 ans qui devient une femme peu à peu avec un changement dans son corps sur lequel lorgne le prédateur pour en faire une proie. Se sentant seule, incomprise abandonnée par cette mère qui ne la protège pas assez, elle note tout dans son journal qu'elle est obligée de cacher et se prenant pour Anne Franck, elle s'adresse à son futur lecteur.
Alice évolue elle-aussi, amoureuse de Grax (comme l'appelle Théo), elle se rend vite compte de qui il est réellement et voudrait bien le tuer pour protéger Zoé mais son éducation lui a appris à ne pas faire le mal et que tuer c'est mal, que peut-être l'autre peu changer. Comme toute femme sous influence, elle doute d'elle-même, pense ou espère qu'elle peut se tromper, un homme ne peut pas être aussi mauvais.
Théo est très attachant. Surnommé le microbe par sa soeur, il sent lui aussi les choses, il sait que son père est vivant, il voit des images, des scènes où Franx lutte contre les dangers avec Surya. Ils ont tous les deux ce pouvoir de télépathie qui les rend forts, car ils ne doutent pas. Il s'entraîne dans la cave avec son arc rudimentaire acérant ses flèches…
Un très beau livre pour moi, avec comme trame la catastrophe que l'homme peut engendrer en ne respectant pas la Nature et la réaction des êtres humains dans l'adversité, ceux qui deviennent des prédateurs prêts à tuer pour survivre pour eux-mêmes et ceux qui, au contraire, se bonifient , se révèlent et sortent grandis par l'épreuve.
C'est sûr, on voit venir la fin et c'est le seul bémol, mais on passe un si bon moment…
Note : 8/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   17 janvier 2016
Des groupes affolées s'éparpillèrent de chaque côté de Franx. Il n'y avait plus aucune cohérence dans leur comportement. Il ne leur servait à rien de courir, il n'existait plus d'endroits sûrs dans les environs, ni probablement dans aucune région du monde. Le hasard gouvernait désormais, pas vraiment le hasard, Franx n'y croyait pas, mais la fatalité, le jeu cruel et implacable de la nature, des éléments, d'autres auraient pu dire des démons, des anges ou de Dieu. Il ne croyait pas non plus aux hiérarchies célestes, il était seulement convaincu qu'on ne pouvait échapper à son destin, que les chemins étaient tracés quelque part, que la seule liberté de l'être humain était de l'accepter ou de se rebeller, de coller à la réalité ou de la refuser. [...] Son seul libre arbitre était d'affronter le présent et de tenter de toutes ses forces de rejoindre le Feu de Dieu, il ne lui appartenait de décider s'il y parviendrait.
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PavlikPavlik   15 avril 2016
Je ne parle pas de tempête, répliqua-t-il aussi calmement que possible. Mais de cataclysme planétaire. La Terre a bougé, il n'y a plus ou pratiquement plus de protection magnétique, des régions entières ont sans doute disparu sous les eaux, les anciens volcans ses sont réveillés un peu partout, de nouveaux sont apparus. Leurs éruptions simultanées forment une brume de particules en suspension qui bloque la lumière du soleil et mettra à mon avis six ou sept ans à se disperser. Six ou sept ans d'obscurité et de froid glacière, une peccadille sur le plan géologique, une éternité pour les êtres vivants. Il vous faut maintenant économiser votre carburant, votre nourriture, votre eau, votre énergie, et je vous répète que, si vous ne chassez pas ou ne mangez pas les rats, ce sont les rats qui vous mangeront.
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Eric76Eric76   19 janvier 2016
Les deux femmes étaient arrivées derrière Franx. Elles ouvraient des yeux effarés sur la multitude grisâtre qui occupait toute la largeur de la galerie. Si les rongeurs décidaient de déferler sur les rescapés réfugiés dans la champignonnière, il ne leur faudrait pas plus de quelques minutes pour les réduire en squelettes. Franx leva le bras pour donner davantage de longueur au rayon de sa lampe. La lumière glissa sur les échines hérissées pour s'échouer sur une forme immobile émergeant de la nuée frémissante comme un rocher au milieu des flots agités. Il crut discerner la silhouette menue et familière.
" Surya ? "
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CoeurdecheneCoeurdechene   04 mai 2009
Des hommes et des femmes s'agglutinaient à présent de chaque côté de Franx et levaient des yeux inquiets sur le ciel, des piétons, mais aussi des cyclistes, leur vélo à la main, et des automobilistes descendus de leur voiture.
« Ils ont dit à la radio qu'il se passait des trucs bizarres, murmura une femme.
Une baisse brutale de l'activité magnétique », précisa un homme.
Le flot des véhicules s'était figé sur le pont. Curieusement, plus personne ne songeait à klaxonner. Franx perçu un long frémissement sous ses pieds. Ce n'étaient plus des risées qui agitaient la surface hérissée de la Seine, mais des remous, des tourbillons aux cercles de plus en plus amples, de gigantesques bondes s'ouvraient dans le fond et aspiraient l'eau. Ballottées, les vedettes du Pont-Neuf se tamponnaient violemment. Une deuxième salve d'éclairs violets, jaunes, verts, beaucoup plus longue que la précédente, illumina la frange obscure du ciel. Des phénomènes magnétiques aux formes et aux couleurs somptueuses, comparables aux aurores boréales. Franx s'efforça de remettre de l'ordre dans le chaos de ses pensées. Regagner d'urgence le Feu de Dieu... Foncer d'abord à l'hôtel, récupérer des vêtements chauds, gagner la gare d'Austerlitz, sauter dans le premier train pour Brive avant qu'il ne soit trop tard... Il ne parvenait pas à détacher son regard du spectacle fascinant qui se jouait au-dessus de Paris, et probablement dans d'autres régions du monde. La Seine avait baissé d'un mètre en quelques minutes. Le temps paraissait suspendu, la ville pétrifiée.
Le fleuve se vida tout à coup dans un bruit prolongé de succion, l'eau s'évanouit à une vitesse sidérante, comme aspirée par la gueule béante d'un monstre, dévoilant un lit tapissé d'une végétation luisante et de poissons frétillants, des bateaux se retrouvèrent plantés dans la vase, d'autres se renversèrent dans un fracas de bois et de vitre brisés.
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SiabelleSiabelle   02 juillet 2015
L'étape deux de la procédure consistait à établir l'inventaire exact des ressources, de les diviser par le nombre de personnes présentes dans le Feu de Dieu, de prévoir ainsi la consommation de chacun pour une durée de sept années. Franx avait calculé que les nuages de particules mettaient entre cinq et dix ans pour se disperser. Sept étaient donc l'estimation moyenne. Elle le soupçonnait d'avoir choisi ce chiffre parce qu,il lui vouait un culte irrationnel -
sept jours de la semaine, sept ordres angéliques,
sept couleurs de l'arc-en-ciel, sept rishis védiques, sept chakras,
sept branches du chandelier et de l'arbre sacré des chamanes,
sept têtes de la bête de l'Apocalypse, sept versets de la Fatiha, sept nains,
sept péchés capitaux....
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