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EAN : 9782221127124
154 pages
Éditeur : Robert Laffont (17/11/2011)
4.16/5   37 notes
Résumé :
Une fantaisie à quatre mains. Mais quelle fantaisie ! Et quels partenaires pour l'exécuter ! Amis, compères et complices,
Borges et Bloy Casarès ont joué une bien jolie comédie à leurs fidèles lecteurs en inventant l'auteur Bustos Domecq.
Ils lui prêtent leurs écritures croisées pour mettre en abyme, à travers scènes carnavalesques et funambulesques portraits de funambulesques personnages, les phénomènes littéraires et artistiques de l'Argentine où ils... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
joedi
  01 juin 2014
Le lecteur est balloté, avec humour, dans des récits satyriques dont il est parfois difficile de distinguer le réel de l'imaginaire. Borges et Bioy Casares, sous la plume de Bustos Domecq, démontrent que l'ironie et la parodie sont des formes cruelles de l'art de la critique.
Plus parlantes qu'une longue critique, les diverses citations que j'ai transcrites renseignent sur le contenu du "carnet" de même que cet extrait de l'avant-dernière histoire :
Bustos Domecq est reçu par le Président du Club junior des Halles et assiste à une conversation avec Ferrabas, le speaker à la voix d'or.
— Ferrabas, j'ai parlé avec de Filipo et Camargo. La prochaine fois c'est les Halles qui perdront, par deux buts à un. La lutte sera dure, mais, attention, ne recommence pas le coup de la passe de Musante à Renovales, car les gens la connaissent par coeur. Je veux de l'imagination, de l'imagination. Compris ? Vous pouvez vous retirer.
Bravement, je risquai une question :
— Dois-je en conclure que le score est fixé d'avance ?
Savastrano me fit littéralement rentrer sous terre.
— Il n'y a pas plus de score que d'équipes ni de parties. Les stades ne sont plus que des chantiers de démolition. Aujourd'hui tout se passe dans les studios de radio et de télévision.
À lire si vous appréciez Borges.
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Dez54
  26 juin 2019
Un recueil à 4 mains à vocation humoristique (Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares) composé d'une vingtaine de nouvelles. Je suis admiratif des deux auteurs dont j'ai énormément apprécié les autres textes mais est-il aussi simple d'additionner les talents que les nombres ? Pas forcément…
Dans ce recueil, de même que Lichtenberg imaginait "un couteau sans manche auquel il manque la lame", les deux auteurs argentins, par le biais d'un narrateur fictif inventé pour l'occasion (Bustos Domecq) s'amusent à imaginer des artistes, des courants qui « révolutionnent » leur domaine via des créations prétentieuses aussi baroques qu'inutiles : des historiens qui font délibérément fi des évènements historiques réels, des écrivains qui réécrivent mot pour mot une oeuvre déjà existante ou encore des architectes qui construisent des bâtiments absolument inhabitables etc.
Le ton se veut faussement élogieux et c'est avec une ironie mordante que les deux auteurs épinglent dans cet ouvrage de 1977 tout un pan de l'art moderne et nombre d'oeuvres bien réelles et renommés (on pense à Marcel Duchamp et à beaucoup d'autres d'artistes abstraits) pourraient effectivement trouver leurs places dans ces chroniques.
Si on retrouve dans ce recueil le style plaisant, l'humour et le gout des paradoxes de Borges (le connaissant sous un autre registre, j'ai eu plus de mal à retrouver l'apport d'Adolpho Bioy Casares).
Le livre bien qu'écrit avec style et bien traduit, est forcément un peu redondant sur sa thématique. J'avoue avoir ressenti une pointe de déception après la lecture du recueil pas tant du fait de sa qualité intrinsèque (objectivement ça reste très bon et assez savoureux) mais parce que j'en attendais énormément et qu'on est à mon avis un peu en deçà du potentiel des deux auteurs.
Pour cette raison, sans être une oeuvre majeure, elle sera sans doute appréciée des adeptes de Jorge Luis Borges mais ne me semble pas idéal pour aborder l'écrivain : je privilégie sans hésitation L'Aleph, Fictions ou encore le livre de sable.
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MarianneDesroziers
  16 janvier 2012
Voici un succulent petit livre publié en 1967 sous le pseudonyme de Bustos Domecq, en réalité personnage fictif créé par deux grands écrivains argentins : Jorge Luis Borges (auteur du génial recueil de nouvelles "Fictions") et Adolfo Bioy Casares (auteur du très beau roman "L'invention de Morel").
Le livre se présente comme une succession de chroniques d'un certain Bustos Domecq qui se met en scène de façon très prétentieuse, éclipsant ainsi les artistes, peintres, écrivains, architectes dont il critique les oeuvres.
La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2012/01/chroniques-de-bustos-domecq-de-jorge.html
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
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frandj
  06 novembre 2015
Ce recueil de courtes nouvelles de J.-L. Borges, écrites en collaboration avec A. Bioy Casares, avait jusqu'ici échappé à mon attention. Je viens de le lire et… il ne passera certainement pas à la postérité dans ma mémoire !
Il s'agit en quelque sorte de plaisanteries littéraires, toutes semblables les unes aux autres, bâties sur le modèle de la nouvelle intitulée "Pierre Ménard auteur du Quichotte" et incluse dans "Fictions". le paradoxe élevé au rang d'amusement littéraire n'est pas ma tasse de thé. Par certains côtés, ces textes me feraient presque penser à un mauvais Georges Pérec. Je vais vite oublier ce livre et garder mon admiration pour d'autres nouvelles de Borges.
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hellza24
  08 août 2017
L'Art moqué avec élégance et intelligence, l'Art des gens présomptueux, orgueilleux, ceux qui sont gonflés d'eux-mêmes, de leur Génie, de leur Vision. J'ai passé un moment délicieux avec ce recueil de fausses critiques.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   01 juin 2014
Notre grand peintre : Tafas
Il me dit que le "Coran de Mahomet", ... , interdit formellement de peindre des visages, des silhouettes, des attitudes, des oiseaux, des taureaux ou tout autre être vivant. Comment manier brosses et pinceaux sans enfreindre la loi d'Allah ? Il finit pourtant par trouver le moyen de s'en sortir.
... Il peignit d'abord avec une fidélité photographique des vues de Buenos Aires ... Il ne les montra à personne... Il les effaça ensuite avec de la mie de pain et de l'eau du robinet. Il les recouvrit enfin d'une couche de cirage jusqu'à ce qu'ils devinssent complètement noirs. Mais il eut le scrupule de conserver à chacune de ses toiles, qui étaient devenues toutes semblables et d'une noirceur identique, son nom exact, et vous pouvez lire dans la salle d'exposition, Café Tortoni ou Kiosque aux cartes postales...
... le musée des Beaux-Arts fit un coup de maître en achetant trois toiles parmi les onze exposées, pour une somme globale qui laissa sans voix le contribuable. La critique officielle fut dans l'ensemble élogieuse, ce qui n'empêchait pas les uns de préférer une toile, et les autres celle d'à côté. Tout cela, dans une ambiance de respectueuse considération.
Telle est l'œuvre de Tafas. Nous savons qu'il préparait un grand panneau mural sur un motif folklorique qu'il avait l'intention d'aller croquer dans le nord du pays et qu'il aurait, une fois peint, passé au cirage. Quel dommage que sa mort par noyade ait privé les Argentins de cette œuvre magistrale !
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joedijoedi   01 juin 2014
Un point de vue tout à fait nouveau
Paradoxalement, la thèse de l'histoire engagée, qui devait triompher au dernier Congrès des historiens, récemment tenu à Pau, constitue un obstacle de taille qui empêche de parfaitement comprendre la leçon de ce Congrès.
...
Mais revenons à la thèse de Zevasco et citons ses propres termes : "L'Histoire est un acte de foi. Peu importent les archives, les témoignages, l'archéologie, la statistique, l'herméneutique, les faits eux-mêmes ; l'Histoire doit rendre compte de l'Histoire, dégagée de toute hésitation et de tout scrupule ; le numismate peut garder ses monnaies et l'archiviste ses archives. L'Histoire est une transfusion d'énergie, c'est un souffle vivifiant. Levier puissant, l'historien grossit les faits ; il enivre, exalte, encourage, enhardit ; son rôle n'est pas de calmer, d'apaiser; notre consigne est de rejeter dès le départ tout ce qui ne trempe pas l'âme, tout ce qui n'est pas positif, tout ce qui n'est point glorieux."
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joedijoedi   01 juin 2014
Vêtements !
De 1923 à 1931, Bradford, le gentleman des planches, avait circulé nu dans Necochea. Chapeau, lunettes d'écaille, moustache, col, cravate, chaîne de montre, costume, canne, gants, mouchoir, bottines n'étaient que des dessins peints à même son épiderme... N'ayant pas eu de quoi s'acheter des lunettes, il avait été obligé de s'en peindre une paire, et tout le reste à l'avenant, canne incluse. Le juge traita le délinquant avec toute la sévérité de la loi. Bradford nous montra par la suite la valeur de son tempérament qui le mena jusqu'au martyre dans la Sierra Chica. C'est là qu'il mourut d'une broncho-pneumonie, n'ayant sur lui d'autre vêtement qu'un costume rayé dessiné sur ses chairs amaigries.
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joedijoedi   30 mai 2014
Un art abstrait
En 1932, c'est le miracle ! Il est dû à un cuisinier inconnu jusque-là. Le lecteur n'ignore plus son nom : Jean-François Darracq. J. F. D. ouvre à Genève un restaurant semblable à tous les autres ; il sert des plats qui ne diffèrent en rien des anciens plats : la mayonnaise est jaune, les légumes sont verts, la cassata est un arc-en-ciel, le rosbif est rouge. Déjà on l'accuse d'être réactionnaire. Darracq, alors, trouve son œuf de Colomb. Le sourire à fleur de lèvre, serein, avec l'assurance qu'octroie le génie, il exécute l'acte simple qui le placera pour toujours au sommet le plus abrupt et le plus haut de l'histoire de la gastronomie. Il éteint les lumières. Ainsi est né, à cet instant même, le premier tenebrarium.
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joedijoedi   30 mai 2014
En quête de l'absolu

Il racontait mal ce qu'il inventait, parce qu'il savait que le Temps polirait ses propos, s'ils en valaient la peine, comme il l'avait déjà fait pour L'Odyssée et Les Mille et Une Nuits. De même que la littérature à son origine, Nierenstein s'en tint au récit oral parce qu'il n'ignorait pas qu'au fil des ans tout finirait par s'écrire.
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Julie Bonnie remporte cette année le prix des P'tits Bouquineurs (8/12 ans), et Karine Martins le prix des Bouquineurs en Seine (12 ans et +). Covid oblige, nous les avons rencontrées par écran interposé, et ce sont Priscilla Borges et Elise Laurant qui ont relevé leurs impressions!
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