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Laure Bataillon (Traducteur)
EAN : 9782070385775
160 pages
Éditeur : Gallimard (22/01/1993)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Savez-vous lire l'heure en effeuillant un artichaut ? Tuer les fourmis a Rome ? Monter un escalier en connaissance de cause ? Poser correctement un tigre ? Vous faut-il des instructions pour pleurer ? Pour avoir peur comme il faut ? Vous arrive-t-il de jeter les timbres-poste que vous trouvez laids ? De tremper un toast dans vos larmes naturelles ? Avez-vous parfois envie de dessiner sur le dos d'une tortue une hirondelle ? Si vous répondez " oui " à six de ces ques... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
patrick75
  01 juin 2014
Cet ouvrage est composé de nombreuses nouvelles, souvent très courtes et dont ressort le côté "absurde" du texte. Certaines me sont restées totalement hermétiques, d'autres m'ont fait sourire. Un avis mitigé donc, lu dans la douleur, même si quelques uns de ces textes valent une attention particulière du à l'imagination débordante de l'auteur.
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Dez54
  13 mai 2019
Un recueil aussi sympathique qu'absurde de l'auteur argentin Julio Cortázar.
Le livre propose de nombreuses et très courtes nouvelles pour le moins loufoques et qui pour la plupart ne dépassent pas les 2 ou 3 pages.
Le recueil est divisé en 4 parties :
-Manuel d'instruction : courte introduction qui nous détaillera comment monter un escalier, avoir peur ou pleurer...
-Occupations bizarres : Cette partie est à mon avis la plus réussie et la plus drôle de l'ouvrage. Les nouvelles nous apprendrons, entre autre, comment on peut s'occuper plus d'une dizaine d'année en récupérant un cheveu ou en famille, s'accaparer un enterrement.
-Matière plastique : Des nouvelles amusantes, variées et surréalistes.
-Enfin la dernière partie Histoires de Cronopes et Fameux : Si les Cronopes Fameux et Esperantes forment un concept a priori obscur, on en comprend très vite le sens (que je vous laisse découvrir) et cette dernière partie s'avère aussi plaisante que les précédentes.
Bref, un recueil très amusant pour qui aime l'humour et l'absurde. Peut être une bonne idée pour une pause surréaliste et légère entre deux livres plus sérieux.
Je lui préfère néanmoins le plus mémorable Fin d'un jeu (dans un registre différent : davantage fantastique et réflexif qu'humoristique) chez le même auteur.
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topocl
  03 avril 2018
Et bien voilà, j'ai la grand fierté de vous annoncer que je suis initiée aux Fameux, aux Cronopes et aux Espérances.
Comprenez bien la nuance : initiée ne veut pas dire ni fan, ni adoratrice...ne veut pas dire que j'ai vraiment compris ou été conquise, ai dégusté la poésie loufoque de l'objet.  Non. Mais maintenant, j'appartiens au cercle éclairé de ceux qui savent et j'en suis satisfaite.
Je sais ce que sont ces petits textes, ni vraiment nouvelles, ni vraiment narrats, nous en avons parlé ailleurs; peut-être fables feuilletonesques, anecdotes pataudes, blagues potachiennes, divagations imaginatives, historiettes surréalistes dont le fil directeur serait, selon le point de vue, absurdo-humorisque ou humoristico-absurde...
Bref pour moi, championne du royaume logico-rationnel, un peu dur à avaler. J'ai eu quelques soubresauts de rire   , notamment avec la Famille aux "occupations bizarres"  (l'enterrement, la recherche des cheveux perdus), mais sinon, mais surtout un discret rictus interrogateur    pour accompagner ma lecture. Et la dernière partie, le dernier gag collégien des Cronopes "ces objets  verts humides ébouriffés", elle m'a collé aux doigt comme ces boules gluantes sensée déstresser dont on ne sait commet se débarrasser  ...
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Kadoc
  05 octobre 2011
Un livre essentiel.
Point barre.
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LibrairePerigourdin
  20 octobre 2015
Cortazar, son univers et sa folie douce, un régal. Je reconnais toutefois l'éventualité que ce livre ne fasse pas l'unanimité tant l'auteur s'égare dans les affres de l'absurde, mais s'agissant d'un court recueil de nouvelles, il n'est pas trop risqué de s'y essayer.
Rien que pour " perte et récupération du cheveux ", une perle.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PifPafPoumPifPafPoum   25 avril 2011
Instructions pour remonter une montre.

Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain.

Que voulez-vous de plus? Attachez-la vite à votre poignet, laissez-la battre en liberté, imitez-la avec ardeur. La peur rouille l'ancre, toute chose qui eût pu s'accomplir et fut oubliée ronge les veines de la montre, gangrène le sang glacé de ses rubis. Et là-bas dans le fond, il y a la mort si nous ne courons pas et n'arrivons avant et ne comprenons pas que cela n'a plus d'importance.
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AltonaAltona   08 janvier 2012
Instructions pour chanter

Commencer par casser tous les miroirs de la maison, laissez pendre vos bras, regardez vaguement le mur, oubliez-vous. Chantez une seule note, écoutez à l'intérieur. Si vous entendez (mais cela ne se produira que plus tard) quelque chose comme un paysage plongé dans la peur, avec des feux entre les pierres, avec des silhouettes à demi nues et accroupies, je crois que vous serez sur la bonne voie, de même si vous entendez un fleuve où descendent des barques peintes de jaune et de noir, si vous entendez une saveur de pain, un toucher de doigt, une ombre de cheval.
Après quoi, achetez des partitions, un habit et, de grâce, ne chantez pas du nez et laissez Schumann en paix.
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PartempsPartemps   18 octobre 2020
Ce travail de ramollir la brique chaque jour, ce travail de se frayer passage dans la masse gluante qui se proclame monde, tous les matins se heurter au parallélépipède au nom répugnant avec la satisfaction minable que tout est bien à sa place, la même femme à ses côtés, les mêmes souliers, le même goût du même dentifrice, la même tristesse des maisons d’en face, l’échiquier sali des fenêtres avec son enseigne HÔTEL DE BELGIQUE.

Comme un taureau rétif pousser de la tête contre la masse transparente au cœur de laquelle nous prenons notre café au lait et ouvrons notre journal pour savoir ce qui se passe au quatre coins de la brique de verre. Refuser que l’acte délicat de tourner un bouton de porte, cet acte par lequel tout pourrait être transformé, soit accompli avec la froide efficacité d’un geste quotidien. À tout à l’heure, chérie, bonne journée.

Serrer une petite cuillère entre deux doigts et sentir son battement de métal, son éveil inquiet. Comme cela fait mal de renier une petite cuillère, de renier une porte, de renier tout ce que l’habitude lèche pour lui donner la souplesse désirée. C’est tellement plus commode d’accepter la facile sollicitude de la cuillère, de l’utiliser pour tourner son café.

Et ce n’est pas si mal au fond que les choses nous retrouvent tous les jours et soient les mêmes. Qu’il y ait la même femme à nos côtés, le même réveil, et que le roman sur la table se remette en marche sur la bicyclette de nos lunettes. Pourquoi serait-ce mal ? Mais comme un taureau triste il faut baisser la tête, du centre de la brique de verre pousser vers le dehors, vers tout le reste si près de nous, insaisissable, comme le picador si près du taureau. Se punir les yeux en regardant cette chose qui passe dans le ciel et accepte sournoisement son nom de nuage, son modèle catalogué dans la mémoire. Ne crois pas que le téléphone va te donner les numéros que tu cherches. Pourquoi te les donnerait-il ? Il n’arrivera que ce que tu as déjà préparé et résolu, le triste reflet de ton espérance, ce singe qui se gratte sur une table et tremble de froid. Écrabouille le ce singe, fonce contre le mur et ouvre une brèche. Oh, comme on chante à l’étage au-dessus ! Il y a un étage au-dessus où vivent des gens qui ignorent leur étage en dessous, et nous sommes tous dans la brique de verre. Mais si soudain une mite se pose au bout de mon crayon et bat comme un feu sous la cendre, regarde-la, moi je la regarde, je palpe son cœur minuscule et je l’entends, cette mite résonne dans la pâte de verre congelé, tout n’est pas perdu. Quand j’ouvrirai la porte, quand je sortirai sur le palier, je saurai qu’en bas commence la rue, non pas le modèle accepté d’avance, non pas les maisons déjà connues, non pas l’hôtel d’en face : la rue, forêt vivante où chaque instant peut me tomber dessus comme une fleur de magnolia, où les visages vont naître de l’instant où je les regarde, lorsque j’avancerai d’un pas, lorsque je me cognerai des coudes, des cils et des ongles à la pâte de verre de la brique et que pas à pas je risquerai ma vie pour aller acheter le journal au kiosque du coin.



MANUALE DI ISTRUZIONI
Il lavoro di ammorbidire il mattone tutti i giorni, il lavoro di aprirsi un passaggio nella massa appiccicosa che si proclama mondo, ogni mattina inciampare nel parallelepipedo dal nome ripugnante, con una canina soddisfazione che tutto è al suo posto, la stessa donna accanto, le stesse scarpe, lo stesso sapore dello stesso dentifricio, la stessa tristezza delle case di fronte, della sporca scacchiera delle persiane con la scritta HOTEL DE BELGIQUE.
Puntare la testa come un toro svogliato contro la massa trasparente al cui centro prendiamo il caffelatte e apriamo il giornale per vedere quel che è successo in un qualsiasi angolo del mattone di cristallo. Rifiutarsi a che il delicato gesto di girare la maniglia, gesto grazie al quale tutto potrebbe trasformarsi, avvenga con la fredda efficacia di un riflesso quotidiano. A presto cara. Buona giornata.

Stringere un cucchiaino fra le dita e sentire il battito del suo polso di metallo, il suo diffidente ammonimento. Come fa male negare un cucchiaino, negare una porta, negare tutto ciò che l’abitudine lecca fino a dargli una soddisfacente levigatezza. Tanto più semplice accettare la facile sollecitudine del cucchiaio, usarlo per girare il caffè.
E non che sia brutto che le cose ci trovino ogni giorno di nuovo e sempre le stesse. Che accanto a noi ci sia la stessa donna, lo stesso orologio, e che il romanzo aperto sul tavolo inforchi di nuovo la bicicletta dei nostri occhiali, perchè dovrebbe essere brutto? Ma come un toro triste bisogna abbassare la testa, dal centro del mattone di cristallo spingere verso il fuori, verso l’altro tanto vicino a noi, inafferabile come il picador tanto vicino al toro. Castigarsi gli occhi guardando quella cosa che si muove nel cielo e che sornionamente accetta il nome di nuvola, la sua risposta catalogata nella memoria. Non credere che il telefono ti dia i numeri che cerchi. Perchè dovrebbe? Verrà soltanto quel che hai preparato e deciso, il triste riflesso della tua speranza, questa scimmia che si gratta su una tavola e trema di freddo. Spaccale la testa, alla scimmia, corri dal centro verso il muro e apriti un passaggio. Oh, come cantano al piano di sopra! C’è un piano di sopra in questa casa, con altra gente. C’è un piano di sopra dove vive gente che non sospetta del suo piano di sotto, e stiamo tutti nel mattone di cristallo. E se all’improvviso una tarma si ferma sul bordo di una matita e palpita come un fuoco, guardala, io la sto guardando, sto palpando il suo piccolissimo cuore, e la sento, questa tarma risuona nella pasta di cristallo congelato, non tutto è perduto. Non appena aprirò la porta e mi affaccerò alle scale, saprò che sotto inizia la strada; non lo stampo ormai accettato, non le case che sappiamo, non l’albergo di fronte: la strada, la viva foresta ove ogni istante può piovermi addosso come una magnolia, ove i volti nasceranno man mano che li guarderò, quando andrò avanti ancora un poco, quando con i gomiti e le palpebre e le unghie andrò a fracassarmi minuziosamente contro la pasta del mattone di cristallo, e mi giocherò la vita avanzando un passo dopo l’altro per andare a comperare il giornale all’angolo.
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lehibooklehibook   16 juin 2019
MANUEL D’INSTRUCTIONS
Ce travail de ramollir la brique chaque jour, ce travail de se frayer passage dans la masse gluante qui se proclame monde, tous les matins se heurter au parallélépipède au nom répugnant avec la satisfaction minable que tout est bien à sa place, la même femme à ses côtés, les mêmes souliers, le même goût du même dentifrice, la même tristesse des maisons d’en face, l’échiquier sali des fenêtres avec son enseigne HÔTEL DE BELGIQUE.

Comme un taureau rétif pousser de la tête contre la masse transparente au cœur de laquelle nous prenons notre café au lait et ouvrons notre journal pour savoir ce qui se passe au quatre coins de la brique de verre. Refuser que l’acte délicat de tourner un bouton de porte, cet acte par lequel tout pourrait être transformé, soit accompli avec la froide efficacité d’un geste quotidien. À tout à l’heure, chérie, bonne journée.

Serrer une petite cuillère entre deux doigts et sentir son battement de métal, son éveil inquiet. Comme cela fait mal de renier une petite cuillère, de renier une porte, de renier tout ce que l’habitude lèche pour lui donner la souplesse désirée. C’est tellement plus commode d’accepter la facile sollicitude de la cuillère, de l’utiliser pour tourner son café.

Et ce n’est pas si mal au fond que les choses nous retrouvent tous les jours et soient les mêmes. Qu’il y ait la même femme à nos côtés, le même réveil, et que le roman sur la table se remette en marche sur la bicyclette de nos lunettes. Pourquoi serait-ce mal ? Mais comme un taureau triste il faut baisser la tête, du centre de la brique de verre pousser vers le dehors, vers tout le reste si près de nous, insaisissable, comme le picador si près du taureau. Se punir les yeux en regardant cette chose qui passe dans le ciel et accepte sournoisement son nom de nuage, son modèle catalogué dans la mémoire. Ne crois pas que le téléphone va te donner les numéros que tu cherches. Pourquoi te les donnerait-il ? Il n’arrivera que ce que tu as déjà préparé et résolu, le triste reflet de ton espérance, ce singe qui se gratte sur une table et tremble de froid. Écrabouille le ce singe, fonce contre le mur et ouvre une brèche. Oh, comme on chante à l’étage au-dessus ! Il y a un étage au-dessus où vivent des gens qui ignorent leur étage en dessous, et nous sommes tous dans la brique de verre. Mais si soudain une mite se pose au bout de mon crayon et bat comme un feu sous la cendre, regarde-la, moi je la regarde, je palpe son cœur minuscule et je l’entends, cette mite résonne dans la pâte de verre congelé, tout n’est pas perdu. Quand j’ouvrirai la porte, quand je sortirai sur le palier, je saurai qu’en bas commence la rue, non pas le modèle accepté d’avance, non pas les maisons déjà connues, non pas l’hôtel d’en face : la rue, forêt vivante où chaque instant peut me tomber dessus comme une fleur de magnolia, où les visages vont naître de l’instant où je les regarde, lorsque j’avancerai d’un pas, lorsque je me cognerai des coudes, des cils et des ongles à la pâte de verre de la brique et que pas à pas je risquerai ma vie pour aller acheter le journal au kiosque du coin.
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SophieChalandreSophieChalandre   27 septembre 2020
D’une lettre jetée sur la table s’échappe une ligne qui court sur la veine d’une planche et descend le long d’un pied. Si l’on regarde attentivement, on s’aperçoit qu’à terre la ligne suit les lames du parquet, remonte le long du mur, entre dans une gravure de Boucher, dessine l’épaule d’une femme allongée sur un divan et enfin s’échappe de la pièce par le toit pour redescendre dans la rue par le câble du paratonnerre. Là il est difficile de la suivre à cause du trafic mais si l’on s’en donne la peine, on la verra remonter sur la roue d’un autobus arrêté qui va au port… Elle monte sur le bateau aux sonores turbines, glisse sur les planches du pont de première classe, franchit avec difficulté la grande écoutille et, dans une cabine où un homme triste boit du cognac, elle remonte la couture de son pantalon, gagne son pull-over, se glisse jusqu’au coude et, dans un dernier effort, se blottit dans la paume de sa main droite qui juste à cet instant saisit un revolver.
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Videos de Julio Cortázar (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julio Cortázar
Julio CORTÁZAR – Un siècle d'écrivains : 1914–1984 (DOCUMENTAIRE, 1998) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 173, diffusée sur France 3, le 4 novembre 1998, et réalisée par Chantal Rémy et Gérard Poitou-Weber.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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