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ISBN : 2264016930
Éditeur : 10-18 (30/10/1992)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 299 notes)
Résumé :
Le sujet de ce roman que Borges, dans sa préface, estimait être l'un des plus ingénieux des lettres modernes, demeure toujours d'une originalité hors pair.
Dans une île déserte, un justiciable en fuite découvre des choses fantastiques. Répétées à l'infini, les images des anciens habitants de l'île parcourent le paysage, figées dans un discours éternel. L'amour du fugitif envers un des mystérieux personnages le conduira à découvrir Morel et sa machine infernal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  24 janvier 2017
Roman fantastique, symbolique, métaphysique?
C'est en tout cas une histoire qui déroute et intrigue. le narrateur, fuyant la justice, s'isole sur une île où ont été bâtis, puis abandonnés, un musée et une villa immense avec piscine et d'étranges machines.
Pourtant, l'île ne reste pas longtemps déserte puisque le narrateur peut observer l'étrange manège d'un groupe de personnes habillés à la mode des années 20 - 20 ans plus tôt que l'année où se déroule le récit - se promenant, dansant et se baignant qu'importe le temps qui sévit sur l'île.
Etrange manège: oui, car bientôt les actes, les dialogues et les situations se répètent, mot pour mot...
Tout au long du récit, on observe le narrateur émettre des hypothèses très vite balayées par d'autres tout aussi fausses: pourquoi Faustine, cette femme dont il est tombé amoureux, l'ignore-t-elle avec une telle ostentation lorsqu'il prend le risque de se montrer à elle? Quelle est sa relation avec Morel, l'organisateur de cette escapade sur l'île? Quel est l'objet des conspirations qui règnent dans le groupe?
Petit-à-petit et à tâtons, la vérité se dévoilera, mais je ne vous en dit pas plus, à vous de tenter cette courte lecture.
Il est clair qu'elle est tout-à-fait originale et intrigante! seul bémol, je n'ai pas pris un grand plaisir à la lecture elle-même car je ne me suis pas attachée à ce narrateur souvent puéril et trop réfléchi.
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peloignon
  02 mars 2013
Cet auto-récit d'un narrateur-héros (ou anti-héros) qui écrit ses aventures de justiciable craintif, psychologiquement fragile et comme naturellement prédisposé à l'amour courtois, exige d'abord passablement de patience et d'endurance de son lecteur, bien que le livre soit très court.
Les remarques de « l'éditeur » dans les notes, qui expriment des doutes par rapport au narrateur, ou des suppressions de passages, faute de place, de même que certaines réflexions surréalistes du narrateur allègent un tant soi peu la lourdeur morose des premières pages et m'ont aidé à me rendre au moment où l'ensemble s'éclaire pour le narrateur et commence à être intéressant pour le lecteur.
L'ensemble constitue indubitablement une réussite littéraire, mais aurait, à mon avis, gagné à ne pas être servi de manière aussi visqueuse et glauque.
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SZRAMOWO
  23 novembre 2014
Il convient de rendre justice à l'invention de Morel, ce roman culte traverse notre siècle, le XXème bien entendu, et nombre de découvertes scénaristiques soit disant géniales, lui doivent beaucoup. (Comme par exemple la série télévisée le prisonnier)
De quoi est-il question ? du comportement irrationnel des individus lorsqu'il est guidé par l'ignorance.
Le héros, peut importe pourquoi il se trouve sur cette île déserte, est fasciné par les habitants qui s'y trouvent, il est fasciné par leur apparence diaphane et irréelle, par la constance de leurs gestes, la permanence de leurs paroles, la rigidité de leurs attitudes, il est subjugué par le fait qu'ils l'ignorent superbement, même lorsqu'il veut les approcher à les toucher.
Cette allégorie de la caverne de Platon (ce que nous voyons et vivons est-il la réalité ou une image de la réalité ?) nous renvoie à nos propres illusions.
Pour le héros il est plus facile de penser que Faustine est un être réel qui le fuit, plutôt qu'une construction artificielle (virtuelle dirions nous au XXIème siècle).
Son savoir, sa connaissance, ne peut en tout état de cause l'amener à imaginer que Faustine n'est qu'un artefact, car l'avouer, le comprendre et l'admettre, serait renier cet amour qu'il lui porte et lui permet de donner une raison à sa vie.
Au final il préfère s'enfoncer dans son illusion, après avoir découvert le stratagème de Morel, et régler la machine pour qu'elle projette l'image de Faustine ad libitum, lui procurant ainsi la sensation de l'éternité.
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Woland
  24 octobre 2010
La Invención de Morel
Traduction : J. P. Mourey
Court roman qui n'atteint pas les cent-trente pages, "L'Invention de Morel" s'inspire d'un fantastique à la H. G. Wells ou encore à la Jules Verne, celui du "Secret de Wilhelm Störitz." Mais sous l'argument fantastique, perce une réflexion complexe sur l'homme et la liberté.
Le narrateur, qui fuit on ne sait quel régime policier - quelques allusions à Caracas font penser au Vénézuéla - s'est réfugié sur une île que lui a désignée un Italien vivant à Calcutta. Sans nom, l'île a été abandonnée par ceux qui y ont bâti un musée, une piscine et une sorte de complexe hôtelier. A quelle époque ? Sans doute dans les années vingt, très vague point de repère temporel offert en pâture aux puristes du détail. Les légendes - mais sont-ce bien des légendes ? - ont alors pris leur essor : une "peste" étrange, plus proche de la lèpre ou de la gangrène que de la peste d'ailleurs, affligerait tout ce qui ose demeurer dans l'île, qu'il s'agisse de simples voyageurs ou des animaux et de la flore qu'elle abrite.
Mais le narrateur en est arrivé à un tel point de rejet - et de peur - de la société, qu'il met tout en oeuvre pour atteindre l'île et s'y cacher. Bientôt, à sa profonde stupeur, il constate que, contrairement à ce qu'on lui en a dit, l'île est habitée par une vingtaine ou une trentaine de personnes, hôtes et amis d'un certain Morel. Parmi ces gens, Faustine, une belle femme dont Morel paraît amoureux, va régulièrement se promener sur les rochers, charmant peu à peu le narrateur. Celui-ci fait tout pour attirer son attention mais, curieusement et en parfait accord avec l'attitude des autres "invités", Faustine ne le voit pas - un peu comme s'il lui était invisible ...
Aux efforts courageux du narrateur pour tenter de rationaliser son aventure, succède sa chute subtile et lente dans la folie. de bout en bout, le lecteur n'a, bien sûr, que le point de vue du narrateur pour se faire sa propre idée de la situation. Les réflexions pertinentes succèdent aux gestes fous, voire grotesques - comme la création de ce parterre de fleurs destiné à proclamer au grand jour l'amour du malheureux envers Faustine et devant lequel elle passe, là encore, comme s'il n'existait pas ...
Mais l'histoire faussement fantastique est aussi prétexte à une réflexion sur la place de l'individu dans la société, sur le droit de pensée et de conscience qu'elle lui laisse et sur les recours qu'elle lui autorise lorsque, justement, elle lui dénie ces droits. le bilan final est peu réjouissant : Bioy Casares ne voit que la folie comme seul exutoire au refus de se fondre dans la norme. A moins que la fin de son héros, très symbolique, n'ouvre sur une vie désincarnée et à jamais libre, loin d'un corps abandonné en un peu réjouissant sacrifice.
Le propos, complexe, est traité avec une élégante simplicité. Bioy Casares adopte un style réaliste, sans aucune digression, pour évoquer une question morale et philosophique qu'on n'est pas près de résoudre. A ne réserver qu'aux inconditionnels. ;o)
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tiptop92
  27 août 2015
Ce livre est une parabole sur un sentiment qui étreint la plupart des hommes : la peur de la mort…Ici, Bioy Casares donne sa vision de l’immortalité et elle passe pour lui par l’éternel recommencement d’un moment heureux. On peut le comprend, qui n’aimeraient pas revivre pour toujours les plus beaux moments de sa vie ? L’histoire se déroule sur une ile, elle est racontée par un naufragé, repris de justice, qui semble condamné à mort ou à l’enfermement à vie, ce qui pour lui revient au même…on ne saura jamais comment il se retrouve à cet endroit, sans doute le naufrage d’un bateau, mais ses frayeurs sont grandes quand il se rend compte que l’ile est habitée. Pendant plusieurs semaines, il se cache, n’osant se montrer dans la peur d’être découvert et dénoncé aux autorités. Mais la faim et la curiosité le pousseront à sortir de sa cachette. Sur la plage, chaque jour, il verra une femme d’une beauté peu commune et petit à petit il va tomber amoureux d’elle. Mais quand il osera enfin l’aborder, malgré les dangers qui le guettent, il découvrira un secret qui va remettre en cause beaucoup des certitudes de son existence…à lire pour sa brillante originalité et le message universel qu’il contient.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   24 octobre 2010
[...] ... Je possède une donnée qui peut servir aux lecteurs de ce rapport à préciser la date de la seconde apparition des intrus : les deux lunes et les deux soleils ont été vus le jour suivant. Il pourrait s'agir d'une apparition locale ; cependant, il me semble plus probable qu'il s'agisse d'un phénomène de mirage provoqué par le lune ou le soleil d'une part, la mer et l'air d'autre part, visible, certainement, de Rabaul [volcan mais aussi ville de La Nouvelle Bretagne, en Papouasie-Nouvelle Guinée] et de toute cette région. J'ai observé que ce second soleil - une image, peut-être, de l'autre - est beaucoup plus violent. Il me semble que, entre hier et avant-hier, il s'est produit une hausse infernale de la température. On dirait que le nouveau soleil a ajouté au printemps un été caniculaire. Les nuits sont très claires, il y a comme une lueur polaire errant dans l'air. Toutefois, je suppose qu'il n'y a pas un grand intérêt à parler ici des deux lunes et des deux soleils ; le phénomène a dû être connu partout, soit par l'observation directe, soit au travers d'informations plus doctes et complètes. Je ne le rapporte pas pour sa valeur poétique ou comme une curiosité, mais afin que mes lecteurs, qui reçoivent des journaux et tiennent des éphémérides, puissent dater ces pages.

C'est la première fois que nous vivons des nuits avec deux lunes. Mais on a déjà vu deux soleils. Cicéron en parle dans son De Natura Deorum :

Tum sole quod ut e patre audivi Tuditano et Aquilio consulibus evenerat.

Je ne crois pas avoir mal cité (1). Au collège Miranda, M. Lobre nous a fait apprendre par coeur les cinq premières pages du Livre Second et les trois dernières du Livre Troisième. C'est tout ce que je sais de La Nature des Dieux.

Les intrus ne sont pas venus me chercher. Je les vois apparaître sur les bords de la colline. Notre âme est si imparfaite (et peut-être aussi à cause des moustiques), que j'ai eu soudain la nostalgie du passé, quand je vivais sans l'espérance de Faustine mais aussi sans angoisse. J'ai eu la nostalgie de ce moment où je me suis vu installé de nouveau au musée, maître d'une solitude domestiquée.

(1) : Il se trompe. Il oublie le mot le plus important : Geminato (de geminatus, jumelé, doublé, répété, réitéré). La phrase exacte est : " ... Tum sole geminato, quod, ut e patre audivi, Tuditano et Aquiliano consulibus evenerat ; quo quidem anno Publius Africanus sol alter extinctus est ..." (Traduction :[b] "Les deux soleils qui, d'après ce que j'ai entendu dire à mon père, ont été vus sous le consulat de Tuditanus et Aquilius ; en la même année où s'éteignit cet autre soleil de Publius l'Africain." (183 av. J.C) (Note de l'Editeur) ... [...]
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WolandWoland   24 octobre 2010
[...] ... La femme au foulard m'est devenue maintenant indispensable. Toute cette hygiène de ne rien espérer est peut-être un peu ridicule. Ne rien espérer de la vie, pour ne pas la risquer ; se considérer comme mort, pour ne pas mourir. Cela m'est apparu soudain comme une léthargie effrayante et très inquiétante ; je veux y mettre un terme. Après ma fuite, pour avoir vécu sans tenir compte d'une lassitude qui me détruisait, j'ai atteint au calme ; les décisions que je vais prendre me renverront peut-être à tout ce passé, ou aux juges [le narrateur pense parfois que ces "hôtes" inconnus sont là pour le traquer et le dénoncer] ; je préfère cela à ce purgatoire définitif.

Il a commencé voilà huit jours. J'ai rapporté alors le miracle de l'apparition de ces gens ; le soir même, je tremblais auprès des rochers de l'ouest. Je me disais que tout était vulgaire : le type bohémien de la femme, et mon propre amour de solitaire recuit. Je revins les deux soirs suivants : la femme s'y trouvait ; je commençai à penser que c'était bien là l'unique miracle ; puis vinrent les jours funestes où je la manquai par la faute des pêcheurs[autres invités], du barbu [Morel], de l'inondation, des dégâts de l'inondation qu'il me fallut réparer. Aujourd'hui, dans l'après-midi ... [...]
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SachenkaSachenka   23 mai 2017
Nos habitudes impliquent un certain ordre dans la succession des choses, une vague cohérence de l'Univers. Or, voici que la réalité se propose à moi changée, irréelle. Quand un homme se réveille ou meurt, il met un certain temps à se défaire des terreurs du rêve, des préoccupations et des manies de la vie. Il faut que je perde maintenant l'habitude d'avoir peur de ces gens.
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peloignonpeloignon   27 mars 2013
J'étais bouleversé par la terreur de me trouver dans un lieu enchanté et par la révélation confuse que le merveilleux se manifestait aux incrédules tels que moi...pour se venger. (105)
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FredmFredm   18 mars 2015
Livre extraordinaire. Le style est très efficace : d'abord on le trouve très laid, au point d'en être mal à l'aise, mais vite on sent qu'on est pris par ce malaise, on ne peut plus lâcher le récit. Les "apparitions" d'abord mystérieuses reçoivent une explication simple, mais cette simplicité fait encore mieux ressortir la complexité, la richesse du narrateur et le mystère qui l'entoure (qui est il? d'où vient il? qu'a t il fait ?). J'avoue que j'avais été un peu refroidi par la préface de Borges. Il présente "l'invention de Morel" comme un livre ingénieux et c'est justement ce qui me gêne souvent chez Borges : ls idées qui sont derrière ses récits sont si malines et si présentes que le récit lui-même y perd à peu près toute sa valeur littéraire (en tout cas, pour moi) et donc presque tout son intérêt. Ici c'est juste le contraire : l'idée ingénieuse (la fameuse invention), renforce l'intérêt du "reste" de l’œuvre au lieu de l'épuiser. En ce sens on est bien plus proche de "la jetée" de Chris Marker que de Borges (et donc bien au dessus de Borges, mais cette appréciation n'engage que moi).
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the invention of Morel, Adolfo Bioy Casares
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