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Roger Caillois (Traducteur)Laure Bataillon (Traducteur)
ISBN : 2264001089
Éditeur : 10-18 (15/09/1994)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 48 notes)
Résumé :
" La forme moderne du fantastique, a-t-on écrit, c'est l'érudition." Ainsi, chez Borges, la fable irréalise-t-elle le véridique et, en retour, en reçoit-elle cette autorité propre aux mythes. La vérité, ici, c'est celle de l'esprit et de l'écriture où s'incarnent tant d'aventures savoureuses ; écriture incisive, elliptique, riche en filiations secrètes, en paradoxes nécessaires.
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
NMTB
  19 décembre 2014
La plupart des petites histoires qui composent cette Histoire Universelle de l'Infamie (un titre volontairement emphatique) sont des biographies imaginaires de personnages historiques comme Billy the kid, le chef de gang Monk Eastman ou le pseudo-prophète musulman Hakim al-Moqannâ.
Sous la grandiloquence apparente se cachent, en fait, d'humbles et plaisantes histoires. Elles sont presque toutes écrites dans le même style, abusant des longues énumérations et d'adjectifs pompeux et superfétatoires. Un style que Borges qualifie, dans le prologue, de baroque. Elles ont pour sujet des personnages sinon infâmes au moins peu fréquentables, violents, falsificateurs, voleurs, mais quelques-uns possèdent quand même de belles qualités, comme l'honneur ou le courage. La dernière histoire, L'Homme au coin du mur rose, est différente, puisqu'elle ne se réfère, apparemment, à aucun personnage historique précis et que le style est beaucoup plus argotique. Enfin, cette Histoire de l'infamie, qui nous a mené aux quatre coins du monde, se clôt par une dizaine de toute petites fictions (quelques lignes, quelques pages au plus), des réécritures d'histoires piochées ici et là par Borges, en particulier dans le Livre des Mille et Une Nuits.
Dans « Histoire de l'éternité » sont réunis un ensemble d'essais disparates qui ont peu de rapports entre eux et encore moins avec l'Histoire Universelle de l'infamie, même s'ils peuvent donner, au détour, quelques indications sur le style des fictions de la première partie. Sur les sept essais, trois sont consacrés au temps et à l'éternité. L'un retrace rapidement l'histoire de l'éternité linéaire, de l'idée platonicienne aux doctrines chrétiennes. Si Borges se montre méfiant vis-à-vis de ce concept, il n'en récuse pas l'intuition. Sa conclusion : « la vie est trop pauvre pour ne pas être, aussi, immortelle. Mais nous ne possédons même pas la certitude de cette pauvreté, car le temps, facilement réfutable dans le domaine de la sensation, ne l'est pas dans celui de l'intelligence, de l'essence de laquelle le concept de succession paraît inséparable. » Les deux autres essais sur le temps se réfèrent davantage à Nietzsche et à sa théorie de l'éternel retour et, plus largement, aux visions cycliques du temps.
Deux autres petits essais ont pour sujet la métaphore, dont un sur les Kenningar de la poésie scandinave et l'influence qu'ils ont pu avoir dans les mots composés des langues anglo-saxonnes. Un autre compare les différentes traductions des Mille et Une Nuits. Enfin deux notes terminent cet ouvrage éclectique, l'une est une sorte de critique d'un livre qui n'existe pas, l'autre une analyse de l'art du polémiste.
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SophieChalandre
  18 décembre 2016
Une série d'exercices de prose narrative : c'est la définition que Borges donne à ce livre, qu'il reconnait inspiré par d'autres auteurs. Borges recrée les personnages et transforme leur histoire "en un jeu irresponsable d'un timide qui n'a pas eu le courage d'écrire des contes et qui s'est diverti à falsifier ou à altérer (parfois sans excuse esthétique) les histoires des autres."
Si le divertissement de l'auteur est évident, Borges parsème des illusions supplémentaires en insérant de pures inventions, très personnelles, jouant à des variations littéraires participant à l'esthétique baroque de son livre et lui conférant une complexité à mi-chemin entre l'essai et le conte. Au-delà du jeu de l'illusion et de la tromperie, l'auteur pose le problème des éléments représentatifs du Moi et de son idéal, fortement constitutifs du sujet poétique propre à Borges qu'il sublimera dans d'éternels jeux de miroir.
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SophieChalandre
  03 février 2017
Une série d'exercices de prose narrative : c'est la définition que Borges donne à ce livre, qu'il reconnait inspiré par d'autres auteurs. Borges recrée les personnages et transforme leur histoire "en un jeu irresponsable d'un timide qui n'a pas eu le courage d'écrire des contes et qui s'est diverti à falsifier ou à altérer (parfois sans excuse esthétique) les histoires des autres."
Si le divertissement de l'auteur est évident, Borges parsème des illusions supplémentaires en insérant de pures inventions, très personnelles, jouant à des variations littéraires participant à l'esthétique baroque de son livre et lui conférant une complexité à mi-chemin entre l'essai et le conte. Au-delà du jeu de l'illusion et de la tromperie, l'auteur pose le problème des éléments représentatifs du Moi et de son idéal, fortement constitutifs du sujet poétique propre à Borges qu'il sublimera dans d'éternels jeux de miroir.
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oberman71
  01 novembre 2012
Histoire universelle de l'infamie se présente comme un recueil de contes, à caractère biographique, où la part d'invention personnelle de Borges est assez grande. Les personnages sont tirés de l'histoire mais le récit de leurs actions est en grande partie légendaire. La plupart d'entre eux sont des imposteurs, si bien que les thèmes de l'apparence et de la mystification sont très présents dans ces pages et sans doute faut-il y voir une intention parodique de la part de l'auteur. Il s'est amusé à pasticher certains récits à sensation, plus ou moins mélodramatiques. La nouvelle L'Homme au coin du mur rose est considérée comme un chef d'oeuvre de ce genre. Evocation du peuple des faubourgs argentins, elle révèle une maîtrise très grande du récit.
Les textes qui composent Et cætera ne sont pas des inventions de Borges. Il les a traduits ou adaptés. D'ailleurs, il cite sa source à la fin de chacun d'eux. Mais ils sont si bien choisis qu'on les croirait écrits de sa plume.
Enfin, Histoire de l'éternité est une suite d'essais critiques, sur l'éternité, le temps ou les traducteurs des Mille et une nuits. L'érudition de l'auteur est comme d'habitude impressionnante.
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MarieKey
  21 mai 2016
Le livre se présente comme un recueil de biographies, mais fictives puisque inventées par Borgès par le biais de différentes sources piochées ça et là ou de son imagination. Ce sont des portraits très obscurs de personnages tout aussi sombres qu'il nous propose ici. La plupart sont des criminels si bien que les thèmes de l'imposture et du mensonge sont très récurrents. Pour ma part, et malgré le thème que je trouve très intéressant, j'ai trouvé ça plutôt difficile à lire, le style de Borgès n'étant pas toujours très accrocheur.
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
oberman71oberman71   01 novembre 2012
Les deux qui rêvèrent

L'historien arabe El Ixaqui relate cet évènement : «Les hommes dignes de foi racontent (mais seul Allah est omniscient et puissant et miséricordieux et ne dort pas) que vécut au Caire un homme possesseur de grandes richesses, mais si magnanime et si généreux qu'il les perdit toutes à l'exception de la maison de son père, si bien qu'il dut travailler pour gagner sa vie. Il travailla à tel point qu'un beau jour le sommeil s'empara de lui sous un figuier de son jardin. Il vit en songe un homme tout mouillé qui sortit de sa bouche une pièce d'or et lui dit : «Ta fortune est en Perse à Ispahan. Va la chercher.» Au matin, il se réveilla, entreprit le long voyage, et affronta les périls des déserts, des navires, des pirates, des idolâtres, des fleuves, des bêtes féroces et des hommes. À la fin, il arriva à Ispahan.

La nuit le surprit dans l'enceinte de la ville et il s'étendit pour dormir dans la cour d'une mosquée. Contre la mosquée, il y avait une maison et, par déxcret du Dieu tout-puissant, une bande de voleurs traversa la mosquée et entra dans la maison. Les gens qui dormaient se réveillèrent à cause du vacarme que firent les voleurs, et appelèrent au secours. Les voisins crièrent aussi, l'officier du guet accourut avec ses hommes et les bandits s'enfuirent par la terrasse. L'officier fit fouiller la mosquée. On trouva l'homme du Caire que l'on rossa si fort à coups de bambou qu'il faillit en mourit. Deux jours après, il reprit connaissance en prison. L'officier le fit amener et lui dit :
«Qui es-tu ? et quelle est ta patrie ?». L'autre déclara: «Je suis de l'illustre cité du Caire et mon nom est Mohammed el Magrebi.».
L'officier lui demanda:
«Qu'est-ce qui t'a attiré en Perse ?».
L'autre choisit de dire la vérité :
«Un homme m'a ordonné en rêve de venir à Ispahan, parce que là était ma fortune. Me voici à Ispahan et la fortune qu'il m'a promise doit être ces coups de bâton que vous m'avez fait donner si généreusement».

En entendant ces mots, l'officier rit à se découvrir les dents de sagesse et finit par dire :
«Homme insensé et crédule, j'ai rêvé trois fois d'une maison au Caire, au fond de laquelle il y a un jardin, dans le jardin un cadran solaire, derrière le cadran solaire un figuier, après le figuier une source, et sous la source un trésor. Je n'ai pas accordé le moindre crédit à ce mensonge. Mais toi, né de l'accouplement d'une mule avec un démon, tu as erré de ville en ville sur la seule foi de ton rêve. Que je ne te revoie pas à Ispahan ! Prends ces monnaies et va-t'en !»

L'homme les prit et retourna dans sa patrie. Sous la source de son jardin (qui était celle du rêve de l'officier), il déterra le trésor. Ainsi, Dieu le bénit, le récompensa et l'exalta. Dieu est le Généreux, le Caché.

(Du livre des Mille et une Nuits, nuit 351)
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stekasteka   12 février 2014
Au cours du languide printemps de 1702, l'illustre seigneur de la Tour de Ako eut à recevoir et à traiter avec magnificence un envoyé impérial. Vingt-trois mille ans de courtoisie ( dont certains mythologiques) avaient compliqué d'angoissante façon le cérémonial de bienvenue.
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
On sait que l’identité personnelle réside dans la mémoire et que perdre cette faculté entraîne la stupeur. On peut penser la même chose de l’univers. Sans une éternité, sans un miroir sensible et secret gardant ce qui s’est passé dans les âmes, l’histoire universelle n’est que temps perdu – et avec elle notre histoire personnelle, ce qui nous réduit de façon désagréable à l’état de fantômes.
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SophieChalandreSophieChalandre   03 février 2017
Son el irresponsable juego de un tímido que no se animó a escribir cuentos y que se distrajo en falsear y tergiversar (sin justificación estética alguna vez) ajenas historias.
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La Trame, Jorge Luis Borges lecture par Daniel Mesguich
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