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EAN : 9782264059291
264 pages
Éditeur : 10-18 (21/02/2013)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 65 notes)
Résumé :

9 mai 1920, Lyon. A l'aube d'une journée qui s'annonçait radieuse, le cadavre putréfié d'une vieille femme est découvert dans un pré, non loin du centre de la ville et de l'hippodrome. Le visage de la victime est tellement abîmé que l'identification est impossible. Pour ne pas ternir la réputation de Lyon, rivale de Paris et de ses brigades du Tigre, le procureur promet une résolution imminente. Le tout no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Davalian
  28 avril 2016
Personnages sympathiques, intrigue intéressante, ancrage dans le Lyon d'après la Grande Guerre, rivalité entre la police scientifique balbutiante et les brigades du Tigre vieillissantes : voici le menu de ce polar passionnant.

La ville de Lyon tient ici une grande place. Elle dépasse très rapidement le simple cadre géographique. Odile Bouhier nous propose de découvrir les quartiers de la Croix-Rousse, la place de Bellevue, le centre-ville, le palais de justice, un lupanar et tant d'autres lieux... Les métiers de la soie jouissent ici d'un coup de projecteur particulier à côté d'autres professions, notamment dans le milieu judiciaire ou médico-légal.

Les habitués des Compagnons de la Croix-rousse (mais si souvenez vous, la bibliothèque verte : Gnafron, le Tondu et tous les autres...) auront du quoi être surpris. Il est ici question de tueur en série, de violences d'abord décrites pour être mieux suggérées ensuite. Pour ne rien arranger le contexte n'est vraiment pas à l'optimiste. Il faut dire que les cicatrices des combattants sont inscrites dans le quotidien de tout un chacun. Quant au récit parallèle il est tout aussi dérangeant que les meurtres évoqués...

Assurément il s'agit ici d'un polar avec des personnages sombres. Chacun a sa part d'ombre. Personne n'y échappe, sauf peut-être Salachan. Malgré tout, nous avons plaisir à les suivre. L'attachement est naturel et l'on songe à les suivre plus longuement. le récit est très bien écrit. le style est agréable, fluide et nous mène vers des rebondissements osés, pas toujours heureux (un "mystère" flirte avec le ridicule). En tout cas le récit est bref et efficace.

Voici donc un très bon polar, bourré de bonnes idées qui ne demandent qu'à être approfondies. Une lecture indispensable avant ou pendant une visite dans la capitale des Gaules...
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Charlye
  11 octobre 2011
Gros coup de coeur pour ce grand polar que j'ai adoré !
Odile Bouhier, dont c'est le premier roman, nous entraîne à Lyon, en 1920 dans le milieu des "soyeux" (fabricants et tisseurs de soie).
Dès les premières pages, le lecteur est pris au piège en devenant le témoin d'un crime abominable visant une vieille femme.
Dès lors, l'enquête et ses rebondissement savamment disséminés vous tiennent en haleine jusqu'au dénouement final complètement inattendu.
Cette enquête menée par le commissaire Kolvair, nous fait découvrir les débuts de la médecine légale : On apprend que les « Experts » ne sont pas nés à Las Vegas mais bien en France, à cette époque et l'on découvre les méthodes employées, avec des descriptions et des détails très bien documentés.
L'auteur va nous faire rencontrer des personnages ayant tous un caractère fort et tous des secrets plus ou moins avouables.
Certains d'entre eux, comme le commissaire Kolvair ou l'inspecteur Legone, membre des Brigades du Tigre venu en renfort, ont été marqués dans leur chair par la Grande Guerre, le premier ayant perdu sa jambe et le second faisant partie de ce qu'on appelait à l'époque les « gueules cassées ».
On va rencontrer au cours de ce roman très bien écrit, des politiciens carriéristes et ambitieux ; un policier véreux, se livrant au premier trafic de films pornographiques et faisant chanter ses « indics »; une aliéniste, sorte de profileuse, qui va tenter de faire le portrait psychologique de ce tueur en série qui assassine les vielles dames ; un assassin qui va copier le mode opératoire du tueur en série pour masquer son propre crime etc.
On va découvrir comment et pourquoi un jeune garçon va devenir un tueur en série.
C'est un roman que l'on a du mal à reposer, en tout cas pour ce qui me concerne, un des meilleurs polars que j'ai lu depuis longtemps.
Je vous recommande vraiment de lire ce polar historique terriblement efficace, passionnant qui n'est jamais glauque ou sanguinolent.
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Bigmammy
  13 novembre 2011
En achetant ce rapide polar, j'espérais retrouver l'ambiance des romans de Jean Contrucci et des Nouveaux mystères de Marseille. On promettait en effet, en 4° de couverture, une plongée dans le Lyon des années 20, avec les enquêtes du premier laboratoire de police scientifique fondé en France, avant Paris même …
C'est un livre très vite lu, pas trop mal écrit, avec des personnages bien typés qui pourraient annoncer une suite. le héros principal est le commissaire Victor Kolvair, amateur de musique classique et revenu de la Grande guerre avec une jambe en moins. Célibataire, il a un chien, Néron. Kolvair travaille en collaboration avec le professeur Hugo Salacan, patron du laboratoire de police scientifique. Lui est un père de famille nombreuse et cultive un jardin secret : il écrit des romans policiers. Son assistant est un athlète monte-en-l'air tout à fait efficace, qui rêve de participer à une expédition au Pérou pour mesurer les effets du mal des montagnes sur les alpinistes. Ils fréquentent naturellement la morgue, toute nouvellement installée à Lyon, où officie Damien Badou, légiste homosexuel. Il y a aussi un procureur particulièrement antipathique et d'Action française, et un commissaire de police à la gueule cassée et au passé plus que douteux. Enfin, personnage solaire, la belle Bianca Serraggio, aliéniste adepte des méthodes de Sigmund Freud
Un cadre pour une énigme policière sordide : les meurtres de trois femmes, dont deux atrocement torturées avant d'être étranglées. Pour la troisième, l'équipe conclut rapidement à un imitateur …
L'écriture est alerte, les développements historiques un peu pesants, les situations totalement inédites (pour ne pas dire invraisemblables). L'intrigue est finement menée. En revanche, l'écriture de l'auteure – scénariste pour la télévision – manque de rigueur. Elle laisse passer deux « cuirs » phénoménaux : l'utilisation du terme « velux » pour une tabatière, et la qualification d'homme politique pour un Préfet. Bref, on attendra avec intérêt le second opus de ce qui s'annonce comme une série, avant de porter un jugement définitif. Mais c'est loin de valoir les romans de Jean Contrucci.
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PinkCatReading
  10 octobre 2016
Lyon, 1920. Bis...tan...clac! Voici le bruit que fait un métier à tisser la soie. C'est le dernier bruit qu'entendra une vieille ouvrière aveugle, victime d'une courte mais atroce série de meurtres. Salacan et Kolvair qui dirigent le premier laboratoire de police scientifique créé en France mènent l'enquête...
Encore une fois, je me retrouve à me balancer d'un pied sur l'autre et à réfléchir si j'ai aimé ou pas ce polar historique. Tant d'hésitation n'est pas forcement bon signe me direz-vous.
Alors, évidemment, un roman qui se passe dans une ville que j'aime passionnément + un polar glauque mais pas trop (enfin quoique...) + les experts à la mode 1920 avait tout pour me séduire...Certes la galerie de personnages est intéressante (bon pas mal d'ombre encore et de secrets très sombres), mais certains manquent de développement. L'intrigue est finement menée mais tout s'emmêle un peu comme les fils de soie autour des victimes pour finir en grosse révélation sordide que j'avais vu venir de loin. On découvre Lyon en 1920, son histoire, le contexte de la création de la police scientifique, la médecine légale et bien d'autres choses : la reconstruction historique est super mais les informations font de gros blocs qui coupent l'histoire, j'ai parfois eu l'impression de lire Wikipédia. L'écriture est fluide, facile mais quelques anachronismes s'y sont glissés.
Bref, je reste un peu déçue par cette lecture et je ne pense pas que je lirai la suite des aventures de Salacan et Kolvair.
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Okenwillow
  01 octobre 2020
J'ai découvert Odile Bouhier à la Comédie du Livre, lors d'une rencontre pour les 30 ans de la collection Grands Détectives chez 10/18. Sa façon d'évoquer son personnage, l'époque qu'elle a choisie pour le faire évoluer, le contexte scientifique et social, ont suffi à me donner envie d'en savoir plus.L'auteur a choisi de planter son décor dans les années 20, et son héros, Victor Kolvair, a perdu une guibole pendant la Guerre, et se sert de sa prothèse pour planquer ses anti-douleurs sa drogue. Avec son acolyte Hugo Salacan, il va exploiter les dernières découvertes scientifiques dans le cadre de ses enquêtes, et sonner ainsi le glas des Brigades du Tigre et de leurs méthodes trop souvent radicales. le temps est au changement, la police scientifique se développe, et change totalement la manière d'enquêter et de pensée. La preuve matérielle devient possible, les aveux ne suffisent plus. L'auteur a clairement pris son pied à reconstruire une époque, une ville, des personnages et des caractères bien trempés. Tout est plus vrai que nature, nous sommes dans un roman historique impeccablement maîtrisé, on apprend des choses sur le Lyon des années 20, sur les débuts de la police scientifique, sur le contexte social de l'après-guerre, très difficile et compliqué pour tout le monde, sans parler des gueules cassées qui doivent se réinsérer dans une société en vrac.Malgré tous ces aspects affriolants, il y a une chose qui m'a gênée/déçue/surprise/consternée. J'avais lu, vu, entendu çà et là des critiques dithyrambiques sur ce roman, le qualifiant d'excellent polar. Bon, soit. Pour ma part, s'il s'agit d'un excellent roman historique, ça reste un polar très moyen. Je n'ai pas été subjuguée par le suspens, au contraire, on devine très vite le pourquoi du comment, et même si l'idée du coupable est très bonne, l'intrigue policière est cousue de fil blanc et son déroulement pas très bien mené, il m'a paru trop simpliste pour attiser ma curiosité, et mon attention s'est plus portée sur les les personnages, les relations entre eux, le contexte historique, que sur l'enquête elle-même. Je regrette aussi l'histoire d'amour (ou de sexe ?) qui naît entre deux des protagonistes (déjà ?), cela va trop vite, même si on nous dépeint les personnages au compte-goutte, sans en dire trop, comme j'aime ! Néanmoins, si l'aspect polar ne m'a pas convaincue, je reste conquise par tout le reste, et j'envisage fermement de lire la suite, car je considère ce premier volume comme une introduction, et il promet des évolutions à tous les niveaux.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BigmammyBigmammy   13 novembre 2011
La machine s'ébroua, le tapis de soie fit quelques vagues, puis le choc continu des pédales de bois souleva les fils de la chaîne, émettant le son bis. Aussitôt, Madeleine repoussa agilement le battant, un tan lointain et doux se faisant alors entendre.
La vieille femme sourit - celui qu'elle préférait restait à venir -, elle ferma brièvement les yeux, histoire d'écouter, sans la regarder, la navette passer puis buter sur le bord. Clac. Enfin, le battant frappa la dernière trame sur les rouleaux de tissu.
Bis-tan-clac... Elle trouvait joli et pertinent ce terme donné par les canuts au métier à tisser le siècle dernier." (p.10)
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YvPolYvPol   12 mai 2011
Si Kolvair ne se faisait pas d'illusions -la création de ce laboratoire scientifique, le premier au service de la police française, n'empêcherait pas, jusqu'à la fin des temps, les amoureux de s'aimer, les cambrioleurs de cambrioler, ni les assassins d'assassiner-, il restait indéniable que le génie de Salacan offrait à ses contemporains la sensation de participer à une nouvelle ère de l'humanité. Grâce à lui, la science acquérait ses lettres de noblesse.(p.34)
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DavalianDavalian   27 avril 2016
Il s'efforça de ne plus penser à Blandine, se faisant la réflexion qu'avec les femmes il fallait adopter le même comportement qu'en montagne . Pour ne pas tomber de haut, mieux valait garder ses distances.
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