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EAN : 9782264066251
310 pages
Éditeur : 10-18 (03/03/2016)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 124 notes)
Résumé :
PRIX MEDICIS ETRANGER 2014

Londres 1967 : Lola Bensky, jeune journaliste pour le magazine australien Rock-Out, n a que 19 ans quand elle se retrouve au coeur de la scène musicale la plus excitante du moment !
Sans diplôme mais douée, trop grosse et toujours au régime, trop sage pour les sixties, quelles questions cette drôle de fille qui ne connaît rien au rock, n a jamais étudié le journalisme et dont le seul bagage et pas des moindres est d ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Patsales
  31 décembre 2020
Lola porte des bas résille. Même si on est à la fin des années 60 et que les bas résille signent la coolitude d'une jeunesse branchée, elle ne devrait pas: les fils s'enfoncent dans sa chair replète et l'empêchent de se concentrer pendant qu'elle interviewe Jimi Hendrix. Ce n'est pas qu'elle soit intimidée: Hendrix débute, il a son âge et se montre très gentil.
Et même si le musicien est beaucoup moins obnubilé par les régimes que ne l'est Lola, ils se découvrent vite un point commun: une enfance catastrophique. Lui, pupille de la nation, vêtu de haillons; elle née de deux rescapés juste libérés d'Auschwitz.
Pendant ses interviews, Lola finit toujours par parler régimes et camps d'extermination.Si le rapprochement commence par sidérer le lecteur, il est pourtant logique: madame Bensky fait la chasse aux kilos en trop de sa fille, signes indubitables de sa déloyauté. À Auschwitz, seuls les traitres et les assassins ne ressemblaient pas à des cadavres ambulants.
C'est cette information essentielle et pourtant oubliée que fait surgir le livre de Lily Brett: les swinging sixties et ses icônes sont les enfants de la seconde guerre mondiale. Love, drugs and rock n'roll pour réparer l'histoire, la haine et le crime de masse.
Quand, en guise de berceuse, vos parents vous ont raconté qu'au bâtiment 10 "on retirait des organes, on amputait des membres. On transfusait du poison aux gens, on les congelait pour les réchauffer ensuite", difficile de ne pas rechercher la futilité en parlant bigoudis avec Jimi Hendrix.
D'ailleurs, est-ce si futile? La pop culture a érigé la beauté et l'harmonie comme valeurs suprêmes, et la jeunesse des années 60 a voulu que la vie prenne le pas sur la mort.
Madame Bensky a détesté la vie: être juive et vivante, même sans kilos en trop, était déjà un signe manifeste de perfidie. Et finalement, si tant de musiciens sont morts, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Brian Jones, Jim Morrison, Cass Elliot, Keith Moon, Otis Redding, n'est-ce pas d'avoir voulu expier d'être encore vivants dans un monde où 45 millions d'êtres humains avaient péri en quelques années de guerre?
À la fin du livre, Lola Bensky et Mick Jagger ont largement plus de 60 ans. Ils se croisent par hasard et se saluent: ils sont deux survivants et d'un geste de la main s'en donnent l'absolution.
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blandine5674
  05 décembre 2014
Prix Médicis étranger 2014 bien mérité pour l'autobiographique de l'Australienne Lily Brett.
Quand on parle de Jimmy Hendrix et de rock, je craque (comme le livre de Lydie Salvayre ou de Patti Smith).
Le livre débute en 1967 : Lola, 19 ans et reporter australien, est face à Hendrix. Leur conversation est à l'image du roman : tour à tour léger et grave. Jimmy est très sensible au fait que Lola, enfant de rescapés de la shoah, lutte avec ses démons. Elle rencontrera également, Cher, Mick Jagger, Brian Jones, Janis Joplin, Jim Morrison, Cat Stevens.
Emotion, tendresse, humour, sincérité. le passage qui parle du SS Willaus qui tire sur les enfants de son balcon est d'une force insoutenable. L'alternance avec les stars du rock soulage et est décrit tel qu'il donne l'impression d'y être présent et les rendent humains.
Récit vivant et attachant, difficile à décrire.
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Archie
  27 juillet 2015
Lola Bensky, prix Médicis étranger 2014, est présenté comme un roman inspiré de la vie de son auteur, Lily Brett. Ce n'est pas un roman, selon moi, mais plutôt un ensemble de souvenirs et de professions de foi totalement autobiographiques, ce qui n'ôte rien au plaisir que j'ai eu à le lire.
Trois grands thèmes s'entremêlent dans la vie de Lily alias Lola.
Primo, Lola traine un problème d'embonpoint qui la culpabilise car elle ne parvient jamais à respecter ses plans de régime.
Secondo, Lola est la fille unique de rescapés d'Auschwitz qui ont vu tous les membres de leur famille assassinés de façon épouvantable. Survivre à Auschwitz, ce n'est pas revenir d'un camp de concentration lambda ; il y a une hiérarchie dans l'horreur et Auschwitz est au sommet. On le sait déjà, mais ce n'est jamais inutile de s'en souvenir. Il y a là un héritage dont Lola supporte le poids depuis sa prime enfance.
Tertio, les années 60 : à19 ans, Lola vit à Londres d'un job qui consiste à interviewer des pop stars à peine plus âgés qu'elle : Jim Morrison, Mick Jagger, Jimy Hendrix. Si le premier est un authentique bad boy, les deux autres expriment une étonnante et touchante compassion pour la jeune femme, ses rondeurs et les histoires qu'elle leur raconte sur Auschwitz. On voit même, incroyable anecdote, un Mick Jagger très attentionné, insister auprès de Lola pour la présenter à son ami Paul McCartney.
Deux ans plus tard, Lola est présente au mythique Festival pop de Monterey, où elle sympathise avec les stars et assiste à leurs concerts : Janis Joplin, Jimy Hendrix, the Who, the Mamas & the Papas et d'autres, Otis Redding notamment.
Pauses musicales : entre deux chapitres, je télécharge les tubes mentionnés : Let spend the night together, Light my fire, Wild thing, Purple haze, Ball and chain... Je les redécouvre, près d'un demi-siècle après.
Je n'ai pas besoin de redécouvrir Otis Redding : je n'ai jamais cessé de l'écouter, et particulièrement son concert live in Monterey.
Le dernier chapitre est très émouvant, bien qu'un peu morbide. Malgré toutes ces morts prématurées, malgré Auschwitz, Lola réussira sa vie.
Question pour le traducteur du texte original : pourquoi Lola vouvoie-t-elle les stars alors qu'eux la tutoient ? Elle est intimidée, bien sur. Mais ils ont tous 20 ans. Et c'est une subtilité qui n'existe pas en anglais.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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tilly
  24 juin 2014
Jeune, jolie, mais grosse... Seule aussi, mais ça, au début, cela ne gêne pas beaucoup Lola Bensky. A tout juste vingt ans elle n'a pas peur de parcourir le monde en solitaire, de Melbourne à Londres, New York, puis Los Angeles, magnétophone à cassettes en bandoulière et carnet de notes en main, pour aller rencontrer Jimi Hendrix, Mick Jagger, Brian Jones, Cat Stevens, Jim Morrison,... toute une génération montante d'idoles planétaires en devenir. Excentriques et passionnés, sympathiques (le plus souvent) ou odieux (parfois), ils ne l'impressionnent pas plus que cela : ils ont le même âge qu'elle. Plus que leur musique, ce qui intéresse vraiment la jeune journaliste, c'est leur enfance, leur adolescence si proche encore, les rapports qu'ils ont eus avec leurs parents. Lola confronte, compare, et mesure sa propre singularité familiale à celle de ses interlocuteurs. Quand Lola se présente et raconte qu'elle est “très juive”, c'est en pensant à l'histoire de ses parents polonais rescapés des camps de la mort, à leur passé massacré, “imprésentable” dit-elle ; à sa mère dépressive qui expie sans fin le fait de ne pas être morte à Auschwitz avec le reste de sa famille, et reproche continuellement à Lola son surpoids ; à son père qui s'épuise dans un travail manuel exténuant, et s'évade dans la lecture compulsive de romans policiers sanglants. Pour eux, elle reviendra à Melbourne où elle se mariera et aura des enfants. Puis elle divorcera, émigrera aux États-Unis, mincira, et deviendra écrivain.
Lily Brett n'en fait pas mystère, la vie de Lola Bensky, c'est la sienne. Des portraits de musiciens, des chroniques de concerts et de festivals, elle en a vraiment écrit à ses débuts pour une revue musicale australienne. Comme son personnage, très jeune, elle s'est investie avec sérieux, originalité, et talent dans ce travail de combinaison des différentes facettes d'une personnalité, de reconstitution du puzzle d'une trajectoire artistique. Quarante ans plus tard, Lily Brett applique son savoir-faire à elle-même et livre le portrait sans concession d'une femme sensible, hantée et construite par son histoire familiale dramatique. Elle réussit à mêler étroitement, grâce à l'humour et à l'autodérision, deux contextes apparemment opposés : l'exubérance spectaculaire des sixties, et l'empreinte des atrocités de la Shoah sur les survivants et leurs enfants.
J'ai eu moi aussi des genoux grassouillets quand c'était la mode des mini-robes et des bas résille, je me suis évertuée à copier la coiffure et le maquillage de Twiggy, et j'étais plus Radio Caroline que Salut Les Copains. Mais côté parents, tant mieux pour eux et pour moi, c'était beaucoup plus simple... C'est sans doute pour cela que j'ai été passionnée par les chroniques du swinging London, et un peu moins par les introspections de Lola Bensky adulte. La construction du roman n'étant heureusement pas linéaire, j'ai été enchantée que l'auteur revienne longuement en seconde partie sur ses rencontres au festival de Monterey (juin 1967). L'échange entre Lola et Janis Joplin est un magnifique moment d'humanité et de littérature. le chapitre final apporte une surprise bienvenue : Lola recroise à New York, quarante ans après Monterey, l'un des “survivants” (Guess who?), de ceux qui n'ont pas été détruits par les drogues, qui n'ont pas lâché prise à 27 ans, comme beaucoup, ni fait écho au voeu d'un chanteur : “Pourvu que je sois mort avant d'être vieux”.
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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Kickou
  29 janvier 2016
Je préfère le terme : Roman Autobiographique à celui d'Autofiction qui fait un peu prout-prout (=pédant). Celui-ci est donc un Roman Autobiographique, et comme dans toute oeuvre littéraire, on peut y juger de la forme et du fond. Sur la forme j'ai un petit reproche à faire ; l'utilisation de la conjugaison m'a parfois surpris et déstabilisé, on passe du présent à l'imparfait de façon étrange et intempestive, mais ce n'est pas grave car malgré cela, l'ensemble tient la route. Pour ce qui est du fond : Lola Bensky est une jeune journaliste australienne, pour le magazine Rock-Out (il s'agit en réalité de Go-Set, le Rock&Folk australien, (peut-être est-ce R&F qui est un Go-Set français ?)). Elle débarque à Londres en 1967 en plein Swinging London. Elle interviewe quelques-unes des stars de l'époque (Mick Jagger, Jimi Hendrix, Jim Morrison ...) puis on la retrouve aux USA avec Janis Joplin ou Brian Jones. Dans ses entretiens, elle est assez détachée, tranquille, pourtant elle trimballe quelques gros complexes, notamment ses rondeurs et surtout, son histoire familiale la hante. Ses parents ont survécu à Auschwitz et le reste de sa famille y a été exterminé. Comme une sorte de thérapie, elle écoute ces musiciens, ces chanteurs lui parler de sexe, de drogues, et de R&R (de bigoudis et de faux cils aussi) et elle leurs dit son histoire et ses angoisses. C'est cette partie du livre qui a été le plus commenté, elle est certes intéressante mais j'ai davantage aimé les chapitres 5 et 8, lorsque Lola a 50 ans puis 60, elle est devenue new-yorkaise et auteure de polars. Elle ressemble un peu à un « Woody Allen au féminin » : juive, new-yorkaise, toujours angoissée mais drôle et philosophe (dans le doute). Elle s'identifie à son personnage : Pimp, la responsable d'une agence de détectives privés, qui est pourtant un peu son contraire (sûr d'elle). Je ne sais pas si Lily Brett a écrit ce livre (est-ce un côté Roman ou un côté Autobiographique ?) mais si c'est le cas j'attends impatiemment la traduction française, on y trouve notamment Shlomo, un détective juif orthodoxe accro au yoga ; hilarant. A la fin du livre, un peu plus de quarante ans ont passé, elle retrouve Mick Jagger lors d'une réception mondaine, lui est toujours aussi classe ; elle, est apaisée, plus sereine (Ils sont deux survivants, non ?). Un beau roman, qui reste nostalgique et drôle malgré un fil conducteur tragique et grave.
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critiques presse (2)
LeSoir   05 novembre 2014
Aucun livre de Lily Brett n’avait été traduit en français avant Lola Bensky. Ce roman paru en mai, d’inspiration très autobiographique, est une belle découverte que les jurés du Médicis ont saluée avec leur prix du roman étranger.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Bibliobs   05 novembre 2014
Dans "Lola Bensky", la romancière australienne met en scène une héroïne née, comme elle, de parents rescapés d'Auschwitz.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   29 mai 2019
La mère de Lola, qui avait grandi dans un foyer extrêmement pieux, ne voulait pas entendre parler de religion. Quand Lola demandait si elle pouvait aller à la synagogue, surtout pendant les grandes fêtes, Renia répliquait invariablement : "Si tu avais vu ce que j'ai vu, tu ne parlerais pas de religion. " "Tu veux aller à la synagogue seulement pour rencontrer des garçons ", ajoutait-elle d'un ton qui suggérait que rencontrer des garçons était comparable à donner rendez-vous à son dealer de drogue ou à fréquenter un tueur en série.
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cecilitcecilit   02 juin 2019
Lola n'observait jamais son corps. D'autres filles remarquaient un bleu à une jambe, une éraflure au genou. Lola, rien. Elle prenait soin de ne jamais se regarder au-dessous du cou. Ce n'était pas si compliqué : il suffisait d'éviter les miroirs, de lever la tête quand elle était sous la douche et de la détourner lorsqu'elle était dans la baignoire.
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cecilitcecilit   05 juin 2019
Dans le milieu des super-riches, une grosse femme était une rareté. Les grosses étaient sous-représentées dans cette petite portion de la population. Il y avait certes pas mal d'hommes très riches et gros, mais tres peu de femmes très riches et grosses.
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cecilitcecilit   03 juin 2019
Comment avait-elle perdu sa gaieté, se demandait-elle parfois. Où ėtait-elle partie ? Est-ce qu'il n'y avait qu'une quantité limitée de gaieté dans le monde ? Peut-être que si on ne la surveillait pas de près, sa gaieté, elle pourrait disparaître comme ça, d'un coup.
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AifelleAifelle   22 juillet 2015
"Oui, les enfants des victimes et ceux des coupables partageaient ce legs. Ils avaient tellement de choses en commun, ayant grandi avec un passé aussi omniprésent qu'incompréhensible. Un passé qui ne semblait souvent avoir aucun sens, parce qu'il était en grande partie dissimulé, ou à demi formulé, ou suggéré par des vagues allusions. Un passé qui était fait d'articles, de particules, de pronoms sortis de la bouche des adultes en dépit de leur volonté, de bribes de phrases étranglées, brouillées, disséminées."
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La chronique de Gérard Collard - Lola Bensky
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