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EAN : 9782714434043
204 pages
Belfond (16/03/1998)
3.69/5   59 notes
Résumé :
Edith Hope qui, sous un pseudonyme plus aguicheur, écrit des romans sentimentaux, s'est retirée à l'Hôtel du Lac, établissement cossu, situé en bordure du Léman. " Ceux qui croyaient me connaître ne tenaient pas à me voir changer ", dit-elle pour évoquer le carcan dans lequel elle vivait jusque-là enfermée et les raisons qui, vraisemblablement, l'ont incitée à choquer pour toujours la bonne société anglaise. Plutôt que de se confesser, la romancière écrit, écoute et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
StCyr
  03 juin 2021
Un hôtel au bord d'un lac, en Suisse. Nous sommes en fin de saison, les brumes envahissent tout, les feuilles des arbres jaunissant, tombent. Cet établissement est tenu par des propriétaires très sourcilleux, soucieux d'accueillir une clientèle d'habitués, gens respectables, rassis, de tout repos, se fondant dans le cadre austère, loin de l'agitation touristique. A y regarder de plus près, il semble que c'est le lieu idéal pour se délester de personnes dont on ne sait plus que faire. Edith, autrice d'oeuvres sentimentales, habile à créer des personnages, mais incapable de déchiffrer le caractère des gens, a été fermement invitée à s'y rendre, pour se faire oublier, après un incident embarrassant dont elle a été la principale protagoniste. En détresse, elle rase un peu les murs, elle veut se faire aussi petite qu'une souris, à telle enseigne que sa discrétion ne passe paradoxalement pas inaperçue, et que les autres pensionnaires y voient une manière de dame de compagnie idéale, la confidente idoine, terne et effacée. Mme de Bonneuil a, quant à elle, été oubliée là par son fils, sous la pression d'une épouse autoritaire. Pour ce qui est de Monica, femme à la langue acérée, qui entretient un rapport complexe à la nourriture, délaissant ce qui remplit son assiette, au profit de son chien, Kiki, qui en dégobille la plus grande part, pour se rattraper sur les pâtisseries, c'est son mari, qui, déplorant sa stérilité, lui a enjoint de se mettre au vert, pour retrouver la santé, afin de lui donner une descendance et éviter ainsi le divorce. Enfin, il y a Mrs Pusey, et sa fille Jennifer, absolument satisfaites de leur sort, ignorant tout du principe de réciprocité dans le domaine de la conversation, et qui pérorent à loisir sur le seul sujet qui les intéresse, elles-mêmes. Arrive sur ces entrefaites, Mr Neville, homme riche, élégant et raffiné, professant assez cyniquement, un égocentrisme totalement décomplexé, et qui va apporter un peu d'animation dans ce microcosme qui sent un tantinet la naphtaline.

Hôtel du Lac est un petit bijou d'humour british, d'analyse psychologique fine et cruelle, dans lequel on devine, d'une certaine façon, que l'autrice y a mis un peu d'elle-même, de sa fragilité. Les personnages, plutôt de la vieille école, confits en manies, sont décrits avec une plume acérée. Cela ravira les lecteurs de romans délicatement méchants.
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madameduberry
  24 octobre 2013
Edith Hope (Espoir…) est un personnage littéraire féminin que je ne peux oublier. Apparemment docile, elle accepte un exil au bord d'un lac, imposé par son entourage, pour se refaire une raison, pourrait-on dire, après un acte qui a surpris et désarçonné tout le monde. Femme adulte, indépendante, créative, elle paraît aussi d'une grande passivité en acceptant cet ostracisme prophylactique. Elle va rencontrer d'autres personnes aussi atypiques qu'elle, et des personnages tyranniques, ou tyrannisés par leur entourage. Son intelligence fait même d'elle une proie pour un homme qui aime dominer, mais qui ne supporte pas les femmes sottes ou serviles.
Que va-t-il advenir de cette femme toute en délicatesse, dont le seul tort est de trop bien comprendre les manoeuvres et les faiblesses de caractère de ceux qui l'entourent? Est-elle, comme beaucoup d'héroïnes de Brookner, vouée à la solitude?
Réponse à la fin de ce roman d'une très grande finesse psychologique.
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c128057
  28 janvier 2022
J'ai découvert Anita Brookner grâce à Michel Houellebecq... Cela peut surprendre! Il y fait allusion dans son dernier roman (Anéantir) en se moquant gentiment de la femme de Paul (cela ne va pas lui améliorer le moral...).
J'aime en effet découvrir des auteurs cités par d'autres auteurs.
Et globalement, j'ai apprécié ce petit roman décalé, très british, très suranné également. Il est surprenant que ce livre ait été écrit dans les années 80 tant ce livre semble d'un autre temps, ce qui ne le dessert pas forcément.
Je n'ai toutefois pas été passionné par ma lecture. J'ai eu le sentiment que beaucoup de l'auteur se ressentait à travers sa narratrice, avec au final, une atmosphère de vieille fille des campagnes anglaises...
Cela ne m'a peut être pas passionné, mais je reconnais volontiers que cela est bien écrit, et possède un charme certain. Je ne pense cependant pas m'aventurer vers d'autres livres de Brookner, à tort peut être.
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TulipeJauclette
  28 décembre 2013
Une beauté littéraire ! Bien que je n'ai pas particulièrement apprécié l'intrigue de ce roman primé par le Booker Prize il y a presque maintenant vingt ans, il est indéniable que ce chef d'oeuvre d'Anita Brookner mérite cette distinction littéraire. L'environnement crée avec soin et minutie par l'auteur se grignote avec délectation: l'ambiance de ce vieil hôtel suisse au bord d'un lac au début de l'automne apparaît lugubre et morose, parfois lourde, mais sans jamais de fausse notes. La description des personnages est somptueuse, délicate, comme si les protagonistes de l'écrivain étaient ciselés dans l'ivoire avec méticulosité. La traduction est soignée, et il me tarde de lire d'autres travaux de Solange Lecomte. C'est une boite à trésor si vous aimez le vocabulaire raffiné est les romans dans le style de Virgina Woolf. Avis cependant aux lecteurs friands d'actions et de péripéties (absence qui est mon principal regret dans ce livre): le rythme est lent presque immobile. Un contraste à mon sens avec l'étoffement accordé à la langue. Un chef d'oeuvre contemplatif que je recommande cependant vivement!
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Oktor
  21 octobre 2021
Au hasard d'une boîte à livres, je suis tombé sur hôtel du lac publié chez triad grafton books (winner of the booker prize 1984) que j'ai pris à tort pour un roman policier ! erreur ! le début ressemblait peu ou prou à de l'Agatha Christie : une société un peu surannée dans un décor artificiel : je me suis ennuyé. Par la suite, le retour sur des épisodes précédents m'a appris la raison de la présence de cette autrice sentimentale dans cet hôtel : une déception sentimentale et un scandale "mondain". Là, je me suis amusé en imaginant la tête des invités à un mariage... qui n' a pas lieu. Finalement la nouvelle intrigue sentimentale ne convaincra que les fans de ce genre. Que penser ici de la langue anglaise: ça sonne vieillot, comme le couple improbable d'une mère et de sa fille "fashion addicts" (!) Ainsi la description de Jennifer "her face moody and flushed, her mouth set in a pout, her plump schoulders emerging from the slipping decolletage of a virginal but very slightly transparent lawn nightgown". "virginal", my foot ! puritanisme quand tu nous tient.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
zorazurzorazur   15 novembre 2011
S'il faut vraiment que ce soit une femme libérée, pourquoi ne descendrait-elle pas au bar raccoler quelque'un ? Le hic, c'est que la plupart des femmes ne font pas çà. Et pourquoi ne le font-elles pas ? Parce qu'elles préfèrent le vieilles fables, dès qu'on en vient à l'essentiel. lles veulent continuer à croire qu'un homme les découvrira, resplendissantes de beauté, derrière des portes closes, au moment même où elles désespéraient de tout, qu'il reviendra du bout du monde en abandonnant ce qui jusque là faisait sa vie, à seule fin de la conquérir.
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zorazurzorazur   15 novembre 2011
Dans mes romans, c'est toujours la jeune fille effacée, discrète comme une souris, qui conquiert le héros, et triomphe de la dédaigneuse tentatrice, tandis que celle-ci quitte l'arène, humiliée, sans espoir de renouer une liaison orageuse. C'est donc la tortue qui gagne à tous les coups. Dans la réalité, bien entendu, c'est le lièvre qui gagne.
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askarticleaskarticle   14 octobre 2015
Edith ne considérait vraiment le jardin comme son domaine que le matin très tôt ou en fin d'après-midi quand, une fois achevée sa tâche journalière, elle restait simplement assise sur un banc de fer forgé assez confortable (...) et qu'elle regardait le soleil disparaître derrière la haie tout en humant avec bonheur les odeurs que le soir intensifiait.
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