AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2743643994
Éditeur : Payot et Rivages (13/06/2018)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Début des années 1970 au Texas. Hack Holland a tout pour lui. Etoile montante de la vie politique texane, il n'a qu'à se montrer en public, de mondanités en mondanités, récolter de l'argent, serrer des mains avec comme seule contrepartie pour lui, présenter une image impeccable. Mais cet ancien prisonnier traumatisé par la guerre de Corée et marié à une femme glaciale, boit trop...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  24 octobre 2013
James Lee Burke nait en 1936 à Houston au Texas et passe son enfance sur la côte entre le Texas et la Louisiane. Ecrivain américain de romans policiers, il est particulièrement connu pour sa série mettant en scène Dave Robicheaux. Issu d'une famille pauvre, son père est ouvrier dans une raffinerie, pendant la Seconde Guerre mondiale il fréquente l'école catholique où il se découvre une vocation d'écrivain. Après des études à l'Université de Louisiane du Sud-ouest ainsi qu'à l'Université du Missouri, il sort diplômé dans les domaines de la littérature et du journalisme. Après l'université, Burke a pratiqué plusieurs métiers, ouvrier du pétrole, routier, journaliste, assistant social, garde forestier, topographe, enseignant d'anglais.
Troisième ouvrage de James Lee Burke, Déposer glaive et bouclier qui a été écrit en 1971 mais n'est traduit qu'aujourd'hui, est le premier à mettre en scène un personnage récurrent, même si Hackberry Holland ne réapparaîtra que trente-huit ans plus tard (Rains Gods en 2009, pas encore traduit). Attention, il ne s'agit absolument pas d'un roman à suspense haletant ni même d'un polar comme la collection éditoriale ou l'auteur pourrait le laisser penser, mais d'un roman tout court et qu'on pourrait même qualifier de roman de moeurs. Je le précise pour qu'un quiproquo malheureux ne l'éloigne pas de son véritable public.
Début des années 1970 au Texas. Hack Holland, bel homme de trente cinq ans est avocat, poussé par son associé de frère et sa femme Verisa, il se prépare un bel avenir dans la politique avec une élection au poste de sénateur au Congrès toute tracée. Il lui suffit de marcher dans les pas des notables et de la société distinguée d'Austin. En fait, ancien prisonnier traumatisé par un séjour en camp de prisonniers durant la guerre de Corée et marié à une femme glaciale, il boit trop. Quand Arturo Gomez, un vieux copain de l'armée, l'appelle depuis la prison où il a échoué, Hack décide de ne pas le laisser tomber.
Des salons huppés de la grande ville à ce bled paumé au fond du Texas, il y a un fossé. Ici les Noirs et les Mexicains, ouvriers saisonniers employés dans les champs de coton, doivent trimer comme des bêtes sans l'ouvrir pour des salaires de misère. Inutile de vous dire que les moindres syndicalistes, comme Arturo Gomez, sont des communistes de la pire espèce pour les rednecks locaux, le Ku Klux Klan et le shérif. Un évènement tragique va entrainer Hack Holland à prendre fait et cause pour les ouvriers agricoles, une décision lourde de conséquences qui l'obligera à faire des choix de vie bouleversant son existence, le mettant en prise avec l'ordre social et les convenances, mais au terme desquelles il sortira ressuscité et débarrassé de ses angoisses. Un homme libre.
James Lee Burke réussit à nous faire ressentir des climats et des ambiances aussi variées que la chaleur qui règne au Texas, la souffrance physique et psychologique endurée dans un camp de prisonniers durant la guerre de Corée, le racisme écoeurant et brutal des petits blancs de ces Etats du Sud, les humiliations et les violences supportées par les Noirs et les Mexicains. Et l'alcoolisme suicidaire de son héros finit même par donner mal au crâne au lecteur.
Un bon roman pour une immersion dans la face sombre et populaire d'une certaine Amérique profonde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
encoredunoir
  04 décembre 2013
Après La moitié du paradis et Texas Forever, les éditions Rivages continuent à publier d'anciens romans de James Lee Burke qui n'avait pas encore eu droit à une traduction française. La démarche est d'autant plus logique pour Déposer glaive et bouclier que ce roman de 1971 est le premier à mettre en scène Hackberry Holland ; personnage que Burke reprendra en 2009 pour Rains Gods et en 2011 pour Feast Days of Fools, pas encore traduits chez nous.
Pour le lecteur assidu de James Lee Burke en français, les éditions récentes de Texas Forever et de ce Déposer glaive et bouclier appellent quelques remarques. D'abord parce qu'ils indiquent chez James Lee Burke une certaine ambition – que l'on a déjà ressentie à la lecture de la moitié du paradis – de construire une fresque familiale dans une partie de son oeuvre. Ainsi apprend-on que Hackberry Holland n'est autre qu'un descendant direct du Son Holland venu s'installer au Texas au moment de la guerre entre Texians et Mexicains. Ce Son Holland dont Burke contera l'histoire en 1982 dans Texas Forever. Ensuite, on avait trouvé, lors de la publication de la rose du Cimarron, en 2001, que Billy Bob Holland, nouveau héros récurent de l'auteur, était une resucée un peu pâle de Dave Robicheaux et l'on s'aperçoit en fait que Robicheaux était plutôt un personnage qui empruntait beaucoup à Hackberry Holland et auquel Burke a su donner plus de complexité et plus de capacité à éveiller l'empathie chez le lecteur. Billy Bob Holland étant donc finalement une sorte de reprise – il appartient de toute évidence à la famille mais nous n'avons pas vérifié son arbre généalogique – de Hackberry un peu plus aboutie.
On aura deviné, après cette introduction, que Hackberry Holland n'est pas le personnage de James Lee Burke qui nous a le plus séduit. On découvre ici un impétueux avocat, ancien combattant de Corée, alcoolique et pressenti pour être bientôt élu au Congrès qui, suite à l'appel d'un ancien compagnon d'armes latino incarcéré pour ses activités syndicales, s'engage dans un combat qu'il peine à vraiment comprendre. Il se trouve bien vite en butte à une société texane rétrograde, raciste et violente dans laquelle les arrangements entre les plus fortunés et les politiques permettent de s'affranchir des lois. S'il pensait bien connaître cette société et ses règles, Holland s'aperçoit qu'il ne les avait pas forcément bien intégrées et que lui et ses semblables prospèrent sur l'injustice de cette société.
Ce que Burke nous dit là du Texas des années 1960-1970 et sur les conditions de vie des ouvriers agricoles mexicains est intéressant et instructif ; d'autant plus qu'il sait appuyer sur les points douloureux et susciter le sentiment d'injustice chez le lecteur. Toutefois, Hackberry, dont on peine souvent à comprendre les motivations, si ce n'est qu'il porte le poids d'une culpabilité qui l'amène à vouloir se racheter en se sacrifiant et même en cherchant plus ou moins à se trouver dans la position du martyr, est encore trop peu sympathique, et pas assez antipathique à la fois. Il n'est ni celui que l'on voudrait aimer, ni celui que l'on se plairait à détester. Sans doute parce que ses deux faces, son Jekyll et son Hyde, sont chacune à leur manière un peu trop caricaturales.
Alors certes il reste le charme de l'écriture de James Lee Burke, sa capacité à donner vie à un paysage, à poser une ambiance moite, étouffante, dans laquelle flotte constamment un parfum de danger, la promesse d'un dérapage incontrôlé et d'un moment de fureur. Mais on est encore loin de ce qu'il saura faire quelques années plus tard en la matière.
Pas inintéressant donc pour qui aime déjà les romans de James Lee Burke, important en ce qu'il ouvre une série dont on peu penser que la suite, écrite près de 30 ans après, sera d'un autre niveau, Déposer glaive et bouclier n'est pas un roman indispensable de la bibliographie de l'auteur. Tout au plus une curiosité et un passage obligé en entendant l'édition sans doute prochaine en France des autres aventures de Hackberry Holland.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
JoyeuxDrille
  05 septembre 2018
Un roman noir écrit il y a près de 50 ans et traitant pourtant de sujets qui restent omniprésents dans l'Amérique actuelle, et en particulier la question raciale. Au coeur du récit, le personnage de Hack, bien plus profond au final qu'on ne le pense au départ, après l'avoir croisé ivre mort. C'est le roman d'une mue, une histoire de résilience et une critique féroce du système politique américain.
Lien : http://appuyezsurlatouchelec..
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   04 août 2017
Elle n’avait ni accent ni manière de parler qu’on puisse rapprocher d’une région ou d’une personne qu’on connaissait. J’essayais de me la représenter. Elle avait dû répondre à des centaines d’hommes l’appelant de leur chambre de motel ou de leur maison vide, nerveux, un peu ivres, la voix rauque de gêne et de passion, redoutant de se faire rembarrer. Je me demandais si ces aveux de manque et de faiblesse avaient aiguisé son regard sur la bonne société, ou si elle n’était qu’un robot décérébré. Je ne parvenais pas à l’associer à l’image de la grosse maquerelle peroxydée avec ses bagues de verre aux doigts, dont la voix aurait laissé percevoir plus d’humanité. J’avais fini par imaginer une vieille fille froide et asexuée, maigre, le teint pâle, rendue cynique par le pouvoir de manipuler la vie sexuelle des autres sans y participer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Corboland78Corboland78   24 octobre 2013
Mais je le connaissais, son monde, peut-être même mieux que lui. Je connaissais l’envie de vomir qui vous prenait lorsque vous entendiez le claquement du verrou derrière vous, la peur de retourner à l’isolement et les cauchemars qu’on en gardait, la prudence dont il fallait faire preuve face aux violents et aux fous, la honte de la masturbation et la tentation que représentait l’homosexualité, la terreur qu’on éprouvait lorsqu’un fusil armé était braqué sur votre visage, ces mois et ces années que ne motivait aucune finalité, la jalousie que provoquait la faveur d’un gardien accordée à un prisonnier, la pression constante des corps autour de vous et le fait qu’il y avait toujours des dizaines d’yeux pour vous voir accomplir vos besoins physiologiques les plus élémentaires.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   04 août 2017
Tous les geôliers savent qu’un prisonnier préférerait être battu avec un tuyau d’arrosage plutôt que d’être envoyé au cachot, où les serpents sortent de l’hibernation et où les voix d’autrefois résonnent dans de longs tunnels. Les Nord-Coréens et les Chinois connaissaient le truc, eux aussi. Les nez cassés et les doigts écrasés, même creuser sa propre tombe sous la menace du sergent Tien Kwong et de son pistolet-mitrailleur, étaient loin d’être aussi efficaces que six semaines dans un trou de terre nue, avec une grille d’égout au-dessus de la tête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   04 août 2017
Chaque fois que la guerre changeait de physionomie ou qu’une nouvelle offensive était lancée par un côté ou l’autre, les Chinois nous transféraient, en wagons à bestiaux, en camions de l’armée russe ou à pied, vers un nouveau camp où nous ne risquions pas d’être libérés, étant donné que nous constituions une importante monnaie d’échange dans les pourparlers. Je passai deux mois à Bean Camp, un complexe de baraques en bois délabrées, utilisées par les Japonais pour enfermer les prisonniers britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   04 août 2017
Elle avait un corps superbe, comme on en voit rarement chez les putes : des seins fermes aux mamelons marron, les longues jambes dorées de ces filles qui se prélassent au bord des piscines des gangsters, un ventre gardé plat par vingt-cinq abdominaux par nuit, les fesses restées pâles sous le maillot de bain, et une petite croix pachuca, avec ses trois rayons, tatouée à l’intérieur d’une cuisse.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de James Lee Burke (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Lee Burke
James Lee Burke picks "The Wild Side of Life"
autres livres classés : injusticeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

James Lee Burke

James Lee Burke est né le 5 décembre 1936, mais où ?

Atlanta, Géorgie
Houston, Texas
Bâton-Rouge, Louisiane
Tallahassee, Floride

10 questions
41 lecteurs ont répondu
Thème : James Lee BurkeCréer un quiz sur ce livre