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Jean-Paul Manganaro (Traducteur)
EAN : 9782020114660
85 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1990)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Récits Un homme du monde entre dans une boutique des Champs-Elysées à la recherche d'une femme dont il ne connaît que le parfum. Un couple gourmand, en voyage au Mexique, s'initie à la cuisine locale «élaborée et audacieuse». Un roi cloîtré dans la salle du trône tente de décrypter les messages sonores qui filtrent à travers les murs de son palais. Dans ces trois contes drolatiques où l'angoisse ne manque toutefois pas de s'insinuer, Calvino se révèle avant tout un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
morin
  06 août 2020
Si j'ai lu deux ouvrages d'Italo Calvino, ce n'est pas par choix personnel. Ils ont été proposés dans le cadre du café littéraire auquel je participe :
En 2017 "Si par une nuit d'hiver un voyageur".
En 220 l'animatrice avait inscrit "sous le soleil jaguar". le café n'a pas eu lieu pour cause de covid 19.
Bien que je n'ayant pas particulièrement apprécie le premier, je me suis lancée dans la lecture du deuxième. Impression identique.
Des trois nouvelles proposées, l'odorat, le goût et l'ouïe, ma préférence s'est portée sur le goût, "sous le soleil jaguar". La description des plats et des saveurs ne m'ont sans doute pas laissée indifférente !
Plus sérieusement, et pour conclure, je considère modestement que je n'ai pas les clés pour apprécier et comprendre l'oeuvre de Calvino.
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helhiv
  10 janvier 2017
J'ai tendance à aimer tout ce qu'à écrit Italo Calvino au point de ne plus être très objective. Ce livre rassemble trois nouvelles très fortes et expressives portant sur les sens. Il en manque manifestement deux ; la mort de l'auteur a interrompu le projet et les nouvelles déjà écrites ont été publiées en l'état. Peut-être aurait-il aimé les retoucher ...
Les trois nouvelles sont très différentes, très construites comme toujours chez Italo Calvino, mais très déroutantes, volontairement ou à cause de ce maudit goût d'inachevé.
Le première sur l'odorat traite d'un homme courant derrière le parfum d'une femme (on ne peut s'empêcher de penser à le parfum de Patrick Süskind) et est en apparence très légère ... presque jusqu'à la fin. le parallèle avec une seconde histoire beaucoup plus lointaine dans le temps ne semble pas évidente.
La seconde nouvelle concerne le goût. Au cours d'un voyage au Mexique, les rapports charnels entre deux amants sont remplacés par leurs rapports aux mets qu'ils dégustent. C'est certainement très juste mais mon palais n'est pas assez fin pour accepter de privilégier les plaisirs de la nourriture aux plaisirs du corps !
La troisième est, je trouve, la plus "calvinesque" ! Après avoir accéder au trône, un roi sombre dans la paranoïa entretenue par tous les bruits qu'il entend. C'est oppressant, inquiétant, aliénant, hallucinant, brillant !
Mon conseil : n'abordez pas Italo Calvino avec ce petit livre. Gardez-le pour quand vous aurez savouré le reste de son oeuvre !
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Derwijes
  14 octobre 2015
Italo Calvino voulait écrire un livre portant sur les sens. La vue, l'ouïe, le goût...Malheureusement, il nous quittera avant d'avoir pu l'écrire, ne laissant derrière lui qu'un manuscrit inachevé.
Evidemment, cela n'a pas empêché son éditeur de le faire publié. Nous voici donc face à Sous le soleil jaguar, premier livre posthume d'Italo Calvino !
Très court, à peine une centaine de pages, il se décompose de trois histoires différentes, une sur l'odorat, une sur le goût et une sur l'ouïe. Allons-y chronologiquement:
Le livre s'ouvre avec la nouvelle sur l'odorat. C'est la plus courte du livre, et elle est assez décousue...Elle alterne entre le point de vue d'un homme de la Préhistoire découvrant les odeurs, et celui de ce qu'on imagine être un rockeur dans le Swinging London des 60's. Les passages préhistoires arrivent comme un cheveu sur la soupe et sont trop désorganisés pour être intéressants, mais les passages sur le rockeur sont mieux écrits. Avec quelques années d'avance, on sent un gros, gros parallèle avec le Parfum de Süskind...Mais dans le cas de Calvino, on sent que la nouvelle aurait dû être plus consistante, mais qu'il n'a pas eu le temps de la finir.
Seconde nouvelle, sur le goût. Un couple en vacances au Mexique. Cette nouvelle est un peu bizarre...c'est la plus décevante des trois, et celle dont on sent que Calvino voulait étoffer. La fin est trop abrupt, et sans développement, elle ne laisse au lecteur que des questions.
Enfin, la dernière nouvelle, sur l'ouïe, est la plus satisfaisante. Un roi paranoïaque refuse de quitter son trône, de peur de le perdre.
C'est la seule nouvelle où on reconnaît la patte de Calvino. Remplie d'une ironie mordante sur le pouvoir et ceux qui le possède, c'est aussi celle qui transmet le mieux l'idée générale du recueil que voulait faire l'auteur. Intelligente, drôle et bien faite, quoi qu'encore une fois un peu trop courte, elle vaut à elle-seule la lecture du livre.
Au final, un résultat très décevant, qui laisse surtout un arrière-goût de "Et si...?" dans la bouche. Comme souvent avec les oeuvres posthumes, on regrette surtout que son auteur nous ait quitté avant de nous offrir plus de testament de son talent, et surtout qu'il nous quitte sur une telle note...
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citron_curieux
  29 avril 2020
J'adore Italo Calvino mais ce recueil ne m'a pas passionnée… Je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans chaque histoire mais j'applaudis tout de même le concept d'une nouvelle pour explorer chaque sens qui reste très intéressant même s'il n'a pas pu être terminé.
On observe un nouveau style d'écriture à chaque nouvelle qui amène une atmosphère différente. On sent qu'il y a du travail sur les sens, sur les images, les senteurs… mais avec un goût d'inachevé pour moi. J'ai trouvé que les histoires restaient jolies mais superficielles et j'ai eu du mal à m'y plonger et à vouloir poursuivre ma lecture.
J'adore Calvino pour son travail d'écriture et son renouvellement constant, ce que j'ai pu retrouver ici mais il me manquait peut-être un peu plus de fond. La nouvelle qui s'en rapprochait le plus est « Un roi à l'écoute » que j'ai tout de même bien appréciée.
Ce recueil peut faire passer un bon moment si l'on arrive à s'y plonger, mais ne constituera pas une lecture marquante pour moi.
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sylvie2
  03 août 2012
Livres décrivants les sensations liées à trois de nos sens: l'odorat, le goût et l'ouie.
Il s'agit d'un livre qui se veut à la fois humoristique et menaçant sur la perte des sens. Il en ressort une sensation pas très agréable.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MedelieMedelie   20 février 2013
Comme autant d’épigraphes en un alphabet indéchiffrable, dont la moitié des lettres auraient été effacées par le polissage du vent chargé de sable, c’est ainsi que vous serez, parfumeries, pour l’homme sans nez de l’avenir. Vous nous ouvrirez encore de silencieuses portes vitrées, et sur les tapis vous amortirez nos pas, vous nous recevrez dans vos espaces d’écrins, dépourvus d’angles, parmi les revêtements en bois laqué des parois, vendeuses et directrices hautes en couleur et bien en chair comme des fleurs artificielles nous frôleront encore de leurs bras potelés armés de vaporisateurs ou de l’ourlet de leur jupe lorsque, sur la pointe des pieds, elles grimperont au sommet des tabourets : mais les flacons les burettes les ampoules à bouchons de verre taillés en facettes ou en pointe continueront en vain à nouer, d’un étalage à l’autre, le réseau de leurs accords de leurs consonances de leurs dissonances contrepoints modulations et progressions : nos sourdes narines ne saisiront plus les notes de la gamme : les arômes musqués ne se distingueront plus des cédrats, l’ambre et le réséda, la bergamote et le benjoin resteront muets, scellés dans le sommeil tranquille des flacons. Oublié l’alphabet de l’odorat, qui en faisant autant de vocables, d’un lexique précieux, les parfums demeureront sans paroles, inarticulés, illisibles.

[ In Le nom, le nez ]
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MedelieMedelie   20 février 2013
Des coups. Dans la pierre. Sourds. Rythmés. Comme un signal ! D’où viennent-ils ? Tu reconnais cette cadence. C’est l’appel du prisonnier ! Réponds. Frappe, toi aussi, contre la paroi. Crie. Souviens-toi, le souterrain communique avec les cellules des prisonniers d’État…
Lui ne sais plus qui tu es : libérateur ou geôlier ? Ou plutôt quelqu’un qui s’est perdu sous terre, comme lui, coupé des nouvelles de la bataille là-haut dans la ville dont dépend son sort ?
S’il est en train d’errer hors de sa cellule, c’est bien le signe qu’ils sont venus lui ôter ses chaînes et ouvrir toutes grandes les grilles. Ils lui auront dit : « L’usurpateur est tombé ! Tu vas remonter sur le trône ! Tu reprendras possession du palais ! » Puis quelque chose a dû mal tourner. Une alarme, une contre-attaque des troupes royales, et les libérateurs sont partis en courant à travers les galeries, le laissant seul. Évidemment il s’est perdu. Sous ces voûtes de pierre aucune lumière n’arrive, aucun écho de ce qui se passe là haut.
Vous allez pouvoir vous parler maintenant, vous écouter, reconnaître vos voix. Lui diras-tu qui tu es ? Que tu as reconnu en lui celui que tu as tenu incarcéré pendant tant d’années ? Celui que tu entendais maudire ton nom et jurer de se venger ? Vous êtes à présent tous deux perdus sous terre, et ne savez pas lequel des deux est roi, lequel prisonnier. Il te semble presque que, de toute façon, ça ne change rien : il te semble avoir toujours été enfermé dans ce souterrain, envoyant de là des signaux… Il te semble que ton sort a toujours été en suspens, comme le sien… Un de vous deux restera ici-bas… Et l’autre…
Mais peut-être que lui, ici-bas, s’est toujours senti là-haut, sur le trône, avec la couronne sur la tête et le sceptre en main. Et toi ? Ne t’es-tu pas toujours senti prisonnier ? Comment un dialogue pourrait-il s’établir si chacun d’entre vous, au lieu des mots de l’autre, croit entendre les siens propres, répétés par l’écho ?

[ In Le roi à l'écoute ]
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MedelieMedelie   20 février 2013
Il est possible, et même probable, que chaque bouffée de sons prenne dans ton oreille la forme d’une plainte de prisonnier, d’une malédiction proférée par des victimes, de la respiration haletante des ennemis que tu n’arrives pas à faire mourir…
Tu fais bien d’écouter, de ne pas relâcher un seul instant ton attention, mais sois convaincu de ceci : c’est toi-même que tu es entrain d’écouter, c’est au fond de toi que les fantômes prennent voix. Quelque chose que tu n’arrives pas à te dire à toi-même cherche douloureusement à se faire entendre… Tu n’en es pas convaincu ? Veux-tu une preuve certaine de ce que tous ces bruits viennent de l’intérieur de toi, non de l’extérieur ?
Jamais tu n’auras une preuve absolue. Car il est vrai que les souterrains du palais sont remplis de prisonniers, défenseurs du souverain prisonnier, courtisans suspects d’infidélité, inconnus tombés dans une de ces rafles que ta police fait périodiquement par précaution intimidatrice et qui finissent oubliés dans les cellules de sûreté… Étant donné que tous ces gens n’arrêtent pas, jour et nuit, de secouer leurs chaînes, de frapper à coups de cuillères contre les grilles, de scander des protestations, d’entonner des chants de sédition, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que quelques échos de leur vacarme arrivent jusqu’à toi, bien que tu aies fait insonoriser les murs et les sols, et revêtit cette salle-ci de lourdes tentures. Il n’est pas exclu que ce qui te semblait tout à l’heure l’écho d’une percussion rythmée, et qui est devenu maintenant une espèce de tonnerre bas et sourd, vienne justement des souterrains. Tout palais repose sur des souterrains où quelque vivant est enterré, où quelque mort n’a pas trouvé la paix.

[ In Le roi à l'écoute ]
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MedelieMedelie   20 février 2013
Debout le nez au vent m’arrivent des signes moins précis mais plus chargés de sens et de soupçons, des signes que tu refuses même de récolter quand tu as le nez par terre tu te tournes de l’autre côté, comme cette odeur qui monte des roches du ravin où nous autres du troupeau jetons les bêtes dépecées, les viscères avariés, les ossements, et où les vautours planent en tournoyant. Et cette odeur que je poursuivais c’est là en bas qu’elle s’est perdue, c’est de là en bas qu’elle remonte suivant la direction du vent ensemble avec la puanteur des cadavres déchiquetés l’haleine des chacals qui les déchiquettent encore chauds le sang qui sèche sur les roches au soleil.

[ In Le nom, le nez ]
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MedelieMedelie   20 février 2013
La porte de l’hôtel est demi-close. Il y a des gens qui entrent, des hommes en haut-de-forme, des femmes voilées. Dans le vestibule je suis déjà saisi par une lourde odeur de fleurs, comme d’une végétation en putréfaction, j’entre au milieu des bougies de cire qui brûlent des corbeilles de chrysanthèmes des coussins de violettes des couronnes d’asphodèles ; dans le cercueil ouvert capitonné de satin je n’arrive pas à reconnaître le visage couvert d’un voile et enveloppé dans des bandelettes comme si jusque dans la décomposition des traits sa beauté continuait à refuser la mort, mais je reconnais bien le fond, l’écho de ce parfum qui ne ressemble à aucun autre, fondu désormais avec l’odeur de la mort comme si depuis toujours ils avaient été inséparables.
Je voudrais interroger quelqu’un mais ce ne sont tous que personnes inconnues, des étrangers peut-être, je m’arrête près d’un homme âgé qui plus que les autres a l’air d’un étranger, un monsieur au visage olivâtre, avec un fez rouge et une frac noir, qui se tient recueilli à côté du cercueil, je dis à voix basse mais distinctement, sans m’adresser à personne : « Et dire qu’à la minuit de cette nuit elle dansait, et qu’elle était la plus belle de la fête… »
L’homme au fez ne se retourne pas et dit à voix basse : « Que dites-vous là, monsieur ? À minuit elle était morte. »

[ In Le nom, le nez ]
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Videos de Italo Calvino (52) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Italo Calvino
Italo Calvino - Entretien (A Voix Nue) 1976
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