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ISBN : 2864248433
Éditeur : Editions Métailié (06/10/2011)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 35 notes)
Résumé :

La Manuelli, l’une des plus grandes entreprises d’Italie, est à un tournant : ses dirigeants préparentla fermeture de certains établissements en même temps que l’absorption d’une autre société,l’Artenia. À cette occasion, les cruels jeux du pouvoir et de l’argent vont voir s’affronter le vieuxManuelli, père fondateur, tout imprégné de son importance historique, son fils B... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
yv1
  28 octobre 2011
Brrr, qu'elle est glaçante cette plongée dans le monde économique ! Magouilles, prises illégales d'intérêts, manipulation et donc manipulateurs-manipulés et vice-versa.
Andrea Camilleri -plus connu pour ses polars avec le désormais célèbre commissaire Montalbano- s'essaie au thriller économique qui n'a rien à envier au bon vieux thriller classique avec ses tueurs en série, ses flics désabusés et ses coulées d'hémoglobine. de rebondissements en retournements de situation, il nous trimballe gentiment dans le monde des requins de la grande entreprise.
Les personnages ont quasiment tous un double visage : le patron, beau gosse, habile, à qui tout réussit, d'un cynisme exacerbé et insupportable, le vieux capitaine d'industrie, peut-être pas si amoindri que cela ; même les femmes ne sont pas épargnées : la femme docile, belle et un peu nunuche -en apparence- et la jeune femme ambitieuse et prête absolument à tout pour en tirer profit. Alors, loin de moi et loin de l'auteur -enfin, là je m'avance, parce que je ne le connais point du tout, et donc j'imagine, je devine que...- l'idée de dire "tous pourris" ou "tous les mêmes" ; il y a bien sûr des gens honnêtes, mais pas sûr qu'il faille les chercher dans les plus hautes sphères de la société civile ou politique. Alors, clichés ? Stéréotypes ? Caricatures ? Peut-être ! Sûrement même ! Mais de la même façon qu'il y a quelques années, un coureur du Tour de France disait qu'on ne pouvait pas gagner une course aussi difficile sans tricher, je me demande si l'on peut parvenir aux sommets totalement propre. Sûrement certains y réussissent-ils ! (Ne voyez dans ma comparaison avec la bicyclette aucune tentation de faire allusion à qui que ce soit. Ce n'est pas mon genre.)
Très largement dialogué, ce roman se lit sans mal et c'est dans ces passages que l'on reçoit en pleine face le cynisme et l'absence totale de scrupules des protagonistes envers ceux qu'ils licencient ou qu'ils spolient en en claquement de doigts. Andrea Camilleri distille des infos deci delà qui questionnent le lecteur et qui trouvent leur explication dans le final, méthode usitée et efficace dans le polar ; l'écriture est simple, classique : mais on ne lit pas Camilleri pour l'exercice styllistique. Ce roman manque néanmoins d'un peu de souffle qui le propulserait sur les hauteurs des 40 PAL (Piles A Lire) les plus courues (là, j'ai tenté une petite blague avec PAL 40 et CAC 40, mais je crains qu'elle ne fasse flop, que ce ne soit un krach abyssal).
Cependant, ce qui est intéressant, c'est l'angle par lequel l'auteur aborde son thème : ses personnages principaux sont des dirigeants sans vergogne, corrompus, véreux. C'est donc un anti-roman social : les ouvriers trinquent, mais on ne les voit pas ; un parti-pris original qui fait de son roman un premier du genre "thriller économique" comme le qualifie l'éditeur.
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Eskalion
  30 mars 2013
N'avez vous jamais nagé au milieu de requins ? Entouré de ces animaux à sang froid qui gravitent autour de vous avec nonchalance, indifférents à votre présence , ne vous considérant que d'un oeil distant, mais qui ne vous quitte pas ? Non, sans doute.
Alors n'avez vous jamais vécu cet instant fugace où tout bascule, quand le bleu devient noir, qu'autour de vous tout se trouble, que l'adrénaline vous fait réaliser, bien trop tard hélas, que le danger est là, que de chasseur vous êtes devenu proie, et que les mâchoires du destin se referment sur vous et vous assènent le coup de grâce.
Alors peut-être, histoire d'en avoir une idée, devriez vous vous intéresser au roman d' André Camilleri , " Intermittence" qui vient de paraitre en format poche aux Editions POINTS .Car les requins que vous allez y côtoyer n'ont rien à envier à leur congénères aquatiques quant à leur puissance, la férocité et la bestialité qu'il déploient pour déchiqueter leur proie.
Cette faune qu'Adrea Camilleri vous invite à découvrir c'est celle des milieux industriels et d'affaires italiens, à travers les tribulations qui secouent la société Manuelli.
Si officiellement le patriarche et fondateur de la société familiale, devenue l'une des plus puissantes d'Italie, n'est plus aux affaires, si son fils Bope a pris la relève, le véritable pouvoir est détenu par le directeur général , Mauro de Blasi et son adjoint Guido Marsili.
Malgré la crise qui touche de plein fouet la péninsule, ces derniers travaillent d'arrache pied au rachat d'une société concurrente qui n'a pas su faire les bons choix stratégiques pour se maintenir à flot et supporter le tsunami économique qui s'est abattu sur le tissu industriel italien.
Mais on ne laisse pas des piranhas jouer entre eux sans prendre le risque de les voir se retourner contre vous avant de s'entre dévorer.
Dans ce monde merveilleux des affaires et de l'entreprise ne survivent que les plus forts, capables de se mutiler de toute notion morale, de tout sens de l'intérêt général.
Le sang appelle la mise à mort, la mort appelle le profit. Et celui ci n'en est que plus juteux quand il s'accompagne de licenciements massifs d'ouvriers qui trinquent de leur sacrifice. On est bien loin de l'idéal du vieux Manuelli qui rêvait d'une entreprise à visage humain.
Alors on complote, on couche avec la femme de son associé, on lorgne sur la petite fille du concurrent que l'on veut racheter. On ment, on manipule on triche.
Mais dans ce jeux de faux semblants, il suffit parfois qu'un petit grain de sable vienne gripper la plus belle des machinations pour que tout se retrouve remis en question. Et il n'y a pas plus dangereux qu'une femme prise pour une cruche.
Andréa Camilleri signe là un roman bien différent de l'univers de son célèbre inspecteur Montalbano. Critique acerbe et au vitriole de l'ultralibéralisme, il nous offre un tour d'horizon cruel de cette Italie où les élites politiques forniquent avec les décideurs économiques , où dans ce jeu d'argent et de pouvoir, les ouvriers sont toujours les dindons de la farce.
Mais il le fait avec tout le talent qu'on lui connait, en croquant des personnages ambitieux et sans vergogne, en parsemant son récit de chausse-trappes, et en n'omettant pas de faire pénétrer le lecteur dans la vie privé de ces prédateurs , ce qui leur donne encore plus de relief.
Trahison, coup bas, coup de gnons, adultère , femme battue et femme déterminée , trafic d'influence, délit d'initié, rien ne manque à cet univers rempli de prédateurs.
Un univers impitoyable, cruel et froid où même un requin peut se faire dévorer.
Lien : http://passion-polar.over-bl..
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Bigmammy
  05 novembre 2011
Intermittence. On aime, et puis, tout à coup, on n'aime plus. Première piste. On vit et tout à coup, tout s'arrête. Même quand on est un des maîtres du monde. Un roman court, dense, taillé au scalpel. du Camilleri, mais sans le commissaire Montalbano. Cela se passe en Italie, mais cela pourrait tout aussi bien se situer partout ailleurs. Ce qui fait la spécificité de l'Italie, c'est sans doute la prédominance du sexe, la collusion du politique et la complicité des médias. Mais c'est surtout un scénario qui fera un bon thriller, très noir, très rude.
Le héros principal est Mauro de Blasi, quarante deux ans, directeur général et vrai patron de la grande entreprise Manuelli. Il méprise Beppo, le fils du fondateur. Il manipule aussi Guido Marsili, l'autre vice-directeur général en charge des ressources humaines. Une belle plume. Mais ce qu'il ignore, c'est que Guido couche avec Marisa, sa femme. Mauro complote avec le vieux Birolli pour racheter sa boîte avec à la clé un plan social calamiteux pour les salariés, mais très juteux pour lui personnellement. Et, parallèlement, il a des vues sur la belle Licia, la petite-fille hyper diplômée de Birolli. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. On ne se méfie jamais assez des obscurs et des sans-grade, et surtout, de la rancoeur des femmes maltraitées.
Un bouquin nerveux, vite lu, cruel et violent, avec du sexe, des gnons, des sbires et de la trahison à foison. Moins de chaleur humaine et de beaux paysages que dans la série des Montalbano. Finalement, décevant.

Lien : http://www.bigmammy.fr
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brusc
  09 février 2012
Andrea Camilleri a la dent dure. Ses personnages, qui évoluent dans le milieu de l'industrie, de la finance, de la politique et de la grande bourgeoisie, n'ont aucune grâce à ses yeux. Les hommes : ils sont violents, menteurs, affairistes et sans scrupules. Mais les femmes ne valent guère mieux. Si ce sont des bombes sexuelles - milieu chic oblige - elles ne brillent ni par leur intelligence ni par leur sagacité ou leur bonté. Bref, n'espérez pas trouver dans ce petit roman de quoi vous rassurer sur la nature humaine. Mais l'auteur n'en a manifestement que faire. Ici pas de crime, pas de sang, mais du noir, oui. Une voix à part, celle d'Andrea Camilleri, dans le maquis du roman noir. Il ne fait rien pour nous emballer mais arrive à emmener le lecteur dans un univers psychologique étonnant, inquiétant que son écriture contribue à créer. A lire pour sortir des sentiers battus.
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Axelinou
  11 mars 2017
.
Voici un vrai roman noir.
D'après Wikipedia, « le genre du roman noir naît véritablement aux États-Unis dans les années 1920, avec pour ambition de rendre compte de la réalité sociétale du pays : crime organisé et terreau mafieux. (…) le roman noir désigne aujourd'hui un roman policier inscrit dans une réalité sociale précise, porteur d'un discours critique, voire contestataire. »
Il ne faut surtout pas limiter ce roman à l'Italie ni se dire que c'est exagéré. NON, c'est la réalité !
« Une partie consistante de cette somme est, suivant le document, destinée à finir dans les poches du directeur général, suivant les meilleures mauvaises habitudes de notre pays. » Voilà une citation qui est un bon résumé du livre.
Certains sont étonnés de ce détour par le roman noir d'un auteur surtout connu pour ses romans policiers (merci Montalbano), mais ce serait oublier que pour Monsieur Camilleri le roman policier n'est qu'un support pour dénoncer quelque injustice et/ou pour magnifier son île et ses qualités cachées.
Merci pour cette lecture.
.
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critiques presse (2)
LesEchos   25 octobre 2011
Vanité des hommes, qui croient maîtriser leur destin parce qu'ils détiennent une once de pouvoir ! Mauro se voit rappeler par « intermittence » -des ischémies qui le paralysent et lui font perdre connaissance -sa fragilité et l'absurdité de ses combats. Farce et vaudeville, thriller et satire tout à la fois, « Intermittence » est un pamphlet féroce contre l'Italie ultralibérale et ses élites cyniques. Un grand éclat de rire jaune qui fait froid dans le dos.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Actualitte   17 octobre 2011
C'est presque un huis-clos que déploie Camilleri devant nos yeux. Tout se passe presque dans les murs de la Manuelli, entre les grands pontes, les dottore, qui décident de ce qui est Bien, ou Mal. Qui font la pluie et le beau temps chez leurs employés. Tout en s'efforçant de ménager quelque pauses, quelques affectueuses relations. Du sexe, de l'argent, du pouvoir… tout cela n'est pas vraiment inédit.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
yv1yv1   28 octobre 2011
- J'ai trouvé un accord avec Pennachi [le sous-secrétaire d'Etat]

- Je n'en doutais pas, dit Marsili.

- On va fermer l'établissement de Nola.

- Et nous laisserons tourner ceux de Gallarte et Saronno, complète Marsili.

- Naturellement.

- Et pour les réductions d'effectifs ?

- Cinq cents unités, saupoudrées ici et là.

- On n'avait pas dit huit cents ?

- Oui, mais Pennachi veut limiter les dégâts. En échange, il va nous aider dans l'opération Artenia. Il m'a formellement garanti que le gouvernement ne ferait pas d'histoire.

- Comment comptes-tu procéder ?

- Toi, tu convoques qui tu dois convoquer et tu officialises la chose. Et prépare-toi à l'attaque des syndicats et aux aboiements des journalistes qui vont monter en épingle les assemblées, les banderoles de protestation, les manifs, les quatre connards qui vont monter sur une grue. (p.40)
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AxelinouAxelinou   22 novembre 2015
- (...) Qu'on y réfléchisse au gouvernement. Si, maintenant, on permet que les usines soient occupées, nous autres industriels, nous ne pourrons que tirer les conclusions qui s'imposent : le gouvernement n'est absolument pas en mesure de faire face à ce dramatique développement de la crise.
- Cela me paraît un peu fort, observe Guido.
- Crois-moi, c'est comme ça qu'on les mène, en maniant le bâton et les pots-de-vin.
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JangelisJangelis   07 juin 2014
Le décor a été pris en charge par un bon professionnel, le mobilier est élégant et moderne, mais sans ces excès de design qui font que les malheureux visiteurs ne comprennent pas s'ils s'assoient sur un siège, un cactus ou une sculpture abstraite.
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fannyvincentfannyvincent   05 juin 2014
Ce fut alors qu'il eut la certitude déchirante de la proximité de sa mort.
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Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Il s'est mis au polar sur le tard, avec un très grand succès. C'était en :

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