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EAN : 9782070360789
185 pages
Éditeur : Gallimard (18/04/1972)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 382 notes)
Résumé :
Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient.

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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
oran
  19 juin 2019
En relisant cet essai pour l'animation de notre club littéraire consacré aux exils , je me suis vraiment aperçue que Camus avait, très souvent, mis en scène dans plusieurs de ses romans ou essais l'exil.
La peste est un terrible exil… isolement de la ville coupée du monde, enfermement des habitants dans l'espace et dans le temps, dans Caligula, les Romains qui n'ont pas obtenu de distinction au bout d'un an sont punis exécutés ou exilés,
Dans La chute, c'est un homme Jean Baptiste Clamence qui s'exile volontairement pour devenir juge-pénitent, dans l'exil d'Hélène (l'eté) , c'est l'exil de la beauté, dans l'Exil et le royaume, l'exil est divers et multiple. Exil volontaire, souvent négatif mais qui peut aussi déboucher sur la redécouverte de soi et même sur le bonheur (la femme adultère)
Et plus que jamais les deux contraires solitaire et solidaire peuvent déboucher sur un royaume.…
C'est la dernière oeuvre littéraire de Camus publiée du vivant de l'auteur en 1957 . Cet essai renvoie par son association d'antinomies à L'Envers et l'Endroit, première oeuvre de 1937.
L'exil et le royaume reste un ouvrage peu connu, et pour moi une lecture déroutante parfois difficile, même sibylline (le renégat notamment ) il faut savoir trouver le fil rouge qui relie toutes ces six nouvelles et savoir le dérouler.

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Junie
  18 avril 2015
N'étant pas une idolâtre de Camus, ni d'ailleurs d'aucun autre auteur, j'avoue pourtant que notre ami Albert a tout pour pour me plaire.
Il est classique. Il est tellement classique qu'on pourrait le croire ennuyeux. Ou dépassé. Ou juste bon pour faire les sujets du bac.
Il est juste. Il sait viser juste, à hauteur d'homme, à hauteur d'âme, recueillant dans ses paumes une eau mêlée de sable et de sel, une eau amère qui donne soif, une eau qui fait fleurir le laurier-rose et rouiller les chaines des prisonniers.
Camus, celui qui est près des hommes.
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micky05
  21 janvier 2013
Albert Camus parlant de son recueil de nouvelles publié en 1957 disait qu'il l'avait conçu dans des styles très différents, allant du monologue intérieur au récit réaliste. Mais les thèmes de chaque nouvelle montrent l'homogénéité du recueil. Chacune des six nouvelles est un récit dont le personnage principal subit, à sa façon une forme d'exil puis tente de trouver un royaume, qui serait une relation fusionnelle avec un monde où un personnage extérieur. Camus utilise un langage simple et montre ici un grand savoir-faire puisque chaque intrigue limite le nombre de personnages. Tous sont liés par la solitude et l'échec. Il s'agit donc pour Camus à travers ces nouvelles de nous mener sur le chemin de ces êtres solitaires et solidaires à la fois, ce paronyme montrant lui-même le lien interne à chaque récit et à l'ensemble du recueil. L'Exil et le Royaume est empreint d'une grande force suggestive propre au réalisme symbolique.
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araucaria
  10 septembre 2017
Je ne connaissais pas encore Albert Camus, nouvelliste, voilà cet oubli réparé. "L'exil et le royaume" regroupe six nouvelles aux thèmes très différents, et justement parce qu'elles ont peu de lien les unes avec les autres, je n'ai pas été intéressée de la même manière par tous les textes. Dans l'ordre de mes préférences je retiendrai : "L'hôte", "La pierre qui pousse" et "Jonas ou l'artiste au travail"... Un peu déçue par ce livre, qui n'est pas à la hauteur de "L'étranger", "Noces", "l'été" ou "Les justes"... Note moyenne, avec regret, on souhaite toujours l'excellence.
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Marti94
  30 août 2020
Il faut lire Albert Camus pour son écriture et son humanisme. Les mots qu'il choisit ont une force d'évocation hors-pair et il n'est pas Nobel de littérature pour rien.
Ce recueil de six nouvelles le prouve d'autant plus que la sobriété de la langue n'a d'égale que la brièveté des textes.
"L'exil et le royaume" est la dernière oeuvre de Camus publiée de son vivant. le livre est composé de : La Femme adultère, le Renégat ou un esprit confus, Les Muets, l'Hôte, Jonas ou l'artiste au travail et La Pierre qui pousse.
A travers ses personnages Camus s'interroge sur le sens de l'existence, l'absurde de ses contraintes et contradictions, les choix qu'elle conduit à faire, les sources d'amertume et d'espoir.
La nouvelle que je préfère est l'hôte. On y retrouve la terre natale de Camus.
En Algérie, dans les hauteurs semi-désertiques du pays, un instituteur français reçoit la visite d'un gendarme et de son prisonnier indigène. A lui d'amener l'homme à Tinguit où il sera jugé pour meurtre. Cette tâche, il l'accepte à contrecoeur et devra la confronter à sa conviction intime et la complicité étrange qui va le lier à cet homme dont il ne sait rien.
Ce que j'aime beaucoup aussi, ce sont ses premières phrases comme dans La femme adultère : « Une mouche maigre tournait, depuis un moment, dans l'autocar aux glaces pourtant relevées. ». On s'y croirait.
Lu en août 2020
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   09 juillet 2012
"L'exil et le royaume" - recueil de six nouvelles (1957)
"La femme adultère" : L'épouse insatisfaite d'un commis voyageur algérois découvre un soir, d'une terrasse qui domine le désert, la déchirante beauté du monde et s'y livre tout entière.
"Le renégat" : Un missionnaire catholique, prisonnier d'une tribu du désert, abandonne de plein gré la religion du Dieu d'amour pour servir une idole de cruauté.
"Les muets" : Une équipe d'ouvriers mal payés par leur patron décident de protester par le silence. Mais la fillette du patron a une attaque qui risque d'être mortelle et le noble silence des travailleurs devient alors cruel et inhumain.
"L'hôte" : Daru, instituteur français d'un petit village algérien, est chargé de conduire un Arabe inculpé de meurtre jusqu'à la ville. En chemin, il décide de laisser son "hôte" choisir entre la prison ou la fuite. L'Arabe choisit la prison. Ses frères croiront qu'il a été livré à la police et Daru découvre alors sa solitude "dans ce vaste pays qu'il avait tant aimé".
"Jonas ou l'artiste au travail" : Le succès couronne un peintre de talent. Dès lors, les visites constantes, les déjeuners mondains, les entretiens avec ses nouveaux disciples, les appels téléphoniques, la vie familiale le conduisent à la stérilité. Pour échapper à cet enfer, il se construit une soupente au-dessus du couloir et s'y réfugie. Mais après une nuit de labeur, il a seulement écrit sur sa toile blanche un mot "dont on ne savait s'il fallait y lire Solitaire ou Solidaire".
"La pierre qui pousse" : Au Brésil, un ingénieur français assiste à une cérémonie au cours de laquelle un indigène de ses amis, pour accomplir un vœu, doit porter jusqu'à l'église une énorme pierre. L'indigène s'écroule bientôt et l'ingénieur se charge de la pierre mais, au lieu d'en faire hommage à l'église, il la dépose devant la case de son ami.
(extrait de "Récits, pièces et essais" issu de "Albert Camus" de la collection "Génies et réalités" publiée aux éditions "Hachette" en 1964)
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araucariaaraucaria   07 septembre 2017
"Quelle bouillie, quelle bouillie! Il faut mettre de l'ordre dans ma tête. Depuis qu'ils m'ont coupé la langue, une autre langue, je ne sais pas, marche sans arrêt dans mon crâne, quelque chose parle, ou quelqu'un, qui se tait soudain et puis tout recommence, ô j'entends trop de choses que je ne dis pourtant pas, quelle bouillie, et si j'ouvre la bouche, c'est comme un bruit de cailloux remués. De l'ordre, un ordre, dit la langue, et elle parle d'autre chose en même temps, oui j'ai toujours désiré l'ordre. Du moins, une chose est sûre, j'attends le missionnaire qui doit venir me remplacer. Je suis là sur la piste, à une heure de Taghâsa, caché dans un éboulis de rochers, assis sur le vieux fusil. Le jour se lève sur le désert, il fait encore très froid, tout à l'heure il fera trop chaud, cette terre rend fou et moi, depuis tant d'années que je n'en sais plus le compte...
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kathelkathel   21 février 2010
Depuis toujours, sur la terre sèche, raclée jusqu'à l'os, de ce pays démesuré, quelques hommes cheminaient sans trêve, qui ne possédaient rien mais ne servaient personne, seigneurs misérables et libres d'un étrange royaume. Janine ne savait pas pourquoi cette idée l'emplissait d'une tristesse si douce et si vaste qu'elle lui fermait les yeux. Elle savait seulement que ce royaume, de tout temps, lui avait été promis et que jamais, pourtant, il ne serait le sien, plus jamais, sinon à ce fugitif instant, peut-être, où elle rouvrit les yeux sur le ciel soudain immobile, et sur les flots de lumière figée, pendant que les voix qui montaient de la ville arabe se taisaient brusquement. Il lui sembla que le cours du monde venait alors de s'arrêter et que personne, à partir de cet instant, ne vieillirait plus ni ne mourrait. En tous lieux, désormais, la vie était suspendue, sauf dans son coeur où, au même moment, quelqu'un pleurait de peine et d'émerveillement.
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GabySenseiGabySensei   07 octobre 2013
Les patrons voyaient leurs affaires compromises, c'était vrai, mais ils voulaient quand même conserver une marge de bénéfices; le plus simple leur paraissait encore de freiner les salaires, malgré la montée des prix. Que peuvent faire des tonneliers quand la tonnellerie disparaît? On ne change pas de métier quand on a pris la peine d'en apprendre un ; celui-là était difficile, il demandait un long apprentissage. Le bon tonnelier, celui qui ajuste ses douelles courbes, les resserre au feu et au cercle de fer, presque hermétiquement, sans utiliser le rafia ou l'étoupe, était rare. Yvars le savait et il en était fier. Changer de métier n'est rien, mais renoncer à ce qu'on sait, à sa propre maîtrise, n'est pas facile. Un beau métier sans emploi, on était coincé, il fallait se résigner. Mais la résignation non plus n'est pas facile. Il était difficile d'avoir la bouche fermée, de ne pas pouvoir vraiment discuter et de reprendre la même route, tous les matins, avec la fatigue qui s'accumule, pour recevoir, à la fin de la semaine, seulement ce qu'on veut bien vous donner, et qui suffit de moins en moins.

(Les muets P65)
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araucariaaraucaria   09 septembre 2017
On était au plein de l'hiver et cependant une journée radieuse se levait sur la ville déjà active. Au bout de la jetée, la mer et le ciel se confondaient dans un même état. Yvars, pourtant, ne les voyait pas. Il roulait lourdement le long des boulevards qui dominent le port. Sur la pédale fixe de la bicyclette, sa jambe infirme reposait immobile, tandis que l'autre peinait pour vaincre les pavés encore mouillés de l'humidité nocturne. Sans relever la tête, tout menu sur sa selle, il évitait les rails de l'ancien tramway, il se rangeait d'un coup de guidon brusque pour laisser passer les automobiles qui le doublaient et, de temps en temps, il renvoyait du coude, sur ses reins, la musette où Fernande avait placé son déjeuner. Il pensait alors avec amertume au contenu de la musette. Entre les deux tranches de gros pain, au lieu de l'omelette à l'espagnole qu'il aimait, ou du bifteck frit dans l'huile, il avait seulement du fromage.
(Les muets)
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Vidéo de Albert Camus
Albert Camus et Jean Grenier : Découverte de la philosophie et de l'écriture (1955 / France Culture). Diffusion sur France III Nationale le 2 décembre 1955. Par Pierre Sipriot. Avec Albert Camus et Jean Grenier. Émission “Thèmes et controverses”. Présentation des Nuits de France Culture : « “Les grandes révélations qu'un homme reçoit dans sa vie sont rares mais elles transfigurent comme la chance, à l'être passionné de vivre et de connaître”, écrivait Camus dans la préface au livre “Les Îles” de son ami Jean Grenier, en 1959 : le professeur de philosophie qu'il a eu au lycée d'Alger à 17 ans, son ami pour toujours. Son influence est majeure sur le jeune élève, c'est lui qui lui confie un livre qui va le pousser à l'écriture : “La Douleur” d'André de Richaud. Camus lui fait lire ses premiers écrits ; il lui dédia son premier livre “L'Envers et l'Endroit”, “L'Homme révolté”. Dialogue entre ces deux écrivains et amis dans l'émission “Thèmes et controverses”, revue radiophonique des idées et des lettres, avec le producteur Pierre Sipriot. Albert Camus nous parle de son professeur, qui l'a passionné, de la lecture de son livre “Les Îles” qui est à l'origine de ses préoccupations d'écrivain, nous dit qu'un philosophe doit déranger les lieux communs. Jean Grenier nous parle de l'humanisme, de surnaturel, de divin, des racines célestes de l'homme, de courage, de la liberté ; qu'il préfère le sensible à l'intellectuel. “Nous avons commencé, en 1930, un dialogue qui n'est pas fini” écrivait Jean Grenier : une correspondance qui devait durer trente ans et n'être rompue que par la mort, l'accident du 4 janvier 1960 de Camus. Là, nous sommes en 1955, Camus est encore vivant, “L'Été” vient de paraître en 1954, écrit sous l'influence de Jean Grenier : « “L'Été” descend des “Îles” », comme il l'écrit. Il recevra le prix Nobel de littérature en 1957. Il nous lit le début de son livre “L'Étranger” et nous parle de “miséricorde” et de “douceur” : les derniers mots de cette archive. Éternel sur les ondes, comme dans ses livres, comme dans l'écriture. »
Source : France Culture
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