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EAN : 9782710703235
353 pages
Éditeur : Sand (05/02/1994)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Les lois de la physique moderne confirment les concepts qui régissent les mystiques de l'Asie : Hindouisme, Bouddhisme, Taoisme. Le Dr Capra met à notre portée le langage de la physique et nous entraîne dans un fabuleux voyage à travers l'univers des atomes et le monde de la sagesse orientale. Il fait table rase de notre représentation fragmentaire et mécaniste du monde. L'univers devient alors un tout cohérent et h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
enkidu_
  09 décembre 2014
Ouvrage d'une grande densité spirituelle, l'auteur, en se basant sur les travaux de scientifiques "grands publics" (donc bénéficiant d'un crédit intellectuel et d'une licence morale), tels Heisenberg - qui a "déclenché l'incendie" fomentant cette oeuvre, et a même tenu des discussions avec notre écrivain -, Bohr, Bohm, Chew, ... nous sommes amenés à contempler une réalité radicalement différente de celle à la quelle nous sommes habitués, puisque enfermés dans le "réel" et sa dualité (rapport sujet-objet) : postulé par la théorie des quantas, et contrairement à "l'atomisme" antique d'un Démocrite ou Leucippe, nous n'avons pas de "briques fondamentales", des entités réelles infinitésimales indivisibles qui auraient leur existence "par elles-mêmes" ; plutôt, non seulement l'idée d'un "infini petit" est élusive (et de fait de divisibilité perpétuelle, car nous parlons termes d'énergie), mais ces "entités" (pléthore de particules subatomiques) n'existent pas "par elles-mêmes" (comme Leibniz - malgré quelques bonnes idées - l'admettait), mais n'ont de "existence" - qui n'en est pas une ! - que dans leur interaction avec leur environnement intégral ; elles n'existent que comme support de rapports organiques dans "le Grand Tout" (ou champ quantique, en moins poétique), la corrélation du microsome et macrocosme dont parlent les mystiques d'Orient (hindouisme ou bouddhisme - surtout son école mahayana), et c'est justement le but de l'ouvrage : montrer que nos conceptions physiques modernes, "intellectuelles", coïncident avec les dits, "intuitifs", des grands maîtres d'Orient.
Pour eux, la "réalité" n'est pas : le cosmos est une expansive étoffe où des tissus s'entrelacent, avec une grande complexité (comme la "double nature" de la lumière particulaire-ondulatoire), mais n'ont leur existence que dans leur relation, et non pas dans leur ipséité, et l'existence (...qui n'en est pas une !) est un Océan causal où la vie et mort ne sont que des bulles (pour reprendre Adi Shankara), et donc puisque tout est élusif (le "feu" d'Héraclite ou samsara bouddhique), rien ne peut "être" au sens ontologique, puisque chaque "étant" est une manifestation temporaire et frivole du Grand Tout (ou l'Âme universelle des néo-platoniciens, Prakriti des hindous, ...) même si notre ignorance (la dualité) peint ces ombres et en fait des étants, "réels" - cela bouscule notre vision du monde, non seulement dans notre connexion aux autres formes de vie (à la fin du livre, l'auteur confesse que cela produit une "écologie" ou même une nouvelle psychologie, dans une tradition jungienne), mais change aussi, radicalement, nos rapports mêmes "métaphysiques", comme celui à l'espace-temps (continuum quadridimensionnel relatif, comme l'impose la théorie de la relativité, et non pas un espace cloitré dans la tridimensionnalité euclidienne, avec un temps divorcé, tous deux "absolus", comme l'aurait voulu la mécanique classique newtonienne).
Il est à préciser que l'auteur met en osmose les théories modernes de la physique avec quelques écoles orientales, comme l'hindouisme, le bouddhisme (mahayana et zen) ou encore le taôisme, mais que cela ne se limite pas ici : il cite Ibn Arabi (sa wahdat al wujud n'est rien d'autre que ce "monisme existentiel"), mais on pourrait ajouter des traditions de l'Occident, comme le néo-platonisme, la mystique rhénane et, dans un sens "décapité", les théories philosophiques d'un Berkeley ou d'un Hume, qui avaient "les bons outils", mais la mauvaise recette (ils sont arrivés aux bonnes conclusions, mais n'ont pas "mesuré" les implications spirituelles - et théorétiques - de leur changement de paradigme). Leibniz aussi s'est rapproché de théories bouddhiques (huayan), mais sa "monade", même si c'est un concert de reflets interconnectés, est restée une "substance" (donc avec un degré ontologique que l'Orient ne lui accorde pas)... il n'est pas besoin de préciser que Hume connaissait probablement le bouddhisme par l'intermédiaire des travaux du missionnaire jésuite italien, Ippolito Desideri, qui, en Occident, inaugura l'étude du Tibet (et son école vajrayana), et que Leibniz a été le premier penseur occidental majeur a abordé aussi explicitement les philosophies de Chine, et que sa "monade" est une incompréhension de théories bouddhiques, comme suggéré par certains.
Là où ces penseurs occidentaux ont quelques fois amené un "scepticisme" (pour dire comme ils étaient loin!), l'Orient propose plutôt des voies de libération (moksha, nirvana, satori, ...) ou d'union avec l'Intellect - "monter sur la barque de Râ, dépasser la douât (enfer) d'Osiris", aurait dit un sage de l'Égypte antique, le Soleil étant symbole de l'Intellect et les eaux osiriennes la matière "infernale" où ne pas sombrer en déchirant "le voile d'Isis" -, et ainsi l'accompli voit tous les degrés de la manifestation des étants dans son Unicité sous-jacente, ne prend pas les rayons fragmentés du Soleil sur un lac pour le Soleil lui-même, ne confond pas "la carte et le territoire", pour reprendre une allégorie sémantique prisée par l'auteur.
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lanard
  10 avril 2013
Voici un ouvrage qui a fait beaucoup pour la popularisation de la physique quantique. En employant le mot popularisation (rendre populaire) j'ai bien à l'esprit que cela n'a rien à voir avec ce qu'on entend généralement par vulgarisation (quelque chose entre "informer sur" et enseigner les sciences). Ce que je veux dire c'est que grâce à cet ouvrage, de nombreux profanes ont trouvé des raisons de s'intéresser à la physique des quanta qui leur serait demeurée totalement étrangères si leur professeur de yoga ne leur avait mis ce best-seller entre les mains.
Nul doute que Bouvard et Pécuchet l'auraient lu si Flaubert avait été notre contemporain. On voit très bien le Tao de la Physique entrer dans leur bibliothèque à la fin de leur période mystique; au chapitre suivant, je les vois élaborer les plans d'un cyclotron géant.
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jst
  12 août 2012
Bien que ce livre survole la physique des particules pour la rendre la plus accessible possible à un large public, il introduit un parallèle très intéressant avec la pensée orientale pour laquelle seul le changement est réel et les objets une simple vue de l'esprit ... pensée concurrente à celle des atomistes comme Leucippe ou Démocrite.
La version que je viens de terminer est française et date de 1989. Restait à prendre connaissance de celle de 2010 disponible qu'en anglais.
J'en dirais plus à ce moment là.
D'autant que le boson de Higgs a pu être extirpé grâce au LHC du CERN entre temps.,
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graphos
  17 juillet 2017
peut-on encore trouver ce livre que l'on m'a assuré comme épuisé et non rééditer ?
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lucidia
  15 février 2017
physique quantique et Tao
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   06 décembre 2014
La base de l'enseignement spirituel de Krishna, comme de tout l'hindouisme, est l'idée que, dans leur multitude, les phénomènes autour de nous ne sont que les diverses manifestations de la même réalité ultime. Cette réalité, nommée Brahman, est l'idée unificatrice qui donne à l'hindouisme son caractère essentiellement moniste en dépit du culte des nombreux dieux et déesses.

Brahman, l'ultime réalité, est entendu comme l'« âme » ou « essence intérieure » de toutes choses. Il est infini et par-delà tous concepts ; il ne peut être compris par l'intelligence, ni décrit de façon adéquate par les mots : Brahman, sans commencement, suprême : par-delà ce qui est et par-delà ce qui n'est pas. Incompréhensible est cette âme suprême, illimitée, non née, qu'on ne peut rationaliser, impensable. Cependant, les gens veulent parler de cette réalité et les sages indiens, avec leur penchant caractéristique pour le mythe, ont représenté Brahman comme divin et parlé de lui en langage mythologique. Les divers aspects de la divinité ont donné les noms des divers dieux adorés par les hindous, mais les Écritures précisent que tous ces dieux ne sont que les reflets d'une unique réalité ultime :

Les gens disent : « Adore ce dieu-ci ! Adore ce dieu-là ! l'un après l'autre. En vérité, ceci est la création de Brahman ! Et il est, lui-même, tous les dieux. »

La manifestation de Brahman dans l'âme humaine est nommée atman, et l'idée qu'atman et Brahman, la réalité individuelle et la réalité ultime, ne font qu'un est l'essence des Upanishad :

Ce qui est la plus subtile essence, ce monde-ci tout entier, a cela pour âme, c'est la réalité. Cela est atman. Cela est toi.

Un thème de base revient souvent dans la mythologie hindoue : c'est la création du monde par le sacrifice de Dieu — « sacrifice » au sens originel d'« acte sacré » — par lequel Dieu devient le monde qui, à la fin, redevient Dieu. Cette activité créatrice de la divinité est nommée lila, le jeu de Dieu, et le monde est perçu comme la scène du jeu divin. Comme la majeure partie de la mythologie indienne, le mythe de lila a une forte saveur magique. Brahman est le grand magicien se transformant lui-même en monde et il accomplit cet exploit avec son pouvoir magique de création, qui est la signification originelle de maya dans le Rig-Veda. Le mot maya — l'un des termes essentiels de la philosophie indienne — a changé de sens au cours des siècles. Du pouvoir ou de la puissance de l'acteur divin et du magicien, il en est venu à signifier l'état psychologique de quiconque est sous le charme du jeu magique. Aussi longtemps que nous confondons les myriades de formes du divin lila avec la réalité, sans percevoir l'unité de Brahman sous-jacente à toutes ces formes, nous sommes sous le charme de maya. (pp. 89-90)
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luxorionluxorion   02 septembre 2014
La physique moderne a confirmé de façon spectaculaire l'une des idées de base de la spiritualité extrême-orientale : tous les concepts que nous employons pour décrire la nature sont limités, ce ne sont pas des caractéristiques de la réalité comme nous avons tendance à le croire, mais des créations de l'esprit, parties de la carte et non du territoire. Toutes les fois que nous élargissons le domaine de notre expérience, les limitations de notre pensée rationnelle deviennent évidentes et nous devons modifier, voire abandonner, certaines de nos conceptions. [..]
On dit que la porte de l'Académie de Platon à Athènes portait l'inscription : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre."[...]
Selon les mots d'Henri Margenau : "La révélation centrale de la théorie de la relativité est que la géométrie est une construction de l'esprit. C'est seulement lorsqu'on accepte cette découverte que l'esprit peut se sentir libre de toucher aux sacro-saintes notions d'espace et de temps, pour étudier le champ des possibilités dont il dispose pour les définir et choisir la formulation qui s'accorde à l'observation."
[...]
Les commentaires de Joseph Needham sur l'astronomie chinoise sont à cet égard très intéressants : "Les astronomes chinois n'éprouvaient pas le besoin de recourir à des formes géométriques. Les organismes composant l'organisme universel suivaient le Tao, chacun conformément à sa propre nature, et leurs mouvements pouvaient être étudiés sous la forme essentiellement "non représentative" de l'algèbre. Les Chinois étaient donc exempts de cette obsession des astronomes européens, du cercle comme la plus parfaite figure, et ne firent pas l'expérience du carcan médiéval des sphères cristallines."
extraits des pages 165-168.
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enkidu_enkidu_   07 décembre 2014
La plus importante caractéristique de la conception orientale du monde — on pourrait presque dire son essence — est la conscience de l'unité et de l'interaction de toutes choses et de tous événements, l'expérience de tous les phénomènes du monde comme autant de manifestations d'une unité primordiale. Tous les phénomènes sont conçus comme solidaires et inséparables dans cet ensemble cosmique ; en tant que manifestations différentes de la même réalité ultime, indivisible, qui est en toute chose, et dont toute chose est partie. Cette réalité est nommée Brahman dans l'hindouisme, Dharmakaya dans le bouddhisme, Tao dans le taoïsme. Parce qu'elle transcende tous les concepts et les catégories, les bouddhistes l'appellent aussi Tathata, ou « réalité telle qu'elle est » :

Ce que l'âme désigne comme réalité telle qu'elle est, c'est l'unité de toutes choses, le Grand Tout.

Dans la vie ordinaire, nous ne sommes pas conscients de cette unité de toutes les choses, mais divisons le monde en objets et événements distincts. Cette division est, bien sûr, utile et nécessaire pour faire face à notre environnement quotidien, mais ce n'est pas une caractéristique fondamentale de la réalité. C'est une abstraction forgée par notre jugement discriminatoire et catégorisant. C'est une illusion de croire que nos concepts abstraits de « choses » et d'« événements » séparés sont des réalités de la nature. Les hindous et les bouddhistes nous disent que cette illusion repose sur Vavidya ou ignorance, qu'engendre un esprit sous le charme de maya. Le but principal des traditions spirituelles orientales est par conséquent de réformer l'esprit par la concentration et l'apaisement de la méditation. Le terme sanskrit pour méditation, samadhi, signifie littéralement « équilibre mental ». Il désigne l'état de tranquillité et de calme de l'esprit, qui permet l'expérience de l'unité fondamentale de l'univers : Dans le samadhi de pureté, on obtient la clairvoyance permettant de devenir conscient de l'unité absolue de l'univers.

L'unité fondamentale de l'univers n'est pas seulement la caractéristique centrale de l'expérience mystique, elle est aussi l'une des révélations les plus importantes de la physique moderne. Elle devient manifeste au niveau atomique et se confirme lorsqu'on pénètre plus profondément la matière, jusqu'au domaine des particules subatomiques. L'unité de toutes les choses et de tous les éléments sera un thème récurrent tout au long de notre comparaison de la physique moderne et de la philosophie orientale. En étudiant les différents schémas de la physique subatomique, nous verrons qu'ils ne cessent d'exprimer, de différentes manières, la même intuition : les composantes de la matière et les phénomènes élémentaires les mettant en jeu sont interdépendants, ils ne peuvent être compris comme des entités isolées, mais seulement comme les parties intégrantes d'un tout. (pp. 133-134)
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enkidu_enkidu_   09 décembre 2014
Le paradigme en voie de disparition a gouverné et dominé notre civilisation pendant de longs siècles. Non seulement il est le cadre, ou le moule, dans lequel s'est structurée la société occidentale, mais le monde entier a également subi son influence dans des proportions considérables : l'univers, postulait-on, est un système purement mécanique composé d'un assemblage de blocs élémentaires ; le corps humain est une machine perfectionnée ; la vie est une lutte permanente dans laquelle chaque organisme vivant combat pour sa survie. Enfin - gardons l'une des meilleures pour la fin ! - un certain « ordre naturel » veut que, dans toute la hiérarchie des créatures vivantes, la femelle soit partout et toujours en situation de dépendance et de soumission vis-à-vis du mâle. D'innombrables générations ont été endoctrinées par cette idéologie, qui ne résiste pourtant pas aux découvertes de la science moderne. Dans tous les pays, des femmes et des hommes, de plus en plus nombreux, ont acquis la conviction que des hypothèses de ce genre comportent de graves lacunes et doivent être radicalement revues.
(...)
La science moderne vient confirmer le paradigme écologique mais ce dernier puise sa substance dans une perception du réel dépassant de très loin le seul cadre scientifique : il s'agit en fait d'une ouverture de conscience grâce à laquelle un être découvre, parfois hors de toute démarche scientifique ou intellectuelle, la profonde unité de la vie sous toutes ses formes, la constante interdépendance de ses infinies manifestations et leurs cycles de transformation. En fin de compte, cette conscience écologique en profondeur se confond avec la démarche spirituelle. Une certaine théologie s'est acharnée à séparer « l'esprit » de la matière, viciant ainsi le problème d'entrée de jeu. L'esprit n'est rien d'autre qu'un état de conscience élargi. Celle ou celui qui atteint cet état intérieur ne se sent plus séparé du « Grand Tout » cosmique, mais a au contraire la certitude viscérale, organique, d'y être intimement intégré. Il devient dès lors évident que la conscience écologique est d'essence spirituelle au sens le plus vrai du terme. Il n'y a donc rien d'étonnant à voir notre nouvelle approche de la réalité rejoindre les concepts élaborés par diverses traditions spirituelles. (p. 330-331)
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enkidu_enkidu_   09 décembre 2014
La conception mécaniste du monde de la physique classique est utile à la description des phénomènes physiques que nous rencontrons dans notre vie quotidienne et donc propre à traiter de notre environnement quotidien, et une telle conception s'est révélée également extrêmement opérante en tant que base de la technologie. Elle s'avère cependant incapable de rendre compte des phénomènes physiques dans le domaine infra-atomique. Ce qui s'oppose à la conception mécaniste du monde, c'est la vision spirituelle qui peut être résumée par le mot « organique », puisqu'elle considère tous les phénomènes de l'univers comme les parties intégrantes d'un tout harmonieux et indissociable. Dans les traditions mystiques, une telle vision du monde naît des états méditatifs de la conscience. Dans leur description du monde, les mystiques usent de concepts tirés de ces expériences non ordinaires et qui sont, en général, impropres à une description scientifique des phénomènes macroscopiques. La vision organique du monde n'offre aucun intérêt pour la construction des machines, ni pour la résolution des problèmes techniques dans un monde surpeuplé.

Dans la vie quotidienne, les visions mécanistes et organiques de l'univers sont donc également valides et utiles ; l'une pour la science et la technologie, l'autre pour une vie spirituelle équilibrée et accomplie. Au-delà des dimensions de notre environnement quotidien, toutefois, les concepts mécanistes perdent leur validité et doivent être remplacés par des concepts organiques très voisins de ceux utilisés par les mystiques. Telle est l'expérience essentielle de la physique moderne, dont il a été question ici. Les physiciens au XXe siècle ont montré que les concepts de la vision organique du monde, bien que de peu de valeur pour la science et la technologie à l'échelle humaine, deviennent extrêmement pratiques au niveau atomique et infra-atomique. La vision organique semble donc plus fondamentale que la vision mécaniste. La physique classique, fondée sur cette dernière, peut être déduite de la théorie des quanta, qui implique la première, tandis que l'inverse n'est pas vrai. Cela semble donner une première indication de la raison pour laquelle nous pouvons nous attendre à ce que les visions du monde de la physique moderne et de la pensée spirituelle orientale soient similaires. Elles se présentent toutes deux lorsque l'homme examine la nature essentielle des choses — les strates les plus profondes de la matière en physique ; les états de conscience les plus profonds dans le mysticisme —, lorsqu'il découvre une réalité différente sous l'apparence mécaniste superficielle de la vie quotidienne.
(...)
Les mystiques parlent souvent d'expérimenter des dimensions supérieures, dans lesquelles les empreintes sur les différents centres de conscience sont intégrées en un tout harmonieux. Une situation similaire se rencontre en physique moderne, où a été développée une formalisation quadridimensionnelle de l'Espace-Temps unifiant des concepts et des observations appartenant à des catégories différentes dans le monde tridimensionnel ordinaire. Dans les deux domaines, les expériences multidimensionnelles transcendent le monde sensoriel et sont, par conséquent, presque impossibles à exprimer en langage ordinaire. (pp. 308-310)
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