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ISBN : 2081205807
Éditeur : Flammarion (05/10/2007)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Chose déroutante, décidément, que le temps. Nous en parlons comme d'une notion familière, évidente, voire domestique, "gérable". Une sorte de fleuve dont nous pourrions accommoder le cours à notre guise, à coups de plannings, de feuilles de route, d'agendas. Nous parlons même d'un "temps réel" pour évoquer l'instantanéité, c'est-à-dire le temps sur lequel nous n'avons aucune prise. Les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Eric75
  13 février 2014
« Ding-Dong ! » (Bruit de carillon). « Un colis pour vous, tenez, signez ici… Tiens, encore un Étienne Klein ? Vous auriez dû faire une commande groupée avec Les tactiques de Chronos et le temps et sa flèche ! Car vous savez, je ne sonnerai pas les prochaines fois… ». Cette scène, hélas, est totalement imaginaire, car à chaque fois que le reçois un livre par courrier, j'en suis quitte pour me rendre moi-même à La Poste avec l'avis de passage du facteur. Et effectivement, j'aurais peut-être dû acheter ces trois livres en une seule commande, vu ma consommation effrénée d'Étienne Klein ces temps-ci…
Une fois le jeu de mot cinéphilique du titre savouré à sa juste mesure, notons que le facteur temps ne sonne jamais deux fois fait aussi référence à un autre ouvrage du même auteur, Les tactiques de Chronos, dont il constitue une sorte de prolongement. Ces deux livres peuvent toutefois être lus indépendamment l'un de l'autre et dans un ordre indifférent.
Chaque chapitre aborde une question particulière relative au temps, clairement annoncée dans son titre. Les questions qu'Étienne Klein se pose sont a priori plutôt étranges (*). Étienne Klein endosse ici la toge du philosophe, qu'il porte d'ailleurs avec autant d'aisance que sa blouse de scientifique. Pour appuyer ses raisonnements « philosophiques » – il se réfère à des courants de pensée et à des thèses qui ne sont pas nécessairement les siennes, mais qui ont été énoncées par d'autres scientifiques (ou philosophes) qu'il cite – il convoque la science. Celle-ci apporte parfois sa caution, mais peine le plus souvent à départager les thèses concurrentes, tant les doctrines philosophiques sur le temps restent une question de points de vue, d'opinions personnelles, ou tout simplement parce que la science, impuissante, reste muette sur les questions posées.
On dit que le temps passe ou s'écoule, mais dans quoi s'écoule le temps ? Par rapport à quoi ? Étienne Klein met en garde contre l'utilisation de la métaphore du fleuve, image trompeuse. La philosophie, tout comme le temps, n'est pas un long fleuve tranquille.
Un chapitre entier éclaire la distinction entre « cours du temps » et « flèche du temps ». le sens de l'écoulement du temps, symbolisé par la petite flèche au bout de l'axe des temps en bas à droite n'est pas la flèche du temps. Vous pensiez qu'il s'agissait de la même chose ? Grave erreur ! Il convient de distinguer le devenir et l'avenir (arrivé à ce stade de la réflexion, j'avoue, il faut un peu s'accrocher).
Quelques évidences parfois passées inaperçues (en ce qui me concerne) surgissent au détour d'une réflexion. Par exemple, qu'est-ce que l'instant présent ? Qu'est-ce que « maintenant » ? Curieusement, les théories scientifiques n'apportent aucune réponse à cette question. En effet, sur l'axe des temps, le temps t0 peut être choisi arbitrairement, mais rien ne permet de le distinguer, au niveau de ses propriétés, du temps t1, choisi un peu plus loin (plus tôt ou plus tard)… le « présent » est une notion fugitive que l'on peut arbitrairement fixer sur un axe, mais qui ne correspond à aucune définition profonde et scientifiquement établie. Étonnant, non ? Concept évanescent, à peine le présent est-il désigné qu'il appartient déjà au passé. Quant à notre passé, existe-t-il encore quelque part ? Dans un endroit désormais inaccessible ? Ou le passé (tout comme l'avenir) est-il une illusion ? Deux théories s'affrontent : celle de « l'univers-bloc » et celle du « présentisme ».
Le plus long développement concerne la physique statistique, la thermodynamique, la réversibilité des phénomènes et la notion d'entropie, qu'Étienne Klein aborde avec le débat (passionnant) qui opposa Ludwig Boltzmann et Wilhelm Ostwald au XIXe siècle. La réversibilité est-elle liée à la possibilité d'inverser le sens du temps ? Certains le croient, et, parmi eux, il y a… Ilya Prigogine, l'auteur de la fin des certitudes, qui non seulement sème le doute (normal, vu le titre de son livre !) mais semble aussi raconter beaucoup de bêtises sur le sujet, et en prend donc pour son grade (prix Nobel de chimie 1977).
L'ensemble, comme toujours chez Klein, est in fine agréable à lire, mais les idées « philosophiques » exprimées sont parfois assez pointues, et obligent à relire certains paragraphes afin d'en comprendre toutes les subtilités. Vous voilà prévenu, malgré sa petite taille, ce livre ne manque pas d'épaisseur et n'est pas aussi léger qu'il y paraît. Afin d'éviter d'être sonné, il est prudent de prendre son temps pour le lire, et pourquoi pas deux fois.
(*) le temps s'écoule-t-il par rapport à quelque chose ? L'écoulement du temps a-t-il une vitesse ? le temps se suffit-il à lui-même ? L'espace-temps serait-il un déploiement de la causalité ? Qu'est-ce que le moteur du temps ? le temps a-t-il connu un premier instant ? Quel temps nous a précédés dans le temps ? D'où vient notre présence à l'instant présent ?... etc.
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lecassin
  17 juin 2012
Professeur à l'École centrale, docteur en philosophie des sciences, Étienne Klein a créé et dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du CEA. En 2003, il s'était déjà arrêté sur le temps avec « Les Tactiques de Chronos ». Il faut croire que le sujet est complexe pour qu'il y revienne avec « le facteur temps ne sonne jamais deux fois » …
Certes, ce genre d'ouvrage ne peut être appréhendé sereinement sans certaines bases en physique ; malgré tout, le langage d'Etienne Klein reste parfaitement accessible à tous.
« le facteur temps ne sonne jamais deux fois » : un essai qui crée un pont entre physique et philosophie par son questionnement : le temps a-t-il un sens, ou est-il réversible ? s'écoule-t-il de lui même ou a-t-il besoin des événements qu'il porte pour passer ? le temps a-t-il eu un commencement ?
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JeanAugustinAmarDuRivier
  15 juin 2017
Temps, qui es-tu ? Toi, intime inconnu et passant permanent qui nous accompagne sans pause. Tu demeures l'un des grands mystères qui motive bien des investigations.
Etienne Klein nous propose un panorama passionnant des approches philosophiques et scientifiques de l'antiquité à nos jours pour tenter de mieux connaître le temps. L'auteur nous convainc que cette quête rationnelle et irrationnelle est toujours d'actualité. Qui en aurait douté ? Ah ! Cet ouvrage permettrait donc de s'échapper de l'air du temps ? Pas si sûr, en fait.
L'auteur attire notre attention sur la nature du temps, les états successifs qu'il prend, la transition entre ceux-ci. Ainsi, futur, présent, passé sont-ils ou pas des états d'équilibre ? Pourquoi le temps ne future-t-il pas ? Pourquoi ne fait-il que passer ? Cela semblerait procéder comme si une variable aléatoire future devenait réelle puis se faisait discrète dans le passé des instants qui se sont succédé. Comment se réaliserait donc le passage d'un continu indécis à un discret certain ? Comment choisirait-on un successeur à l'instant présent ?
La flèche du temps serait-elle à rechercher ou pas dans la conciliation de la relativité et de la physique quantique ? Dans notre imaginaire, le temps et ses mesures sont associés à une pendule, une horloge. Les horloges de la relativité nous enseignent qu'il n'y a pas de temps absolu. Chacun prend son temps. En physique quantique aussi, il y a des pendules. Ils sont des oscillateurs harmoniques qui pendulent sans cesse, sans cesse, dans une sorte de mouvement perpétuel irréel, sans frottement d'air, digne d'un balancier d'horloge idéal. Trop beau, trop vide, trop absolu pour être vrai. Cela manquerait-il d'un peu de désordre ? Quoi qu'il en soit, le passage du temps serait-il ou pas un processus de quantification du futur révélé par la mesure du présent ? La flèche du temps laisserait-elle à croire qu'il n'y aurait pas de dé-quantification d'un futur échantillonné qui serait devenu un passé dénombrable ? La flèche du temps serait-elle alors due ou pas à l'impossibilité de futurer le passé pour faire de ces instants discrets du passé des sortes de poussières de cantor indénombrables d'un temps futur ? Le futur aléatoire et continu apparaît plus désordonné que le passé discret. Ainsi, la flèche du temps révélerait-elle ou pas un couplage fort et équilibré, une sorte d'enchevêtrement, entre le temps et tous les phénomènes physiques pour lesquels le désordre ne peut que croître ? Cette intrication permettrait-elle ou pas d'imaginer que l'écoulement du temps serait le seul à pouvoir être éternel ou perpétuel ? En nous forçant à la mesure, le flux naturel du temps réduirait-il donc notre incertitude et nous forcerait-il à jouer à chat perché selon les règles de Schrödinger et de Shannon ? Quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Pourtant, le chat est omniprésent et ... alors on danse... malgré tout. Attention à nos pas et à bien garder le rythme comme le soulignait Richard Feynman en voulant rire. Le facteur temps, agent principal de notre devenir, ne sonne jamais deux fois. Musique Maestro !
Autant de questions que ce livre nous amène à revisiter, à élucubrer avec profit.
À lire absolument pour s'échapper du quotidien et nourrir réflexion profonde sur le temps, sa dynamique voir sa thermodynamique.
Le passe-temps parfait, en quelque sorte.
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silencieuse1
  21 septembre 2016
Une très belle écriture qui donne envie de lire tous les ouvrages de l'auteur.
Ce texte-là est particulièrement séduisant par son sujet : le temps ... Savons-nous vraiment de quoi il s'agit ? le temps a-t-il un sens ? Est-ce la même approche que l'on soit philosophe ou physicien ? Que veut dire le temps qui passe, qui coule ? C'est presque de la poésie. C'est surtout accessible pour le commun des mortels. Si vous en avez la possibilité, écoutez une conférence d'Etienne Klein, c'est envoûtant et très apprenant.
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Eric75Eric75   15 février 2014
Le cours du temps, ou passage du temps, ne serait que simple apparence pour de nombreux physiciens contemporains. Certains vont même jusqu'à considérer le passage du temps comme une pure illusion, comme un produit culturel abusivement dérivé de la métaphore du fleuve.
C'est en effet la conception dite de l' « univers-bloc » qui semble avoir la faveur d'une majorité de physiciens. Dans le droit fil de la théorie de la relativité, celle-ci consiste à invoquer un univers constitué d'un continuum d'espace-temps à quatre dimensions, privé de tout flux temporel : tous les événements, qu'ils soient passés, présents ou futurs, ont exactement la même réalité, de la même façon que différents lieux coexistent, en même temps et avec le même poids ontologique, dans l'espace. En d'autres termes, les notions de passé ou de futur ne sont que des notions relatives, comme celles d'est et d'ouest. En un sens, tout ce qui va exister existe déjà et tout ce qui a existé existe encore. L'espace-temps contient l'ensemble de l'histoire de la réalité comme la partition contient l’œuvre musicale : la partition existe sous une forme statique, mais son contenu, l'esprit humain l'appréhende généralement sous la forme d'un flux temporel.
Cette thèse de l'univers-bloc s'oppose à celle du « présentisme », promue par d'autres physiciens, moins nombreux, qui considèrent que seuls les événements présents sont réels : ceux-ci apparaissent et disparaissent, seul le « maintenant » existe, en se renouvelant sans cesse. La réalité est toujours nouvelle : il n'y a pas d'autre réalité que l'ensemble de ce qui, présentement, a lieu.
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Eric75Eric75   15 février 2014
A la fin de sa vie, Einstein se disait lui-même troublé par ce problème du « statut du maintenant » dans la théorie qu'il avait élaborée. Dans son Autobiographie intellectuelle, Rudolf Carnap rapporte à ce propos une anecdote intéressante : « Un jour, Einstein me confia que le problème du Maintenant le tracassait sérieusement. Il m'expliqua que l'expérience du Maintenant a pour l'homme une signification à part qui la différencie radicalement de celle du passé et du futur, mais que cette différence n'est pas et ne peut être mise en évidence au sein de la physique. Qu'une telle expérience ne puisse être prise en charge par la science lui semblait aussi navrant qu'inévitable. Je lui fis remarquer que tout ce qui a effectivement lieu devrait pouvoir être décrit par la science : d'un côté, la succession temporelle des événements par la physique ; de l'autre, l'expérience particulière que l'homme a du temps, y compris ses appréhensions différentes du passé, du présent et du futur, qui peuvent être décrites et (en principe) expliquées par la psychologie. Mais Einstein pensait que les descriptions scientifiques ne sont pas faites pour combler nos attentes d'êtres humains ; qu'il y a quelque chose d'essentiel à propos du Maintenant qui demeure hors de portée de la science. »
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lecassinlecassin   17 juin 2012
Le réel n’a pas forcément fait Polytechnique.
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lecassinlecassin   14 septembre 2012
Comment comprendre que je sois à la fois identique et changeant, le même et un autre, sans qu'on puisse distinguer en moi ce qui demeure de ce qui passe ?
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lecassinlecassin   17 juin 2012
Étrange chose, vraiment, que le temps qui passe.
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Vidéo de Etienne Klein
Conférence ? de quoi le vide est-il plein ? par Etienne Klein .Cours : parce que, née d'un travail solitaire, la philosophie débat en public et qu'on apprend à philosopher ; méthodique : parce que la philosophie tient tout entière dans la démarche qu'elle met en ?uvre pour forger son questionnement - en constant renouvellement ; populaire : parce que cet exercice de la raison s'adresse à tous, pense la vie immédiate et participe de plein droit à la Cité. Ces « cours méthodiques et populaires » permettront donc à un large public de se familiariser avec la philosophie, ses grands auteurs et ses thématiques incontournables. Proposé par François Jullien, Chaire sur l'altérité du Collège d'études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l'homme.
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