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EAN : 9782070314201
464 pages
Éditeur : Gallimard (13/05/2004)
3.88/5   168 notes
Résumé :
« Le tour de l'île : vingt-quatre pas. Six du nord au sud et d'est en ouest, depuis la porte d'entrée jusqu'à la fenêtre. Les cloisons de planches, la cheminée de marbre et, comme un lac suspendu, le grand miroir - la géographie de la chambre, ses rivages, ses déserts, sa faune, j'en sais tout. Mais le décor, cet étrange décor, acajou et pavé, brocart et chaises dépaillées, qui l'a composé ? Qui, surtout, a donné l'ordre de condamner les portes, puis la fenêtre, la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 168 notes

HermantM
  13 décembre 2012
J'ai tourné autour de ce livre, reculée avant de me lancer, bien que tentée à cause du talent d'écriture de son auteure mais en ayant très peur du sujet. Et j'avais bien raison ! C'est admirablement bien écrit, documenté, exprimé, justement évalué ... aussi, quelle douleur impuissance que de vivre le martyr de ce petit garçon avec la toute puissance de sa prison, la Chambre ! Ce n'est pas un livre dont on sort indemne. Même s'il y a des accusations portées, elles le sont sans haine, plutôt dans le désir de comprendre comment on a pu laisser cet enfant dans un tel abandon jusqu'à sa mort. Et c'est l'infâme rouage de l'indifférence, notamment celle du déni de responsabilité devant la misère de l'innocent sacrifié. le choix de l'auteure est de ne pas faire de ses gardiens des monstres... celui-là avait peur (la Terreur, n'est-ce pas ?) ; celui-ci ne se sentait pas concerné ; l'autre était trop rustre pour s'apitoyer... etc... mais il reste que le petit a connu toutes les affres de l'enfermement dans le noir, la solitude absolue, la maladie, l'oubli total de son humanité. Et, toutes proportions gardées (il s'agit ici d'un enfant humain ) j'ai retrouvé cette attitude qui ne veut pas voir, ces dos qui se tournent "cela ne me concerne pas", lorsque j'essaye d'attirer l'attention sur un de ces chats misérables, livrés à la rue, que je tente de sauver... Ne sommes-nous pas tous coupables, pour une raison ou pour une autre, un jour, ne n'avoir pas osé intervenir ?
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Malaura
  02 juin 2011
Une chambre aux fenêtres obturées, des portes barricadées, c'est dans ce lieu sombre que vit pendant plus de 3 ans,"l'orphelin du Temple", le fils de Louis XVI. Après que ses instituteurs soient partis, l'otage de la nation se retrouve seul, abandonné de tous, oublié dans cette chambre crasseuse où les poux et la vermine sont devenus ses seuls compagnons. le petit Capet agonise sans qu'on le remarque et meurt à l'âge de 10 ans, victime de la bêtise et de la cruauté des hommes.
En écrivant l'histoire de cet enfant séquestré et de ses gardiens, Françoise Chandernagor a réussi le pari de transcender le roman historique en une oeuvre bouleversante et intemporelle sur la violence ordinaire.
Ici pas d'assassins même si tous sont coupables; coupables de la mort d'un enfant, victime de maltraitance et d'oubli. Et c'est avec une ironie mordante que l'auteur souligne la bêtise, l'indifférence et la cruauté.
Une oeuvre tragique, révoltante et émouvante aux larmes.
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croquemiette
  22 février 2020
La chambre de Françoise Chandernagor nous narre la réclusion du jeune fils de Louis XVI, Charles Louis Capet, au sein de la prison du Temple. Une nuit, le garçon de 7 ans est séparé de sa famille et enfermé dans une chambre jaune.
Au début de son emprisonnement, Antoine, "l'instituteur", et sa femme prennent à peu près bon soin de lui. Ils le lavent, le nourrissent et s'occupent de l'entretien de la chambre et du linge. Ils sont un peu rustres et critiquent ses parents, mais il n'est point malheureux.
Lorsque les deux l'abandonnent et le laissent seul dans la chambre, l'enfant se retrouve confronté à ses peurs, surtout la nuit, et se replie peu à peu sur lui-même. Désormais, une flopée d'adultes "veillent" sur lui tour à tour, des commissaires, des fonctionnaires, ayant tous peur d'enfreindre le règlement quelque peu contradictoire qui régit la réclusion des otages. Ils le nourrissent et le chauffent. Point. L'enfant n'a pas de compagnie, plus de jouet, aucune notion du temps et ne voit presque pas la lumière du jour. Il est livré à lui-même et très vite se néglige. Linge et corps sales, il finit par faire ses besoins par terre et la vermine pullule. Il ne mange pas, est prostré, ne parle plus et tombe malade.
Devant l'état déplorable de l'enfant, peu d'adultes agissent et le pauvre petit se mure de jour en jour dans sa solitude et son isolement.
C'est que le contexte de la Révolution Française n'aide pas, chacun a peur pour sa peau, les dénonciations sont nombreuses et les têtes tombent. On voit que l'enfant ne va pas bien, mais chacun se rejette la responsabilité et préfère rester aveugle.
C'est un roman plein d'émotion et très fort. L'auteure alterne les points de vue, celui des médecins, des commissaires, de l'économe et notamment celui très pertinent de la blanchisseuse qui constate qu'elle n'a plus de vêtement du petit à laver. Tous ces adultes, trente ans plus tard, alors qu'ils sont questionnés, se dédouanent. A qui la faute ? A l'Histoire ? A l'absurdité des ordres donnés d'en haut ? Toujours est-il que le jeune Louis XVII a été victime de ce contexte. Il est né dans la mauvaise famille, au mauvais moment.
J'ai adoré ce texte, très intelligent. C'est effroyable mais l'auteure reste à distance. Une courte et triste tranche de l'histoire que Françoise Chandernagor nous fait revivre.
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litolff
  11 octobre 2010
C'est la tragique histoire d'un petit garçon qui va mourir.
Récit bouleversant de l'emprisonnement, l'isolation et l'agonie d'un petit garçon de 10 ans, otage embarrassant qu'on a trouvé plus simple de nier, d'"effacer"... avec le temps, on oublie...
Françoise Chandernagor nous raconte les derniers mois de Louis XVII avec toute la science de l'historienne, le talent de la romancière et surtout, les accents d'une mère : le morne enfermement dans la chambre-tombeau, l'épaisseur d'un temps privé de calendrier, l'agonie lente du délaissement. Par cette évocation, sans pathos mais pleine de colère, du déchirant martyre du petit roi, elle nous fait entendre l'insupportable indifférence face à l'assassinat insidieux d'une vie qui n'a pas même commencé.
Bouleversant !
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thedoc
  04 novembre 2014
Avec ce roman, Françoise Chandernagor nous plonge dans l'obscurantisme de la Révolution française en nous contant le destin tragique d'un petit garçon, celui du Dauphin, Charles Louis Capet dit Louis XVII. Arraché à sa famille à l'âge de 7 ans et enfermé dans la prison du Temple, le jeune prince est confiné dans un isolement dramatique. Ses geôliers l'épient mais ne s'occupent pas de lui. On ne le lave pas, on ne l'habille pas, on ne lui parle pas. On l'oublie dans sa chambre dont on prend bien soin de boucher la fenêtre. On lui retire tout au fur et à mesure de sa détention, ses objets, sa santé physique et mentale… Car que peut devenir un petit garçon traité de cette sorte ? En pleine dégradation physique et intellectuelle, le Dauphin perd la notion du temps et oublie jusqu'à son nom. Petit être sale et autiste, il s'efface pour devenir un fantôme. Qu'a-t-il fait au juste contre le pays ? Rien, si ce n'est d'être né au mauvais moment dans la mauvaise famille. Pourquoi l'enfermer ? Ses bourreaux eux-mêmes ne le savaient sans doute pas, pris dans le cercle infernal de la terreur qui se déploie sur tout le pays. Vivant ou mort, le jeune prince embarrasse. Que faire de lui ? Juste l'effacer.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
BloodyroseBloodyrose   04 décembre 2008
La bêtise "au commencement", la paresse, la négligence ? Le jaune, le beige, le fadasse ? Allons donc ! Le rouge oui. Le sang. Au commencement était le sang. La haine. La violence, la guerre, le crime ; puis la revanche de la défaite, le châtiment de l'assassinat ; et la revanche de la revanche, le châtiment du châtiment...
Tuer était bon, les hommes s'aperçurent que c'était bon - agréable, facile : il n'y fallait que du sentiment... Tous les lieux, tous les outils faisaient l'affaire ; quant aux prétextes, on n'en manquait jamais : race, religion, parti, nation, autre. Les hommes savaient pourquoi ils tuaient ; ils comprenaient aussi, même quand ils le regrettaient, pourquoi ils mouraient : chacun était l'autre d'un autre.
Mais leurs enfants, qu'est-ce qu'ils comprenaient les enfants ? Des enfants qui ignoraient jusqu'à leur nom, et ne distinguaient pas leur corps du corps qui les avait portés, et ne séparaient pas encore le dedans du dehors, et ne démêlaient pas l'amour de soi de l'amour du prochain, et se fondaient dans l'univers comme un sucre fond dans l'eau, les enfants ne comprenaient rien. Ils ouvraient des yeux étonnés. De grands yeux d'ombre. Fixaient le ciel, ou les murs. Fuyaient dans le ciel, rentraient dans le mur. Et c'était le ciel qu'on fusillait, le mur qu'on étranglait.
Ainsi périrait un jour la chambre fermée. Lentement, très lentement, elle disparaîtrait au fond des yeux d'un enfant. Lentement, avec l'enfant étouffé, la chambre asphyxiée.
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litolfflitolff   11 octobre 2010
Il vivra dix ans et trois mois. Mais toute vie achevée est une vie accomplie : de même qu'une goutte d'eau contient déjà l'océan, les vies minuscules, avec leur début si bref, leur infime zénith, leur fin rapide, n'ont pas moins de sens que les longs parcours. Il faut seulement se pencher un peu pour les voir, et les agrandir pour les raconter. L'enfant de la Tour est un vieillard parce qu'à son échelle il a tout vécu. Il ne lui reste ni illusions ni appétit. Sa mesure est comble.
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AdemyAdemy   16 octobre 2014
Possible. Normalement, nous, en bas, nous n'avions pas plus affaire aux économes qu'aux cuisiniers; à part un ou deux garçons d'office qu' on apercevait au moment des repas et les porte-clés, on ne voyait aucun des "permanents"; ce bonhomme-là - Coru ou Lelièvre, je ne sais plus -, je l'avais recroisé dans une cour dans la maison... Les draps, en tout cas, sans compter les mille cinq cents serviettes ou torchons! Les toiles du rez de chaussée, on nous les changeait deux fois la semaine. Rien à redire sur le principe. Sauf que, dans nos quatre lits, venaient coucher toutes sortes d'hommes; même des traines-misères, si contents d'être nourris qu'ils se portaient volontaires plus souvent qu'à leur tour! Tous égaux devant la Loi, c'est que, dans un lit, un indigent compte pour plusieurs : ces pauvres diables ne venaient jamais seuls, comprenez-vous, ils amenaient leurs "habitants", poux, puces, punaises... Et je ne vous parle pas de leurs éruptions militaires, ni de leurs catharres glaireux! Par la suite, je dormais assis; assis à la table, la tête dans les bras : dans mon métier on ne badine pas avec l'hygiène.
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pasiondelalecturapasiondelalectura   02 septembre 2014
...les fournées de la mort étaient souvent des fournées de hasard, on ratissait large - les rigolos avec les pas-marrants, les purs et les impurs, les gauchistes avec les droitiers, les natifs de l'Aube avec les natifs de l'Orne, les Parisiens avec les Savoyards. " Y a-t-il guillotine aujourd'hui? - Oui, car il y a tous les jours trahison"...La roue tourne, et en tournant elle écrase; il faut du sang dans le pressoir: "Certains y teignent leurs piques, d'autres leurs mouchoirs, leurs mains.L'exécuteur, étonné de l'empressement de plusieurs à y tremper leur sabre, s'écrie:"Attendez donc, je vais vous donner un baquet où vous pourrez les tremper plus aisément". (page 156)
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SolamifadoSolamifado   06 août 2021
Tuer était bon, les hommes s'aperçurent que c'était bon - agréable, facile : il n'y fallait que du sentiment... Tous les lieux, tous les outils faisaient l'affaire ; quant aux prétextes, on n'en manquait jamais : race, religion, parti, nation, pour être "l'ennemi" il suffisait que l'autre fût autre. Les hommes savaient pourquoi ils tuaient ; ils comprenaient aussi, même quand ils le regrettaient, pourquoi ils mouraient : chacun était l'autre d'un autre.

Mais leurs enfants, qu'est-ce qu'ils comprenaient, les enfants ? Des enfants qui ignoraient jusqu'à leur nom, et ne distinguaient pas leur corps du corps qui les avait portés, et ne séparaient pas encore le dedans du dehors, et ne démêlaient pas l'amour de soi et l'amour du prochain, et se fondaient dans l'univers comme un sucre fond dans l'eau, les enfants ne comprenaient rien. Ils ouvraient des yeux étonnés. De grands yeux d'ombre. Fixaient le ciel, ou les murs. Fuyaient dans le ciel, rentraient dans le mur. Et c'était le ciel qu'on fusillait, le mur qu'on étranglait.
Ainsi périrait un jour la chambre fermée. Lentement, très lentement, elle disparaîtrait au fond des d'un enfant. Lentement, avec l'enfant étouffé, la chambre asphyxiée.
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Vidéo de Françoise Chandernagor
Césarée : des palmiers, un port qui ressemble à celui d'Alexandrie, un phare bâti sur le modèle de Pharos, et, au premier plan, un palais royal aux colonnades de marbre grec… Séléné, la fille de Cléopâtre, pourrait-elle se croire revenue « chez elle » dans cette Égypte dont les romains l'ont arrachée à l'âge de dix ans ? Mais Césarée n'est pas Alexandrie et c'est pour la marier en Afrique à un prince « barbare » qui gouverne la Maurétanie – un pays immense formé par l'Algérie et le Maroc – qu'Auguste vient de la libérer. À la surprise de Séléné, ce jeune monarque se révèle aussi beau et cultivé qu'il est riche et puissant. Mais on ne renoue pas la chaîne des temps. Prisonnière de son passé, sa nuit de noces tourne au cauchemar… Françoise Chandernagor nous raconte avec passion comment les jeunes époux parviennent peu à peu à s'apprivoiser, à faire de leur cour un haut lieu de culture grecque, et à fonder une nouvelle dynastie, capable de venger leurs familles respectives.
Lire un extrait : https://www.albin-michel.fr/ouvrages/lhomme-de-cesaree-9782226451156#livre-extrait
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