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La Reine oubliée tome 1 sur 4
EAN : 9782226221315
400 pages
Albin Michel (06/04/2011)
  Existe en édition audio
3.64/5   267 notes
Résumé :
De ses amours avec César et Marc Antoine, Cléopâtre eut quatre enfants. Seule Séléné survécut au destin tragique de la reine d’Egypte. Âgée de dix ans lors de la prise d’Alexandrie, elle n'oublia jamais l'anéantissement de sa famille, de son royaume, de sa dynastie, de ses dieux. Prisonnière en terre étrangère, elle vécut dès lors pour venger ses frères et faire survivre dans le monde des vainqueurs la lignée des vaincus. Avec la sensibilité d'écriture et la force r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
3,64

sur 267 notes
Cléopâtre et Marc Antoine. Leur goût du faste et des festivités, leur splendeur et leur souverain mépris des convenances. Leur rêve fou d'un Empire réunissant l'Orient et l'Occident. Leurs victoires triomphales dans la poussière du désert et leurs défaites retentissantes au soleil couchant. Leur solitude abyssale quand le monde entier vient à les trahir.
Cléopâtre et Marc Antoine : deux monstres sacrés, deux perdants magnifiques.
Quant à leur amour, il est plus fort que tout, il est plus fort que la mort. Leur façon de rejoindre l'autre monde est digne des plus grandes tragédies.
Cléopâtre et Marc Antoine sont entrés de plein pied dans la légende des siècles, et demeurent à jamais ancrés dans la mémoire des Hommes.
Françoise Chandernagor raconte leur histoire à travers le regard innocent et naïf de Séléné, leur fille cadette, âgée de dix ans lors de la prise d'Alexandrie par les troupes d'Auguste. Une petite princesse engloutie sous l'ombre géante de ses parents qui sera l'unique rescapée de son illustre famille.
Singulier récit, mi-fresque romanesque, mi-biographie. Françoise Chandernagor s'arrête parfois, interdite, le temps de s'interroger sur les silences béants de l'Histoire. Elle tente de les combler en supputant, en hésitant, faisant la part entre le mythe et la réalité, nous prenant toujours à témoin.
Elle le fait avec beaucoup de modestie et de brio. C'est passionnant, instructif et tellement vivant.
Elle essaie, toujours en tâtonnant, essayant d'enjamber deux mille ans d'histoire, d'entrer dans l'intimité de ces deux grands fauves. Marc Antoine, superbe et généreux, toujours dans l'action et dans l'instinct. Aussi brillant stratège et meneur d'hommes que piètre politicien. Cléopâtre, rusée et manipulatrice, prête à se sacrifier pour protéger la longue et fragile dynastie des Ptolémée.
Une formidable épopée où j'ai côtoyé deux fabuleux personnages avec leurs moments de flamboyance et de doute, avec leur passion amoureuse sans cesse renouvelée, et leurs errements qui les mèneront droit au désastre.
La légende va se poursuivre dans le deuxième tome avec la petite Séléné, notre Reine déchue, emmenée prisonnière à Rome.
Récit grandiose et prodigieux. À lire de toute urgence.






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Un sujet inédit
Si l'on connaît "bien" Cléopâtre – du moins à travers ce qu'ont bien voulu nous en transmettre ses contemporains et, plus tard les historiens, peintres, écrivains, etc. – il n'en va pas de même de sa descendance. Saviez-vous que Cléopâtre, reine d'Égypte au Ier siècle avant Jésus-Christ, avait eu quatre enfants ? Césarion, dont le père était César, les jumeaux Cléopâtre-Séléné et Alexandre-Hélios, et Ptolémée Philadelphe, ces trois enfants ayant eu pour père Marc Antoine. Quatre enfants aux destins tragiques, tombés dans les oubliettes de l'Histoire. Peu ou pas de documentation : il en fallait du cran pour relever le défi de faire revivre sous sa plume ces personnages, et ce sur trois tomes en plus ! Si Françoise Chandernagor embrasse tout à la fois ces personnages et cette époque très riche et très mouvementée, il n'en demeure pas moins que son sujet est avant tout et surtout Séléné, seule rescapée du "nettoyage" ordonné par Octave (futur Auguste) après la mort de Marc Antoine et de Cléopâtre.


Une fresque grandiose
Le décor : imaginez... Alexandrie au Ier siècle avant Jésus-Christ, la ville la plus vaste et la plus peuplée du monde connu d'alors. Une ville moderne située entre la mer et le désert, bâtie en damier. « Au ras des flots, la « Très-Brillante », comme l'appelaient les voyageurs, éblouissait par sa blancheur : blanches, les maisons basses, leurs terrasses de pierre tendre, les colonnes d'albâtre, les avenues pavées de marbre, et blanc, le grand Phare, « la plus haute tour du monde », dressé comme un aviron géant, comme une gouverne, au milieu des vagues. » À cela, ajoutez le cap Lokhias avec ses multiples palais, ses tombeaux, sa Bibliothèque, son jardin botanique, son observatoire…
C'est dans ce lieu extraordinaire que grandissent les enfants sous l'oeil bienveillant de Cléopâtre et de Marc Antoine. Si le roman débute dans la douceur et la félicité, il se teinte progressivement de tristesse et d'inquiétude à mesure que le conflit entre Marc Antoine et Octave prend de l'ampleur, s'achevant sur la défaite de Marc Antoine et sa mort. Mélangeant habilement la petite histoire et la grande histoire, Françoise Chandernagor n'est pas là pour nous donner un cours d'histoire, préférant nous décrire de manière très réaliste et vivante la vie quotidienne de cette famille royale, les caractères de chacun : Césarion, enfant sérieux et conscient de son futur rôle, Ptolémée Philadelphe souffreteux… le portrait que brosse Françoise Chandernagor de Marc Antoine est particulièrement touchant : amoureux, bon père, beau, intelligent, honnête, généreux, sensible, il a eu le tort d'être trop naïf et indulgent vis-à-vis d'Octave qui l'a trahi sans aucun scrupule. Loin de ressasser les clichés habituels qui collent à ce couple souvent décrit comme sulfureux, Françoise Chandernagor nous le présente avec beaucoup d'humanité et de tendresse. C'est étonnant, inhabituel ! On prend alors vraiment conscience de la force de la propagande d'Octave, puisque celle-ci a traversé les siècles…


Un début de roman déroutant et une narration à double niveau
Ne sachant pas de prime abord qui était le narrateur, j'ai été décontenancée par l'épisode du cauchemar, qui est, en réalité celui fait par Françoise Chandernagor elle-même. Cauchemar au cours duquel elle voit une jeune fille enchaînée déambuler dans les rues de Rome. Elle finit par découvrir qu'il s'agit de Séléné, qui, à 10 ans, a dû quitter Alexandrie, prisonnière d'Octave, et participer enchaînée à son triomphe à Rome. Qui était-elle ? Que s'était-il passé ? Qu'est-elle devenue ? Au terme de son enquête, Françoise Chandernagor a décidé de rendre justice à tous ces personnages oubliés de l'Histoire (citons aussi Antyllus, fils de Marc Antoine et d'une de ses précédentes épouses, et Iotapa, petite fiancée mède d'Hélios) ou dont l'image a été manipulée à travers cette trilogie.
Mené par un narrateur omniscient, Françoise Chandernagor en l'occurrence, le récit s'organise autour du personnage de Séléné, que nous suivons comme si nous étions à ses côtés. C'est là l'avantage de ce mode de narration : on a connaissance de tous les détails de l'histoire, des événements, des pensées et sentiments des personnages…
Très inhabituel, l'intervention récurrente de Françoise Chandernagor tout au long du récit. C'est à double tranchant : si cela peut dérouter le lecteur, le déconcentrer, le "faire sortir" du roman et, au final, le décourager de poursuivre sa lecture, cela peut aussi lui apporter un deuxième niveau de lecture et je dois dire que vu la qualité des interventions de Françoise Chandernagor, je me suis retrouvée immédiatement dans le second cas : c'est passionnant, novateur, frais, parfois drôle ! Une note de l'auteur en fin d'ouvrage, là encore de haute volée, lui permet d'exposer les difficultés auxquelles elle a été confrontée et les choix d'écriture qu'elle a faits : vocabulaire et syntaxe, noms des villes, des royaumes, pays, des peuples, des personnages…


Le parti pris du parler vrai
C'est justement dans cette note en fin d'ouvrage qu'elle justifie son choix et cela a été pour moi une révélation : nos ancêtres lointains étaient des hommes comme les autres et n'utilisaient pas la langue grandiloquente et maniérée que les tragédies de Corneille ou de Racine et les manuels scolaires nous ont fait croire ! Leur niveau de langue était le même que le nôtre, teinté de familiarité. D'ailleurs, grâce à Françoise Chandernagor, j'ai découvert que, depuis quelques années, de nouvelles traductions, respectant davantage la réalité du langage d'alors, avaient été publiées. Citons par exemple les "Épigrammes" de Martial (Dominique Noguez, éditions Arléa) et "Tristes Pontiques" d'Ovide (Marie Darrieussecq, P.O.L.). S'inscrivant dans ce courant novateur, Françoise Chandernagor fait parler ses personnages comme des humains, parfois crûment, parfois familièrement. Cela en déroutera peut-être certains ; pour ma part j'ai apprécié ce dépoussiérage, ce vent de fraîcheur, qui contribue à rendre le récit très proche de nous.
"[…] dans ce livre, Antoine, Cléopâtre, Auguste ou Tibère, faute de pouvoir discourir en latin ou en grec, ne parleront pas non plus en « Corneille aplati » ni en « basic Racine ». Ils parleront en « chair humaine », chair impure, remuante, malodorante, certes, mais jeune, éternellement. Sans sacrifier aux modes langagières du moment, j'ai souhaité que les enfants s'expriment ici comme des enfants (ou comme nous pensons, aujourd'hui, que peuvent s'exprimer des enfants), les politiques comme des politiques, et les soldats comme des soldats.
J'ai même parfois restitué à la langue une crudité qui était de mise en ce temps-là, mais que nos maîtres ont pudiquement dissimulée à leurs élèves."


Un travail de fourmi
Comment écrire un roman historique tout en sachant que, comme l'auteur le rappelle dans sa note, « le roman historique le mieux documenté hurle le faux dès que les personnages ouvrent la bouche » (Paul Veyne, Comment on écrit l'histoire) ? Pour éviter de donner à son roman un côté artificiel, Françoise Chandernagor s'est fixé quelques règles concernant notamment l'écriture des lieux, la description des personnages et, comme nous venons de le voir, le niveau de langue utilisé. Dans sa passionnante note, elle explique aussi les limites de l'Histoire et de la fiction : quand la documentation s'est révélée inexistante, elle s'est autorisée à faire appel, mais de manière pondérée et raisonnée, à son imagination. Mais lorsque la documentation est là, l'auteur ne néglige aucun détail, par exemple concernant les cultes et fêtes religieuses, la sexualité, les différentes formes de suicide (égorgement, décapitation, empoisonnement…), la momification, les repas (nourriture, vins…), les vêtements, les batailles…
Car, comme elle le rappelle très bien, lorsqu'on écrit un roman se déroulant à une époque très reculée, la principale difficulté ne réside pas tant dans l'établissement des faits que dans la restitution des gestes ordinaires de la vie. En tout cas, ce mélange subtil entre réalité historique et fiction donne un roman très convaincant, riche, passionnant ! J'ai hâte de découvrir l'ensemble de sa bibliographie qui figurera à la fin du troisième volume.
Lien : http://romans-historiques.bl..
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Françoise Chandernagor, dont j'adore les livres, a toujours l'art de la formule qui frappe, de l'image qui transperce et la manière de savoir en dire beaucoup en peu de mots, quel que soit le sujet qu'elle aborde. Ce livre sur la fille méconnue de Cléopâtre en est un nouvel exemple : bien documenté, beau, profond dans son humanité rendue, il nous décrit l'échec et la déchéance d'un Marc-Antoine généreux et sensible face à un Octave dominateur et impitoyable ainsi que ses relations avec Clopâtre dans leurs derniers instants. Pouvoir, intérêts, sentiments, forces et faiblesses, Chandernagor mêle tout cela en un roman d'où ressort la personnalité d'une petite fille au destin à la fois tragique et oublié, comme l'est bien souvent celui des vaincus. On voit d'ailleurs peu à peu se cumuler les circonstances qui feront d'Antoine un perdant, à la manière de ces héros victimes à la fois de la fatalité et d'eux-mêmes. Face à la loi du plus fort, que peuvent un couple et ses enfants ? Périr ou disparaître. Françoise Chandernagor excelle a lier les causes humaines aux circonstances historiques ; le résultat en est un récit vivant, concret, qui est à la fois une prise de recul par rapport aux événements et une manière de les vivre comme si nous y étions. J'ai hâte de lire la suite de cette histoire sombre mais passionante qui nous fait mieux connaître l'histoire de l'Egypte à travers sa civilisation, sa famille royale et ses rapports avec une Rome "mondialisatrice" avant l'heure....
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Une lecture riche en émotions. Françoise Chandernagor met son talent à profit et comble les trous de l'histoire. Dans la fin de la République romaine, au moment où Marc-Antoine et Cléopâtre sont sur le déclin face à Octave, l'auteure nous conte les derniers événements par le biais du regard d'une reine oubliée, la fille du couple mythique, Cléopâtre-Séléné, princesse de 10 ans qui assiste à la fin de ses parents, au massacre de ses frères et à la fin de sa vie égyptienne.
Petite princesse qui n'apparaît que peu dans l'histoire, l'auteure choisit d'en faire un véritable témoin. Témoin de la vie à Alexandrie, ville que j'aurai voulu découvrir. Témoin de la grande Cléopâtre et du fougueux Antoine ( qui m'apparaît clairement plus sympathique qu'Octave). Témoin de la débâcle militaire de l'Imperator d'Orient, de sa chute, de sa mort. On dit que l'histoire est écrite par les victorieux. Françoise Chandernagor prend le contrepied de cette assertion en faisant de Séléné son héroïne.

Le roman est magnifique. La narration est lyrique. La chute d'Antoine et la mort du couple m'ont ému. J'aime beaucoup les échanges avec Marc-Antoine, plus Grec que Romain. J'aime la manière dont l'auteure comble les trous. Après tout, si L Histoire est incomplète, où est le tort?
En revanche, ce qui me décourage est cette frustration de non-fin. le tome 1 et le tome 2 de la trilogie sont tous les deux très bien écrits. Et pourtant, depuis une dizaine d'années, on attend ce tome 3... A ne pas commencer si vous gérer mal la frustration!

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Voici un livre auquel je n'ai pas du tout accroché. J'aime pourtant autant les biographies et les livres d'Histoire que les romans historiques, mais j'ai pourtant abandonnée celui-ci avant la moitié. Il ne manque certes pas d'érudition, mais le style ne m'a pas du tout captivée. Déjà, il est écrit au présent, avec un narrateur à la fois omniscient et pourtant relativement détaché des personnages. C'est un choix narratif particulier. le présent peut permettre une immersion plus rapide ou, au contraire, laisser au bord du chemin.
De plus, j'ai eu l'impression que ce livre hésitait toujours entre documentaire historique et fiction, sans se décider vraiment pour l'un ou pour l'autre. Il relève trop du premier pour que je m'abandonne à l'intrigue et aux personnages, mais trop de la seconde pour que je l'apprécie par pure curiosité intellectuelle. Je ne sais pas ce que l'auteur cherche à nous dire: nous distraire ou nous faire un cours d'histoire?
Peut-être passé-je à côté de quelque chose, car ce livre semble assez unanimement apprécié, quoi qu'il en soit, je préfère retourner à d'autres auteurs, aussi érudits en matière historique mais choisissant un mode plus clairement romanesque, ou au contraire vers des livres d'histoire à proprement parler
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critiques presse (4)
Telerama
22 juin 2011
L'apprentissage tragique de Séléné vaut néanmoins mieux qu'un détour : une lecture, qu'on promet plus qu'attrayante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress
15 juin 2011
Françoise Chandernagor redonne vie avec brio aux grandes personnalités comme aux humbles figures du passé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress
14 juin 2011
Elle nous invite aussi à un voyage captivant, digne des romans d'aventure de London ou de Conrad, sur les traces de héros qui préfèrent mourir plutôt que de perdre toute forme d'engagement ou d'idéal.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeSoir
14 juin 2011
[Françoise Chandernagor] se penche sur des enfants largement éclipsés par l’Histoire, alors qu’ils étaient le fruit d’un couple légendaire s’il en est : celui, passionnel, formé par Antoine et Cléopâtre, rien de moins.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
En ce temps-là, le monde était jeune, et Alexandrie, la plus grande ville du monde. Du monde connu, bien sûr. Mais le monde connu, " l'Oïkouméné " des Grecs, n'était pas petit : quand Séléné vit le jour, il s'étendait déjà de la mer du nord à l'Ethiopie, et des rivages de l'Irlande jusqu'à l'Île de Ceylan.
Au-delà, on soupçonnait bien, vers l'est, l'existence d'un mystérieux " pays de la soie ", contrée bénie des dieux où les pelotes du précieux fil poussaient sur les arbres comme des fruits, mais aucun caravanier syrien, aucun marchand parthe, n'avait jamais été admis à parcourir de bout en bout la route des " fruits qu'on tisse " : de marché en marché et de troc en troc, elle se perdait dans les déserts d'Asie.
Quand aux pays du sud - qu'on devinait dès les premiers contreforts de l'Atlas et les montagnes d'Erythrée -, on les savait, de source sûre, peuplés d'unijambistes mangeurs de pierres, d'hommes sans tête dont la bouche s'ouvrait au milieu de la poitrine, et de satyres à corps de bouc qu'aucune personne sensée n'aurait eu envie d'aller voir de près.
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Pour la sexualité, les Anciens sont "modernes". Rien moins que puritains. La position du missionnaire, très peu pour eux ! Ce qui n'empêche pas qu'ils aient, comme un chacun, leurs dégouts et leurs tabous. Différents des nôtres : rien de plus ordinaire à leurs yeux que la bisexualité, une notion qui n'a même pas de sens pour un romain - " on baise, ou quoi ? " ; et rien de plus banal, de plus charmant, que la pédophilie : tous les partenaires sont permis pourvu qu'on garde un rôle " actif " ; mais pas question, entre amants convenables, de s'ébattre en pleine lumière (on éteint la lampe), ni de confondre le haut avec le bas - dans la gymnastique amoureuse, le haut ne communique qu'avec le haut, et le bas qu'avec le bas.
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Cléopâtre, je ne la vois pas. Son visage, sa silhouette, disparaissent sous des couches de cultures superposées : il n'y a pas que César et Antoine qui lui soient passés dessus - trop de peintres aussi, trop d'écrivains... Ce n'est plus une femme, c'est un mythe. Comme Don Juan ou Carmen. Eternellement contemporaine. Sa beauté se met au goût du jour : au Moyen-Age elle porte un hennin, au Grand Siècle une fontange, et, dans le film de Mankiewicz, elle a des yeux de biche, des cheveux crêpés et une nuisette en nylon. Mieux, il arrive aujourd'hui qu'on la coiffe façon "punkette", mèches ultracourtes, ébouriffées.
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La petite fille apeurée de mes cauchemars, je l'ai vue comme aucun ne l'avait montrée : voyageuse de l'aube, debout à l'avant d'une barque légère ; messagère silencieuse, condamnée, tel le passeur des contes, à refaire éternellement le même chemin...
Son bateau fend la nuit comme cette lampe-vaisseau qu'utilisaient les Anciens : elle en est la mèche, elle en est la flamme. Et, dans les marges de la "grande Histoire", je la devine errant sur la mer, quand -renvoyée de Cléopêtre à Antoine et d'Antoine à Cléopâtre, craignant l'un et craignant l'autre, admirant les deux- elle va de la rive de l'île à la rive du cap, déchirée, transie, figée. Je la vois, pétrifiée comme une gisante, mais dressée, cariatide fragile qui porte ses parents sur ses épaules. Impuissante, mais invincible, dans la ville assiégée.
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Elle vit. Elle avait vu. Elle voyait ! Les servantes s’extasièrent, lui embrassèrent les paupières, rendirent grâce à Isis, et coururent prévenir Glaucos. La Reine, elle, ne semblait pas très étonnée – ses dons de guérisseuse, sa capacité à infuser la vie, elle n’en avait jamais douté.
Rien de miraculeux dans cette guérison. Ni même de psychosomatique : en rejoignant la litière de sa mère, l’enfant s’est simplement trouvée séparée des cônes de cyprès qu’elle traînait avec elle comme un trésor. Deux mille ans après, nous le savons : le cyprès est allergisant et son fruit, même sec, peut provoquer une conjonctivite violente. Voilà pourquoi, cruelle romancière, j’ai poussé Séléné à ramasser, dans le faubourg de Daphné, quelques pommes de cyprès – après tout, les cyprès de Daphné étaient célèbres et c’est à Daphné que Cléopâtre avait installé sa suite… Pour autant, personne ne sait, évidemment, à quoi jouait sa fille de trois ans dans les jardins de sa résidence.
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Vidéo de Françoise Chandernagor
« Une anthologie de femmes-poètes ! - Eh oui, pourquoi pas ? […] On a dit du XIXe siècle que ce fut le siècle de la vapeur. le XXe siècle sera le siècle de la femme. - Dans les sciences, dans les arts, dans les affaires et jusque dans la politique, la femme jouera un rôle de plus en plus important. Mais c'est dans les lettres surtout, - et particulièrement dans la poésie, - qu'elle est appelée à tenir une place considérable. En nos temps d'émancipation féminine, alors que, pour conquérir sa liberté, la femme accepte résolument de travailler, - quel travail saurait mieux lui convenir que le travail littéraire ?! […] Poète par essence, elle s'exprimera aussi facilement en vers qu'en prose. Plus facilement même, car elle n'aura point à se préoccuper d'inventer des intrigues, de se créer un genre, de se faire le champion d'une idée quelconque ; - non, il lui suffira d'aimer, de souffrir, de vivre. Sa sensibilité, voilà le meilleur de son imagination. Elle chantera ses joies et ses peines, elle écoutera battre son coeur, et tout ce qu'elle sentira, elle saura le dire avec facilité qui est bien une des caractéristiques du talent féminin. […] Et puis, au moment où la femme va devenir, dans les lettres comme dans la vie sociale, la rivale de l'homme, ne convient-il pas de dresser le bilan, d'inventorier - si l'on peut dire, - son trésor poétique. Les temps sont arrivés où chacun va réclamer le bénéfice de son apport personnel. […] » (Alphonse Séché [1876-1964])
« Il n'y a pas de poésie féminine. Il y a la poésie. Certains et certaines y excellent, d'autres non. On ne peut donc parler d'un avenir spécial de telle poésie, masculine ou féminine. La poésie a toujours tout l'avenir. Il naîtra toujours de grands poètes, hommes ou femmes […]. Où ? Quand ? Cela gît sur les genoux des dieux, et nul ne peut prophétiser là-dessus. […]. » (Fernand Gregh [1873-1960])
0:00 - Martine Broda 0:32 - Sylvie Fabre G 1:57 - Maximine Lagier-Durand 2:33 - Amina Saïd 3:53 - Béatrice Bonhomme 4:17 - Hélène Dorion 5:15 - Alicia Gallienne
6:50 - Générique
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Références bibliographiques : Couleurs femmes, poèmes de 57 femmes, Paris, co-édition le Castor Astral/Le Nouvel Athanor, 2010. La poésie à plusieurs voix, rencontres avec trente poètes d'aujourd'hui, sous la direction de Serge Martin, Paris, Armand Colin, 2010. Françoise Chandernagor, Quand les femmes parlent d'amour, Paris, Cherche midi, 2016. Alicia Gallienne, L'autre moitié du songe m'appartient, Paris, Gallimard, 2019.
Images d'illustration : Martine Broda : https://www.babelio.com/auteur/Martine-Broda/183879 Sylvie Fabre G : https://www.editionsunes.fr/catalogue/sylvie-fabre-g/ Maximine Lagier-Durand : http://editionsws.cluster011.ovh.net/wp-content/uploads/2011/04/Maximine.jpg Amina Saïd : https://fr.wikipedia.org/wiki/Amina_Saïd#/media/Fichier:Amina-Saïd_Hazam_(21e_Maghreb_des_Livres,_Paris,_7_et_8_février_2015).jpg Béatrice Bonhomme : https://www.southeastreview.org/single-post/poetry-by-béatrice-bonhomme-translated-by-emelie-griffin Hélène Dorion : https://www.lesoleil.com/2020/10/15/entretien-public-avec-helene-dorion-pour-donner-vie-aux-mots-4119980a99b2ea22baac03f17396a0e7 Alicia Gallienne : https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/01/31/alicia-gallienne-etoile-filante-de-la-poesie_6027964_
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