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ISBN : 2877062414
Éditeur : Editions de Fallois (31/05/1995)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 180 notes)
Résumé :
Ruiné par des affairistes sans scrupules, abandonné de ses amis, déshonoré, le comte de Breyves s'est donné la mort : au XVIII ème siècle, plus qu'un malheur, un scandale !

Veuve à trente ans, sans parents, sans appuis, sans fortune, sa femme fuit Paris et la Cour pour se réfugier dans une campagne éloignée. Elle emporte dans son exil le seul bien qui lui reste de son bonheur passé : son fils Alexis, âgé de sept ans. Désormais, elle va consacrer sa v... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  09 avril 2016
Le roman commence sur une révolte qui tourne au massacre dont surgit, par le miracle de l'amour, une petite rescapée. Nous suivons la vie mouvementée de cette survivante, ballotée par le cours de l'Histoire. Y en a-t-il d'autres ? Illusion de controle de sa destinée. Ironie suprême : le roman s'achève, en des temps troublés, sur une révolte qui tourne au massacre ... mais chut. J'aime assez ces récits dont la fin reflète le début car ils donnent à penser que tout peut recommencer de nouveau avec certaines variantes. Espèce de permanence dans l'incertitude, comme si L Histoire se répétait sans fin.
Après avoir survécu à une tragédie, hérité d'une fortune collossale bâtie sur l'esclavagisme, cette femme se retrouve seule car son mari si beau et cultivé mais idéaliste et naïf a quasi tout dilapidé dans des placements douteux, comme la compagnie des Indes, avant de se suicider - quelle noblesse?! Alors il faut quitter Paris et ses salons, Paris et la cour, Paris qui vit d'illusions, fuir créanciers et cancans. Alors comment faire face avec une propriété, des champs, un bois, quelque étang et des droits de fermage, ... ? Au-delà, la vie se poursuit, différente mais en un sens pareille dans ses fondements.
Comment éduquer son enfant et dans quel but ? Qu'est-ce qu'une éducation réussie ? Voilà les questions principales que Françoise Chandernagor revendique vouloir adresser par ce roman peignant la vie d'un fils espiègle, malin, viscéralement optimiste, ouvert au changement et sa mère devenue résiliente obstinée, archeboutée sur ses acquis, enchaînée à son passé. En tant que rat* des champs, j'ai trouvé des longueurs dans ce style par trop fleuri à mon goût et s'enlisant parfois dans des descriptions bucoliques, les parisiennes, elles, s'esbaudiront ... Malgrè ces réticences, je me suis de plus en plus attaché à ces deux personnages qui prennent corps au fil de l'histoire. Cependant, avec moins de "phrases", cette présence m'eût été d'autant plus proche et mon ressenti d'autant plus fort.
En choisissant cette période de décadence, c'est bien la fin d'un système que nous vivons à travers le roman, Françoise Chandernagor dresse un décors où vient s'ajouter l'interrogation sur les savoirs, valeurs et qualités à transmettre aux enfants pour qu'ils soient les mieux équipés non pour un monde qui n'existe déjà plus mais pour le monde dans lequel ils vivront et qu'ils doivent inventer. Comment éviter le parallèle avec le Paris d'aujourd'hui : décadence, perte des repères, estompement de la norme, magouilles aux plus hauts niveaux, manipulations des taux de changes et cours de bourses, et possiblement banqueroute de l'Etat avec confiscation de l'épargne. Alors serait-il salutaire de se préparer, en ces temps troublés, à une révolte qui tourne au massacre ... ?
Réalité augmentée, big data, nano-technologies, clonage, transgenisme, exo-squelettes, robots androïdes, transhumanisme, émergence de post-humains, transcendance de l'intelligence artificielle, université de la singularité... autant de nouveautés qui vont révolutionner le futur, autant de bonnes raisons, me semble-t-il, pour lire ou relire ce roman sous un autre éclairage.
* dédicace à mon ami Walktapus. -:)
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philippe91
  12 novembre 2014
18ème siécle : le comte de Breynes, attaché aux valeurs aristocratiques de loyauté, empreint d'une certaine naïveté, a effectué des placements hasardeux. Mal conseillé, manipulé, escroqué, aux jeux de la finance il a dilapidé tout l'héritage de son épouse. Son honneur bafoué, il met fin à ses jours.
Sa femme est dans l'obligation de vendre l'ensemble de ses biens pour rembourser les créanciers et de quitter Paris et son confort pour rejoindre, avec son fils unique, un fief qu'elle a su conserver.
Alors commence un deuil difficile, nourri d'amertume, puis la lutte pour l'amour d'un fils quel souhaite voir échapper à la destinée de son défunt mari et de son temps.
Dans cette époque pré révolutionnaire, c'est avant tout une formidable histoire d'amour entre une mère et son fils que nous livre l'auteur.
Cet ouvrage, particulièrement bien écrit, au-delà de sa trame romanesque, offrira aux amateurs d'histoire une description fouillée et un éclairage sur les mécanismes financiers en vigueur sous Louis XVI, à la veille de la révolution.
Placements financiers, ventes à découvert, spéculation, abus de confiance, délit d'initié, cela vous rappelle quelque chose ?
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Natacha851
  07 avril 2013
Un récit émouvant et palpitant!
L'enfant des lumières n'est pas un livre sur lequel je me serai diriger directement!
C'est un cadeau.
Dès les premières pages, petite appréhension.
Ayant lu Mme Bovary et n'ayant pas aimé, j'ai eu peur de me retrouver dans le même genre de récit.
La comtesse de Breyves vient d'enterrer son mari qui s'est pendu.
Ce dernier n'a pas supporté d'avoir perdu la fortune de sa femme (lui a le titre, elle l'argent).
Elle se retrouve obligé de vendre la plupart de ses biens pour éponger les dettes de son mari et décide de partir à la campagne, dans une maison qui appartenait à son grand père.
Elle emmène avec elle son fils, Alexis, un garçon espiègle, drôle et pleins de vie.
Le fil rouge du récit est les décisions de la comtesse sur l'éducation de son fils.
Elle souhaite faire de lui, un homme fort, sans attache et capable de comprendre les rouages du monde aristocratique, bourgeois et financier.

Et donc, j'ai eu peur, peur de ne pas arriver jusqu'à la fin du livre (conséquent) ou de ne pas pouvoir m'empêcher de bâiller.
Il n'en ai rien, bien au contraire!
Bon, j'avoue, les parties sur la finance ont été un peu fastidieuse pour moi mais hormis cela, j'ai passé un très bon moment en compagnie de la comtesse et de son fils.
Leur relation et l'amour qu'ils se portent sont complexes et intéressants.
C'est émouvant. Je me suis étonnée moi-même à la fin, d'avoir presque la petite larme.
De voir grandir Alexis et de découvrir l'homme qui l'est devenu et de savoir ce qu'il va devenir est passionnant.

L'écriture de l'auteur est fluide, chantant par moment...un plaisir.
Un bel ouvrage!
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cecilit
  15 avril 2017
A la veille de la Révolution, la Comtesse de Breyves, jeune veuve d'un mari qu'elle aimait passionnément (pas si courant a l'époque pour une union "arrangée " ), d'un mari coupable de s'être donné la mort (quel ignominie alors !), se rėfugie à la campagne avec son jeune fils de 7 ans. Oubliant sa propre vie de femme, la Cour et ses fastes, la grande affaire de sa vie désormais va être l'éducation de son garçon. Moderne par rapport à ses contemporains mais avant tout obsédée à l'idée qu'il se montre faible comme son père, elle lui façonne une éducation à la carte afin qu'il devienne invincible et dur comme un roc.Mais élever un enfant ne se révèle pas aussi simple qu'éduquer un animal et ses propres traumatismes, ses blessures et ses sourdes envies de revanche la feront alterner entre douceurs et rejets. Il s'agit lå d'un magnifique et émouvant roman traitant à la fois de l'amour entre une mère et son fils mais aussi d'Histoire, de politique. Comme la plume de Françoise Chandernagor est somptueuse et érudite !
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Vermeer
  14 octobre 2015
Quelques années avant la Révolution, le naïf comte de Breyves, ruiné, se pend. Pour son épouse, c'est non seulement la ruine mais aussi la honte et le scandale. Elle s'installe avec son fils Alexis dans la Creuse dans le seul domaine qui lui reste. Elle travaille dur, vit modestement et éduque son fils dans l'idée de lui donner les qualités que son père trop honnête et naïf n'avait pas, de l'endurcir, le faire réussir en affaires et l'adapter au monde des financiers requins qui ont tué son père. Elle connaît le décalage entre les grandes vertus prônées par les philosophes des Lumières et la déliquescence de cette société des années 1770-1780. Elle profite du caractère enjôleur et cynique d'Alexis. Mère et fils ne se comprennent pas toujours mais sont liés par un amour indéfectible.
Thème de la Révolution et des années qui la précédent, de l'Education, des milieux financiers.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   09 avril 2017
Elle s'était fait tailler deux costumes de chasseur. Au moins pourrait-elle monter à cheval autrement qu'en amazone, cette posture ridicule. A ces tenues, qui lui permettaient d'abandonner pour quelques heures le corset et les paniers, elle prit bientôt un goût si vif qu'elle les porta pour aller à pied - traverser des tourbières, se faufiler à travers les haies. Pour ses domestiques, elle invoqua la nécessité de se refaire une santé : le Docteur Tronchin à Paris recommandait aux dames de la bonne société de s'aérer, de se donner du mouvement - c'est-à-dire d'aller au bout du jardin ; comment seraient-elles allées plus loin, en effet, perchées sur leurs mules de satin aux talons de six pouces, encombrées de paniers si larges qu'il fallait les replier pour passer les portes, et écraser sous des coiffures de deux pieds dans lesquelles on glissait des fleurs avec leur vase ou des oiseaux avec leur cage. Les malheureuses avaient bien de la peine ainsi attifées, à dépasser le coin de leur maison ! On appelait ce périlleux exercice 'tronchiner'. Madame de Breyves expliqua qu'il lui fallait "tronchiner"...
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cecilitcecilit   09 avril 2017
Ses robes étaient simples, parfois reprisėes. Elle ne se permettait qu'un luxe : des bottes de cuir fin, qu'elle mettait avec ses culottes. Car elle portait des culottes. L'idée lui en était venue quand le notaire de Bonnat, qu'elle consultait pour un acte, lui avait dit qu'il n'en remettrait la minute qu'à "un homme réfléchi".
"Je suis un homme réfléchi", avait-elle répliqué. Et elle s'était mise en état de le prouver - par un moyen propre à frapper les imaginations.
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philippe91philippe91   12 novembre 2014
Ivresse des automnes lents, des ciels lourds, des longues agonies, des fins du monde. Arrière-saisons au goût de sucre et de sang :tout semble mûr, et rien n'est mort. Rien encore ...
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cecilitcecilit   15 avril 2017
Les domestiques des châteaux, comme les "nègres de maison" étaient généralement enviés et guère aimés ; ils portaient la parole du maître et souvent ses habits ; ils étaient ses complices et ses prisonniers. Jalousės comme le chien de la fable et, comme lui, méprisés.
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cecilitcecilit   14 avril 2017
Peut-être souffrait-il de temps en temps ? Des rhumatismes, comme tous les vieillards.Mais il s'entêtait à faire passer ces "vieilles douleurs" pour des séquelles de son accident, et ne parlait de l'âge que comme d'une maladie qui l'aurait frappé en pleine jeunesse.
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