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EAN : 9791025206034
272 pages
LES PEREGRINES (05/01/2024)
4.25/5   106 notes
Résumé :
« Comme les créatures nyctalopes, Lana sait voir au cœur de la nuit ce qui échappe aux autres. La fête discrète qui, pour peu que l’on sache la distinguer, se tient dans l’obscurité. Elle transforme le secret des heures sombres en or. Lana est une grande poétesse, mais pas seulement : c’est une alchimiste. »
1996 : au retour d’une de leurs escapades nocturnes dans les bois de Lake Placid, Elizabeth et son ami Parker font une étrange rencontre. Alors qu’elle g... >Voir plus
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« Désormais, je parlerai toutes les nuits.
À moi-même. À la lune. Je marcherai,
comme je l'ai fait ce soir, jalouse de ma
solitude, dans le bleu argenté de la lune glaciale,
qui miroite sur les congères de neige
fraîche en renvoyant des milliers d'étincelles. »

Sylvia Plath, Carnets intimes

C'est en 1996, au détour d'une de leurs escapades nocturnes dans les bois de Lake Placid qu'une jeune fille à peine adolescente, Elizabeth, et son ami Parker font une étrange rencontre, celle d'une dame écarlate surgie de la nuit, surgie de nulle part... Non, je ne vais pas vous évoquer ma lecture récente d'un thriller, ni celle d'un roman horrifique, tout juste une ballade onirique entre rêves et réalité...
La jeune fille va grandir dans cette vision fondatrice pour elle, découvrir son don pour la musique et la poésie, y puiser l'inspiration d'un vertige qui sera sa quête mélancolique et douloureuse.
Quoiqu'on en dise, c'est peut-être cette nuit-là qu'Elizabeth Grant s'est métamorphosée comme une phalène, devenant ainsi la future Lana del Rey.
La jeune artiste va connaître rapidement une carrière éblouissante, parfois entremêlée de démons et de doutes, tentant de sortir des clichés que l'on a voulu lui accoler, entre l'image d'une biche égarée et celle d'une femme fatale...
Vibrante, passionnée, ingénue, trop naïve encore, elle avance sous la lumière des projecteurs, dans ce physique qu'elle n'assume pas vraiment, mais ses mots déjà la dévorent de l'intérieur...
En 2019, Lana del Rey rêve d'approcher son idole, Joan Baez, la mythique reine du folk qui vit désormais retirée dans sa ferme au coeur de la forêt californienne, où elle a troqué sa guitare contre une palette de couleurs, des pinceaux et un chevalet, elle peint des paysages, des animaux, les portraits des siens...
Dans ces chapitres qui alternent entre le temps qui se rapproche et celui déjà de 2019, Californie, Marie Charrel nous raconte l'itinéraire parfois chaotique, parfois trash de celle peu à peu devenue Lana del Rey. Je la découvre, j'apprends à la connaître. Ses chansons expriment le grand rêve américain abîmé, ses amours compliquées, le spleen, les addictions, le noir... Lana del Rey est-elle poétesse avant que d'être chanteuse ? Ses chansons sont des odes à la douleur exquise de s'accrocher à une illusion du bonheur.
Inexorablement nous la voyons se rapprocher de cette ferme de Californie, comme les phalènes se rapprochent de la lumière, convaincre l'égérie du folk aux pieds nus de remonter sur scène peut-être une dernière fois et de le faire à l'occasion de son prochain concert de Berkeley, tiens, pourquoi pas.
Vous l'aurez compris, -enfin j'espère, La fille de Lake Placid est un récit envoûtant et poétique, construit autour de faits biographiques, la vie de la chanteuse Lana del Rey et sa rencontre improbable avec Joan Baez. Leurs chemins n'étaient pas faits a priori pour se rencontrer.
Leur toute première rencontre ne fut pas facile d'ailleurs, il leur a fallu s'approcher, s'affronter, s'apprivoiser. Plus que le choc de deux générations, elles n'ont peut-être pas forcément la même vision du monde, l'une fut la militante saltimbanque de tous les combats et elle sait que le plus important aujourd'hui, la sauvegarde de la planète, est déjà perdu d'avance. L'autre ne croit pas que la musique ait le pouvoir de changer le monde. Princesse pop-rock sensuelle, objet de tous les fantasmes, mélancolique et désabusée, elle a conscience déjà de vivre sur des ruines. Mais toutes deux sont éprises d'une folle liberté qui les fait tenir debout dans ce rêve américain impossible et brisé. Elles font s'unir comme deux soeurs.
Ce roman est un envoûtement poétique. C'est une ode à la grâce. C'est un hommage à deux grandes femmes, dans ce qu'elles ont de fragile et de puissant : Joan Baez et Lana del Ray.
C'est un livre dont on tire des phrases que l'on note sur un carnet à spirales pour l'emporter avec soi et les relire sur une plage devant l'océan.
C'est un livre qui nous mène vers d'autres rives, d'autres livres. C'est un livre qui rend la fiction perméable à la réalité.
Je me suis faufilé à travers les pages de ce livre, tel un passe-muraille, allant de l'univers de ce livre au mien, venant côtoyer ces deux artistes, l'une que j'ai vue sur scène en 1981 seule avec sa guitare devant 20000 spectateurs, l'autre que je découvre grâce à cette lecture.
Ce sont les rêves de deux femmes qui se teintent de lumière mais aussi de déception tandis que l'imaginaire est là, au détour des pages que j'effeuille avec jubilation.
Les pages sont aussi emplies de fantômes, Martin Luther King, Sylvia Plath, Amy Winehouse, Kurt Cobain, la dame écarlate...
Si le roman relate des faits biographiques, Marie Charrel a convié l'imaginaire dans ces pages brûlantes de sincérité.
En 2019, Lana del Rey et Joan Baez ont réellement chanté lors du concert de la jeune chanteuse à Berkeley cette fameuse chanson Diamonds and Rust écrite par Joan Baez et que celle-ci chanta longtemps aux cotés de Bob Dylan, son compagnon de route des premiers jours vagabonds.
Marie Charrel s'est nourrie aussi de l'univers de David Lynch pour bâtir l'intrigue qui tient ce récit, ce qui rend le texte furieusement envoûtant.
Tel un passe-muraille, j'allais et venais entre onirisme et réalité, jusqu'au moment inéluctable où je savais bien que je resterai figé dans un mur de papier, la tête en Amérique bercée par deux muses et les pieds vissés dans la fange du quotidien.
Écrire, chanter, peindre... Tout n'est peut-être qu'affaire de lumière, la manière de la recevoir, la manière de la donner à son tour..
Lumière, ombre... Ombre, lumière... Battre les paupières et saisir le monde ainsi, dans sa fragilité et sa puissance d'embrasement...

Ce livre de Marie Charrel, autrice dont je fais la connaissance ici, est l'occasion pour moi de découvrir cette maison d'éditions au nom si évocateur, Les Pérégrines. Je vous partage ici sa raison d'être qui fait écho à quelques unes des valeurs qui m'animent.
Les Pérégrines, c'est un mot au féminin pluriel pour évoquer nos féminismes un nom en hommage au roman éponyme de Jeanne Bourin, historienne, écrivaine, grand-mère et figure d'inspiration d'Aude Chevrillon, la directrice de la maison. Notre ambition: vous proposer un voyage intellectuel en publiant des textes toujours pertinents, souvent impertinents, qui, par des voix fortes et hardies, des plumes belles et singulières, observent le monde par différentes fenêtres, nous amènent à faire un pas de côté, nous poussent à mieux appréhender l'autre, l'étrangeté, la diversité, nous livrent des trajectoires inspirantes pour dessiner une société plus humaine.

Ce livre se pose dans une de leurs collections, qui s'intitule Les Audacieuses. Des écrivaines mettent leur univers romanesque au service d'une réécriture de la vie de leurs héroïnes. Oser la fiction pour faire jaillir toute l'indocilité de figures féminines inspirantes: tel est le pari des Audacieuses.

Et maintenant un quiz, devinez un peu à quel endroit j'ai eu l'idée d'emporter ce beau livre coup de coeur ?

♪♫ As I remember your eyes
Were bluer than robin's eggs ♪♫
My poetry was lousy you said
♪♫ Where are you calling from?
A booth in the midwest
Ten years ago ♪♫
I bought you some cufflinks
♪♫ You brought me something
We both know what memories can bring
They bring diamonds and rust ♪♫
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Je rédige cette chronique en écoutant la magnifique voix de Lana del Rey sur une ballade envoûtante et repense au texte, lumineux, grisant, de Marie Charrel dans son roman « la fille de Lake Placid ».
Comment vais-je pouvoir résumer la complexité de la personnalité de cette chanteuse avec mon pauvre vocabulaire ?

Ce roman, c'est aussi la rencontre de Lana avec Joan Baez, l'icône folk, deux femmes amoureuses de la nature, éprises de liberté mais désenchantées face au chaos et la folie de notre monde et du rêve américain déchu.

1996, Lake Placid, la petite Elizabeth Grant se sent recluse dans cette petite ville bourgeoise. Elle aime fuir dans la forêt avoisinante : « Dès qu'elle le peut, elle gagne les tourbières, teste jusqu'où ses pieds s'enfoncent dans la fange spongieuse. Elle s'allonge sous un orme et se concentre sur l'odeur puissante de la terre humide, le chant des parulines masquées, la dispute des corneilles et, au loin, la rumeur de la circulation automobile rappelant que les hommes sont partout. Elle laisse la forêt entrer en elle pour y dissiper son angoisse » où elle retrouve son ami Parker. Au retour d'une de leurs escapades, ils feront l'étrange rencontre d'une femme dévêtue, la bouche barbouillée de rouge, la peau diaphane, cadavérique qui d'une voix plaintive s'interroge why are we here? why are we here? Cette vision de la femme écarlate la hantera à tout jamais. N'est ce pas le monstre des villes qu'elle cherche à fuir ?

Son entourage lui reconnait des dons pour le chant et elle aime se réfugier dans la poésie. Elle passe une adolescence compliquée, un peu trash, s'adonne de plus en plus à la boisson pour trouver l'inspiration. Cette addiction découverte l'éloignera de Lake Placid. Etudes à la Kent School, petits boulots, Elizabeth-Lizzy est hébergé par son oncle Mike qui l'oriente sur des lieux mythiques de concerts de son enfance et renforce son idée de faire carrière.

Lizzy devient bientôt Lana del Rey, mais quel parcours tortueux, il faut qu'elle fasse preuve d'une grande résilience et passe outre les critiques des réseaux sociaux. Son physique agréable et ses lèvres pulpeuses la desservent, elle est cataloguée comme bimbo, femme superficielle. Mais, bientôt, la profondeur de ses textes, ses mélodies nostalgiques prendront le pas sur son allure sexy.

2019 : Lana enfin reconnue, cherche à rencontrer son idole, la charismatique Joan Baez. Celle-ci, presque octogénaire, vit retirée dans son ranch californien, loin des engagements et des luttes de sa jeunesse et ne se consacre, désormais, qu'à la peinture. La première demande de Lana de se produire en duo avec elle pour interpréter le fameux succès de Joan « Diamonds and rust » se solde par un échec. Mais sur l'insistance de ses petits-enfants Gabriel et surtout Jasmine, inconditionnelle de Lana, les deux femmes se retrouvent sur scène et nait une complicité entre-elles basée sur des valeurs communes. Joan lui propose, même, de poser pour un portait, troublée par sa timidité, ses fêlures, les émotions que cette jeune femme a fait ressurgir, cette fougue joyeuse, exaltation relevant de la pure joie enfantine.

Je termine en dégustant le fameux « Diamonds and rust ».

Je vous engage à redécouvrir la discographie de ces deux grandes dames aux voix fabuleuses et pour les plus courageux à lire la traduction des paroles de leurs chansons que mon anglais scolaire n'avait fait qu'effleurer. Bien sûr, je vous conseille la lecture de ce roman solaire, limpide, cristallin de Marie Charrel.

Merci aux Editions Les Pérégrines pour ce moment de rêve.
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1996, à Lake Placid, petite ville de l'Etat de New York, pas très loin de la frontière canadienne, une jeune fille introvertie et rêveuse ne vit pleinement que lorsqu'elle s'évade dans la forêt, loin des autres mais pas seule puisqu'elle est accompagnée de son ami Parker, qu'elle rencontre la nuit, en cachette de ses parents. Dans son monde, elle peut enfin être elle-même, laisser aller sa sensibilité exacerbée et excentrique qui penche vers une certaine folie, vivre un trop-plein d'émotions, de peurs, d'angoisses, qui débordent et qu'elle n'arrivera à canaliser qu'avec de l'alcool, trop d'alcool, avant que la poésie ne la sauve. Une poésie qu'elle mettra en musique et avec laquelle elle rencontrera le succès… sous le nom de Lana del Rey.

Une vingtaine d'années plus tard, Lana del Rey parvient à obtenir un rendez-vous avec Joan Baez dans son ranch californien afin de lui proposer un duo lors d'un concert. Si la star du folk, qui ne chante plus, est d'abord réticente à l'idée de rencontrer la starlette aux yeux de biche et à la bouche extraordinairement (dans le sens premier du terme) ourlée, justement peut être à cause de l'image de poupée qu'elle renvoie, elle sera séduite par l'aura magnétique, le talent et l'intelligence de la chanteuse, au point de retrouver l'inspiration picturale qui l'avait désertée et de peindre son portrait…

Entre ces deux dates, par le biais de chapitre alternant les deux époques pour mieux les faire se rejoindre, Marie Charrel retrace l'ascension d'Elizabeth Grant aka Lana del Rey vers le statut d'icône de la pop sadcore, depuis l'enfer d'une adolescence vécue dans une bourgade qui étouffe les filles trop intelligentes et trop libres vers la lumière de la Californie. Il s'agit d'une biographie romancée, si bien que certains détails (la rencontre entre Lana del Rey et Joan Baez, le portrait que la seconde fera de la première, notamment) sont vrais, d'autres faux mais tout sonne étonnamment juste, tant Marie Charrel a su se mettre dans la peau de Lana del Rey, ou tout du moins ce que l'on peut s'imaginer d'elle en écoutant des morceaux comme « Video Games », « Summertime sadness » ou encore « Born to die ». Cette mélancolie d'un âge d'or que l'on est trop jeune pour avoir vécu, cette angoisse de ne pas savoir vivre sans se brûler au feu d'une personnalité trop border et différente est d'ailleurs retranscrite grâce à la poésie de Miss Grant ou d'extraits de chansons, pour être au plus près de la vérité, tout en restant dans la fiction.

Il en ressort un roman très poétique, un peu évanescent, superbement écrit (les deux premiers paragraphes, qui cueillent le lecteur pour l'emmener ailleurs, sont somptueux et ne vaudraient la lecture du roman rien que pour eux), qui retranscrit à merveille, notamment grâce à des emprunts à David Lynch venant lui donner une profondeur énigmatique, l'univers de Lana del Rey, mais aussi un peu celui de Joan Baez, celle-ci lui étant finalement assez proche dans cette vision désenchantée de l'Amérique et des promesses qu'elle n'a pas su tenir. L'émerveillement ressenti à la lecture des montagnes russes psychiques de Lana del Rey couplées à la synergie de rencontre avec Joan Baez a eu tendance à s'amoindrir arrivée au milieu du roman, mais c'est un petit bémol vraiment mineur.

Splendide et poétique, ce roman invite ainsi à l'onirisme, à une certaine forme de magie sensorielle et spirituelle. Il a été pour moi un véritable coup de coeur, et pas besoin d'aimer particulièrement Lana del Rey pour y être sensible. En revanche, j'ai trouvé que c'était un plus pour l'écouter, les émotions du roman venant se rajouter à celles ressenties pendant ses morceaux. Une belle expérience à vivre, que je vous invite à vivre, vraiment, pour un moment hors du temps et plein de grâce.
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1996: Elizabeth Grant a l'intime conviction qu'elle doit quitter Lake Placid, sa prison dorée, si elle veut avoir une chance de déployer ses ailes un jour. Car la jeune adolescente, âgée de seulement 11 ans, est depuis sa prime enfance, habitée par de multiples univers, dans lesquels monstres et merveilles de la nature cohabitent... Dans son monde, encore muselé par un environnement policé, s'exprime déjà une poésie délicate et spontanée, ainsi qu'un regard lucide et éclairé qui, de quelques mots, magnifie ce que l'on ne voit plus à force de trop l'avoir sous les yeux… Un regard unique mêlé à une perception extrasensorielle qui ne demandent qu'à s'exprimer…

2019: Rencontre de deux grandes icônes de la pop culture: Joan Baez et Elizabeth Grant, métamorphosée depuis en Lana del Rey. Fusion de deux univers connectés, qui parlent le même langage et vont tout naturellement entrer en symbiose pour mieux se sublimer. Une rencontre historique et hors norme entre ces deux générations, dont naîtra une collaboration artistique des plus inspirante.

Il fallait bien la puissance délicate et poétique de la plume de Marie Charrel pour rendre la complexité et la beauté évanescente d'une artiste telle que Lana del Rey! Avec ce roman, l'autrice brode, imagine, fantasme autour d'événements avérés, ce qui a construit la jeune chanteuse, poétesse qui, après des débuts relativement chaotiques (une jeunesse marquée par sa dépendance à l'alcool notamment), a su exploiter son talent, se construire un personnage et un costume sur-mesure, pour finalement s'élever au rang de “meilleure auteure-compositrice américaine du xxie siècle” selon le magazine britannique Rolling Stone (dixit wikipédia).
Artiste que j'avais découverte, comme beaucoup, avec son album “Born to Die”, Lana del Rey est un personnage qui fascine. Je n'ai absolument pas les mots pour décrire avec justesse sa musique, mais ce qu'elle m'évoque a quelque chose de céleste, un doux mélange entre onirisme et mélancolie, qui m'élève vers d'autres sphères et m'envoûte. Ce sentiment d'irréalité, de rêve, se retrouve merveilleusement dans le roman de Marie Charrel, comme si elle avait su saisir l'essence même de la chanteuse.

Elle nous offre ainsi une incursion au coeur de l'intime, avec des personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, que l'on découvre sous le prisme de leur génie créateur, mais également sous celui de leurs failles et de leur fragilité. Marie Charrel a su, sans aucun doute, se montrer à la hauteur de ces deux icônes de la musique, dressant deux superbes portraits de femmes, dans une atmosphère à la fois envoûtante et mélancolique qu'il m'a été difficile de quitter… Un roman qui se déguste, se savoure accompagné d'un fond sonore tout trouvé! L'occasion pour moi de découvrir la musique de Joan Baez et assurément un gros coup de coeur!

Mention spéciale à l'éditeur, qui réalise un très joli travail d'édition, notamment sur la couverture, qui reflète à merveille l'atmosphère dégagée par le roman.
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Malgré mon manque d'appétence pour les biographies, en particulier lorsqu'elles visent des célébrités contemporaines, je me suis laissé séduire par la narration. Moins pour Lana del Rey que pour Joan Baez, dont je suis une grande fan !

On suit les deux chanteuses dans les années 2010, alors que, après des débuts difficiles, l'ambition de Lana del Rey est de se produire sur scène avec l'icône des années 70.

C'est sans doute en raison du talent de conteuse de Marie Charrel que j'ai parcouru avec plaisir le roman, mais il n'empêche que le livre refermé, je continue à m'interroger sur le but d'une telle entreprise. Construire une trame narrative autour de quelques éléments réels, inventer des dialogues et des menus dégustés par les personnages, est- ce utile ? Sans compter la perpétuelle interrogation du lecteur pour distinguer le vrai de l'imaginaire. L'impression aussi de tourner les pages de ces magazines qui occupent avec quelques mois de retard le temps passé les salles d'attente.

Lecture mitigée donc, non en raison de l'écriture, aussi brillante que dans Les mangeurs de nuit, mais parce que le genre littéraire ne me convient pas

272 pages Les pérégrines 5 janvier 2024

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Elle a gagné son premier combat. D'autres suivront, plus intenses encore, pas seulement contre l'alcool. Elle saura les mener seule parce qu'elle est déjà revenue une fois de l'enfer. Elle est un Phoenix. L'écriture sera son glaive et son bouclier. Son arme et son armure.
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Peindre est une affaire de lumière et cette fille-là capte les éclats de soleil comme aucune autre créature terrestre. L'astre du jour dessine des cascades d'or dans sa chevelure et sème des paillettes sur le rebondi de ses joues. Des clartés étranges flottent autour de ses courbes.
Peindre est une affaire d'ombre et derrière chacun de ses sourires la nuit est aux aguets. Cette fille-là vibre d'une mélancolie douloureuse et d'une sérénité douce à la fois, équilibre instable offrant une matière folle à l'artiste. Capter ce vertige sera sa quête. Par où commencer ? Chaque oeuvre est un nouveau monde à bâtir. Un défi exigeant de ne jamais rien tenir pour acquis.

[INCIPIT]
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Si elles partagent la même sophistication, la voix de la jeune femme, plus à l'aise dans les graves, n'a pas grand-chose à voir avec celle de Joan à son âge. Son soprano avait la pureté des cascades et la clarté du printemps, sous laquelle frissonnait une onde tragique. Un journaliste qu'elle appréciait pour son honnêteté avait écrit que sa voix " contenait les échos de femmes noires pleurant dans la nuit, de chanteurs de madrigaux jouant calmement à la cour, de gitans tristes essayant de charmer la mort pour qu'elle quitte leurs grottes espagnoles ". Il y avait en elle plus de douleurs et de fantômes que son jeune âge ne le laissait paraître. Ils nourrissaient sa révolte.
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Cette qualité étrange qu’a ma génération, désespérée et consciente à la fois. Celle de Facebook, de l’addiction aux séries et aux jeux vidéo. Celle qui sait qu’elle ne connaîtra pas l’âge d’or mais ne renoncera pas pour autant à réclamer son dû.
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Une telle créature doit se battre deux fois plus qu'un homme pour asseoir sa crédibilité d'artiste.
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Vidéo de Marie Charrel
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