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Gwennaël Gaffric (Traducteur)
EAN : 9782330171964
688 pages
Actes Sud (12/10/2022)
4.14/5   14 notes
Résumé :
Porte-étendard incontesté de la science-fiction chinoise, Liu Cixin apparaît dans ses textes courts (nouvelles et novellas) comme un maître de la dramaturgie cosmique en même temps qu’un écrivain profondément humaniste. Qu’il mette en scène l'invention d'une matière néosolide qui permet de creuser la Terre de part en part, une petite fille qui n'aime rien tant que les bulles de savon et fera de sa passion le salut de l'humanité, ou un alpiniste qui gravit des montag... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tigo
  26 janvier 2023
Nouvelles de Liu Cixin suite et fin.
Je termine ma lecture des nouvelles de Liu Cixin avec cette seconde et dernière anthologie. Autant je le trouve brillant pour ce qui est du raisonnement et de la vulgarisation scientifique, autant je trouve toujours qu'il apporte trop peu de soin aux personnages et à son style. Je me concentrerai sur les nouvelles qui m'ont marqué.
La Gloire et le Rêve: Dans un pays en guerre, les athlètes de haut niveau sont emmenés faire une compétition d'un genre particulier. Une excellente nouvelle qui part d'un constat cruel et qui se finit avec une morale cruelle.
Les bulles de Yuanyuan: Une jeune femme fascinée par les bulles en fait son domaine d'étude. Très belle nouvelle qui montre une relation père-fille très touchante.
Prendre soin des Dieux: Les créateurs de l'humanité sont désormais nourris par ces derniers. Nouvelle intéressante où les perspectives sont inversées.
1er avril 2018: Et si votre moi du futur vous contactait pour essayer de le changer, que feriez-vous ? Une nouvelle qui montre l'impact de nos choix.
Les Migrants du temps: Face à la surpopulation, une partie de l'humanité se voit contrainte d'entrer en biostase pour 130 ans. Excellente nouvelle sur un concept fascinant.
Le Cercle: Chine antique. Un roi décide de créer une machine à calculer géante pour calculer toutes les variables du cercle. Très bonne nouvelle avec une excellente conclusion.
En somme, à nouveau un bon moment de lecture. Je vais désormais continuer la trilogie du Problème à trois corps.
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Lenocherdeslivres
  07 novembre 2022
Quelques mois après la publication du premier volume des nouvelles complètes de Liu Cixin, Actes Sud nous offre une belle idée de cadeau pour Noël : Les migrants du temps, deuxième recueil composé de dix-sept nouvelles aux proportions cosmiques. Si L'Équateur d'Einstein ouvrait déjà une fenêtre attirante sur l'oeuvre de l'écrivain chinois, ce nouveau livre convainc totalement de l'intérêt de lire Liu Cixin.
L'un des points le plus traité dans ces nouvelles, c'est le rapport de l'homme au vieillissement. Il peut se retrouver au centre des nouvelles, comme dans « 1er avril 2018» ou « le Cercle». Ou simplement être inséré dans la toile de fond : les personnages peuvent profiter d'un traitement qui leur permet de vivre plus vieux. Ou ils peuvent bénéficier d'une congélation qui leur offre la chance de patienter jusqu'à une époque où leur maladie sera guérissable, où la Terre se portera mieux. Voire, comme dans la nouvelle éponyme, de « stocker » une partie de la population devenue trop importante pour que la planète puisse en supporter la charge. le rapport de l'homme au temps est bien central dans ce livre. Comme l'indique d'ailleurs le titre de la nouvelle qui a été choisi pour nommer ce recueil : « Les migrants du temps ». Mais, à la différence des personnages de L'anachronopète, d'Enrique Gaspar (chronique à suivre), sans doute le premier récit de voyage dans le temps (puisqu'il date de 1887), Liu Cixin n'est pas très curieux de retour dans le passé, d'exploration des territoires et des peuples anciens. Il vise plutôt l'avenir. Et, souvent, l'avenir lointain, qui se compte en centaines, voire milliers d'années.
On avait déjà pu découvrir dans le premier recueil paru chez Actes Sud, L'Équateur d'Einstein, l'intérêt que l'auteur chinois porte à l'art en général (qu'il s'agisse de sculpture, comme dans « La mer des rêves » ou de musique comme dans « L'Hymne à la joie », présente dans ce nouveau recueil). Pour lui, ce mode de communication est universel, puisque l'on rencontre dans plusieurs de ses récits des représentants (souvent solitaires, comme les artistes anciens qui voyageaient de province en province) de races extraterrestres qui viennent partager leur talent. Mais attention, on est dans la démesure : l'instrument n'est pas un outil de taille humaine, mais un soleil ou une planète. le public n'est pas les centaines ou les milliers de personnes contenus dans une salle de spectacle, mais l'univers. L'art est total et ses conséquences peuvent être énormes.
Plus homogène, à mon avis, que le premier volume, Les Migrants du temps offre un panorama réussi de la pensée de Liu Cixin et de ses préoccupations, qu'elles soient cosmiques ou plus terrestres, mais toujours grandioses. La tonalité est souvent sombre et pessimiste, mais une once d'espoir apparaît derrière le constat d'une humanité incapable de gérer correctement sa planète et ses ressources. Que ce soit seuls ou aidés d'extraterrestres, les habitants de la Terre savent déployer d'immenses capacités pour, au moins, tenter de s'offrir un avenir. Et c'est déjà bien.
[Si vous voulez des détails sur chaque nouvelle, vous pouvez aller sur mon blog, car cela aurait fait trop long sur cette page.]
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Bastien_P
  29 novembre 2022
Riche et novateur
Voici typiquement le genre de chroniques que je redoute. Comme Asimov ou Egan avant lui, Liu Cixin fait partie des auteurs qui me frustrent. Les idées sont là, originales, grandioses, rigoureuses, présentées avec clarté et logique (même pour les plus scientifiques d'entre elles) ; des promesses d'évasion et de réflexion profonde. Seulement, le style ne suit pas. Ses lignes m'ont trop rarement emporté, ému. Les personnages, et en particulier leurs dialogues, sont peu crédibles, souffrant d'une carence d'empathie et d'humanité. Ils m'ont souvent fait l'effet d'entités aux traits humains, mais en retrait, attentistes, incapables de s'intégrer vraiment à notre espèce, pourtant au coeur des préoccupations de ces nouvelles.
J'ai longtemps creusé, à la recherche des émotions d'intervenants résignés. En vain. Les miennes n'ont naturellement pas décollé. La SF n'a pas à être aussi froide et déshumanisée, nom d'un pulsar !
Des descriptions contemplatives aux accents de poésie orientale (trop rares) maintiennent heureusement un intérêt pour la prose de Liu Cixin.
C'est lorsqu'il s'aventure dans le romantisme que l'auteur parvient à jouer sur d'autres leviers que la simple curiosité scientifique. Et là, ça réchauffe doucement la pompe aortique, ça prouve que derrière l'échange d'informations et la découverte de mécanismes cosmiques mystérieux, l'amour, les souvenirs ou encore l'honneur sont des vecteurs aussi pertinents que les chantiers titanesques imaginés.
Après la lecture de Terre Errante puis des deux premiers tomes de sa trilogie, j'avais déjà dans l'idée que Liu Cixin était meilleur pour les nouvelles que pour les longs formats. Les Migrants du Temps a largement conforté ce ressenti. Contrairement au Problème à trois corps et, surtout, à La Forêt Sombre, je n'ai jamais ressenti d'ennui ici. Actions et idées s'enchaînent à bon rythme, dans une vraie dynamique conceptuelle et créatrice. Nous ne sommes certes pas dans de la SF hyperactive où péripéties et combats spatiaux se succèdent – ici, contemplation et réflexion sont reines –, mais l'intérêt est constant, à l'image de l'évolution des personnages et de leur milieu. du bon divertissement et de l'émerveillement presque à chaque page. J'en veux pour preuve, je suis parvenu à lire ce pavé deux fois plus vite qu'à mon rythme de lecture habituel.
Pour aller dans le détail, tous les concepts développés par l'auteur dans ces nouvelles sont passionnants. Liu Cixin est réputé pour développer des mécanismes et des intrigues monumentaux, à l'échelle du globe, du système solaire, de la galaxie, de l'univers tout entier si nécessaire. Qu'il s'agisse d'enjeux très locaux (une ville, une province) ou d'une menace venue des confins du cosmos, l'auteur déploie des chantiers pharaoniques. Un délire de grandeur dans lequel on embarque sans mal, car la crédibilité scientifique est toujours au rendez-vous.
Bien sûr, on pourra se questionner sur l'origine et la gestion des ressources (énergie, matériaux) nécessaires à la tâche, mais eh, le créateur a bien le droit de s'affranchir de certaines contraintes pratiques, non ?
A contrario, ce dernier peut très bien justifier le siphonnage pur et simple de plusieurs étoiles pour alimenter un instrument de musique cosmique, détailler la boulimie d'un vaisseau envahisseur pour les ressources de la Terre, et ce sur plusieurs siècles, réfléchir aux répercussions inattendues de décisions se voulant écologiques ou humanistes, le tout dans un vaste et précis déploiement de données, de chimie, de mécanique élémentaire, de physique, etc.
Liu Cixin a toutefois la sagesse de ne pas s'aventurer dans l'aberration technique et énergivore du voyage spatial habité. Il laisse cela aux autres espèces rencontrées par les humains.
Enfin, lorsqu'il inscrit son récit dans un contexte politique, un cadre familial ou une simple relation entre penseurs contemplatifs, l'auteur offre un peu de place à l'humain. Comme je l'ai mentionné plus haut, il n'a pas les mots pour vraiment faire vibrer la corde sensible, mais il se passe tout de même quelque chose, un je ne sais quoi de vivant, un écho entre l'univers et l'âme humaine, qui dénote dans ce vaste ensemble de considérations purement factuelles.
J'ai été particulièrement sensible aux nouvelles impliquant la dimension temporelle. Qu'il s'agisse d'une lecture du passé et du futur par l'intermédiaire d'un programme de simulation, ou bien du voyage de quelques migrants grâce au sommeil cryogénique, l'auteur nous donne à voir les avantages et les inconvénients de l'omniscience, ainsi que de nouvelles sociétés, différentes à plus d'un titre.
L'intervention et le point de vue d'espèces extraterrestres n'évoluant pas dans le même milieu, n'obéissant pas aux mêmes règles que les terriens, rafraîchissent un peu les codes trop rebattus de la SF. J'y ai trouvé un peu de Robert Forward, en moins approfondi, certes, mais j'aime être surpris et bousculé de la sorte.
Un point m'a fait hausser le sourcil : les personnages sont tous dotés de connaissances scientifiques très poussées, d'une culture et d'une érudition ahurissantes (je pense aux chefs d'État dans L'Hymne à la Joie, entre autres) ; une nécessité narrative, compte tenu des enjeux qu'ils sont amenés à résoudre/comprendre, mais un manque cruel de réalisme.
Idem pour les personnages féminins, souvent perçus par le prisme d'un regard masculin focalisé sur des critères de beauté physique ; archaïque et lassant, comme déjà évoqué dans ma chronique de la Forêt Sombre.
Pour résumer, je dirais que les nouvelles de Liu Cixin regorgent d'idées géniales et intelligemment exploitées. Sans aller jusqu'à parler de hard-SF, il est difficile de prendre l'auteur à défaut sur tel ou tel élément scientifique. C'est solide, bien construit et bourré de considérations philosophiques.
Comme dans La Forêt Sombre, je déplore simplement un style froid et lisse où amertume, tristesse et aigreur dominent largement le large spectre d'émotions qui auraient pu être soulevées. J'imagine que cette atmosphère sombre correspond au regard très réaliste que l'auteur porte sur l'espèce humaine et sur ce qu'elle fait de son foyer. C'est en tout cas ce qui m'a manqué pour faire passer ce livre de petit bijou à chef-d'oeuvre intemporel !
Merci pour votre lecture.
Lien : https://editionslintemporel...
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Elvynaa
  28 novembre 2022
"Les migrants du temps" est un second recueil de nouvelles composé de dix-sept histoires de ce que je qualifie d'hard SF. C'est froid, c'est succinct, c'est politique et percutant.
Liu Cixin est un auteur asiatique très connu grâce à sa saga du "Problème à trois corps" brillamment traduit en français par Gwennaël Gaffric.
Il est difficile d'être déçu de la plume de Liu Cixin qui sait émouvoir, énerver et dépiter en seulement un paragraphe. le rythme est toujours très lent, il ne faut pas s'attendre à des combats galactiques comme dans un space opera, mais bien à l'étude, la critique et l'analyse des relations humaines avec les habitants de l'espace ou de la Terre.
Combat pour sauver le destin des humains sur Terre, conquête spatiale, guerre géopolitique et extinction nucléaire, discussions entre IA et envahisseur... la place de l'humain et ses sentiments sur le temps est toujours au coeur de ces nouvelles. Il vous sera toujours demandé de prendre du recul sur un futur possible, de vous protéger pour continuer la lecture, de ne pas vous retourner sur votre passé mais sur ce que vous pouvez encore faire pour votre "demain".
Les récits sont souvent dans un présent uchronique, ou dans un futur extrêmement loin, dizaine de milliers d'années. L'humain apprends toujours de sa chute, garde un message d'espoir et transmet avant tout de l'amour et de la force à son entourage.
Pour les amateurs du genre, c'est une entrée en matière plus légère de la plume de Liu Cixin.
Un grand merci à l'éditeur (et à Babelio pour l'organisation mensuelle de ces MC) pour l'envoi de ces nouvelles complètes qui viennent s'ajouter à ma collection de l'auteur : "Boule de foudre" et "Terre errante".
Je vous invite également à vous pencher sur les écrits de Baoshu chez Actes Sud avec "La Rédemption du temps" : une belle fan fiction de la trilogie du "Problème à trois corps".
Je vous recommande la conférence, enregistrée à l'occasion du festival des Utopiales de Nantes, dans laquelle Gwennaël Gaffric interroge des auteur.es asiatiques et parlent du difficile métier d'adaptation, plus que de traduction, du chinois vers le français, de la force de la censure sur le paysage romanesque chinois et de la faible représentation dans la littérature de genre d'auteur.e d'Asie. On peut lire, entre autres, les brillant.es Ken Liu et Hao Jingfang, pour celles et ceux que ça intéresse.
Je vous mets également en lien, l'interview du traducteur lors du Festival Les Intergalactiques.
Lien : https://www.youtube.com/watc..
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Celandine
  02 décembre 2022
Mille mercis à Babelio et aux éditions Actes Sud pour cet envoi ! J'ai enfin pu découvrir Liu Cixin, dont le roman le problème à trois corps est sur ma PAL depuis quelques temps déjà.
Une grande découverte donc, sous la forme de nouvelles (une littérature que je connais peu mais apprécie toujours) toutes aussi incroyables les unes que les autres. Alors certes le format fait un peu peur - je ne m'attendais pas à un bouquin de presque 700 pages - mais le jeu en vaut la chandelle : chaque nouvelle est une petite pépite d'ingéniosité.
Je ne vais pas vous faire le détail de chaque nouvelle parce que ça serait très long et que d'autres l'ont fait avant moi et bien mieux que ce que je pourrais faire ; mais globalement, j'ai été surprise par l'imagination foisonnante de Liu Cixin pour répondre à des questions que la SF se pose depuis des années - le premier contact avec une civilisation extra-terrestre, les conflits humains, l'intelligence artificielle... Et ce avec une touche d'humour un peu cynique, un peu noire, et une grande part de poésie. Si j'ai eu du mal à me mettre dans la première nouvelle, probablement parce que je suis peu habituée à ce genre de SF, le reste de ma lecture a été plutôt fluide.
Bref c'est une belle découverte que je pense continuer avec le premier volume des nouvelles de Cixin, et évidemment la trilogie qui l'a fait connaître.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LenocherdeslivresLenocherdeslivres   03 novembre 2022
Creuser un tunnel à travers la Terre n’est pas une idée si nouvelle, dit Deng Yang. L’idée avait déjà été soumise par au moins deux individus dès le XVIIIe siècle : le mathématicien Pierre Louis Moreau de Maupertuis, et un autre, mondialement célèbre : Voltaire.

« Le canon de la Terre »
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   01 novembre 2022
Quelle est la raison d'être d'une civilisation ? Dévorer, bouffer, bouffer sans arrêt, s'agrandir et s'étendre sans discontinuer. Tout le reste est secondaire.
"Les hommes et le Dévoreur"
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   05 novembre 2022
À notre époque, un peu d’insouciance et de liberté d’esprit n’est pas forcément un défaut.

« Les bulles de Yuanyuan »
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   27 octobre 2022
La technologie est, dans son essence même, antipoétique.
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marieclairecmarieclairec   19 décembre 2022
La musique est avec les mathématiques le seul langage universel du Cosmos.
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Videos de Liu Cixin (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Liu Cixin
La Chine et Xavier Besse, c'est une romance, c'est une belle histoire ancienne qui dure. Après Laowai, ce féru d'Histoire asiatique au crayon affûté, s'est lancé dans l'adaptation d'une nouvelle d'un futur de Liu Cixin. Un futur qui se déroule dans le passé, dans un univers médiéval autour de la thématique des sciences et de la géométrie. Festival BD de Saint Malo – 7 octobre 2022.
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