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Gwennaël Gaffric (Traducteur)
EAN : 9782330143190
848 pages
Actes Sud (06/01/2021)
  Existe en édition audio
4.34/5   453 notes
Résumé :
Lorsqu’une ingénieure en aéronautique originaire du début du XXIe siècle sort de son hibernation, elle réveille avec elle le souvenir d’un programme qui confronte l’humanité à un choix crucial : il en va en effet de la survie des Terriens… Après «Le Problème à trois corps »et «La Forêt sombre», Liu Cixin referme l’un des cycles de science-fiction les plus ambitieux de ce siècle.

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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
4,34

sur 453 notes

BonoChamrousse
  26 juillet 2022
Je viens de terminer "La Mort immortelle" de Liu Cixin... et je ne sais vraiment pas ce que je vais pouvoir dire dessus tellement l'immensité de ce livre me dépasse ! J'en ressort avec l'impression que Liu Cixin a ouvert tout un champ des possibles dans lequel construire sa future oeuvre de façon à ce qu'elle ne forme qu'un seul ensemble ; un peu à la manière de Tolkien, voir d'Isaac Asimov (où les séries des Robots et de Fondation s'entremêlent).
Autant je trouvais que "La Forêt sombre" répondait à toutes les questions, autant "La Mort immortelle" en pose de nouvelles qui peuvent donner matière à d'autres tomes.
Sinon, j'ai adoré toutes les référence littéraires qui truffent "La Mort immortelle". Je les ai toutes trouvées assez évidentes mais le texte ou une note de bas de page de l'auteur ou du traducteur (Gwennaël Gaffric... dont il faut souligner l'excellence de sa traduction) en donnent souvent la clé : Asimov, Tolkien, Margaret Mitchell, Poe,... Liu Cixin est quelqu'un de cultivé mais je pense que tous ces rappels à la littérature ne sont pas anodins...
Liu Cixin reprend à sa sauce la physique quantique (j'avoue qu'avoir déjà lu Hubert Reeves, Trinh Xuan Thuan, Christophe Galfard, Carl Sagan, ... m'a bien aidée) ! Et je pense que c'est là où toutes les références littéraires prennent leur sens : pour rappeler que tout le baratin scientifique, même s'il tient la route, est approximatif ! On lit de la fiction et il ne faut pas prendre au pied de la lettre toutes les théories quantiques qui y sont décrites. Pour moi, l'exemple le plus frappant, c'est le maelström de Mosken (Moskstraumen)... Edgar Allan Poe le décrit comme un immense tourbillon (difficile de ne pas y voir une allusion à un trou noir). Dans sa description Liu Cixin est un peu plus modeste mais cela reste un tourbillon surdimensionné par rapport à la réalité ! (Allez donc voir sur internet à quoi ressemble le VRAI Moskstraumen !). Liu Cixin le rappele constamment : on est dans de la fiction et tout est exagéré !
En revanche, je me pose des questions sur le regard que porte Liu Cixin sur les femmes... Dans cette trilogie, il y a deux personnages féminins principaux : Ye Wenjie et Cheng Xin... qui toutes deux trahissent l'humanité ! Je pourrais y voir un semblant d'explication si c'est une référence biblique. Peut-être que Ye Wenjie représente Ève qui fait perdre à Adam la sécurité du Jardin d'Eden et Cheng Xin ne serait autre que la "femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête" de l'Apocalypse (Ga 4:19, 26; Ap 2:26, 27; Jn 8:44; 1 Pi 5:8) ? Autre élément qui pourrait étayer cette supposition, c'est la présence d'un autre personnage qui s'appelle Jonas et qui donne l'explication du titre "... la mort est le seul phare qui reste à jamais allumé. Peu importe où tu navigues, tu finis toujours par te rendre dans la direction qu'il t'indique. Tout à une fin. Seule la mort est immortelle" (Babel P581).
En plus de la littérature, Liu Cixin évoque beaucoup la peinture. de nombreux tableaux sont cités ou sont mis en scène... j'en ai repéré quelques uns mais, à tort, je ne m'y suis pas suffisamment intéressée et ce sera un excellent argument pour une relecture.
Pour finir, je voudrais remercier Gwennaël Gaffric pour sa traduction. Sans des traducteurs de grand talent comme lui une grande part de la littérature nous échapperais.
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pdefreminville
  13 juin 2021
6 étoiles, comme les deux tomes précédents.
Dernier volet de la trilogie qui bouleverse la SF, plus de 2000 pages bien tassées qui se caractérisent par une chose : l'auteur prend le temps de décrire, détailler, nous faire tout comprendre et nous installer dans son univers. Même s'il s'agissait au début (premier tome) du monde austère qu'est la Chine communiste, son style de narration nous prend et positionne tout : personnages, actions, temps, technologies, faits. Nous entrons et observons, comme pour une superproduction au cinéma.
Ce troisième tome semble, dans sa première moitié, plus décousu et reprenant beaucoup de sujets du tome précédent, avec beaucoup moins d'émerveillement mais tout de même un plaisir immense. La deuxième moitié - environ 500 pages - est un chef d'oeuvre.
Plusieurs livres le composent, consistant en des sauts dans le temps. Autant dire que là, il est préférable de revoir ses classiques et paradoxes de la relativité, notamment celui du voyageur de Langevin. Ça tombait bien pour moi, je m'étais remis à la page car j'écrivais une nouvelle sur le thème du voyage à vitesse luminique. Donc juste un petit rappel : dès que le livre évoque la vitesse de la lumière, vérifiez que vous avez bien compris ce qu'il se passe quand on va très vite (pas très compliqué), votre bonheur en sera décuplé.
La caractéristique principale de ce tome est le space opera. Et de quelle facture ! Stations, vaisseaux, planètes, tout est traité avec puissance, descriptions pour nous immerger, idées incroyables et renouvellement des thèmes déjà mille fois traités par "des générations" d'auteurs avant nous.
Inutile de le dire, vu que c'est le final, ça va aller très, très loin dans les dernières pages, crescendo jusqu'à l'apothéose. Curieusement c'est ce dernier morceau que je trouve moins réussi, moins bouleversant alors qu'il s'en passe. Aurait-il fallu plus long ? Mais il n'est pas facile de traiter un tel sujet, vous verrez. L'auteur a évité l'écueil du métaphysique mais il me semble y avoir manqué un petit plus indescriptible. Ce n'est que mon avis qui ne m'a pas empêché d'énormément apprécier cette fin et tout le cycle, que je classe au même niveau qu'Hypérion (bien que n'ayant strictement rien à voir, ce dernier étant purement SF, Liu Cixin étant plus ancré sur l'évolution de l'humanité et la Terre).
Le bonheur s'est donc achevé dans cette trilogie où chaque page prépare les suivantes et nous guide vers le futur - les pages suivantes, proches ou lointaines, ou l'avenir de l'humanité. Je reviendrai dans un article sur le petit débat : est-ce de la hard-SF ou non ? Pour moi clairement oui, car il faut comprendre la physique, même si l'auteur prend des libertés avec les lois actuelles et en invente d'autres.
Dernière question enfin, tout aussi inutile : quel est l'ordre de préférence des 3 tomes ?
Le 2 en premier, sans hésiter. Ensuite le 3, puis le 1, qui valait à lui tout seul l'appellation de chef d'oeuvre.

Lien : https://www.patricedefreminv..
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Le_chien_critique
  09 janvier 2019
Ça vous dit une petite ballade dans l'univers sur quelques éons ?
Et au bout du voyage, la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste que je vous dévoile sans tralala : pourquoi ce titre à la con ?
Liu Cixin nous ayant très gentiment éviter le gros cliffhanger à la fin du tome 2, l'enjeu en début de cette mort immortelle (il me tue ce titre) était assez vague. L'auteur nous prend à contrepied en nous transportant en 1453, durant la chute de Constantinople.
Après cette interlude, l'auteur nous reprend à rebrousse poil en nous narrant les aventures des précédents tomes d'un autre point de vue. La ligne politique paraissait assez claire lors des premiers évènements mais voyons y de plus près. Liu Cixin nous montre le cynisme des dirigeants, qui sous prétexte d'empathie se servent des populations à leur guise. La démonstration est sans bavure a travers l'histoire d'un petit scientifique solitaire déclarant secrètement sa flamme. C'est magnifique de cruauté.
Autant les deux précédents tomes péchés par une certaine froideur dans l'histoire et les personnages, ici les premières pages sont clairement d'un autre style.
L'intrigue principal va se concentrer sur une astrophysicienne, Cheng Xin et son compatriote Luo Ji.
La psychologie des uns et des autres est plus fine et permet de mieux cerner qui est qui, malheureusement vers la fin, les personnages redeviennent plus caricaturaux, voir un peu benêt.
Récit sur plusieurs siècles, cela permet une vue d'ensemble des progrès - ou non - sociétal, économique et scientifique. Mais cela donne aussi un écueil, celui de la répétition : hibernation réveil présentation du nouveau monde lancement de l'intrigue et re-hibernation. Bref, cela casse le rythme et donne parfois l'impression que l'histoire n'avance pas.
Autre écueil, l'auteur nous a habitué à nous balancer des indices incompréhensibles pour les positionner plus tard dans son puzzle. Au tome 3, l'effet de surprise ne joue pas et il faut attendre la révélation.
Ceci dit, son récit crépusculaire sur une éternité de temps permet un émerveillement scientifique, permet de jouer sur tous les registres de la SF, entre utopie, dystopie, avancées majeures. La métaphore se joue à tous les niveaux, individuels, mondiales et universelles. C'est grand, c'est immense, c'est prodigieux. le tout en continuant de nous parler de l'instant présent, de notre humanité, de notre perception des événements, à travers le prisme de l'Histoire, et de ses revirements.
C'est clairement le tome que j'ai le plus apprécié. Et malgré le tragique de l'ensemble, la dernière page tournée, c'est bien un sentiment d'espérance qui prédomine, le sombre se fait lumineux.
Difficile de ne pas parler du titre La mort immortelle. Titre qui a eu des vertus assez positives car il m'a fait étrangement penser à un épisode de Kaamelott, le poème :
Et ben c'est nul. Nul, nul, nul, zéro.
« L'arbre moqueur », déjà ; ils peuvent pas s'empêcher de foutre des épithètes à tout ce qui bouge, ces poètes, même à ce qui bouge pas !
« La fleur goguenarde »,
« L'abeille malicieuse »,
« le roseau pliable »,
« L'ourson rabat-joie ».
Et même, des fois, ils le mettent avant le mot, comme ça, ça fait genre !
«Le gai souriceau »,
« le prompt madrigal »,
« La frisottée moustache » !
Si vous voulez connaitre le pourquoi de ce titre, allez faire un tour sur le site du traducteur
http://gwennaelgaffric.blogspot.com/2018/10/parution-de-la-mort-immortelle.html
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Torellion
  07 juin 2021
Avec La mort Immortelle, Liu Cixin signe la fin de son excellente trilogie.
Je ne reviendrai pas sur le contenu romanesque de ce tome, le quatrième de couverture où tout est dit, est là pour ça.
Malgré quelques longueurs et même si certains personnages manquent de consistance, La mort Immortelle conclut une épopée de près de deux mille pages à travers le cosmos. Ce space opera, où les rebondissements se succèdent, où l'on adopte par moment le point de vue d'un extraterrestre, où les lois de la physique et ses mystères servent un auteur brillant par son érudition, est une magnifique découverte.
Comme dans les deux précédents tomes, l'amateur y trouvera son lot de concept hard sf : balles d'antimatière, propulsion par courbure de l'espace, multiples dimensions et multi univers, et bien sûr la matière noire.
Parfaitement traduit et au suspens haletant, c'est bien le récit qui porte le roman et non ses personnages. Leurs psychologies restent superficielles, leurs motivations, hors celles de Luo Ji et Cheng Xin nous restent obscures. Que le destin de l'Humanité repose sur les épaules d'une scientifique maladroite, agissant sur ce qui semble être des coups de tête irréfléchis, est agaçant et en léger décalage avec la rigueur de l'intrigue. A moins qu'elle n'incarne le principe du chaos à la base de cette trilogie...
La fin m'a légèrement déçu : un peu bâclée à mon goût.
Mais ne nous y trompons pas, cette trilogie reste un objet littéraire de très grande qualité. A lire absolument.
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Bleuopale
  04 décembre 2018
Fort des deux précédents tomes avalés, le lecteur qui s'engage dans la lecture de la mort immortelle pense arriver en terrain conquis... et en fait non... Liu Cixin s'amuse à déboussoler complètement ses lecteurs dès les premières pages. Alors que La forêt sombre se terminait sur l'histoire de l'humanité au XXIIIe siècle, l'auteur nous entraine dans le Constantinople du XVe siècle à la veille de la chute de la ville... pour ensuite revenir sur ses pas et recommencer ce nouveau tome à l'ère de la grande crise, c'est à dire au même point que le début de la forêt sombre. Au-delà du coté déroutant, c'est aussi un pari osé de la part de l'auteur de choisir de réécrire une partie de son récit d'un autre point de vue.
L'auteur récidive avec son choix déjà pris au tome 2 de nous proposer de nouveaux personnages mais, ici en plus, il reprend une bonne partie de l'intrigue du tome 2 via un autre personnage : un autre point de vue - un autre récit - une histoire différente. C'est habilement mené et audacieux car du coup, ce troisième tome se déroule sur une période énorme : plus de six siècles (voire encore plus...) tout en nous révélant une tout autre facette du récit (à l'échelle galactique) découvert dans la forêt sombre. On comprend bien dans ce troisième tome que ce sont les personnages qui servent le récit et non l'inverse. Un personnage principal et une foule de personnages secondaires avec leur importance sur un chapitre ou sur l'ensemble du livre, impossible de le savoir à l'avance, mais à chaque cas, Liu Cixin choisi de ne développer les personnages que de manière très superficielle, seul 2 ou 3 personnages sont plus développés pour le besoin du récit. Cependant, qu'un personnage apparaisse pour apporter un point de vue de plus dans l'histoire, une avancée technologique, une découverte... tous sont guidés (principaux ou secondaire) par un absolu : faire son devoir. Cheng Xi, Luo Ji ou Yun Tianming, les commandants des vaisseaux spaciaux ou les scientifiques du programme escalier, tous les personnages ont comme point commun ce devoir qui guide leurs décisions et finalement leur vie. C'est, je pense, un des points les plus marquants de la trilogie de Liu Cixin : un devoir envers soi, envers la Terre ou l'Humanité qui est omniprésent.Des chapitres de longueurs différentes, des personnages à foison, des points de vues variés et une histoire qui se déroule en plusieurs points de manière parallèle, le tout offre une fresque grandiose qui force l'admiration par sa structure complexe mais maitrisée. En 850 pages, il y a bien sur quelques longueurs notamment quand l'auteur saute dans le temps et doit ensuite donner des clés au lecteur pour comprendre le nouvel environnement dans lequel il le projette. Mais même si cela casse parfois un peu le rythme de lecture, on ne perd tout de même pas l'intérêt de cette histoire qui est de toute manière en dent de scie (ben oui six siècles tout de même...).
J'avoue que je me demandais en commençant ce tome 3 comment l'auteur allait orienter sont récit. La forêt sombre fini sur une note sombre (justement) : l'espace est une forêt sombre où sont tapis de nombreux prédateurs et l'humanité avec sa vision utopique de la conquête spatiale n'était pas prête à affronter cet environnement. Avec La mort immortelle, Liu Cixin garde ce coté résolument pessimiste : l'espace est fondamentalement une jungle et seuls les plus évolués, ici ceux qui frappent en premier, survivent. C'est la première fois que je lis un récit de science-fiction qui envisage l'exploration spatiale comme la chose la plus dangereuse pour l'espère humaine (bon après comme j'ai lu peu de récits de Hard SF, ma bibliographie a surement des trous...) on est loin des récit de space opera où l'humanité s'est adaptée à de nombreux environnements presque en claquant des doigts. Ici, l'humanité n'est qu'un grain de poussière dans la galaxie et son coté utopiste voire enfantin la met à la merci d'espèces beaucoup plus agressives. C'est à la fois pessimiste mais aussi très réaliste ce qui en fait une lecture hors normes mais captivante.
Là où j'hésitais, avec le problème à trois corps, à mettre la série en Hard SF, avec ce tome 3 il n'y a plus d'hésitation... je trouve cependant cette trilogie plus accessible que d'autres, mais là c'est un avis très personnel que je ne suis pas sure que d'autres partage... Il n'en reste pas moins que j'ai trouvé les théories scientifiques utilisées dans cette trilogie : le voyage à vitesse luminique, les liaisons entres les espaces de dimensions différentes et leur utilisation, le champ noir... judicieusement exploitées pour accrocher le lecteur sans ce perdre dans de trop longues explications. Ceci grâce notamment à des changements de styles narratifs qui casse un récit que l'on pourrait autrement trouver trop ardus tout en étant trop linéaire.
Au final, c'est un coup de coeur pour cette trilogie qui m'a réconcilié avec le style Hard SF. J'ai trouvé le récit de Liu Cixin captivant et atypique et bien que la lecture de ce troisième tome soit, comme pour les deux premiers d'ailleurs, assez exigeante, il n'en reste pas moins un récit remarquablement original et passionnant. Vous l'aurez compris, c'est pour moi un des meilleurs récits de SF que j'ai lu ces dernières années, peut être pas accessible à un lecteur de SF débutant mais qui porte ici une vision résolument différente des auteurs de SF anglosaxons. Une originalité culturel que l'on ressent clairement et qui est quelque part très rafraichissante.
Lien : http://chutmamanlit.blogspot..
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   09 janvier 2019
Pourquoi un meurtrier était-il passible de peine capitale ? Réponse : parce qu’il avait tué. Mais ce n’est qu’une réponse parmi d’autres. On pourrait aussi répondre : parce qu’il avait tué trop peu. Le meurtre d’un individu vous valait la peine de mort, et c’était la même chose si vous en tuiez deux, ou des dizaines. Tuez des milliers, et vous étiez condamné à des milliers de sentences capitales. Plus encore, des centaines de milliers ? Bien entendu, encore la peine capitale. Mais pour ceux qui connaissent un peu l’histoire, la réponse devient maintenant moins évidente… Et en allant encore plus loin : si le meurtrier tuait des millions de gens ? Eh bien, il n’était pas condamné à mort, pas même puni. Si vous refusez de me croire, vous n’avez qu’à relire vos manuels d’histoire : ces criminels à l’origine de la mort de millions de gens étaient appelés héros ou grands hommes ! Et si le meurtrier détruisait un monde entier, ôtant d’un seul coup la vie de tous ses habitants ? Eh bien, on faisait de lui le sauveur du monde !
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Arthur409Arthur409   06 janvier 2020
Intellectra invita Cheng Xin et AA à s’asseoir en tailleur sur le confortable tatami, puis elle s’assit à son tour, avec grâce. Avec méthode, elle sortit un à un les accessoires à thé et les plaça devant elle.
- Il va falloir être patientes. Nous allons devoir attendre deux heures avant de boire la première gorgée de thé, chuchota AA à l’oreille de Cheng Xin.
Intellectra sortit un linge de soie blanc de son kimono et commença à essuyer des ustensiles en apparence pourtant impeccables. Dans un ordre précis, elle essuya une longue louche au manche en bambou, puis des bols en porcelaine et en laiton. Elle puisa ensuite de l’eau claire dans un récipient en porcelaine, qu’elle versa avec la louche dans une théière mise à chauffer au-dessus d’un magnifique brasero en bronze. Elle prit ensuite quelques mesures de matcha et les versa dans les bols, avant de remuer lentement avec un fouet en bambou… Ses gestes étaient lents, délicats, et elle les répéta plusieurs fois. L’essuyage des accessoires à lui seul prit pas moins de vingt minutes. De toute évidence, aux yeux d’Intellectra, la signification rituelle de ces mouvements comptait davantage que leur utilité.
Cheng Xin ne ressentait néanmoins aucun ennui. Les gestes gracieux et aériens d’Intellectra avaient sur elle un effet obnubilant, hypnotisant. Des petites bouffées de brise fraîche entraient de temps en temps dans la pièce, et c’était elles qui paraissaient animer les bras lisses comme le jade d’Intellectra. Ce qu’effleuraient ses mains fines ne semblait pas être des accessoires pour le thé, mais quelque chose de beaucoup plus doux : de la soie, de la brume, ou bien… du temps. Oui, elle caressait le temps et, dans ses mains, celui-ci devenait souple, satiné, il glissait avec la même lenteur que les volutes de nuage au milieu du bosquet de bambous. C’était un autre temps et dans ce temps, l’histoire écrite par le feu et le sang s’était évanouie, les considérations de la vie terrestre n’étaient plus que des chimères. Seuls demeuraient les nuages blancs, les bosquets de bambous et le parfum du thé. Harmonie, respect, pureté et sérénité, les quatre principes au centre d’une authentique cérémonie du thé japonaise.
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Arthur409Arthur409   06 janvier 2020
… Le blanc commençait à se dissiper. Une nouvelle fois, la croûte de quarante-cinq kilomètres d’épaisseur réaffirmait sa lourde présence : un temps sédimentaire. La strate la plus basse, celle juste au-dessus de la station de contrôle du système de dissuasion, s’était peut-être déposée quatre milliards d’années plus tôt. La Terre, elle, venait alors de fêter ses cinq cent millions d’années d’existence. L’océan trouble du monde était encore un nourrisson et sa surface était continuellement frappée par des éclairs ; à cette époque, le Soleil n’était qu’une boule de lumière duveteuse au milieu d’un ciel brumeux qui projetait ses rayons rouge sombre sur les eaux ; entre de courts intervalles, d’autres boules de lumière traversaient le ciel et venaient sombrer dans la mer, laissant derrière elles de longues queues enflammées ; les tsunamis soulevés par ces météorites jetaient leurs vagues énormes sur des continents encore nappés de lave ; des nuages de vapeur, nés de la rencontre de l’eau et du feu, gorgeaient le ciel et rendaient le Soleil encore plus sombre… Simultanément à ces scènes grandioses et infernales, de petites histoires commençaient à mijoter discrètement dans les eaux sibyllines, des molécules organiques étaient en train d’éclore entre les éclairs et les rayonnements cosmiques, elles se percutaient, fusionnaient, se décomposaient. C’était un jeu de blocs prodigieusement lent qui se prolongerait cinq cent millions d’années durant, jusqu’à ce qu’enfin une chaîne de molécules se divise en tremblant, reproduisant une deuxième chaîne identique, puis que chacune de leur côté, elles absorbent les molécules alentour, avant de se reproduire encore… La probabilité de l’apparition de cette chaîne autorépliquante avait été aussi infime que si une tornade avait soulevé une pile de déchets mécaniques et déposé après son passage une Mercedes Benz entièrement assemblée.
Mais c’était arrivé et ainsi avait commencé un voyage long de trois milliards et cinq cent millions d’années.
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PaquitoPaquito   30 mai 2022
Le vie a toujours été le résultat de plusieurs facteurs de chance. Cela a été le cas sur Terre dans le passé et c'est partout la même règle partout dans notre Univers cruel. Mais je ne sais à partir de quand, l'Humanté s'est laissé bercer par l'illusion que la vie était un don inaliénable. C'est la raison fondamentale de votre échec. La bannière de l'évolution flottera à nouveau sur ce monde et vous lutterez pour votre survie. Je souhaite à tous ceux qui sont présents ici de faire partie des cinquante derniers millions de survivants. Je vous souhaite de manger vos proies avant d'être mangés par elles.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   01 août 2019
Le moment où la vie a quitté les océans pour rejoindre la terre a marqué un jalon dans l’histoire de l’évolution, mais les poissons sortis de l’eau ont alors cessé d’être des poissons ; de la même manière, les hommes qui entrent dans l’espace cessent d’être des hommes. Je vous le dis, prenez garde lorsque vous voudrez vous envoler sans retour dans l’espace. Le prix à payer est bien plus grand que tout ce que pouvez imaginer.
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Vidéo de Liu Cixin
Lauréat du prix Hugo, Liu Cixin est l'écrivain de science-fiction le plus populaire de Chine. Ses oeuvres sont adaptées en BD par un casting d'auteurs internationaux dans une nouvelle série : Les Futurs de Liu Cixin. Depuis la prévision de la mort de notre soleil, l'humanité s'activait à sa survie dans un projet sans précédent : piloter la Terre jusqu'à la constellation du Centaure afin d'y trouver la nécessaire chaleur de son étoile. Un voyage long de 2500 années terrestres...
En savoir plus : https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-les-futurs-de-liu-cixin/album-les-futurs-de-liu-cixin-terre-vagabonde
Retrouvez-nous sur le site internet et réseaux sociaux pour plus de BD : http://www.editions-delcourt.fr https://www.facebook.com/editionsdelcourt https://twitter.com/DelcourtBD https://www.instagram.com/delcourt_soleil_bd/
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