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EAN : 9782752912923
Phébus (06/10/2022)
3.67/5   6 notes
Résumé :
Quand Colette fut rayonnante, libre, indépendante, puissante, belle et surtout aimée, Juliette, celle que l'illustre écrivaine appelait "Ma soeur aux cheveux longs", fut tout l'inverse.
Sa demi-soeur, victime d'un père et d'un mari tyranniques, était, selon Colette, "l'ombre, la soumission, la laideur et la faiblesse".
Dans une enquête richement documentée, Françoise Cloarec lève le voile sur le destin de la famille Colette et sur cette mystérieuse fem... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

Qui la connaît, elle, la « soeur aux longs cheveux », Juliette Robineau-Duclos ?

Colette en parle de temps à autre, au détour d'une phrase. Mais pas beaucoup. Pourquoi ?

Françoise Cloarec est psychanalyste et sa thèse porte sur Séraphine de Senlis. Elle s'intéressera ensuite à d'autres femmes qui sont restées dans l'ombre, comme Camille Claudel ou Marie Laurencin.

Alors qu'elle est à Saint-Sauveur-en-Puisaye, elle décide de suivre la visite guidée de la « Maison de Colette ». Mais, au lieu d'accompagner le groupe, elle va s'attarder dans la chambre de Juliette, que le guide présente comme « une petite fille ingrate », approuvé par les personnes présentes, qui, jetant un regard sur sa photo, disent : « oui, indéniablement, elle est disgracieuse. » Françoise se hérisse : « Immédiatement, je veux la tirer de là (…) Je connais cette émotion, ce besoin de mettre en lumière ceux dont on ne parle pas, les disparus, les moches, les fous, ceux qui sont cachés ou à côté. »

Pour ma part, j'adore Colette. J'ai lu presque toute son oeuvre, les correspondances, les biographies de Geneviève Dormann, Jean Chalon, Michel del Castillo et bien d'autres. J'ai lu des documents parlant de ceux qui entourent l'auteure : Marguerite Moreno, Missy, Colette de Jouvenel (sa fille)...

Mais je ne connais pas Françoise Cloarec.

Lorsque j'aperçois son livre sur la table de la librairie, évidemment, je m'en empare.

La couverture, il faut le reconnaître, est saisissante : Gabrielle Colette y apparaît en majesté, alors qu'elle n'est pas au centre de ce travail. Son portrait (un des plus connus) est doux, rêveur, paisible. C'est alors qu'on remarque l'autre : Juliette, tout de noir vêtue, une robe à col montant, sévère, boutonnée jusqu'au menton. Certes non. Elle n'est pas avenante. Elle est le contraire de sa soeur. Sa demi-soeur, en fait.

Françoise Cloarec a de la chance. Lorsqu'elle était à Saint-Sauveur, elle a pu entrer dans la maison, parcourir les jardins, s'imprégner dans sa chambre de la présence de Juliette. L'endroit est un musée. Moi-même, je suis déjà allée deux ou trois fois dans le village de Colette, mais sa demeure (celle de sa mère, en réalité) n'était pas encore accessible au public. La façade avec son pignon, la grille du jardin d'en face, c'est tout ce que j'ai pu voir. L'endroit appartenait à des privés.

Françoise Cloarec est présente dans son livre, de temps à autre, elle intervient, elle explique les incidences de son travail sur sa vie personnelle. On peut deviner que se plonger dans l'existence morose de Juliette éveille des échos douloureux de ses propres souvenirs. Elle est également psychanalyste, elle fait donc aussi parfois allusion à des malheurs qui lui ont été confiés. A l'époque de Sido et de Juliette, on n'en parlait pas. On gardait sa souffrance bien cachée à l'intérieur de soi.

J'imagine que, pour se documenter, cela n'a pas été simple. Juliette est restée « dans l'ombre de sa soeur ».

L'ouvrage s'ouvre par ses noces, un moment normalement heureux et festif. Mais déjà, la pauvre épousée est « seule, assise à la table du banquet, immobile. La tête penchée, entraînée par la masse de ses cheveux bruns, aucune expression ne transparaît sur son visage. » Ce n'est pas une union d'amour romantique. On dirait que la famille est contente et soulagée de s'être débarrassée de cette étrangère, si dissemblable d'eux-mêmes. « Le Capitaine Colette (…) s'abandonne sur une chaise », « Achille ressent un tel malaise qu'il se sauve de la fête. Il saute le mur pour pénétrer dans le jardin de la maison maternelle et se mettre à l'abri. » « Léo, son cadet, s'est éloigné depuis longtemps, il flotte dans son monde. » « Sido s'en veut d'avoir remis sa fille aux mains d'un individu qu'elle connaît à peine et qui ne lui plaît pas. » Quant à Gabrielle (la future Colette), elle se réjouit du départ de sa demi-soeur. Elle va pouvoir déménager dans une pièce spacieuse et lumineuse.

Françoise Cloarec explique le mariage arrangé. le docteur Roché, le conjoint, n'a éprouvé aucun élan envers cette pauvre fille. C'est une amie de sa famille qui a établi avec lui une liste des partis intéressants et ce qu'il recherchait, c'étaient les propriétés et l'argent. Elle va remonter le temps pour évoquer un cas semblable en tous points : les épousailles de Sido et Jules Robineau-Duclos, le père de Juliette, qu'on surnommait « le sauvage », c'est tout dire, un ivrogne et une brute. Tout bébé, sa fille n'a donc connu que cris et disputes. Sido, qui n'était pas femme à se laisser faire, a bien vite trouvé un amant, qu'elle épousera dès la mort de Jules. Les trois autres enfants, ceux du Capitaine Colette, sont décrits comme lumineux, beaux, sans cesse en mouvement. Juliette, elle, s'enferme dans son refuge où elle passe son temps à lire.

Le récit de Françoise Cloarec est émaillé de citations, la plupart de la plume de Gabrielle, devenue Colette.

J'ai dévoré son essai qui m'a beaucoup plu, même si je n'ai pas appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas. Mais l'auteure a donné à Juliette une place à laquelle celle-ci n'a jamais eu droit et expliqué la raison de ce visage austère et fermé.

Cela m'a donné envie de lire ses autres livres consacrés à des femmes en marge de la société, comme Séraphine de Senlis ou Marthe Bonnard.

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Lire et fréquenter Colette, c'est côtoyer les visages de son enfance évoquée dans « La Maison de Claudine », « Sido » et autres textes.

C'est devenir familier de Sido, du Capitaine, d'Achille et de Léo.

Comme souvent, voilà qu'est omis le nom de Juliette, la demi-soeur aînée, fille du premier mari de Sidonie Landoy, Jules-Robineau-Duclos.

Les souvenirs que Colette nous conte la rendent étrange, à part, dans un monde parallèle, peu présente aux bonheurs familiaux.

C'est la retranchée, celle qui s'oublie…

Pour les lecteurs assidus de Colette, les « Lettres de Sido à Colette » la font resurgir dans l'inquiétude et la douleur.

Le livre de Françoise Cloarec lui donne vie et lui permet d'être au-delà de la mort.

L'autrice a visité la maison de Colette à Saint-Sauveur en Puisaye.

Pénétrant dans la chambre de Juliette, contemplant sa photo, elle se laisse envahir par les sentiments que provoquent le lieu, l'image, le regard, l'émotion, tout un inconnu qui la transperce.

Un travail de recherches, de lectures d'oeuvres, de lettres, de témoignages, un regard thérapeutique vont tenter de reconstruire une vérité, celle de cette jeune fille victime de sa naissance et d'un père alccolique, victime d'un physique particulier, victime de l'arrivée d'enfants d'un second mariage, victime d'un mariage sans amour, victime de sa jalousie destructrice, victime sans défense, sans paroles.

La parole qui aide, tellement absente dans ces relations qu'on ne peut s'empêcher de trouver parfois cruelles certaines paroles de Sido, de Colette et de ses frères.

Pauvre Juliette cloîtrée dans son propre enfermement…

Plus les chapitres s'écoulent, plus on éprouve de la compassion devant cette fille aimée/mal aimée.

Les souvenirs de Colette qui s'égrènent, ne fut-ce que dans « Claudine à l'école », s'éclairent à la violence du mépris, des ragots qui entourèrent la « ruine » de ses parents lorsque le gendre réclama le dû de sa femme. Famille éclatée.

Horreur ces mariages intéressés (de Sido et Juliette), je ne peux m'empêcher de citer la phrase de George Sand : « On les élève comme des saintes, on les livre comme des pouliches ».

Quelle audace, quelle revendication (choquante pour l'époque) de Sido devant le mariage et la place de la femme dans une société dominée par l'élément viril et la cupidité.

Sido, une femme lucide, en avance sur son temps, en contradiction avec beaucoup de ses contemporains, apparaît sensible et exigeante.

Des enfants : Achille le misanthrope, Léo le doux rêveur, Colette la libérée et Juliette la douloureuse, l'inconnue auto-destructrice qui nous est racontée délicatement dans ce livre.

Ce dernier regroupe tout ce qui a été raconté de manière éparse et constitue un tout qui en fait un portrait révélateur d'une femme, d'un milieu social et d'une époque.

Sa voix manque…

Françoise Cloarec effleure pudiquement des éléments de sa propre vie sans doute suscités par la visite fondatrice de la maison de Colette et par l'écriture.

Émouvant, ce livre donne à Juliette la place qu'elle mérite d'occuper et va ainsi au-delà de ce que Colette nous en livrait.

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Ayant lu presque toute l'oeuvre de Colette, et ayant moi-même visité la « Maison de Colette » à Saint-Sauveur à l'été 2021, tout comme Mme Cloarec, j'ai été sensible à l'ambiance des lieux et à la magie qu'ils dégagent. Je me régalais donc d'avance de partager avec elle cet univers évanescent et nostalgique sous un autre angle, celui de la demi-soeur aînée de Gabrielle Colette. Quelle déception !

Le travail de documentation est certes remarquable, mais plusieurs inexactitudes impardonnables le décrédibilisent (dès la page 9, ça commence mal, l'autrice parvient à affirmer dans deux phrases consécutives que Juliette et Gabrielle ont 13 ans de différence, puis qu'un évènement a eu lieu quand l'une avait 11 ans et l'autre 22 ! Par la suite, page 217, elle se trompera sur l'âge du premier mari de Gabrielle, Willy. Admettons que l'autrice soit fâchée avec le calcul mental).

Quelle pénible et déplaisante plongée dans la psyché compliquée de l'autrice ! Les trois quarts du livre sont constitués, d'une part, d'un mélange de pénibles paraphrasages, presque du copier-coller, des écrits de Colette, avec une manifeste dégradation du texte original du point de vue littéraire ; et, d'autre part, de phrases brèves de type « sujet-verbe-complément » (dignes des journalistes grand public d'aujourd'hui) où l'autrice, pétrie de certitudes, prête des points de vue très personnels et parfois contestables aux protagonistes, plaque maladroitement ses propres (res)sentiments qui martèlent à quel point Juliette était laide, malheureuse, etc. J'ai été professeur de français dans ma jeunesse, ce sont mes élèves de 5ème qui paraphrasaient les textes que je leur donnais à étudier en pensant que je ne m'en rendrais pas compte… du moins copiaient-ils fidèlement le texte original sans le défigurer.

La fin du livre m'a davantage plu, car, après avoir passé de nombreuses pages à accuser à directement ou à demi-mots la famille Colette d'avoir mal aimé, négligé Juliette, Mme Cloarec reconnaît à quel point Sido aimait sa fille et que Gabrielle ne méprisait peut-être pas vraiment sa soeur, dont elle était séparée par 13 années et un caractère dissemblable, ce qui pourrait expliquer de manière très simple et moins tortueuse qu'ici leur absence de proximité.

Je constate d'ailleurs ici une mécompréhension totale de la finesse avec laquelle Gabrielle Colette décrivait l'apparence physique de sa soeur ; en effet, Mme Cloarec se focalise à plaisir sur les qualificatifs « laide » et synonymes dont Gabrielle affuble Juliette, en ne semblant pas comprendre il y a toujours une ambivalence à ce sujet : elle était « d'une laideur attrayante » (La Maison de Claudine) « agréable laide aux yeux thibétains » (Sido) ; par ailleurs, Sido a parfois dit à Gabrielle qu'elle était laide : « Que tu es laide quand tu pleures » (En Pays connu) !

Autre point positif, on y apprend des aspects intéressants de la famille Colette après sa ruine. Et l'autrice concède également que Jules Robineau-Duclos n'était peut-être pas l'ogre d'envergure presque légendaire qu'elle décrit, pour mieux le détester, mais qu'il pouvait également avoir de bons aspects. le fait qu'il a été, lui aussi, victime de son milieu et de son époque, passe vite à la trappe ; il semble que de nos jours, pour être publié, il faut respecter la doxa, donc, M. Robineau-Duclos est un homme, et donc forcément le vilain de l'affaire.

On en vient ainsi au coeur du sujet, et sur ce qui m'a le plus gênée, c'est-à-dire le politiquement correct et le féminisme dévoyé et nombriliste qui entache ce livre : comme souvent en pareil cas, Mme Cloarec applique à des évènements du 19e siècle une grille de lecture très manichéenne et comportant les critères des temps modernes sans essayer de se replacer dans le contexte, tant il est vrai que, dans l'Histoire de France, rares ont été les périodes plus défavorables aux femmes que celle-ci ; à l'en croire, les femmes étaient de pauvres victimes des hommes répugnants abusant du pouvoir que leur donnait la loi et la société. Tout en avouant par ailleurs que Sido n'était pas vraiment une femme soumise, et en oubliant qu'au départ, la trajectoire de Gabrielle était exactement le même que sa demi-soeur aînée : mariée par convenance pour échapper à la pauvreté, sous la houlette d'un homme pas beau et plus âgé qu'elle qui la trompait et l'obligeait à écrire pour son compte. Sans compter que Juliette a pu se montrer extrêmement pénible avec son mari, en attestent les lettres de Sido.

Dans la même veine, on se voit évidemment infliger les poncifs psychanalytiques : de l'immanquable théorie du père « castré » parce qu'amputé d'une jambe, dont le patronyme est un prénom féminin, et à la charge de son épouse, à la théorie selon laquelle pour qu'il y ait de la lumière (Gabrielle), il faut de l'ombre (Juliette).

Pour se prouver à tout prix à quel point Juliette a été mise à l'écart, Mme Cloarec semble prendre au pied de la lettre tout ce qu'a pu dire Gabrielle Colette de sa demi-soeur, c'est-à-dire, certes, assez peu et de manière énigmatique, tout en omettant de préciser que cette même Gabrielle a résumé avec brio le statut de l'autobiographie par cette phrase : « Imaginez-vous, à me lire, que je fais mon portrait ? Patience : c'est seulement mon modèle » ; la vérité sur Juliette n'est certainement pas celle que l'on croit…

Mme Cloarec semble par ailleurs afficher une obsession complaisante et notable pour la nuit de noce des femmes évoquées ici et les prétendus viols ou relations sexuelle imposées qu'elles auraient subies, alors qu'aucun témoignage n'en atteste. Bien mieux, elle oublie cette réflexion de Mélie, la bonne de Claudine dans Claudine à Paris, au sujet de la virginité : « Des menteries, ma pauvre fille, des menteries ! Des histoires de médecins », ou cet aveu de Colette sur sa nuit de noce : « Mon Dieu, j'étais jeune et que je l'aimais cet homme-là. En peu d'heures, un homme sans scrupule fait d'une fille ignorante un prodige de libertinage […] ce fut une foudroyante découverte du plaisir, de ces plaisirs qu'on nomme à la légère physiques » (La Vagabonde). de nos jours, beaucoup de jeunes femmes surexposées à la pornographie ou, à l'autre extrémité, surveillées par leurs grands frères, l'envieraient…

En définitive, Mme Cloarec semble s'identifier de manière exagérée et avec plein de contradictions à la personne qui constitue son sujet et qui, disparue depuis plus de 100 ans, ne peut plus témoigner. Elle ne s'en cache d'ailleurs pas, et cette subjectivité aurait pu être très intéressante si, pour étayer cette identification, elle avait davantage approfondi les aspects qui contredisaient sa thèse (elle ne tire aucune conclusion du fait que Juliette avait la chambre la plus belle, luxueuse et lumineuse de la maison, et que Gabrielle l'enviait pour cela !) et eu un peu plus de recul par rapport à ce qui l'arrangeait. Juliette souffrait certainement d'une maladie psychiatrique et a certainement été victime de son époque, de sa famille, de son hérédité, de son milieu, mais souffrait-elle autant et de la manière que le prétend Mme Cloarec ? Et, de nos jours, Juliette aurait-elle réussi à être heureuse ?

Si elle s'était moins préoccupée exclusivement par sa propre personne, peut-être Mme Cloarec aurait-elle pu se pencher sur le sort du demi-frère aîné de Juliette (fils de Marie Miton) et de l'enfant illégitime de Jules Colette, né presqu'en même temps qu'Achille, ou d'Irma, la soeur aux moeurs légères de Sido, personnes sitôt évoquées, sitôt évacuées, alors que ces aspects auraient pu aussi expliquer certaines choses. Dans une approche presqu'exclusivement psychanalytique comme ici, c'est franchement étrange et surtout dommage…

Mme Cloarec achève son livre par : « Je pars… avec le sentiment d'avoir malgré tout fait le travail ». Travail de psychothérapie rétrospectif du personnage central d'une certaine manière ; une partie de la propre psychothérapie de l'autrice, certainement ; travail littéraire sûrement pas !

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J'avais demandé l'accès à ce livre sur Netgalley et il ne m'a pas été accordé. Je l'ai donc acheté car j'aime Colette et je connais bien son histoire. Celle de Juliette aux longs cheveux m'était inconnue et m'intriguait.

Le livre est bien documenté, mais ne comporte aucune photo, ce qui est embêtant à mon sens, pour une personne qui est passée inaperçue. On a l'impression que l'auteure la fait disparaître encore plus. Bien sûr, je connais toutes les références livresques citées, mais je ne partage pas le point de vue de l'auteure.

Je vois Juliette comme une jeune femme qui se réfugie dans les livres pour oublier une enfance traumatisante. J'admire le courage de Sidonie pour s'affranchir des diktats de son époque, mais Gabrielle a fait exactement la même chose que sa soeur : un mariage raté avec un vieil homme, un noceur, Henri Gauthier-Villard alias Willy, critique littéraire et musicale affûté. Il me semble que tous les enfants de Sido ont été marqués par leur mère : trop d'amour, pas assez, mal exprimé, rien n'est simple dans les relations familiales.

Parler, discuter, expliquer, cela ne se faisait pas à l'époque. La famille Robineau dérangeait et la famille Colette a dérangé. Hors normes, pas courante, ces deux familles ont généré leurs propres champs magnétiques éloignant les autres, et resserrant les rangs. Sido était l'aimant de la famille, mais ses pôles ont été mis à rude épreuve entre son joyau tout en or (Gabrielle) et la jeune femme silencieuse, Juliette. J'attendais autre chose de cet écrit, même si je ne regrette pas de l'avoir acheté. Je n'ai pas aimé la condescendance de l'auteure vis-à-vis des amateurs de Colette, l'auteure par rapport à Juliette : tout amateur de Colette, s'interroge sur Juliette, s'attache à cette figure dont les apparitions dans l'oeuvre de sa sa soeur, sont fulgurantes. Besoin d'amour, c'est tout ce dont elle avait besoin Juliette : Sido a fait ce qu'elle a pu, mais, c'était compliqué d'aimer une enfant qui lui rappelait toujours son défunt époux, avec lequel elle avait souffert. Juliette n'avait pas la flamboyance des autres enfants de Sido, quoi que certains ne se soient pas distingués en dehors de Gabrielle (ce qui n'est pas une critique mais un constat).

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critiques presse (1)
LeFigaro
06 janvier 2023
Colette serait-elle devenue l’écrivain que l’on sait sans son étrange soeur? L’auteur se glisse dans la peau de cet être brisé, et tente de faire parler les silences.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation

La beauté influence. A sa vue, l'humeur s'allège. Elle change la couleur des pensées, fait rêver. La vie peut être harmonieuse. L'attention des autres attirée par le beau peut aussi créer la beauté.

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Moi aussi, j'aime lire et j'aime les gens qui lisent. Mon enfance solitaire a été peuplée de livres. Ils étaient pour moi comme une famille.

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On dit que les enfants, portés comme toi si haut, et lents à descendre vers la lumière, sont toujours des enfants très chéris, parce qu'ils ont voulu se loger tout près du coeur de leur mère, et ne la quitter qu'à regret. (Sido, de Colette, cité par l'auteure)

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On peut devenir gracieux parce qu'on nous contemple et qu'on nous aime.

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Il faut une face noire pour que la lumière soit.

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