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EAN : 9782290209608
Éditeur : J'ai Lu (13/05/2020)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Marie Laurencin et Nicole Groult, une histoire d’amour peu banale. L’une est une peintre connue, ancienne maîtresse d’Apollinaire, l’autre une couturière talentueuse et créative, soeur de Paul Poiret et mariée à André Groult.
Nous suivons leurs deux destins incandescents dans le Paris de la Belle Époque, de 1907 au début des années vingt, lorsque naît la première fille de Nicole. « C’est toi le père », dira Nicole à Marie. L’enfant s’appelle Benoîte Groult.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  20 mai 2019
"Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours, faut-il que je m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine. "
Guillaume Apollinaire.
Françoise Cloarec est écrivaine et peintre. Elle écrit comme elle peint, par petites touches...
Dans ce tableau, les personnages principaux sont Marie Laurencin et Nicole Groult. Les autres sont des ombres, certains des esquisses, les derniers seulement des repentirs...
Vous vous souvenez de Marie Laurencin ?" L'été indien."
"Avec ta robe longue, tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin..."
Guillaume Apollinaire lui a dédié son plus beau poème, au moment de leur rupture:
" le pont Mirabeau ".
Le tableau est prêt, mais Marie n'utilise que quelques couleurs:
" le bleu, le vert et le rose laque de garance. " Et puis le blanc et le noir...
Son style, "le Nymphisme", dépeint dans des camaïeux pastels, des princesses et des adolescentes androgynes à la pâleur irréelle.
Elle est naturelle et sans maquillage. Ironique, gaie et spirituelle, fantasque, mordante et charmante. Elle séduira Apollinaire, Georges Lepape et Georges Braque, Pablo Picasso (mais Fernande, la muse de Pablo, veille!) et d'autres artistes du "Bateau lavoir"...
La rencontre de Marie avec Nicole Groult ( la mère de Benoîte Groult) s'est faite simplement.
" Sans s'être jamais vues, elles se reconnaissent, se sourient et deviennent complices".
Sur la photo, les 2 femmes sont très proches et se sourient, se dévorent du regard.
"Un cliché gai, sensuel et amoureux ! "
Benoîte Groult le sait, elles étaient amoureuses !
Marie et Nicole: deux femmes libres, à une époque où les femmes ne pouvaient l'être...
Marie couchait avec Apollinaire, mais rentrait chez elle, le soir.
Nicole aussi, était libre de toute morale. Libre d'aimer même si elle avait un mari.
Elles ignoraient la mauvaise conscience, se moquaient du chauvinisme et du qu'en dira-t-on!
Même séparées par la Vie et des milliers de kilomètres, elles continuent de s'écrire :
" Tes yeux sont deux oiseaux bleus
Tes seins sont deux oiseaux blancs
Ta lèvre un oiseau de feu
Ton cou, un oiseau palpitant
Facile à effaroucher
Il se cache pour m'aimer."
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Cath36
  28 septembre 2018
A travers la vie de Marie Laurencin et son amitié amoureuse avec Nicole Groult, mère de Benoîte et de Flora, c'est à la fois une femme libre et toute une époque que décrit ici Françoise Cloarec, au fil des relations que Marie a nouées grâce à sa liaison avec Guillaume Apollinaire. Enfant qui a connu son père mais n'a pas été reconnue par lui, très proche de sa mère dans une intimité quasi fusionnelle, Marie Laurencin se lance dans la peinture sans y avoir été vraiment encouragée. Elle rencontre Picasso, qui à son habitude, ne dira guère de bien d'elle, mais sera soutenue par Apollinaire envers et contre tout. Leur liaison finira par se rompre, Apollinaire mourra, mais entre-temps Marie aura rencontré la soeur du couturier Paul Poiret, mariée au décorateur André Groult, et les deux femmes entameront une longue liaison que le mariage de Marie avec un allemand et par la suite son exil en Espagne pendant la guerre ne briseront pas. Nicole aura d'autres liaisons et de l'une d'elle naîtront ses deux filles, Benoîte et Flora, que son mari reconnaîtra. La relation privilégiée entre Marie et Nicole deviendra plus distante, et Marie, réfugiée dans sa peinture et protégée (un peu trop semble-t-il) par sa camériste , décédera à 72 ans dans un relatif isolement.
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui décrit une artiste singulière en la situant sans cesse dans son époque, ses relations avec les grands artistes de cette époque, notamment Picabia, Cocteau, Max Jacob les Delaunay, le douanier Rousseau, sur lesquels on apprend d'ailleurs beaucoup de détails intéressants, ainsi que sur le regard que Gertrude Stein avait de Marie.
Le caractère de Marie Laurencin nous apparaît tout en nuances, avec une volonté de comprendre ce qui a fait d'elle une femme et une artiste si particulière dans le contexte historique et social qui était celui de la Belle Époque, puis de la seconde guerre mondiale. Femme libre, Marie a pu se construire à la fois grâce à son entourage, et aussi malgré lui. Femme seule, artiste vivant dans son monde intérieur, elle n'a pas toujours compris celui dans lequel elle vivait, un peu en porte-à-faux, se brouillant avec un certain nombre de ses proches. Il nous reste ses oeuvres très particulières. "D'où viennent-elles ? Où vont-elles ? Où sont leurs attaches ? Dans leurs rêves dans les couleurs pastels, elles s'évadent du monde vers la lumière."
Un grand merci à Babelio et aux Éditions Stock pour ce livre lu dans le cadre de la Masse Critique.
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Shabanou
  04 janvier 2019
Bonjour les lecteurs ....
Voici le récit de deux femmes exceptionnelles dans le Paris de la belle époque.
Voici le récit de deux femmes amoureuses. et célèbres.
Voici le récit de 45 années de passion que seule la 2° guerre mondiale parviendra à ternir
L'une est peintre, c'est Marie Laurencin, l'autre est créatrice de mode, Nicole Groult.
Toutes deux sont des figures incontournables de ce Paris du début du siècle.
Toutes deux ont leur propre vie, mais resteront fusionnées l'une à l'autre.
Françoise Cloarec nous fait revivre non seulement la passion de ces deux femmes mais nous plonge dans le Paris artistique de l'époque. On y côtoie Picasso, Apollinaire, Paul Poiret, Braque et tant d'autres.
On se retrouve à l'époque du cubisme, du fauvisme, de l'art moderne.
L'époque est à l'insouciance, aux fêtes, à l'amour sans contrainte.
Son récit se base sur la nombreuse correspondance échangée entre les deux femmes ( interdite de publication à ce jour ), sur une étude approfondie des archives de l'époque ainsi que sur le témoignage des descendantes de Nicole ( notamment Benoîte, figure du féminisme ).
On y découvre le caractère sombre et superficiel de Marie.
Marie mal dans sa peau, Marie impulsive ( elle épouse un allemand sur un coup de tête), Marie L égocentrique, Marie contrainte à l'exil pendant les années de guerre.
Nicole est plus stable, c'est le rocher qui empêche Marie de sombrer.
Nicole est une pionnière du féminisme naissant .. Nicole avance, ne recule jamais.
Marie Laurencin meurt en 1956, reclus. Elle sera enterrée avec les lettre d'Apollinaire qui l'a tant aimée.
Nicole disparaîtra 10 ans plus tard.
J'ai été souvent agacée par le caractère capricieux et enfantin de Marie, j'ai admiré Nicole.
Lecture agréable, qui dévoile la vie artistique de l'époque, mais qui n'est pas un coup de coeur.
A lire du même auteur " L'indolente " qui rend hommage à Marthe Bonnard.
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manon08440
  23 octobre 2018
Livre lu dans le cadre de la masse critique. j'ai été attiré par le synopsis, une relation forte, amoureuse, entre deux femmes au début du xx ème siècle.
je ne m'attendais pas du tout à lire une biographie. Une première pour moi. Un début chaotique, beaucoup de personnages, de cercles familiaux, amicaux à assimiler pour bien situer les personnages, qui sont majoritairement des artistes peintres ou dans le milieu de la couture.
plus ma lecture avance, plus je me rend compte du travail de l'auteur, c'est très précis, bien construit, et beaucoup de références y sont annotées.
On suit le parcours de Marie Laurencin, son histoire avec Apollinaire, son mariage avec un allemand, puis son exil en Espagne lors de la grande guerre. Et, Nicole Groult, qu'elle rencontrera, et qui vivront une histoire intense et hors du commun.
le destin de deux femmes, fortes, indépendantes, talentueuses, qui ne se soucie d'aucune morale sauf la leur.
Pour les amateurs de biographie et d'art, c'est un super ouvrage.
+ Lire la suite
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MadameTapioca
  23 novembre 2018
Nicole Groult, Marie Laurencin : le récit passionnant d'une relation passionnée, récit de l'histoire d'amour de la peintre Marie Laurencin et de la couturière Nicole Groult dans le Paris du début du XXe siècle.
Le destin de deux femmes, incroyablement fortes, indépendantes, talentueuses, qui ne se soucient d'aucune morale. Deux femmes en avance sur leur temps qui vont conquérir leur liberté et leur place.
Entourées d'Apollinaire, Picasso, Braque, Paul Poiret, Cocteau, Max Jacob, Gertrude Stein, elles vivront une histoire hors norme jusqu'au bout.
Entre amitié et amour, « j'ai un tel désir » est la biographie de deux créatrices, de deux féministes, de deux personnalités singulières.
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critiques presse (2)
Telerama   08 octobre 2018
“J’ai un tel désir”, de Françoise Cloarec, est le récit passionnant d’une relation passionnée.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   27 septembre 2018
La romancière Françoise Cloarec évoque le peintre à travers son amour pour la créatrice Nicole Groult.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
cascasimircascasimir   20 mai 2019
Marie Laurencin et Nicole Groult se sont créé un univers féminin bien à elles, un havre de douceur. Leur complicité tendre et rieuse n'inquiétait personne. Et puis, quelle importance la sentimentalité entre femmes.

André Groult adorait Marie... Il ne l'a jamais prise au sérieux, même quand elle a gagné des fortunes avec ses toiles.

Ce n'est pas parce que Nicole aimait Marie qu'elle se masculinisait, elle portait d'élégantes robes, des escarpins, adorait les hommages venant des hommes.
+ Lire la suite
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Cath36Cath36   28 septembre 2018
Pour ne pas la détester de faire tourner le monde seulement autour d'elle, je lui cherche des excuses. Je crois qu'elle est profondément en deuil, un deuil pathologique. Toute sa vie à éclaté avec le basculement créé par la mort de sa mère Elle est dans son fantasme, dans une vue imaginaire, dans son monde... Elle tente de se soigner en changeant les places de chacun. Elle s'identifie à Pauline, en épousant Otto. Cet homme étranger devient une image de son père Un peu comme si son père épousait enfin sa mère.
Quant à Nicole, elle devient son double. La question de l'autre sexe importe peu. Pour survivre, Marie inventé une autre scène, pas celle de la réalité.
+ Lire la suite
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Sophie_BazarSophie_Bazar   12 septembre 2018
Nicole admettait qu'il était difficile d'être toujours la plus forte : il ne faut pas croire que ce soit la meilleure place, disait-elle à ses filles. Les faibles, ce sont eux qui vous bouffent.
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rkhettaouirkhettaoui   01 février 2019
La dernière histoire d’amour de Guillaume s’est mal terminée. Il était fou d’une jeune Anglaise, Annie Playden, rencontrée alors qu’il enseignait le français à la fille de la vicomtesse de Milhau. Annie, gouvernante de l’enfant, avait fini par céder aux assauts exaltés de Guillaume. Mais, lassée par son acharnement, elle s’était enfuie et était repartie vivre à Londres. L’amoureux l’y avait rejointe, lui avait à nouveau fait une cour assidue. Annie s’interrogeait, fallait-il accepter de reprendre une histoire avec lui ? Elle le trouvait trop inconstant. Pour la convaincre de ses sentiments les plus purs, il n’avait pas hésité à lui proposer le mariage, des enfants, le bonheur. Il s’était tant obstiné qu’Annie, apeurée, avait refusé et s’était exilée en Amérique.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   01 février 2019
Nicole était une femme libre, libre de toute morale pouvant la brider, libre devant l’amour, la chair. Ignorant la mauvaise conscience, elle ne s’occupait que de ce qui lui plaisait et forçait l’admiration par sa volonté implacable de ne s’occuper que de ce qui l’intéressait. En pleine guerre, elle se moquait ouvertement du chauvinisme, du patriotisme et de tous les ismes. Vraisemblablement aurait-elle aimé le gauchisme, parce qu’il sème la pagaille dans les certitudes.
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