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Éric Chédaille (Traducteur)
ISBN : 2752903057
Éditeur : Phébus (04/10/2007)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Sur le front franco-allemand, pendant la guerre de 1870, le hasard réunit deux jeunes Anglaises. Lorsqu’un obus frappe l’une d’entre elles l’autre décide aussitôt d’usurper son identité pour rompre avec un passé infamant et vivre enfin une vie meilleure. Au début, tout se passe pour le mieux. Mais, très vite, les événements vont prendre un tour inattendu… On peut faire confiance au génial Collins (1824-1889), rival et ami de Dickens, pour nous concocter une nouvelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  24 mars 2016
La chance n'a pas souri à Mercy Merrick. Orpheline de mère, abandonnée par son père, élevée par des bohémiens, elle n'a pour atouts que sa grâce et sa bonté. Mais son charme fera aussi sa perte jusqu'à l'emmener au plus bas de la condition féminine. Et dans l'Angleterre victorienne, une telle « créature » a très peu de chances de s'en sortir…
Accueillie dans un foyer destiné à offrir une chance à ces femmes perdues, son passé l'a rattrapée à chaque tentative de trouver un emploi digne de sa volonté de vivre honnêtement. Seul le prêche d'un pasteur, le révérant Julien Gray lui a un jour redonné l'espoir et empêchée de commettre l'irréparable.
En cette année 1870, la directrice de son foyer lui a permis de se rendre utile en tant qu'infirmière en France, qui est en guerre contre la Prusse. Elle soigne les soldats blessés avec dévouement dans la maison d'un village lorsqu'arrive une compatriote, Grace Roseberry. La jeune femme, sans famille, vient du Canada et se rend en Angleterre pour devenir la dame de compagnie d'une riche parente qu'elle ne connaît pas, Lady Janet Roy. Elle a avec elle une lettre de recommandation et quelques lettres de feu son père. Trempée jusqu'aux os, Mercy lui prête quelques vêtements marqués à son nom. Les deux jeunes femmes ont à peine le temps de se raconter leurs vies respectives que Grace est touchée par un obus et laissée pour morte…La tentation est grande pour Mercy de changer de nom et de destinée. Elle n'y résiste pas.
Tout le long du roman et jusqu'à la fin, Wilkie Collins nous tient en haleine, dépeignant dans une société victorienne impitoyable et sans charité, des caractères de femmes courageuses qui s'élèvent contre l'hypocrisie ambiante et défendent les vraies valeurs du coeur, ainsi qu'un homme d'église, Julien Gray, réellement soucieux du malheur humain et qui vivra sa religion jusqu'au bout, insoucieux de l'opinion d'autrui. Julien Gray sait juger les êtres au-delà des codes mondains, des apparences et des origines sociales. De nombreux revirements de situation rythment le texte qui devient de plus en plus théâtral au fil des pages, maintenant l'intérêt du lecteur et faisant évoluer ses sentiments à mesure que se révèlent les vrais visages des personnages… Un classique de la littérature anglaise, moins connu que Dickens ou que les soeurs Bronté, qu'on redécouvre avec plaisir.
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hannah851
  01 janvier 2016
"Passion et repentir" raconte le combat incessant et vain de Mercy Merrick pour retrouver sa place dans la société victorienne. Toutes ses tentatives se soldent malheureusement par des échecs. La cause? Un passé entaché par des actes que la société anglaise condamne irrévocablement n'accordant aucune valeur au repentir.
Quand se présente une chance de pouvoir changer d'identité pour obtenir une vie meilleure pourquoi alors ne pas la saisir? C'est ce que Mercy Merrick fait en usurpant l'identité de Grace Roseberry, une jeune anglaise qu'elle rencontre sur le front franco-prussien alors qu'elle est infirmière de la Croix-Rouge. Celle-ci devenue orpheline part rejoindre une lointaine parente à Londres, Lady Janet Roy, pour devenir sa dame de compagnie. Un obus cependant arrête son voyage et fait prendre un nouveau chemin à Mercy. Si l'adaptation à sa nouvelle vie sous le nom de Grace Roseberry se fait sans trop de difficultés, Mercy éprouve des moments de remords et une certaine réticence à finaliser ses fiançailles avec Horace Holmcroft jusqu'à ce qu'un évènement vienne tout perturber...
Avec le talent de conteur et de fin analyste de la personnalité humaine qu'on lui connaît, William Wilkie Collins dresse ici le portrait d'une Marie-Madeleine de l'époque victorienne affrontant tout ce que la société de ses contemporains possède de plus cruel et absurbe. Pourquoi une société dite chrétienne bafoue-t-elle ses valeurs en ne donnant aucune chance de rédemption aux femmes que la vie n'a pas épargnée? Par l'intermédiaire du personnage du pasteur Julian Gray démontre l'irréconciliable fracture entre les valeurs prônées par la société victorienne et celles de l'Eglise.
La force de l'écriture de l'auteur se révèle page après page dans les sentiments que le lecteur peut éprouver à l'égard du personnage de Mercy. Alors que l'usurpation de l'identité de Grace aurait pu nous choquer ou nous rendre peu enclin à lui trouver des circonstances atténuantes, la prouesse de l'auteur est de nous faire ressentir à son égard que compassion et bienveillance. Pour arriver à ses fins, Wilkie Collins défend les qualités de Mercy tant morales que physiques mais aussi son attitude humble et repentante qu'il oppose à l'absence de compassion d'une Grace Roseberry qui par son attitude incarne métaphoriquement tout ce qu'il critique dans la société victorienne. Il s'ingénie à montrer la supériorité morale de Mercy et dénonce tout au long du roman le fait que la naissance dans cette société prime sur les qualités morales. Les décisions que le personnage d'Horace Holmcroft prendra démontre cet aveuglement de la bonne société qui juge sans complaisance alors qu'elle a sa part de responsabilité dans la déchéance de ces femmes. Ce thème de la pécheresse repentie est courant dans la littérature victorienne puisqu'on peut le retrouver aussi chez Elizabeth Gaskell dans "Ruth".
Avec ce roman, l'auteur fait découvrir sa passion pour le théâtre en construisant le roman comme un huit-clos en deux actes que composent les tableaux. L'intrigue bien ficelée comme dans tous ses romans nous tient en haleine jusqu'au bout. Chaque chapitre apporte son lot de coups de théâtres avec des sorties minutieusement construites pour laisser le lecteur sur sa fin à moins qu'il n'enchaîne avec le chapitre suivant.
L'épilogue prend la forme du roman épistolaire et du journal intime pour nous offrir une fin en demi-teinte qui témoigne de la clairvoyance et la dureté de jugement de l'auteur sur l'état sclérosé de la société victorienne dont il ne faut plus rien attendre.
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litolff
  12 novembre 2012
A la lecture de ce roman, on a l'impression d'assister à une pièce de théatre décrite , scène après scène avec minutie et force détails : avec une psychologie fine et nuancée, W. Collins dissèque à la manière de Jane Austen les mouvements du coeur et atermoiements des différents personnages et met en lumière avec brio et humour l'hypocrisie de la haute société victorienne et ses difficultés à admettre dans la bonne société une femme qui a "péché".
W. Collins fait preuve d'un féminisme tout à fait contemporain et certains passages frappent par leur modernité.
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afleurdemots
  21 juillet 2015
Dans ce roman au titre original évocateur (« The New Magdalen », référence sans équivoque à la figure biblique de Marie-Madeleine), Wilkie Collins exploite le thème - alors en vogue - de la « femme déchue » qui tente désespérément de rompre avec son passé mais se heurte en permanence aux préjugés de la « bonne société » anglaise victorienne.
Après avoir connu un parcours chaotique, Mercy Merrick, prostituée repentie, rêve d'une vie meilleure. Travaillant comme infirmière durant la guerre franco-prussienne (seul emploi respectable auquel elle puisse alors prétendre), la jeune femme tente désespérément de rebâtir sa vie. Mais dans une société aussi verrouillée que cloisonnée, ses perspectives d'avenir semblent bien limitées.
Frappée d'ostracisme, Mercy va pourtant voir une incroyable opportunité se dresser sur sa route. Grace Roseberry, jeune orpheline désargentée mais de haute extraction est sur le point de rejoindre une parente en tant que dame de compagnie, lorsqu'elle est frappée par un obus. En proie au désespoir et ne voyant aucun échappatoire à sa situation, Mercy va alors prendre une décision lourde de conséquence. Devant ce qui se présente peut-être comme l'ultime chance de sa vie, elle décide d'usurper l'identité de la défunte.
Sous couverture de cette nouvelle identité, la jeune femme espère ainsi pouvoir tirer définitivement un trait sur son passé et réintégrer la bonne société. Mais un rebondissement inattendu ne va pas tarder à venir bouleverser tous ses plans. L'incroyable « résurrection » de la véritable Grace (qui a miraculeusement survécu) et son retour inopiné ne vont pas tarder à mettre Mercy dans une situation particulièrement inconfortable.
Déjà rongée par le remord, Mercy (alors en proie à une véritable lutte intérieure avec sa conscience), se retrouve de nouveau confrontée à un terrible dilemme: poursuivre son imposture afin de s'élever socialement ou bien révéler sa véritable identité et se racheter. le fonctionnement en quasi huis-clos reflète dès lors parfaitement l'insoutenable tension psychologique de l'héroïne, tiraillée entre sa conscience et le désir de renouer avec une vie confortable dont on l'a si injustement privée.
Wilkie Collins dissèque avec brio les atermoiements de ses personnages et nous livre un portrait saisissant de la société victorienne, mettant en lumière la fragilité de la condition féminine de l'époque. S'appuyant sur la figure de la pécheresse repentie, le romancier dénonce ainsi habilement l'hypocrisie et l'arrogance de la « bonne société » anglaise, à la fois impitoyable et sans concession.
Opportuniste supposée, Mercy se révèle pourtant étonnamment attachante, et le lecteur ne tarde pas à partager ses angoisses et ses doutes. Dans le même temps, la « victime » de ses agissements révèle bientôt sa vraie nature, démontrant par la même occasion que la noblesse de coeur et d'esprit ne sont finalement pas toujours là où l'on croit.
Au-delà d'une intrigue bien ficelée sur fond d'usurpation d'identité, le romancier nous propose donc une intéressante réflexion sur la rédemption, à travers un véritable tour de force. Car non seulement, il amène son lecteur à éprouver de l'empathie pour un personnage a priori « peu fréquentable », mais il lui démontre surtout qu'en dépit de son passé sulfureux et du choix contestable qu'elle a fait pour tenter de s'en sortir, Mercy se révèle être en réalité un être moralement supérieur aux individus « respectables » qui l'entourent.
Dans ce roman aux allures de pièce de théâtre, les entrées et sorties dramatiques s'enchaînent et les coups de théâtre se succèdent. Wilkie Collins cultive l'exagération et soigne ses effets : effusions de larmes, scènes grandiloquentes... tous les ingrédients d'un véritable mélodrame sont ainsi réunis. L'intrigue nous tient en haleine jusqu'au bout et les évènements s'enchaînent dans une délicieuse précipitation et une ambiance saturée d'émotions... Un régal !
Je remercie babelio et les éditions Libretto pour cette excellente découverte !

Lien : http://lectriceafleurdemots...
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Chantilly34
  23 juin 2015
Sur fond de guerre franco-prussienne..... Hou là, je n'y connais rien, moi !
Mais non, ouvrir un livre de Wilkie Collins est un pur régal ! A quoi cela tient-il ? Pas vraiment d'action, mais une intrigue toujours bien ficelée, et aussi et surtout, un style qui accroche dès les premiers mots, et qui fait que l'on n'a pas envie de lâcher le livre avant le dénouement.
"Passion et repentir" n'a pas dérogé à ce plaisir ! Écrit comme une pièce de théâtre, avec des entrées, des sorties, des descriptions de décors, roman sentimental plus que policier. A travers une analyse psychologique très poussée de ses personnages, W. Collins nous soumet une critique de la haute société victorienne qui n'a rien de délectable, ainsi que de la condition féminine à cette époque.
Difficile de raconter l'histoire de Mercy et Grace sans rien dévoiler de l'intrigue (la 4ème de couverture en dit suffisamment). Est-il possible d'usurper l'identité de quelqu'un sans en subir les conséquences ? Est-il possible de vivre dans le mensonge permanent ? Collins nous fait le portrait d'une héroïne qui, rongée par le remord, ira jusqu'au bout de sa conscience pour que justice soit faite.
Honnêteté, loyauté, remords, émotion, sont les maîtres-mots de ce roman, des personnages attachants, une ambiance toute britannique, un brin de Jane Austen et de Dickens, un auteur à lire ou découvrir !
Merci à Babelio MasseCritique et aux éditions libretto pour ce pur moment de plaisir !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
litolfflitolff   04 août 2012
Vous ne voyez dont pas clair dans l’époque qui est la vôtre ! Est-ce que quiconque fait quoi que ce soit de nos jours - y compris se battre - sans souhaiter que cela soit mentionné dans la presse ? Je souscris à une œuvre de bienfaisance ; vous recevez un témoignage d’estime ; il fait un sermon en chaire ; nous subissons une injustice ; vous faites une découverte ; ils vont se marier à l’église. Et je, vous, il, nous, vous, ils, tout le monde veut une seule et même chose : que cela figure dans les journaux. Les rois, les militaires et les diplomates dont-ils exception à la règle commune de l’humanité ? Que non pas ! Je vous le dis tout net : si les journaux européens avaient tous décidé de ne pas faire le moindre cas de la guerre entre la France et l’Allemagne, j’ai la ferme conviction qu’il y a beau temps que cette guerre se serait arrêtée faute d’encouragement. Que la plume cesse de faire de la réclame pour le glaive, et je vois d’ici le résultat : pas de comptes rendus, pas de combats.
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FortunaFortuna   16 mars 2016
"Cela me révulse, songeait-elle, d'entendre vanter les vertus de femmes qui n'ont jamais été soumises à la tentation ! Où est le mérite de vivre honorablement, quand votre vie n'est qu'aisance et plaisir ? Sa mère a t-elle connu la faim ? Ses sœurs ont-elles été livrées à la rue ?" Cela lui durcissait le cœur - et lui faisait mieux accepter de le mystifier - lorsqu'il lui donnait les femmes de sa famille en exemple. Ne comprendrait-il donc jamais qu'une femme déteste qu'on lui en présente d'autres comme modèles ?
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AuroraeLibriAuroraeLibri   26 juillet 2015
Croisée dans le cours ordinaire de la vie, j'aurais simplement vu en elle une femme banale et inintéressante. La voyant comme je l'ai vue pendant que nous étions seuls -en d'autres termes, en pénétrant sous la surface -, je n'ai jamais rencontré au cours de ma triste expérience personne plus mesquine, plus méchante et plus odieuse.
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BJFenimoreBJFenimore   07 mai 2017
Elle souffrira tout, risquera tout, pardonnera tout, plutôt que de reconnaitre - même en son for intérieur - qu'elle a été abusée. Il y a dans un amour comme le sien une fierté, une fierté pleine de noblesse, qui ignorera la découverte la plus flagrante et niera la vérité la plus irréfutable.
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hannah851hannah851   01 janvier 2016
Mon idole est peut-être fracassé, mais aucun d'entre vous ne le saura. J'interromps la marche de la révélation, je souffle la flamme de la vérité. Je suis sourde à vos paroles, aveugle à vos preuvres. A soixtante-dix ans, mon idole est ma vie. Elle restera mon idole. p. 233
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Videos de William Wilkie Collins (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Wilkie Collins
Bande annonce de The Moonstone (2016), mini série de la BBC et adaptation du roman de Wilkie Collins, paru en français sous le titre La pierre de lune.
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