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Gabrielle d'Harcourt (Traducteur)Jean-Pierre Vernier (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2070712303
Éditeur : Gallimard (11/02/1988)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
"Avais-je jamais su lui dire, ce que je lui écrivis aussitôt, toute l'affection, l'admiration, la vénération, que, malgré tant d'absence et de silence, je n'avais cessé de lui vouer ? De mes aînés, je n'aimais, ne connaissais que lui. J'étais entré avant-hier chez Galignani, possédé par le désir d'acheter le nouveau livre de Conrad ; que je lis avec l'admiration la plus vive." André Gide "- Eh bien, qu'y a-t-il ? Et le capitaine Whalley, se détournant à demi, murmur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
MarcelP
  26 février 2018
Celui qui est au bout du rouleau c'est le capitaine Whalley, vieux loup de mer obligé de reprendre la navigation afin d'apporter un peu de réconfort financier à son unique fille, mal mariée.
Ce Père Goriot ultramarin, veuf inconsolable, qui voue un amour absolu à sa descendance, pilote dorénavant le Sofala, minable barcasse à vapeur pour l'exploitation de laquelle il a engagé ses propres fonds. Il espère pouvoir bientôt récupérer sa mise en prenant enfin une retraite bien méritée mais il doit composer avec un équipage gangrené par l'envie et la lâcheté. Le copropriétaire du rafiot, l'immonde Massy, abject pétochard huileux, n'aspire qu'à le spolier cependant que Sterne son second, piteux arriviste, guigne son poste, prêt à toutes les ignominies pour atteindre son but.
Son amitié avec le désabusé Van Wyk et la complicité muette qui le lie à son loyal maître d'équipage malais aident Whalley à supporter cette fin de carrière désastreuse. Mais notre noble vétéran cache un sombre secret...
Cette longue nouvelle à la chronologie génialement bousculée nous balade de Singapour à l'estuaire de Batu Beru : la langue conradienne y est comme toujours opulente. Qu'il évoque les rues poussiéreuses du Gibraltar de l'Extrême-Orient, les rives exubérantes de fleuves serpentins ou les jeux d'ombres de feuillages tropicaux, Conrad sollicite tous les sens du lecteur. Il sublime l'anodin et nos yeux se dessillent, nos narines palpitent, nos oreilles s'enchantent...
D'un matériau somme toute convenu, ce styliste aguerri modèle un récit haletant et dru. Un ravissement.
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BMR
  21 janvier 2010
Joseph Conrad un polonais né en Ukraine qui vécu à Marseille et qui écrivait en anglais des histoires de mer. Un homme de voyage, citoyen du monde comme tous les marins, il en était un lui-même pour s'être engagé dans la marine marchande britannique.
Cet auteur mal connu aura vécu la charnière entre les deux siècles (il est mort en 1924) et il influencera les plus grands : Faulkner, Gide ou Malraux, pour ne citer qu'eux.
L'histoire d'un marin, bien sûr, un de ces grands capitaines de la marine marchande du XIX° siècle, souvent propriétaires de leurs propres navires, qui parcouraient les mers sur leurs grands clippers à la poursuite de la bonne fortune.
C'était avant que les vapeurs ne viennent bouleverser cette économie très particulière.
Après la faillite d'une banque anglo-asiatique qui engloutira son capital, le capitaine Whalley se retrouve en mauvaise posture, incapable d'aider sa fille qui a besoin d'argent.
Le commandant réussit tout de même à racheter finalement un petit vapeur et se livre au cabotage le long des côtes, non loin de Singapour.
Malgré la malchance et l'adversité (difficile de vous en dire plus sans trop en dévoiler), il affronte la mer et son destin.
Profondément convaincu de la noblesse de son métier de marin et de sa grandeur d'homme, il fixe l'horizon, obstiné, obsédé par l'idée de transmettre à sa fille qui vit au loin, un peu du capital qu'il essaie de préserver en commandant son vapeur le long des côtes.
Une histoire nourrie de celle de Conrad lui-même, à cette même époque criblé de dettes, contraint d'arrêter la navigation ... et pressé par son éditeur d'écrire quelques nouvelles.
Un portrait d'homme (et de quelques autres qu'il croise sur sa route), d'une belle écriture classique, ample et riche, nourrie de détails, au parfum surrané de ce tout début de siècle.
[...] Il y avait eu un temps où les hommes comptaient.
Visiblement, Conrad était de ce temps là.
Lien : http://bmr-mam.over-blog.com..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PilingPiling   10 juillet 2008
incipit :
Longtemps après que le vapeur Sofala eut changé de route pour rallier la terre, la côte basse et marécageuse avait conservé l'aspect d'une simple tache d'obscurité au-delà d'une étendue scintillante. Les rayons du soleil tombaient violemment sur la mer calme - ils semblaient se fracasser sur une surface impénétrable et se transformer en poussière étincelante, en une éblouissante vapeur lumineuse dont l'éclat changeant aveuglait l'oeil et lassait le cervau.

Le capitaine Whaley ne regardait pas la mer. Quand son serang, s'approchant de l'ample fauteuil de rotin qu'il remplissait sans peine, l'avait averti à voix basse qu'il fallait changer de route, il s'était levé aussitôt et était resté planté sur ses pieds, le visage tourné vers l'avant, tandis que le nez de son navire décrivait un quart de cercle. Il n'avait pas prononcé un seul mot, pas même l'ordre de redresser la barre. ç'avait été le serang, un petit Malais plus tout jeune, vif et très brun de peau, qui avait murmuré l'ordre à l'homme de barre. Et alors, lentement, le capitaine Whalley s'était rassis dans le fauteuil sur la passerelle et avait fixé du regard le pont entre ses pieds.
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BMRBMR   21 janvier 2010
[...] On ne pouvait s'y tromper : un vapeur désarmé était chose morte ; un voilier semble en quelque sorte toujours prêt à reprendre vie au souffle des cieux incorruptibles ; mais un vapeur, pensait le capitaine Whalley, tous feux éteints, sans les chaudes bouffées qui de ses profondeurs montent à votre rencontre sur le pont, sans le sifflement de la vapeur, sans les bruits métalliques dans son sein, repose là, froid, immobile, sans pulsation, comme un cadavre.
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DuluozDuluoz   24 décembre 2014
Son cœur battait violemment sous l'effet d'une crainte étouffante des blancs, de ces hommes à l'obstination arbitraire qui poursuivent inflexiblement leurs dessins incompréhensibles - ces êtres qui avaient d'étranges intonations dans la voix, étaient mus par des sentiments inexplicables, animés par des mobiles impénétrables.
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BMRBMR   21 janvier 2010
[...] Il y avait eu un temps où les hommes comptaient.
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Videos de Joseph Conrad (60) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Conrad
Gaspar Ruiz, Et Autres Nouvelles, Joseph Conrad, Audio livre en Français, French
Gaspar Ruiz est une nouvelle de Joseph Conrad publiée en 1906.
Gaspar Ruiz paraît en 1906 dans le Pall Mall Magazine, puis en 1908 dans le recueil de nouvelles A Set of Six (traduit en français par Six nouvelles)1.
Dans sa Note de l'auteur, Conrad mentionne sa source : « le livre du capitaine Basil Hall de la marine nationale, qui fut quelque temps, entre 1824 et 1828, le commandant en chef d'une petite escadre britannique sur la côte ouest de l'Amérique du Sud. »
Le général Santierra, compagnon de San Martin, le libérateur du Pérou et du Chili, nous raconte l'histoire de Gaspar Ruiz, héros malheureux, balloté entre les camps républicains et royalistes.
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