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EAN : 9782226449382
Albin Michel (29/09/2021)
3.29/5   33 notes
Résumé :
Louis XVI souhaite traverser la Normandie pour se rendre à Cherbourg malgré les doutes émis par ses conseillers concernant ces terres protestantes. Il effectue donc son premier périple en bateau puis part à la rencontre de paysans, d'ouvriers, de cartomanciennes et de sorcières.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  24 novembre 2021
Le voyage de Louis XVI à Cherbourg en juin 1786, au lendemain du procès consécutif à « l'affaire du collier », m'était connu depuis « Les hommes de la liberté » où Claude Manceron s'attarde longuement sur la rencontre du Roi et de Charles François du Perrier du Mouriez, plus connu sous le patronyme Dumouriez, héros de Valmy.
Gérard de Cortanze adopte une narration plus intimiste, moins historique, centrée sur le Roi, qui sort de Versailles pour découvrir son royaume et ses habitants, se rend en Normandie, à Cherbourg, pour voir l'avancement des travaux du port destiné à protéger la cote normande des incursions de la perfide Albion.
Nous suivons le cortège royal traversant Caen, visitant Valognes et arrivant sur le littoral, permettant au monarque âgé de 36 ans de découvrir la mer. Cultivé, fort bien renseigné grâce aux fiches de son frère Artois, Louis XVI stupéfie ses interlocuteurs par sa grande connaissance des vaisseaux et des projets cherbourgeois.
Ce voyage multiplie les rencontres informelles avec les normands et permet au monarque de découvrir la misère d'une partie de la population et l'attachement des paysans à sa personne, au grand dam de ses ministres et conseillers. le retour à Versailles est marqué par contre à partir de Mantes par des manifestations hostiles et des bousculades avec la garde.
Roman passionnant pour qui s'intéresse à l'histoire, à la Normandie et à la Royale. L'auteur évoque la Révolution, la chute de Louis XVI et l'abandon du rêve cherbourgeois.
Ce projet stratégique sera repris sous l'empire, et en 1813, Marie-Louise, alors régente, se rendra à Cherbourg du 26 au 31 aout pour voir son achèvement, un an avant la fin de l'Empire.
De là à penser que les étapes à Cherbourg signent les fins de règne …
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cecilit
  05 juin 2022
Je dois avouer que le dernier roman que j'ai lu de Gérard de Cortanze (Miroirs) m'a déçue tant par le style de son écriture, trop classique voire académique, que par le traitement de ses intrigues, alambiqué et à distance de ses personnages.
Pourtant, les thèmes de ses romans m'intéressent : Miroirs est une intrigue tirée de la véridique guerre que se livraient les fabricants de miroirs entre l'Italie (Venise) et la France ( La Glacerie dans la Manche) ; Femme qui court ( qui m'attend depuis un certain temps dans ma bibliothèque) est une bio romancée sur Violette Morris, personnage ō combien complexe et passionnant.
C'est donc avec peu d'entrain que j'ai commencé le roi qui voulait voir la mer. Et là, surprise, je me suis un peu réconciliée avec cet auteur. L'émotion surgit enfin entre les lignes. On y découvre un monarque humain et cultivé. Passionné par la mer depuis son enfance, Louis XVI, initiateur des travaux du port militaire de Cherbourg, exhausait alors son rêve, celui de voir cette immensité bleue.
Il faut dire que ce voyage en province, le seul de son règne (ne comptons pas la catastrophique et funeste fuite à Varennes), fut pour lui une bouffée d'iode, un cortège de viva et des démonstrations de ferveur, bien loin de ce qu'il vivait à Versailles... et du noir destin qui l'attendait.
Réconciliation donc, mais très mitigée, car j'ai retrouvé certains procédés romanesques qui m'agacent chez de Cortanze. Ainsi, les rencontres imaginées entre Louis XVI et ses sujets sont peu crédibles et parfois même ridicules (comment imaginer plausible qu'un roi sorte le soir en douce pour aller boire un verre avec des marins dans les bars louches du port...), de même, ses rêves prémonitoires et les apparitions récurrentes d'une mystérieuse femme qui lui prédit sa tragique fin sont un peu ridicules...
Je vous encourage plutôt la bio écrite par Jean-Christian Petitfils sur Louis XVI pour découvrir cet épisode historique.
Bon, finalement, encore une déception. Femme qui court me réconciliera-t-elle avec cet auteur ?
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YvonS
  22 octobre 2021
Voilà un roman historique qui sort de l'ordinaire. N'y cherchez pas une histoire d'amour à la Dumas, ni une enquête façon Nicolas le Floch ou la peinture de toute une époque (quoique..) à la manière de Fortune de France. Ici c'est avant tout (mais pas que) le portrait d'un homme. Louis XVI, ce roi si calomnié, méprisé, dénigré par ses contemporains et beaucoup d'historiens par la suite.
Gérard de Cortanze nous raconte le voyage que fit le jeune roi (31 ans en ce début 1786) en Normandie pour visiter ports et forteresses. Je savais le roi érudit, passionné de sciences, de géographie, mécène d'explorations mais j'ignorais son amour de la mer et sa passion pour la Marine. Alors, évidemment, l'auteur (et il prévient dès les citations en début de texte) ne prétend pas à une totale exactitude historique. On a le portrait d'un jeune homme qui échappe momentanément aux bassesses et intrigues de Versailles - même s'il traîne avec lui quelques courtisans-, un jeune homme donc qui découvre sa popularité auprès du peuple, un jeune roi qui préfère manger une tartine de poisson avec des marins aux interminables banquets qui l'ennuient, un homme contemplatif à la fois effrayé par sa responsabilité et heureux de pouvoir améliorer la vie de son peuple.
Gérard de Cortanze raconte avec un style très travaillé les beautés de la Normandie, celles de la marine à voiles et de l'océan. C'est très agréable à lire, lyrique parfois. Il ne se gêne pas pour brosser le portrait de courtisans odieux critiquant le roi alors même qu'ils sont à sa table... Les ressemblances avec l'époque actuelle sont évidentes sans que ce livre vire à la politique. 😊 Tout cela parsemé de rêves prémonitoires et de rencontres avec une sorte de pythie qui tente de prévenir Louis de ce qui l'attend 6 ou 7 ans plus tard. Et de rencontres avec des paysans, de simples marins, des "petites gens". La tragédie de cet homme profondément bon, certes indécis, mais réformateur, humaniste et bien intentionné dépassé par les événements. Empêché par une aristocratie arcboutée sur ses privilèges. Aristocratie dont l'auteur fait partie et qu'il n'épargne pas ! le texte est extrêmement bien documenté, malgré quelques incohérences (voir le PS).
Le livre se termine sur un magnifique et bouleversant récit de la mort du roi quelques années après ce périple. L'homme y est respecté et ça n'en est que plus fort. le récit que fait l'auteur des beautés et des misères rencontrées par Louis lors de cette parenthèse enchantée, telles qu'elles sont ressenties par un homme que son destin ne brisera pas, est un vrai plaisir. "Le tyran" l'a bien montré par sa force d'âme le 21 janvier 1793...
PS : peut-être ai-je mal lu, mais j'ai remarqué un marin aux cheveux noirs couleur de nuit (!) qui est roux quelques lignes plus loin, un compagnon du roi qui le quitte à Honfleur pour rentrer chez lui mais qui est toujours là quelques pages plus loin à Rouen, et une messe "dominicale" un lundi... 😉 ça n'est pas très grave... ce texte reste un vrai plaisir.
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DOMS
  14 novembre 2021
En 1886, alors âgé de 32 ans, Louis XVI décide de se rendre à Cherbourg. Ce passionné de cartes marines et de géographie n'avait encore jamais vu la mer.
Il décide de partir en équipage réduit, sans tout le cérémonial que lui impose la couronne, contre l'avis de ses conseillers. Cela va tout de même représenter quelques dizaines de personnes à sa suite, pour traverser les villes et les villages entre Versailles et Cherbourg, et enfin découvrir le peuple de cette Normandie qu'il connaît bien peu.
Ce roi que l'on imagine bien naïf et si peu à sa place est un homme instruit, passionné par la géographie, la marine, la technique. Il parle plusieurs langues et connaît parfaitement bien ses dossiers. Mais il est hélas très mal accompagné par les nobles et les flatteurs de son gouvernement ou de la cour, par tous ceux qui s'ils se pressent à Versailles pour récolter les honneurs ne se privent pourtant pas de dire le plus grand mal de celui qui les gouverne.
J'ai aimé ce roman qui nous fait découvrir la personnalité de ce roi méconnu. A part son rôle avant et pendant la révolution, sa fin sur l'échafaud en 1793, je ne me souviens pas d'avoir entendu souvent évoquer ses qualités, ses compétences, ses ambitions ou ses réalisations.
Et pourtant, son souci d'égalité homme femme, son désir avorté d'abolir l'esclavage, son acceptation des juifs et des protestants dont il souhaite le retour en France, son envie de faire le bien de son peuple, pour ne citer que ces actions là sont quasiment passées sous silence.
ma chronique complète est en ligne sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2021/11/10/le-roi-qui-voulait-voir-la-mer-gerard-de-cortanze/
Lien : https://domiclire.wordpress...
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2GASPERI
  06 avril 2022
J'ai toujours pensé que Louis XVI était au mauvais moment au mauvais endroit.
l'histoire est un continuum évènementiel porté par des idéaux que bousculent les évènements aléatoires. La révolution, et surtout la terreur, en sont un bel exemple, je vous invite à lire
"Sept Jours" d'Emmanuel Waresquiel qui nous déroule le journal intime de cette période.
Avec "le roi qui voulait voir la mer", Gérard de Cortanze, nous montre un monarque intime et sensible, érudit et progressiste, mélancolique et embarrassé, comme victime de lui-même, artisan de sa propre perte.
Tout commence avec un voyage bucolique à travers une Normandie, terre de légendes et de phantasmes, pour finir en épopée maritime qui voit Louis XVI se muer en vieux loup de mer, le temps d'une pause salutaire loin des intrigues politiques et des cabales de cour.
Ce livre est un roman teinté de poésie humaniste et de songe ésotérique
et la douceur du récit contraste avec la brutalité des évènements qui vont suivre.
C'est très réussi, c'est un roman qui mérite une large audience, et la fin, très inspirée est à l'image du
talent de l'auteur.
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critiques presse (2)
LeFigaro   13 janvier 2022
Le dernier roman de Gérard de Cortanze s’inspire de cet épisode assez peu connu du règne de Louis XVI. Très fouillé d’un point de vue historique, il fond habilement ce qui tient de la véracité.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
NonFiction   20 décembre 2021
L’auteur cherche à le réhabiliter et le présente comme un roi humaniste, qui rêve d’une société plus juste. […] Ce roman qui détaille un épisode peu connu de l’histoire de France et permet de poser un regard nouveau sur un de ses grands perdants se lit avec plaisir et intérêt.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   22 novembre 2021
Vous n'y êtes point du tout, messieurs. Je souhaite me rendre en Normandie, sur les bords de la Manche, à Cherbourg.

⁃ En Normandie ?

⁃ Sur les bords de la Manche ?

⁃ À Cherbourg ?

⁃ Quel beau trio de perroquets ! Je sais bien que l’époque est aux singes et aux serins et que nous avons tous lu Les Voyages du Perroquet de la Visitation de Nevers de monsieur Jean-Baptiste Gresset, mais tout de même ! Messieurs, je veux aller au-devant de mon peuple. J'ai le sentiment, désagréable, qu'on ne veut me laisser voir que ma toute-puissance. Qu'on me cache le malheureux état des provinces de l'intérieur, où habite la misère, où l'impôt dévore le pain de tous ces malheureux. Qui, dans mon entourage, a donc si à craindre que quelque homme vrai ose me parler, avec franchise, et me présente les abus et les injustices qu'on perpètre en mon nom ?

⁃ Mais, Sire..., tenta de Coste.

⁃ Taisez-vous ! Tout cela doit cesser ! Un parti hostile nuit à ces retrouvailles, je le sais. Sous prétexte du bien public, il sert avant tout ses passions, ses jalousies et travaille à ses seuls intérêts.
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migdalmigdal   22 novembre 2021
Observant la mine déconfite des trois hommes, Louis jouit de leur détresse qu'ils avaient tant de peine à cacher. Qu'allaient-ils bien pouvoir lui opposer pour qu'il annule ce voyage ? Les arguments ne se firent pas attendre.

- Il y a quelque chose de très pauvre et de malpropre chez ce peuple du Cotentin. Dans ses vêtements, dans ses chaumières, dans ses manières. Les peuplades qui vivent dans ces régions sont tenues à l'écart de toute civilisation. La dégradation des chemins vicinaux y est telle qu'elle apparaît comme une véritable source de misère. C'est une zone reculée, inhospitalière. Habitée par...

- Des sauvages, Ségaut, c'est cela ? Des nègres d'Afrique ? demanda le roi.
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cecilitcecilit   18 mai 2022
Alors que les courtisans sortaient de son bureau, le roi laissa enfin son esprit divaguer comme bon lui semblait. Après quelques minutes de ce que pour rien au monde il n'aurait appelé "méditation ", il lui apparut très clairement que trois choses étaient assurément belles dans la Création : la lumière, l'espace et l'eau. Jamais il n'avouerait à ces trois hommes la raison profonde qui lui faisait tant désirer ce voyage à Cherbourg. Certes, la rencontre avec son peuple, dont il avait été coupé depuis l'enfance, était un élément décisif dans sa décision, mais plus encore son désir de voir la, mer où, il en était sûr, la lumière vient se fondre à l'espace et à l'eau.
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cecilitcecilit   27 mai 2022
- Comment trouvez-vous nos paysans ?
(...)
- Ceux que j'ai rencontrés m'ont dit que jamais ils n'avaient pu accomplir les vœux d'un de nos rois leur souhaitant morceau de lard et poule au pot chaque dimanche. Que, les jours de fête, ils servent de la bouillie de sarrasin. Que, le reste de l'année, ils se nourrissent de pain sec et de lavures. En un mot, ils meurent de faim. Quant à leurs vêtements...
- Leurs vêtements ? Car ces gueux s'habillent ? dit une vieille marquise, la tête chargée d'une perruque "maraîchère " sur laquelle était accrochée une colonie de légumes.
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cecilitcecilit   20 mai 2022
Il n'en pouvait plus de Versailles, de ces eaux croupissantes qui empestaient, de ces fontaines envasées tout l'été, de ce parc infesté de mouches et de moustiques. L'hiver, ce n'était guère mieux, tout en brouillards glacés, en courants d'air sifflant dans toutes les pièces, en hautes cheminées répandant une chaleur d'enfer avant de s'éteindre.
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Vidéo de Gérard de Cortanze
Le Roi qui voulait voir la mer Gérard de Cortanze Éditions Albin Michel
Louis XVI souhaite traverser la Normandie pour se rendre à Cherbourg malgré les doutes émis par ses conseillers concernant ces terres protestantes. Il effectue donc son premier périple en bateau puis part à la rencontre de paysans, d'ouvriers, de cartomanciennes et de sorcières. ©Electre
https://www.laprocure.com/product/123165/le-roi-qui-voulait-voir-la-mer
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