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EAN : 9782246828686
336 pages
Éditeur : Grasset (01/09/2021)
4.17/5   20 notes
Résumé :
Nous sommes à Rome, juste à l’heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César. C’est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s’observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.
Spartacus vient d’être tué, Cléopâtre est en ville, l’ambition et la violence sont en ménage, l’art et le sexe s’entendent comme la vis et l’écrou.
Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s’épanouissent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  28 septembre 2021
Metaxas, philosophe grec reconnu quitte la Grèce et sa femme Tchoumi, pour aller rejoindre à Rome, à la demande de ce dernier, son ami Clodius, héritier d'une famille noble. Sa mission : rédiger les discours que Clodius doit lire au sénat, pour affronter l'homme de tous les dangers : Cicéron.
Il est accueilli par Diana Metella, noble famille elle-aussi, et une relation assez particulière va s'installer entre eux, basée sur la philosophie, la politique puis …
Rome est au faîte de sa gloire : Elle a conquis la Grèce, César écrase la Gaule, les Gaules serait plus exact (cf. Ses souvenirs !!!). Trois hommes se partagent le pouvoir, chacun rêvant de renverser les deux autres : Crassus, Pompée, et donc César…Spartacus a été assassiné. On rencontre Catulle, Caton et bien sûr Cicéron, alias Pois Chiche, chantre de la République, du moins de ses ors, dont il défend les valeurs en se gardant bien de les respecter, avec moultes effets de manche.
Mission galvanisante, qui va lui faire rencontrer tout ce que Rome recèle comme esprits influents, complotistes, les grandes familles n'ont aucun scrupule à faire et défaire les réputations.
Les intrigues et les complots se nouent, sur fond de riches villas, de femmes qui ne sont pas en reste côté manipulation. Diana, Clodia, la soeur de Clodius dont l'époux a rendu l'âme dans d'étranges circonstances, contribuant ainsi aux rumeurs :
« Comme lui, elle avait changé les lettres de son nom pour lui donner une orthographe plébéienne. Chez elle tout continuait pourtant à trahir la patricienne nichée sur la plus haute branche de la noblesse romaine… »
Tous les moyens sont bons pour accéder au Sénat, alors la plèbe en ces temps-là était du meilleur effet pour les patriciens.
J'ai adoré me retrouver dans la Rome de l'époque qui vit ses derniers instants de valeurs républicaines, puisque César ne tardera pas à mettre fin à près de 500 ans de République, sur fond de combats de gladiateurs, de mercenaires prêts à tout pour défendre son camp.
Rome est tellement bien décrite (mais on peut dire autant du village De Grèce dont est originaire Metaxas) qu'on s'y croirait : j'ai déambulé dans les rues étroites, dans les villas, dans le luxe de l'époque, comme du côté des plus pauvres sans oublier les Jeux du Cirque, les gladiateurs …
En même temps, cette belle histoire est tellement proche de ce qui se passe à l'heure actuelle, qu'elle incite à la réflexion.
J'ai bien aimé, au passage, les phrases célèbres de philosophes grecs que Gilles Martin-Chauffier propose, de Démocrite à Pythagore, en passant par Socrate !
J'ai énormément apprécié le ton amusé, teinté d'ironie de Gilles Martin-Chauffier, que j'ai longtemps suivi les « prestations » lorsqu'il était invité au magazine 28 minutes le club sur ARTE . On retrouve ce même ton malicieux dans son écriture, on imagine le sourire charmeur du journaliste derrière les traits de Metaxas… (en grec, Metaxa désigne un vin sirupeux mais aussi un dictateur grec pro-nazi, ou une famille d'avocats ! inutile de préciser que j'ai opté pour le vin !)
C'est le premier livre que je lis de l'auteur, (« La femme qui dit non » me nargue sur une étagère de ma bibliothèque, en bonne compagnie…) et j'ai bien l'intention de continuer, même les essais.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de découvrir ce roman et la plume de son auteur ainsi que son érudition et la manière dont il donne au lecteur l'envie d'approfondir !
Coup de coeur donc!
#Lederniertribun #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Aquilon62
  10 septembre 2021
Formidable découverte et gros coup de coeur pour ce roman qui se déroule à Rome
Tout est résumé, dans cet extrait de la découverte de Rome, par Metaxas :
"Alors, nous avons débouché sur une terrasse et, soudain, brutalement, violemment, étendue à nos pieds, l'immensité de Rome m'a sauté au visage et au coeur. Elle envahissait tout l'horizon, fascinante et terrifiante, mille fois plus grande que l'inoubliable Troie. C'était inouï ! Jamais Jupiter n'avait eu la main aussi lourde. Trop d'hommes, de bruit, de soleil, de temples, de tours, de fumées, de cirques, de statues, d'amphithéâtres, d'arcs de triomphe, d'escaliers, de palais, de ponts, d'embarcations, de cheminées, d'or et d'ordures. Tous les bois, les pierres et les marbres du monde s'entassaient sous mes yeux. Ébahi, je suis resté muet devant cette inépuisable source de vie. Même le Tibre, leur Nil miniature, m'a paru tumultueux"
Et c'est dans cette Rome qui lui saute au visage que nous déambulerons avec lu dans des somptueuses villas, au jeux du cirque, aux thermes, etc.... Mais surtout au gré de la mission qui est la sienne, dans une république romaine à l'agonie.
Car ce Metaxas, philosophe et considéré comme une des langues la plus vive d'Athènes, est convoqué par Clodiusou appelé à quitter sa Grèce pour rejoindre Rome dit afin de "clouer le bec de Cicéron". Et selon les dires de la tante de Clodius : "Votre grosse tête pleine de connaissances va très bien avec le reste du corps". Comme le dirait Juvenal : "Mens sana in corpore Sano", ou chez les auteurs grecs "kalos kai agathos" : beau et bon.
Il faut bien avouer que l'écriture de Gilles Martin Chauffier est magnifique et restitue magistralement cette période
Au travers de ces joutes oratoires on pourrait ce croire au théâtre mais ce n'est pas le cas. La guerre civile gronde, bien plus dangereuse que la guerre étrangère. Dans ces affrontements, on sait qui on tue. On n'abat pas l'autre parce qu'il est un ennemi de Rome. On l'élimine parce qu'on le connaît. le mobile de ce conflit n'est pas un territoire, c'est la haine.
Cicéron met du zèle à mimer la réalité qu'à assumer le mensonge. Sa parade, c'est le pompeux et le pathétique. À Metaxas de faire comme lui mais en mieux. Surtout pas de philosophie. Il ne s'agit pas de convaincre, mais de vaincre....
L'auteur réussi le pari de nous faire vivre au sein des grandes familles patriciennes qui s'entretuaient pour le pouvoir, et qui fuyaient dans leurs "villas secondaires" aux premières déconvenues...
L'écriture est magnifique, d'une finesse dans les dialogues, d'une justesse dans les descriptions, d'une rudesse dans certains passages plus "violents", c'est un véritable régal que de se laisser emporter avec Metaxas à la rencontre de ce dernier tribun...
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LeaTouchBook
  05 octobre 2021
Avis de la chroniqueuse Scarlett (sur le blog Léa Touch Book) :
Le dernier tribun de Gilles Martin-Chauffier fait partie de la foison de livres qui sortent au moment de ce qu'on nomme la rentrée littéraire. Ce roman m'a fait un clin d'oeil avant même que je le lise parce que le sujet m'attirait, me semblait sortir des sentiers battus et convenus qui font les « tubes » littéraires de notre époque. Imaginez un roman qui se déroule 50 à 60 ans avant J-C dans la Rome antique, pensez-donc ! Et bien, ce fut un vrai délice de lecture… de l'évasion, de la culture, de l'humour, une écriture à la fois subtile et piquante, des personnages fascinants et une modernité actuelle dans les thèmes abordés voici tout ce que j'ai pu découvrir grâce à l'auteur, sans oublier l'audace de choisir une époque, une histoire en dehors des chemins bien tracés qui semblent fascinés les critiques littéraires du moment. Mais comme à Rome, les modes passent.
Ce roman, c'est l'histoire de Metaxas, philosophe grec trentenaire qui s'ennuie gentiment en ironisant sur tout et rien dans Athènes qui n'est plus le centre du monde. Un messager romain lui intime l'ordre de rejoindre Rome et son ancien camarade Publius devenu le tribun Clodius afin de l'aider dans sa lutte contre Cicéron. Et le voilà en route, aspirant à de belles aventures et de riches rencontres. Vous l'aurez deviné Metaxas est un homme raffiné qui se plait à une ironie gracieuse envers Rome qu'il admire malgré tout puisque tout désormais se passe dans la cité romaine.
Arrivé dans la capitale, il rencontrera d'illustres personnages tels Cicéron surnommé Pois Chiche par ses ennemis, Crassus mais aussi Catule ou Pompée quelque peu mégalo. Metaxas rencontrera de sublimes femmes certaines fascinantes et très influentes en arrière plan politique mais jamais bien évidemment sur le devant de la scène, il déambulera au milieu des grands noms, des influents de l'époque.
Le lecteur fait une agréable balade en politique, les tactiques, les forces et faiblesses de chacun, la qualité d'un orateur qui prime souvent sur le fond du sujet traité. À Rome comme partout et toujours, les sujets restent les mêmes : Justice, Démocratie, Egalité, République… On se souvient que si la démocratie est née en Grèce, c'est la république qui s'est forgée à Rome. On assiste aux combats du Triumvira formé par Pompée, Crassus et César, et l'auteur nous permet de prendre conscience une fois de plus d'une réalité politique : les époques changent, les sujets et l'attitude des hommes restent identiques. On fait aussi un joli séjour dans la Rome antique très bien décrite par l'auteur, ses ruelles, son grand cirque, ses jeux cruels où meurent les esclaves pour occuper la plèbe.
Le récit est toujours fluide, les propos souvent caustiques. Parfois il arrive que l'on se perde dans les noms, les références historiques par manque de connaissance et c'est bien de pouvoir retrouver des repères d'une époque révolue et pourtant si ancrée dans notre Histoire. Je me répète mais mince que cela fait du bien de lire un livre qui sort des sentiers battus, dont l'écriture est savoureuse, précise, détaillée . Merci Monsieur pour ce beau moment.
Lien : https://leatouchbook.blogspo..
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PotoWalat
  05 novembre 2021
Très belle peinture de la Rome du 1er siècle avant JC. N'étant pas un historien spécialiste de la période (pas historien du tout d'ailleurs) j'ai du mal à trier la réalité historique de la fiction mais si l'on se fie à la société décrite (et pourquoi ne pas le faire après tout ?) on y découvre nombre de détails truculents. En particulier, l'organisation de la république autour de procès retentissants opposants certaines des riches familles de Rome entre elles fut une découverte pour moi. Que de surcroît ces familles s'allouent les services d'un avocat dont le plus important est son « jeu de manche », son élocution, peu importe la véracité de ses dires, voilà encore de quoi surprendre. Encore que … est-ce si surprenant que cela ? Et si cette Rome de Pompée, César et Marc-Antoine, n'avait en fait rien de bien différent à nos sociétés occidentales d'aujourd'hui ? Voilà un angle de lecture qui nous gagne au fur et à mesure que l'on progresse dans le roman.
Un mot sur Cicéron : si je m'en tiens à ma remarque introductive, il ne fut pas, mais alors pas du tout, le grand homme que l'on nous a enseigné…
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Martin664
  16 novembre 2021
Nous sommes au 7ème siècle de l'ère romaine. Rome est la capitale du monde, et elle le domine de tout son haut. Dans cette ville géante, le pouvoir est disputé par Cicéron, Crassus, Catule, Pompée et César, tous avec leurs intérêts propres et leur idée de ce qui serait bon pour la république. ⁠

Publius Claudius Pulcher est l'héritier d'une des familles les plus nobles de Rome. Afin de se rapprocher du peuple dont il compte gagner l'allégeance, il se fait adopter par un esclave et change son nom en Clodius. Il est ensuite élu tribun de la plèbe, et chasse son ennemi Cicéron hors de la capitale.⁠

Metaxas, philosophe grec qui mène une vie tranquille dans son pays devenu province romaine, a été appelé à Rome. Son ancien ami Publius a besoin de lui pour écrire des discours capables de se mesurer à la rhétorique implacable du vil Cicéron. C'est Metaxas qui nous raconte l'histoire de la lutte entre Clodius, qui prend le parti de Jules César, et Cicéron, rangé aux côtés de Pompée. ⁠

Cette lutte pour le pouvoir durera plus de 10 ans, et la république romaine n'y survivra pas. C'est la fin d'une république sept fois centenaire qui laissera la place à l'empire romain que l'on connait bien. ⁠

Un fantastique roman qui se déroule durant l'une des période clefs de l'histoire romaine. On y rencontre tous les grands noms de l'époque, vu à travers les yeux d'un grec qui observe Rome avec la curiosité et la stupéfaction que l'on pourrait attribuer à tout étranger. Gilles Martin-Chauffier réussi à nous plonger dans des conflits politiques passionnant sans toutefois nous perdre dans cette masse de titres et de noms. À lire pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'histoire romaine. ⁠

« Les dieux de m'intéressent pas. S'ils ont voulu les malheurs des hommes, ils sont méchants. S'ils ne les ont pas prévus, ils sont incompétents. S'ils n'ont pas pu les empêcher, ils sont impuissants. À quoi servent-ils ? » p. 34⁠
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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critiques presse (1)
Lexpress   02 novembre 2021
Un récit instructif et distrayant, où abondent les portraits-charges et les formules heureuses.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Marilou09Marilou09   24 novembre 2021
Les dieux ne m'intéressent pas. S'ils ont voulu le malheur des hommes, ils sont méchants. S'ils ne les ont pas prévus, ils sont incompétents. S'ils n'ont pas pu les empêcher, ils sont impuissants.
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Marilou09Marilou09   23 novembre 2021
Chez les Romains, une fine couche de bienséance cache un océan de brutalité.
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Eve-YesheEve-Yeshe   28 septembre 2021
Réduite à une façade en carton, la République masquait le pouvoir de trois hommes qui attendaient, chacun dans son repaire, d’éliminer les deux autres. Caton vociférait, Cicéron intriguait et, à des dates aléatoires, des élections avaient lieu pour remplacer questeurs ou censeurs mais plus rien ne suivait le cours régulier de la vie démocratique instituée depuis des siècles.
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Aquilon62Aquilon62   02 septembre 2021
Je n’aime pas Aristote. Ce besoin de faire savoir qu’il a des lueurs sur tous les sujets. Les animaux, les insectes, les plantes médicinales, l’architecture, la stratégie militaire, les dieux, la rhétorique, la formation des nuages, la culture des fraises lui inspiraient des commentaires. De l’eau de source, sans goût. Il a beau écrire sans fin, dix mulets ne vaudront jamais un étalon. En biologie, en physique, en poésie, en économie, il psalmodie des vérités premières. Ou des contes à dormir debout.
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Eve-YesheEve-Yeshe   28 septembre 2021
Rien n’importe plus aux Romains que la loi. C’est ce qu’ils ont offert au monde. Les Égyptiens ont créé la civilisation, les Grecs ont inventé la culture, mais Rome se targue d’avoir mis au point le cadre qui permet à la première de durer et à la seconde de prospérer…
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