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Daniel Becquemont (Éditeur scientifique)Edmond Barbier (Traducteur)Jean-Marc Drouin (Préfacier, etc.)
EAN : 9782080706850
608 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 164 notes)
Résumé :
La publication en 1859 de L'Origine des espèces a marqué une révolution intellectuelle, comparable à celle qui est associée au nom de Copernic et de Galilée. En proposant une "théorie de la descendance avec modification" et de la "sélection naturelle", Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ses réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens, ont alimenté d'emblée pol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  23 septembre 2012
L'Origine des espèces a secoué le monde scientifique et a donné lieu à des débats enflammés qui ne se sont pas encore éteints aujourd'hui. Darwin développe dans cet ouvrage les concept de « sélection naturelle » et de « descendance avec modification », qu'il étaie avec une foule d'exemples issus de la biologie et de la géologie, et de son expérience personnelle.
La version que j'ai lue est une des plus tardives, et il prend le temps de répliquer aux principales critiques des opposants à sa théorie (critiques qu'il prend très au sérieux, se disant quelque fois ébranlé par les arguments avancés).
Chose inattendue pour moi, aucune mention de l'homme dans cet ouvrage. J'avais dans l'idée que l'origine des espèces était LE livre qui avait posé l'idée que le singe et l'homme avaient des ancêtres communs, mais rien du tout. Darwin parle principalement des plantes, et des animaux les plus petits comme les insectes.
Il est amusant de constater que certaines critiques (les organes trop complexes, le manque de fossiles des « chaînons manquants ») avaient déjà été avancées du temps de Darwin, et qu'il y avait répondu. Il a notamment mis en avant quelques « candidats » intermédiaires de l'oeil. Pourtant, les critiques modernes continuent de mettre en avant ce problème de l'oeil, sans tenir compte des explications de l'auteur. Autre critique qu'on fait à la théorie de l'évolution, le manque de réfutation possible. Darwin dit cependant à de nombreuses reprises « Si quelqu'un met telle chose en évidence, ma théorie est fausse ».
Ce livre n'est pas indispensable pour comprendre la théorie de l'évolution moderne (il y a des imprécisions et des arguments considérés comme faux aujourd'hui), mais c'est vraiment intéressant de comprendre comment un scientifique a pu passer de la théorie d'une création indépendante de chaque espèce à une théorie de l'évolution, en suivant son raisonnement, en analysant ses indices et en constatant les « trous » que les théories existantes à l'époque étaient incapables de combler.
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Belem
  05 mars 2013
Prenez un jeune anglais espiègle et distrait, qui s'ennuie un peu sur les bancs de l'école. Ne lui procurez ni de télé, ni de téléphone portable, ni internet : la zone. le morveux va se mettre à ramasser tout un tas de trucs qu'il trouve par terre : des coquilles, des pièces de monnaies, des cailloux et même des chenilles. Un bon à rien, quoi. Destinez-le à devenir curé, ou médecin. du coup, le garnement devenu jeune homme va se faire la malle pendant cinq ans sur un bateau, pour tenir compagnie à un capitaine irascible. Là, il va faire le tour du monde, et continuer à ramasser tout un tas de cochonneries : des oiseaux morts, des insectes bizarres, des vers dégoûtants. Une fois revenu à Londres, enfermez-le pour qu'il réfléchisse à son comportement inadéquat pour quelqu'un de sa classe, tout juste pourra-t-il correspondre avec les meilleurs spécialistes en zoologie d'Angleterre.
Laissez-ce vaurien mijoter pendant vingt ans.
Vous obtenez ce livre qui va révolutionner la biologie, et, au-delà de ça, replacer l'homme au sein du monde animal. Donc contribuer à changer la vision que nous avons du monde.
Le livre en lui-même ne fait pas dans le sensationnel : pas de photos chocs ni de formules chics ; il ne s'agit que « d'une longue argumentation », s'appuyant sur « d'innombrables petits faits », comme dit Stephen Jay Gould.
Ce livre résume le fruit de longues années d'observations minutieuses, de prises de notes, de la culture de deux cents trente-trois plants de choux, d'échanges avec des éleveurs de pigeons ou de naturalistes amateurs, de comparaisons de crânes, d'études de géologie, de physiologie, de géographie, des poils sur le poitrail des dindons mâles, et aussi, de discussions avec d'éminents spécialistes. C'est un traité sur l'élevage des animaux domestiques, un traité de botanique, un ouvrage de zoologie, tout cela à la fois.
Le génie de Darwin, c'est que, de tout ces humbles et sans doute peu glorieux travaux, il tire des conclusions extraordinaires : la descendance induit des variations de l'espèce, et de cette descendance, seuls les plus aptes survivent, sélectionnés par les conditions naturelles. Il n'y a plus d'espèces fixes, créées ex-nihilo.
Cependant, Darwin sait qu'il demeure de nombreux points obscurs à sa théorie : parmi ces points, la question des formes intermédiaires. « Pourquoi ne trouvons-nous pas, dans toutes les formations géologiques, une grande abondance de ces formes intermédiaires ? » se demande ce sacré Charles. C'est qu'il s'accroche à sa conception de transformations lentes et graduelles ! La réponse est : « Parce qu'il n'y en a pas, Charles ! »
Mais impossible de lui en vouloir : Darwin faisait avec les connaissances scientifiques de son époque, et, malgré ses qualités de déduction extraordinaires, il ne pouvait quand même pas tout découvrir. Il lui manquait la biologie moléculaire, la génétique, la théorie des équilibres ponctués, l'embryologie, et toutes ces sciences qui ont amélioré et continuent à affiner cette magnifique théorie, qu'il avait tracée dans les grandes lignes. Chapeau, Monsieur Darwin !
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Enroute
  24 mai 2019
Pour Darwin, les espèces n'ont pas toujours été comme elles sont aujourd'hui. Elles descendent toutes chacune de deux individus et des variations se sont ensuite produites au fil des générations, sans que l'on sache bien comment. La sélection naturelle agit en conservant ces variations minuscules et en les transmettant aux générations suivantes, du moins pour celles qui donnent un avantage compétitif à l'individu qui en bénéficie dans la lutte pour l'existence. La sélection naturelle "n'agit" qu'à l'avantage de l'individu (et non du groupe).
On peine à comprendre pourquoi le texte a eu tant de retentissement car il s'appuie sur très peu d'éléments techniques - souvent, l'auteur écrit : "j'aurais pu donner beaucoup de détails, mais je ne peux le faire ici" - et Darwin reprend souvent l'exemple de l'éleveur qui améliore son troupeau, si bien que l'on en vient à se demander pourquoi la théorie évolutionniste n'était pas déjà dans l'air du temps. L'introduction au texte indique que les réactions n'ont pas toutes été vives à la théorie de Darwin, mais que ce sont beaucoup des ecclésiastiques qui se sont offusqués. Lamarck avait proposé une théorie évolutionniste un demi siècle plus tôt. Pourtant, l'idée que toutes les espèces proviennent d'un couple d'animaux fait fortement penser à l'arche de Noé et celle qu'une nature agit comme une intention invisible (elle est souvent comparée à l'éleveur) fait indéniablement penser à un pouvoir divin.
Enfin, il semble que cette idée d'une évolution "mécanique", qui se fait par elle-même, sans qu'on sache ni voie comment, qui favorise exclusivement des individus dans une "lutte pour l'existence" (mais les animaux savent-ils qu'ils luttent ? Cette conception est forcément la qualification d'un être extérieur qui parle pour les autres, dieu ou un être humain, qui évoque le monde étalé devant lui, comme dans le tout dernier paragraphe : l'expression ressortit à un "point de vue", une "opinion", un "ressenti, le rapport au monde de l'être humain change beaucoup avec une telle projection, il est même question de guerre à la fin de l'ouvrage), où les individus progressent vers la "perfection" (mais laquelle puisque la perfection d'aujourd'hui, par exemple, pour un loup, chasser le daim, pourrait se changer en tare si demain les daims disparaissent et qu'il fallait chasser les rats, donc l'idée de perfection semble être une autre vue de l'esprit), et où l'être humain est absent, alors qu'il est supposé, tel qu'il est dit, être "une espèce supérieure", et dont le rapport à la réalité est nécessairement à différencier de celui des animaux, ne serait-ce que du fait du langage (Darwin aurait pu expliciter qu'il excluait l'être humain et peut-être alors aurait-il parlé d'autre chose que, par métaphore, d'une "lutte" pour l'existence), bref, il semble que toutes ces considérations, très fréquentes dans les textes britanniques, reflètent que la théorie de Darwin est surtout en accord avec le scepticisme, le naturalisme et l'empirisme britannique, ce qui lui retire une grande part de son universalité. Enfin, il faut ajouter que Darwin, dans son chapitre II indique qu'il est difficile de différencier les espèces et les variétés, mais, en fin d'ouvrage, que toutes les espèces sont différenciées les unes des autres et proviennent chacune d'un couple d'animaux, ce qui se contredit à un niveau important de la théorie, et, d'une manière conforme à l'idée d'une concurrence sans merci d'où sortirait les vainqueurs, réduit les "possibilités" de l'évolution en des lignées d'espèces cloisonnées dont certaines seraient par "nature" supérieures aux autres, plus proches de la perfection et donc destinées à régner (car les espèces les plus favorisées sont aussi les plus abondantes et elles prennent la place des autres).
Donc en résumé, un ouvrage qui est toujours cité par des auteurs britanniques, mais dont on se dit qu'il a surtout dû avoir de l'influence parce que, comme tous les ouvrages de théorie britannique, il fait peur, engage une concurrence, favorise l'individu devant le groupe, pose des mécanismes et des lois (le mot est employé six fois en moins de dix lignes à l'avant-dernière page) ; bref, une théorie empiriste qui nie l'être humain, la volonté et la liberté et un peu manipulatrice puisque l'auteur ne considère pas qu'il soit seulement nécessaire d'évoquer son propre cas, dans l'illusion que la narration se fait d'elle-même (celle de l'ouvrage puisque l'être humain est absent du texte, et celle du monde puisque les nombreuses suggestions d'une puissance extra-naturelle ne sont jamais ni abordées ni démenties). En science, on démarre pourtant par établir les conditions sous lesquelles on peut mettre l'expérimentateur en dehors de l'expérience... A creuser cependant avec des ouvrages sur l'histoire des théories évolutionnistes et des différences entre elles. C'est long (600 pages) et ni captivant ni très bien écrit.
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Santarini
  19 décembre 2020
Dans la présentation de cette réédition, Jean-Marc Drouin cite Wilberforce, l'évêque anglican d'Oxford qui demandait ironiquement au zoologiste Thomas Huxley « s'il descendait du singe par son grand-père ou par sa grand-mère ». Huxley lui rétorquait en substance « qu'il rougirait plutôt d'avoir un ancêtre comme l'évêque qui se mêle de problèmes qu'il ne connaît pas dans le seul but de les embrouiller ».
Malheureusement, nombreux sont encore ceux qui, sans aller, comme les adeptes du créationnisme, jusqu'à nier l'évolution des espèces vivantes, n'en tirent pas toutes les conséquences philosophiques sur l'interdépendance et la fraternité universelle. Aujourd'hui, ces successeurs de Wilberforce ne peuvent plus nier cette filiation, mais ils ont honte de leurs ancêtres. Ils veulent encore, en dépit de toutes les évidences, se sentir étranger au monde réel, séparés, différents et, bien sûr, supérieurs ! C'est bien dommage pour eux et pour le monde car ils perdent le bonheur de faire partie d'un fantastique organisme planétaire vivant et ignorent donc, ou sous-estiment, toutes les conséquences concernant notre immense responsabilité, en particulier dans le domaine de l'écologie.
Les rééditions de ce texte fondateur de Darwin sont d'utilité publique !
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100choses
  11 décembre 2010
Déjà en terminale, ma prof de philo’ nous avait conseillé la lecture de ce livre. Cependant, même si son thème m'intéressait vivement et que j'étais fascinée par le parfum de scandale régnant autour de cette oeuvre, je n'avais encore jamais trouvé le temps ni la motivation nécessaire pour me lancer dans cette lecture... jusqu'à ce qu'elle nous soit imposée, ou du moins fortement conseillée, cette année. Il fallait donc enfin se jeter à l'eu, ce que je ne regrette absolument pas, tant cet ouvrage s'est révélé passionnant et enrichissant.
J'ai été fascinée par le génie de cet homme, par tout ce qu'il a apporté à tous les domaines de la connaissance. Bien que disposant de peu de moyens techniques, il arrive à des conclusions très justes, de par ses observations, et un esprit brillant ainsi qu'une intuition souvent payante. Il est notamment très intéressant de découvrir tout son raisonnement sur la stérilité de certains croisements ou de leurs hybrides. Alors qu'il n'a aucune notion de génétique, qu'il ne connait même pas l'existence des chromosomes, il parvient à des conclusions qui si elles ne sont pas parfaites, sont toutefois très justes.
Il ne faut pas se leurrer non plus, c'est une lecture très exigeante, qui demande une grande attention de la part du lecteur et de la persévérance pour venir bout de ses 600 pages, mais je suis vraiment ravie de ma découverte. Darwin peut paraitre parfois prétentieux tant ses certitudes sont grandes, et maladroit dans sa façon de s'exprimer tant certaines formulations sont lourdes, mais on sa fait vite au personnage et à sa démarche. J'ai notamment apprécié chez lui sa très grande rigueur, venant étayer chaque hypothèse par des résultats d'observations et d'expériences, donnant toujours les références précises de ses citations. Quelque chose, d'assez peu courant pour l'époque, ou l'on jouait beaucoup à l'apprenti sorcier, sans réelle démarche scientifique.
Certains passages sont parfois très ardus, mais je crois qu'il ne faut pas s'y arrêter sans quoi, il est impossible de venir à bout de l'ouvrage. de page, en page, tout finit par s'éclairer, les raisonnements s'éclairant l'un l'autre. Et puis il ya les très bonnes synthèses de l'auteur lui-même en chaque fin de chapitre.
Enfin, le gros point fort de cette édition, c'est sa pureté au niveau du texte. Hormis une introduction et un lexique, on y trouve uniquement le texte de Darwin tel qu'il l'a publié en 1859 (ou du moins sa traduction). En effet dans de nombreux ouvrages, le texte est accompagné de notes, précisions, digressions apportées plus tard par l'auteur lui-même ou pas ses éditeurs successifs, certes dans un but de guider le lecteur, mais à mon avis ces ajouts sont plus déstabilisants qu'autre chose. J'ai préféré buter sur certains passages que me retrouvée noyée sous une quantité improbable de notes qui m'auraient sans doute bien vite lassée et qui auraient également masqué le réel travail de Darwin, à mon sens.
Bref, une lecture que je vous recommande sans aucun doute, si le sujet vous intéresse.
Lien : http://leboudoirdemeloe.co.u..
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   24 janvier 2015
Il est intéressant de contempler un talus enchevêtré, couvert de nombreuses plantes de nombreuses sortes, avec des oiseaux qui chantent dans les buissons et des insectes variés qui virevoltent et des vers qui rampent dans la terre humide. Et de songer que ces formes construites avec raffinement, si différentes les unes des autres, et dépendant les uns des autres d'une manière si complexe, ont toutes été produites par des lois agissant autour de nous. Ces lois, prises dans le sens le plus large, sont : Croissance avec Reproduction ; Héritage, lequel est presque toujours impliqué par la reproduction ; Variabilité, à partir de l'action directe et indirecte des conditions extérieures de vie et de l'usage et du non-usage ; un Taux d'Accroissement si élevé qu'il conduit à une Lutte pour la Vie et, comme conséquence, à la Sélection Naturelle, ce qui entraîne Divergence de Caractère et Extinction des formes les moins améliorées. Ainsi, à partir de la guerre de la nature, de la famine et de la faim, l'objet le plus sublime qui nous puissions concevoir, la production des animaux supérieurs, s'ensuit nécessairement.

XIV. RÉCAPITULATION ET CONCLUSION.
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Nastasia-BNastasia-B   07 novembre 2012
Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant, tapissé de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces abritant des oiseaux qui chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent çà et là, des vers qui rampent dans la terre humide, si l'on songe que ces formes si admirablement construites, si différemment conformées, et dépendantes les unes des autres d'une manière si complexe, ont toutes été produites par les lois qui agissent autour de nous. Ces lois, prises dans leur sens le plus large, sont : la loi de croissance et de reproduction ; la loi d'hérédité qu'implique presque la loi de reproduction ; la loi de variabilité, résultant de l'action directe et indirecte des conditions d'existence, de l'usage et du défaut d'usage ; la loi de multiplication des espèces en raison assez élevée pour amener la lutte pour l'existence, qui a pour conséquence la sélection naturelle, laquelle détermine la divergence des caractères, et l'extinction des formes moins perfectionnées. Le résultat direct de cette guerre de la nature, qui se traduit par la famine et par la mort, est donc le fait le plus admirable que nous puissions concevoir, à savoir : la production des animaux supérieurs. N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule ? Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de gravitation, continue de tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un commencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore !
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LaetiratureLaetirature   07 mai 2011
On ne peut s’étonner qu’il y ait encore tant de points obscurs relativement à l’origine des espèces et des variétés, si l’on tient compte de notre profonde ignorance pour tout ce qui concerne les rapports réciproques des êtres innombrables qui vivent autour de nous. Qui peut dire pourquoi telle espèce est très nombreuse et très répandue, alors que telle autre espèce voisine est très rare et a un habitat fort restreint ? Ces rapports ont, cependant, la plus haute importance, car c’est d’eux que dépendent la prospérité actuelle et, je le crois fermement, les futurs progrès et la modification de tous les habitants de ce monde. Nous connaissons encore bien moins les rapports réciproques des innombrables habitants du monde pendant les longues périodes géologiques écoulées. Or, bien que beaucoup de points soient encore très obscurs, bien qu’ils doivent rester, sans doute, inexpliqués longtemps encore, je me vois cependant, après les études les plus approfondies, après une appréciation froide et impartiale, forcé de soutenir que l’opinion défendue jusque tout récemment par la plupart des naturalistes, opinion que je partageais moi-même autrefois, c’est-à-dire que chaque espèce a été l’objet d’une création indépendante, est absolument erronée. Je suis pleinement convaincu que les espèces ne sont pas immuables ; je suis convaincu que les espèces qui appartiennent à ce que nous appelons le même genre descendent directement de quelque autre espèce ordinairement éteinte, de même que les variétés reconnues d’une espèce quelle qu’elle soit descendent directement de cette espèce ; je suis convaincu, enfin, que la sélection naturelle a joué le rôle principal dans la modification des espèces, bien que d’autres agents y aient aussi participé.
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LuniverLuniver   01 septembre 2012
La lutte dans la lutte doit toujours se reproduire avec des succès différents ; cependant, dans le cours des siècles, les forces se balancent si exactement, que la face de la nature reste uniforme pendant d’immenses périodes, bien qu’assurément la cause la plus insignifiante suffise pour assurer la victoire à tel ou tel être organisé. Néanmoins, notre ignorance est si profonde et notre vanité si grande, que nous nous étonnons quand nous apprenons l’extinction d’un être organisé ; comme nous ne comprenons pas la cause de cette extinction, nous ne savons qu’invoquer des cataclysmes, qui viennent désoler le monde, et inventer des lois sur la durée des formes vivantes !
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LuniverLuniver   16 septembre 2012
En premier lieu, notre ignorance est trop grande relativement à l’ensemble de l’économie organique d’un être quelconque, pour que nous puissions dire quelles sont les modifications importantes et quelles sont les modifications insignifiantes. Dans un chapitre précédent, j’ai indiqué quelques caractères insignifiants, tels que le duvet des fruits ou la couleur de la chair, la couleur de la peau et des poils des quadrupèdes, sur lesquels, en raison de leur rapport avec des différences constitutionnelles, ou en raison de ce qu’ils déterminent les attaques de certains insectes, la sélection naturelle a certainement pu exercer une action. La queue de la girafe ressemble à un chasse-mouches artificiel ; il paraît donc d’abord incroyable que cet organe ait pu être adapté à son usage actuel par une série de légères modifications qui l’auraient mieux approprié à un but aussi insignifiant que celui de chasser les mouches. Nous devons réfléchir, cependant, avant de rien affirmer de trop positif même dans ce cas, car nous savons que l’existence et la distribution du bétail et d’autres animaux dans l’Amérique méridionale dépendent absolument de leur aptitude à résister aux attaques des insectes ; de sorte que les individus qui ont les moyens de se défendre contre ces petits ennemis peuvent occuper de nouveaux pâturages et s’assurer ainsi de grands avantages. Ce n’est pas que, à de rares exceptions près, les gros mammifères puissent être réellement détruits par les mouches, mais ils sont tellement harassés et affaiblis par leurs attaques incessantes, qu’ils sont plus exposés aux maladies et moins en état de se procurer leur nourriture en temps de disette, ou d’échapper aux bêtes féroces.
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>Microbiologie>Evolution des espèces>Evolution : théories (darwinisme, sélection naturelle...) (24)
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