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ISBN : 2221200284
Éditeur : Robert Laffont (24/08/2017)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 40 notes)
Résumé :
"Ma mère est morte. Mon père est mort. David Bowie est mort. Ce ne sont pas uniquement de mauvaises nouvelles."
À un an d'intervalle, Anne, Hélène et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi disparaît. Dans l'enfance d'Hélène, la " soeur du milieu ", le chanteur a eu une importance toute particulière, dont le souvenir soudain ressurgit. Alors, elle commence à raconter... Sur les thèmes inépuisables de la force et de la c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  19 octobre 2017
L'idée de départ était plutôt intéressante : comment réagit-on lorsque l'on perd sa mère puis, quelques mois plus tard, son père quelles sont les répercussions sur les trois filles en fonction de leur place dans la fratrie.
On a donc trois parties, premier jour consacré au décès de la mère qui s'étend en fait sur du 22 au 27 mai 2015, ensuite le jour du père, puis celui de David Bowie.
On a le droit de ne pas aimer ses parents, d'accord mais, on se trouve dans ce roman, devant une interprétation pseudo-psychanalytique à deux sous. En gros, Hélène, qui a quand même cinquante ans, nous parle de « sa connasse de mère », dressant d'elle le tableau d'une mégère, incapable d'aimer, radine, mais elle nous explique aussi qu'elle aurait « voulu être elle », alors qu'elle voue une admiration pour son père : cela rappelle un mythe ou un complexe selon que l'on préfère la mythologie ou Freud… « Oedipe toi-même » dirait Marcel Rufo
En tout cas, voilà une famille bien caricaturale : la soeur aînée, Anne, qui gère tout avec le sens du devoir et de l'efficacité, ascétique ou au moins orthorexique, à fond dans l'autoflagellation, et bien-sûr la petit soeur Émilie, qui ne sait pas trop à qui s'identifier pour se construire et se tournera vers l'homosexualité ! (sans oublier les parents qui divorcent, la deuxième famille et les rancoeurs, les ruptures).
Entre les deux, Hélène qui n'a pas envie de grandir et a fait des séjours en milieu psy autour de ses vingt ans … Voici ce qu'elle écrit à propos de sa soeur Anne:
Elle me fermait la porte lorsque j'étais sa petite soeur, elle a détourné le regard lorsque je lui ai présenté Pierre, mon mari, pas une fois elle ne m'a posé de questions sur ce que je faisais, pas une fois elle ne s'est attendrie sur le pessimisme d'Émilie.
Et David Bowie dans tout cela ? Il apparaît P 139 sur un livre qui en compte 174, et Sonia David l'utilise pour étayer une autre partie des relations entre soeurs ; en fait, elle aurait pu choisir n'importe quel artiste et le titre du roman prête à confusion, j'espérais autre chose…
Donc, très déçue par ce roman, trop caricatural, et même pas drôle. Quitte à lire des portraits de dérangés, je préfère un bon manuel de psy… il est vrai que je venais de terminer « Les rêveuses » quand je l'ai entamé, alors l'entreprise était difficile!
Je remercie Babelio et les éditions Robert Laffont qui m'ont permis de lire ce livre, via masse critique.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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tynn
  05 septembre 2017
"On n'est pas obligé d'aimer sa mère".
Après un décès, faire le tri des choses matérielles s'impose communément aux vivants. Pour une fratrie, c'est un moment particulier qui s'inscrit dans la confrontation des souvenirs, la tristesse et la nostalgie et souvent la gêne de s'introduire dans une intimité de parents.
Ça peut aussi être un moment de bilan quand les relations familiales ont été compliquées, entre amour et désamour. C'est, dans tous les cas, l'occasion de tester le socle et la complicité de la cellule fraternelle, de comprendre son importance dans la continuité familiale.
Le livre de Sonia David est classé roman mais on imagine bien la part personnelle que l'auteure y a mis. Ici, deux parents disparaissent en peu de temps et la romancière en décortique les moments de deuil, propices aux réminiscences, à l'introspection et au partage. La maturité et le chagrin sont parfois éclairants sur les blessures du passé et la compréhension des êtres. Avoir en commun la même enfance n'est pas la garantie de l'harmonie des adultes devenus.
Difficile de solder une vie de parent, de se "dépêtrer de l'enfance", d'exhumer le meilleur au sein des rancoeurs accumulées. Un passage obligé pour bon nombre d'être nous, pour qui ce récit va faire écho.
Touchant, attendrissant, cocasse, fraternel, nostalgique...
On tourne sans peine les pages de ce beau témoignage filial à une voix (cette fille en peine qui sait si bien parler de ses soeurs), porté par l'écriture fluide et élégante et par une sensibilité à fleur de plume.
(remerciements à NetGalley et aux Editions Robert Laffont)
Rentrée Littéraire 2017
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LiliGalipette
  01 octobre 2017
Le titre. C'est important, le titre, pour accrocher un lecteur. Pour lui donner envie de dépasser la première de couverture.
Le titre nous annonce prophétiquement que David Bowie n'a pas cassé sa pipe le 10 janvier 2016. Fumait-il la pipe, d'ailleurs ? Aucune idée. Je suis fan de l'artiste, mais ça, je ne le sais pas.
Le titre, donc, fait espérer du Moonage Daydream, du Cygnet Committee, du Bewlay Brothers, du Please, Mr Gravedigger et tant d'autres merveilles chantées par Ziggy Stardust, The Thin White Duke, Halloween Jack ou toutes les apparences revêtues par l'immense et tristement disparu David Bowie.
Le titre est menteur. de David Bowie, on ne voit la couleur que dans le dernier petit tiers du roman. La première partie raconte la longue journée qui suit la mort de la mère. La deuxième se concentre sur les heures interminables et confondues qui s'enchaînent après la mort du père.
Le titre ne promet pas une biographie : c'est un immense fantasme de fan. Il ne dit rien du ressentiment égal nourri par Anne, Hélène et Émilie à l'égard de leur mère, femme à la fois trop stricte et trop fantasque, trop peu maternelle et si peu amicale.
Le titre ne dit rien non plus de l'histoire du père, émancipé d'une première épouse invivable, heureux en secondes noces et père attentionné d'une quatrième enfant. Hélène est proche de lui et se fait une fierté de l'aimer plus qu'elle n'aime sa mère.
Le titre assure que l'artiste polymorphe ne peut pas disparaître tant que ses chansons tournent sur les mange-disques et que ses mélodies font ressurgir des souvenirs que l'on croyait perdus. Hélène comprend le lien qui l'attache à son aînée quand David Bowie disparaît.
Le titre annonce un espoir fou. le texte n'est finalement qu'une longue litanie qui manque de tendresse sur les considérations acariâtres d'une femme qui, après des années à ne pas avoir aimé sa mère, se cherche des excuses et se rattrape aux branches d'un arbre familial qui manque d'eau. Il est certain que David Bowie n'aurait pas fait une chanson de tout cela.
Le titre est accrocheur, mais finalement pauvrement racoleur. de certains livres, il faudrait parfois s'en tenir à cela. Ici, il faut réécouter toutes les chansons de David Bowie, jusqu'au bout et en boucle, et oublier la fade déception de cette lecture.
David Bowie n'est pas mort, pas pour moi, mais le titre du roman de Sonia David enfonce hélas quelques clous dans son cercueil. « À quoi est-on certain qu'une personne est morte ? À ce qu'elle n'aura jamais, absolument jamais, l'occasion de lire le troisième tome de la trilogie d'Amitav Ghosh. » (p. 57) Voilà sans doute le seul point vraiment triste de ce roman : je suis certaine que David Bowie, s'il a lu l'oeuvre de Ghosh, l'appréciait profondément.
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Zakuro
  17 janvier 2018
A la mort de leur mère, 3 soeurs se retrouvent pour préparer l'enterrement et nettoyer l'appartement parisien. Mais c'est aussi l'occasion de vider les souvenirs, décaper les névroses, boire un verre aux restes de leur enfance, porter un toast à une mère qui n'a pas su les aimer comme elles le voulait.
ll y a Anne, Hélène, et Émilie.
C'est d'abord la couleur des habits de leur enfance imposée par leur mère qui a cimenté leur tempérament, leur inclination dans une humeur, un manque de quelque chose ou une demande jamais satisfaite qui a touché le corps et la santé de chacune d'elle.
Anne l'aînée s'est emmurée dans le bleu de la froideur et de la distance, s'est échappée aux Etats-Unis.
Hélène, la cadette qui est aussi la narratrice possède la couleur la plus délurée et la plus audacieuse, c'est la couleur de la parole sans rancune et sans conditionne, s'est échappée par l'écriture.
Emilie, la benjamine sifflotait de joie petite, puis s'est mise à douter, à perdre confiance en elle-même avant de prendre la couleur de l'amertume, s'est échappée dans les larmes.
Le jour des funérailles, toutes les 3 au bord de la cinquantaine videront leurs souvenirs comme on vide un sac à main. Elles ne se voient que très rarement, elles sont pourtant toutes les 3 réunies même si ce lien est silencieux, même si chacune d'elle garde encore ses distances, sa zone de sécurité.
Un an après, la mort du père ne les rassemblera pas plus, Anne a tourné le dos à son père tandis qu'Hélène l'adorait.
C'est l'annonce de la disparition de David Bowie, le chanteur commun de leur adolescence qui contre toute attente fera crouler les premières défenses d'une fratrie abîmée.
Ce roman m'a émue par sa sincérité et sa formidable énergie à panser des chagrins en la couvrant d'un nouveau nom, la nostalgie d'un passé.
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lucia-lilas
  19 octobre 2017
Il était une fois trois femmes, trois soeurs : Hélène qui joue le rôle de cadette et de narratrice, Émilie, la benjamine et Anne, l'aînée. Trois soeurs et trois façons d'être au monde. Trois caractères, trois personnalités, trois tempéraments et une seule mère ...
Dans cette famille, à une époque lointaine appelée enfance, Anne portait du bleu, Hélène du violet, Émilie du marron. C'était la mère, Édith, qui avait fait ce choix et on ne remettait pas en question l'autorité de celle qui décidait de tout et voulait tout contrôler. On obéissait, on se taisait.
Les couleurs influencent-elles le caractère ? Oui, pense Hélène qui finalement avec son violet ne s'en était pas trop mal tirée. « Le bleu d'Anne : un gage de raison, de droiture, le sens des responsabilités. » Anne, la cinquantaine comme les trois autres, est effectivement devenue une fille organisée, réfléchie, qui n'embrasse pas, contient toujours ses émotions.
Émilie, on s'en doutait, a toujours détesté sa couleur (le marron), elle est d'ailleurs maintenant persuadée qu'on ne l'a jamais vraiment aimée (à mon avis, je ne suis pas psy mais le marron doit y être pour quelque chose...), ni tenue dans les bras : elle est fragile, pas très sûre d'elle, ultra sensible et pleure pour un rien : « sa capacité de larmes est très supérieure à la moyenne ».
Et puis, il y a Hélène, la narratrice, qui dit ce qu'elle a à dire et qui a eu elle aussi des moments difficiles (le violet ?), elle qui a eu besoin qu'un psy lui dise, alors qu'elle n'avait que vingt-huit ans, « qu'on n'est pas obligé d'aimer sa mère » ouf, enfin, après cette révélation, elle avait pu vivre et souffler un peu...
Alors, le jour où la mère qui distribuait les couleurs disparaît, les filles se retrouvent. Celle qu'Hélène appelait « sa connasse de mère » n'est plus, celle qu'Hélène pensait « increvable » parce que « la méchanceté conserve » n'existe plus. « Je suis désarçonnée… de découvrir que l'on peut aimer tout de même quelqu'un que l'on n'aime pas. » remarque-t-elle finalement.
Elles se retrouvent toutes les trois dans l'appartement de la mère, un lieu où elles mettaient les pieds le moins souvent possible et elles contemplent ce territoire étranger rempli d'objets choisis méticuleusement un par un, aimés, chéris, plein de mille et une choses qui leur rappellent celle qu'elles ont à la fois tant détestée et tant aimée.
Elles sont là, un peu paumées parmi tout ça, bras ballants devant ce tri insurmontable qu'elles doivent faire et sans elle, la mère, dont la présence se loge dans chaque objet, chaque meuble, chaque tissu. Elles se retrouvent, resserrent les liens un peu distendus de la fratrie et soudain, l'enfance resurgit, intacte, entière, ainsi que le plaisir d'être ensemble, de se retrouver soeurs avant tout, loin des maris et des enfants.
«… Nous expérimentons à nouveau l'évidence d'être une famille, chose étrange, dont on ne sait pas très bien s'arranger quand si longtemps nous nous en sommes fichues, chacune occupée à se dépêtrer de l'enfance. »
Chacune fera son deuil à sa façon, deuil qu'elles revivront bien rapidement avec la mort du père un an après.
J'ai beaucoup aimé ce roman, certainement en partie autobiographique, qui met en évidence toute la complexité des liens familiaux, les tensions, les haines et surtout tout l'amour qui est là, toujours présent, même dans les paroles les plus dures, les plus terrifiantes. Un récit très vivant, émouvant, tendre, joyeux (si, si!), des personnages attachants et drôles (ah l'humour décapant d'Hélène la narratrice!)… bref, tout ça est plein d'humanité et j'adore !
Et David Bowie dans tout ça ? Ah, il a sa place, vous verrez… et tant de choses à dire...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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critiques presse (1)
Actualitte   12 septembre 2017
C’est bien cela que Bowie clamait dans Life on mars : nos idéaux se heurtent à la complexité de nos existences et nous n’avons pas d’autre alternative que de rentrer dans le rang.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   26 septembre 2017
Notre père est alors au bloc opératoire. Elle [ma soeur] me dit « Je ne devrais pas évoquer ça, je ne peux le confier qu'à toi, mais parfois je me demande s'il ne vaudrait pas mieux qu'il ne se réveille pas ». Je me colle à elle, au plus près, parce que je suis d'accord. Et ce qui me désespère n'est pas que nous le pensions mais le fait que, sûrement, papa le pense aussi. Comment console-t-on quelqu'un de l'inconsolable, témoin de sa propre déchéance physique, humilié de ce manque d'autonomie qui n'en finit pas de l'empêcher d'être homme, et père ? Comment réconforter un mourant qui ne veut pas mourir ?
(p. 99)
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canelcanel   25 septembre 2017
[...] son GPS indique la route en anglais (son mari américain est celui qui utilise généralement la voiture), et les villages bretons égrenés avec cet accent-là, c'est cocasse, tout de même.
(p. 75)
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LiliGalipetteLiliGalipette   01 octobre 2017
« À quoi est-on certain qu’une personne est morte ? À ce qu’elle n’aura jamais, absolument jamais, l’occasion de lire le troisième tome de la trilogie d’Amitav Ghosh. » (p. 57)
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ascienaasciena   30 juillet 2017
Donc je résume : ma mère, d'un naturel près de ses sous, ma mère, qui ne tient vraiment pas à ce que qui que ce soit possède des choses aussi "épatantes" que les siennes, ma mère, obstinément réfractaire aux échanges trop familiers, ma mère propose que je fouille dans son sac afin de m'offrir la même veste qu'elle. À cet instant précis, je me dis que c'est peut-être à cela, finalement, que ressemble l'annonce de sa mort.
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LeClosLeClos   05 novembre 2017
Comment console-t'on quelqu'un de l'inconsolable, témoin de sa propre déchéancephysique, humilié de ce manque d'autonomie qui n'en finit pas de l'empêcher d'être homme , et père?
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