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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070124843
Éditeur : Gallimard (07/05/2010)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 347 notes)
Résumé :
Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre.
Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l'adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre util... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  30 août 2013
Orphelin, le jeune garçon a eu cette chance incroyable de croiser la route de Don Gaetano. Concierge de l'immeuble, il s'est très vite pris d'affection pour cet enfant des rues. Il lui raconte les années passées en Argentine, la ville de Naples sous les bombardements, la vie de ce Juif qu'il avait caché, les pensées qu'il sait lire dans la tête des gens. Ils vivront ainsi tous les deux, entre deux parties de scopa, les services qu'ils se rendent mutuellement, les parties de foot organisées dans les ruelles, les livres que Don Raimondo lui prête gracieusement et qu'il s'empresse d'aller feuilleter dans sa cachette, la veuve de l'immeuble qui lui vante ses charmes et l'initie au doux plaisir de l'amour et la superbe jeune fille du balcon qu'il n'ose approcher...
Une ode à la ville de Naples, un roman initiatique, un voyage au goût doux-amer, une aquarelle délicate... Ce livre est tout à la fois. Erri de Luca sait mieux que personne raconter les histoires les plus simples qui deviennent presque un enchantement sous sa plume. Il choisit les mots avec délicatesse, joue avec, les fait danser sur un rythme de tarentelle ou les fait s'entrechoquer. A la fois nostalgique, poétique, humain et touchant, ce roman singulier fleure bon la sfogliatella ou l'orzata...
Le jour avant le bonheur... Et si c'était hier ?
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sandrine57
  20 juillet 2016
Dans un quartier populaire du Naples de l'après-guerre, un orphelin vit seul dans l'immeuble où don Gaetano est concierge. le vieil homme solitaire et l'enfant abandonné forment, sans le dire, une famille de coeur. Ignorant de son histoire familiale, l'orphelin apprend tout du sage concierge. C'est lui qui lui enseigne la scopa, ce jeu de cartes napolitain où il excelle, c'est lui qui lui raconte la ville pendant la guerre, les nazis, les fascistes, le juif qu'il a caché, l'insurrection du peuple, sa vie en Argentine, c'est lui aussi qui lui apprend la plomberie, qui l'envoie chez la veuve de l'immeuble pour de menus ''réparations''. Et don Gaetano n'est pas seulement un bricoleur hors pair, un champion de la scopa, le meilleur cuisinier pour les pâtespatates, il sait aussi attraper les pensées des gens qui volent jusqu'à lui. C'est comme ça qu'il sait que l'orphelin n'a jamais pu oublier la petite fille du troisième qui le regardait derrière sa fenêtre alors qu'il tentait d'être le plus brillant des gardiens de but de la rue. Quand elle réapparaît dans sa vie, le concierge le met en garde...
De Naples ou de don Gaetano qui est le héros de cette histoire ? Les deux car ils sont liés dans le même amour que l'orphelin narrateur leur porte. Dans une langue rendue vive par le patois napolitain, Erri de Lucca raconte le parcours initiatique d'un jeune garçon, une ''bonne graine'' dans une ville dont il apprend aussi à connaître l'histoire et la géographie grâce à son mentor. Et l'enfant va grandir, bercé par les récits du vieux concierge, guidé par ses conseils, nourri par les livres que lui prête le libraire don Raimondo, instruit par l'école publique et gratuite.
Cet ode à Naples, ce récit initiatique qui prend parfois des allures de conte est un petit bijou de poésie, de délicatesse et d'humanité. A lire sans modération.
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gouelan
  18 avril 2016
Le jeune garçon est orphelin. Sa famille est l'immeuble où il habite, dans le Naples de l'après-guerre. Celui qui pour lui ressemble à un père, en est le gardien : Don Gaetano. Il se sent libre et s'évade dans le monde des livres. Il apprend la guerre de la bouche de Don Gaetano. Il aime apprendre.
On retrouve dans ce roman les mêmes ingrédients que dans "Tu, mio". Cela m'a fait penser à cette citation du livre : « L'histoire était une cuisine d'ingrédients on changeait les proportions et il en sortait un tout autre plat. »
Naples, guerre, tramontane, sirocco, soleil, libeccio, pêche, mer, Argentine, garçon, apprentissage, Histoire vécue. Tout cela mélangé selon les proportions choisies, nuancé, pimenté, pour savourer un plat succulent, poétique, tendre et un brin amusant.
On va à la rencontre des habitants de cet immeuble, on imagine le linge suspendu au-dessus de la cour, on assiste aux disputes qui se règlent par un café, on sourit aux mots de la Capa, ce cordonnier drôle malgré lui. Il confond cimetière et séminaire, catacombes et cacatombes, inspecteur des impôts et imposteur. Il est aussi dans le vrai. On joue aux cartes et on pénètre les pensées qui s'envolent.
le jour d'avant le bonheur, peut-on le reconnaître ? Il se faufile à l'improviste. Il faut saisir l'instant fugitif, se préparer au lendemain, ne pas tituber de bonheur, redescendre doucement.
Une histoire simple qui, racontée autrement n'aurait pas le même effet, semblerait un peu fade. Avec les mots d'Erri de Luca, c'est une belle mélodie. On se laisse bercer.
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TheWind
  30 décembre 2016
♫♫ Il est où le bonheur, il est où ? ♫♫
Ne cherchez plus.
C'est le narrateur de ce roman d'initiation, plein de délicatesse et de drôlerie, qui semble l'avoir trouvé.

Nous sommes à Naples, c'est l'après-guerre et l'histoire nous est racontée par un jeune orphelin vivant dans un réduit d'un vieil immeuble, sous la protection du concierge, un homme généreux et plein de ressources, don Gaetano.
C'est lui qui va lui raconter Naples pendant la guerre, qui va l'initier à un tas de choses toutes simples mais bien utiles : les cartes, les bonnes pasta e patate, la plomberie, la sexualité d'une certaine façon mais surtout lui apprendre à grandir.

C'est ma première rencontre avec Erri de Luca. Si l'histoire en elle-même ne m'a pas immédiatement emballée – j'ai trouvé le début très lent à se mettre en place alors que ce roman est très court !- l'écriture d'Erri de Luca, elle, m'a emportée.
C'est une prose très poétique, si je puis m'exprimer ainsi, avec des comparaisons parfois improbables et étonnantes mais très belles.
Je vais considérer ce roman comme mon Jour avant le bonheur, en espérant bien trouver la plénitude dans un des autres livres d'Erri de Luca.
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michfred
  21 mai 2016
La scopa est un terrible jeu de cartes napolitain.
Don Gaetano y est imbattable. Don Gaetano, c'est le concierge de l'immeuble où vit un jeune garçon sans nom, sans parents, sans amis: le narrateur de l'histoire.
Don Gaetano est un orphelin, lui aussi. Alors à cet enfant renfermé qui n'aime que le ballon, les livres et les yeux tristes de la petite fille recluse au troisième étage, il apprend la ville, Naples , la belle, la pouilleuse, la rebelle - et avec elle, la vie.
Il lui apprend la guerre que l'enfant trop jeune n'a pas connue vraiment, le soulèvement du peuple, l'arrivée des Américains, une fête qui très vite tourne mal. Il lui apprend la solidarité avec un juif lettré caché dans le labyrinthe des grottes sous la ville.
Il lui apprend l'amour avec les veuves italiennes si graves dans les rues sous leurs habits de deuil, et si chaudes une fois la porte refermée. Il lui apprend à savourer le jour d'avant le bonheur, quand une promesse d'enfance devient réalité. Il lui apprend enfin à affronter les jours d'après le bonheur, et à se servir d'un couteau.
Une seule fois, le couteau.

Mais quand il lui a tout appris, que le jeune garçon , enfin, le bat deux fois à la scopa, l'initiation est finie, et l'élève, devenu maître, part sur le dos de la mer, vers la lointaine Argentine. La terre de fuite des Napolitains pauvres que la loi tente de rattraper. Comme d'autres , autrefois.
Qui gagne, perd. "t"aggia 'mpara' e t'aggia perdere". Je dois t'apprendre et te perdre, dit le sage Don Gaetano...
La scopa est un jeu napolitain. Un jeu de cartes où tricher est impossible. Où celui qui gagne perd aussi , beaucoup.
J'ai retrouvé le charme solaire et poétique des récits de De Lucca.
Cette façon rien qu'à lui de mêler l'essentiel et l'accessoire: le tragique des existences humbles et leur reflet mythique chez les Anciens, la misère des loges et des galetas- et le luxe baroque et insolent du soleil sur les fenêtres , sur le tuf, sur la bouche béante du Vésuve.
Le comique impayable des mots, tel ce Napolitain incapable de comprendre l'italien et qui l'écorche pour notre plus grand plaisir- mais qu'on n'aille surtout pas rire devant lui, il nous en coûterait cher!- et l'art consommé de la formule, du "concetto" brillant, du raccourci poétique, fulgurant ...
Et c'est là justement que pour la première fois depuis que je lis Erri de Lucca, j'ai senti quelques réserves..
Trop poli, trop parfait, trop bien serti, trop étincelant, ce bijou du langage...Trop travaillé. Au point de forcer le trait, de frôler la citation pour pages roses...
C'est ce qui m'a retenue de donner cinq étoiles.
C'est ce qui, à mes yeux, canalise l' émotion, toute bridée par l' admiration,
Comme on trouve magnifique une broderie tout en se disant que le foulard, sans rien, aurait eu plus de naturel, plus de légèreté, plus de flou...
Voilà. Ce n'est pas grand-chose, Ce n'est rien.
Juste un petit pas de côté avant le bonheur.
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critiques presse (1)
Lexpress   21 février 2012
La quête existentielle d'un jeune orphelin napolitain au lendemain de la guerre. Magnifique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   17 avril 2016
" J'ai une assignation pour vous.
Le cordonnier prend un air empressé, lui dit de s'asseoir, qu'il va lui donner un verre d'eau.
- Je regrette que vous soyez dans cet état d'agitation à cause de moi, lui dit-il, et il le touche pour le faire asseoir.
- Quelle agitation? Que dites-vous ? Monsieur La Capa, j'ai ici une assignation.
Le cordonnier avait décidé qu'il était agité. Il lui mis le verre d'eau dans la main. "Mais, je n'ai pas soif, monsieur La Capa, ne perdons pas de temps, je viens du ministère des Finances.
- Bravo, est qui est-ce qui se fiance?
- Mais personne, je suis un fonctionnaire des impôts.
- Ah! Vous êtes un imposteur ?
- Mais, comment osez-vous ?"
Le pauvre inspecteur était vexé, mais intimidé aussi car La Capa possédait des mains grandes comme des battoirs, d'où partaient deux bras démesurés.
" Vous voyez ? Vous êtes agité."
L'autre fait mine de se lever et La Capa le rassied d'une légère poussée qui le cloue sur la chaise.
Don Gaetano surveillait la scène, imperturbable. Le cordonnier voulait s'expliquer.
" Écoutez, monsieur l'imposteur des impôts, celui qui contrôle les billets du tram s'appelle contrôleur, non ? Vous êtes dans les impôts et vous êtes un imposteur.
- Écoutez, monsieur La Capa, tout ça frise l'outrage.
- Jamais de la vie, personne ne s'enrage ici. Mais vous êtes trop pâle, vous ressemblez à Bellomunno, celui des pompes funèbres, n'est ce pas, Don Gaetano ? Il porte des chaussures noires, celles qui suivent les enterrements.
- Vous dépassez les bornes, maintenant."
Le pauvre inspecteur fait encore mine de se lever, mais La Capa le rive sur sa chaise d'un coup à fixer une semelle sur un soulier.[...]
- Vous allez comprendre que je suis l'inspecteur des impôts sur le revenu, oui ou non ?
- Ah non ! L'inspecteur des impôts est revenu, c'est un comble ! ...
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marina53marina53   30 août 2013
Certaines personnes savent, le jour d’avant, qu’elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d’avant est donc le meilleur…
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VALENTYNEVALENTYNE   01 octobre 2015
« Dans les plaines d’Argentine, j’ai connu le feu. Je l’ai vu s’allumer sous la foudre, se cacher et glisser sous l’averse. Puis il partait en frétillements de lézard sous l’herbe qui ployait, sortait la tête, s’enroulait en pelote avec le vent, sautait sur un buisson et dansait au sommet. Je l’ai vu pourchasser les bêtes, attraper les oiseaux en vol. J’ai vu son dos orangé monter sur la colline, devant lui courait la trombe de fumée noire avec laquelle il part à l’assaut . »
Quand il parlait de l’Argentine, don Gaetano utilisait une autre langue et une deuxième voix, plus de gorge. Des mots rapides, nerveux, lui venaient, à tenir en bride.
« Je frôlais les incendies, la chasse y était bonne, mais c’était surtout parce qu’ils m’attiraient. L’air était amer, mes cils étaient brûlants. Le cheval éternuait de peur, mais il était fier et supportait. L’incendie laisse la terre en blanc et noir, il suce la moelle des couleurs, dessèche le vert le bleu et le marron. La nuit, je m’en éloignait pour bivouaquer, le feu que j’allumais flairait l’incendie et appelait pour se laisser rattraper. A l’aube, je l’étouffais en piétinant jusqu’à la dernière braise et le feu me détestait car j’étais son maître et lui ne supporte aucun. C’est un expert de l’encerclement, il surgit brusquement du côté opposé, avance même à contrevent. Il gronde s’il se trouve cerné ».
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AelaAela   22 juillet 2012
Don Gaetano regrettait la nature qu’il avait connue en Argentine. Les plaines où les troupeaux paissent en liberté, où le tonnerre éclatait « à coups de tarentelle et où la terre était une piste de danse du ciel. »
Etre orphelin était la condition naturelle, nous étions tous des orphelins, bêtes et hommes, sur une plaine vaste comme un océan.
L’Argentine donnait de l’espace à volonté.
Les solitudes réglaient leur respiration face aux horizons.
Je m’étais enfui là-bas sans savoir allumer un feu.
L’Argentine m’a appris à vivre, c’est-à-dire à survivre.
Tout autre chose que vivre, qui est passer le temps.
Survivre a pour objectif la fin de la journée, le bon endroit pour bivouaquer, de l’eau pour le cheval et du petit bois pour le feu.

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PibookPibook   25 juin 2013
Il y avait une générosité civile dans l'école publique, gratuite, qui permettait à un garçon comme moi d'apprendre, J'avais grandi en elle et je ne mesurais pas l'effort d'une société pour s'acquitter de cette tâche. L'instruction nous donnait de l'importance, à nous les pauvres. Les riches s'instruiraient de toute façon. L'école donnait du poids à ceux qui n'en avaient pas, elle rendait égaux. Elle n'abolissait pas la misère, mais entre ses murs, elle permettait l'égalité. La différence commençait dehors.
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