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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2070422437
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 430 notes)
Résumé :
Le narrateur, un Italien émigré en Argentine par amour, rentre au pays. En Argentine, sa femme a payé de sa vie leur combat contre la dictature militaire. Lui, le rescapé, a appris que la vie d'un homme durait autant que celle de trois chevaux. Il a déjà enterré le premier, en quittant l'Argentine. Il travaille comme jardinier et mène une vie solitaire lorsqu'il rencontre Làila dont il tombe amoureux. Il prend alors conscience que sa deuxième vie touche aussi à sa f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  16 mars 2016
"Une vie d'homme dure autant que celle de trois chevaux et tu as déjà enterré le premier".
Revenu en Italie du totalitarisme argentin, meurtri et solitaire, il est devenu jardinier. Il dialogue avec les plantes, lit les arbres, froisse du basilic dans ses paumes, prend ses repas à la cantine du village.
Solitaire toujours, il est abordé par une femme. Il ne résiste pas, il tombe amoureux et sait qu'il va bientôt enterrer son deuxième cheval.
Un amour éphémère et entier.
Une amitié remboursée d'un geste sobre et définitif.
Une vie qui s'allège en s'alourdissant.
L'économie de mots d'Erri de Luca est à son comble.
L'intensité des sentiments à son paroxysme.
Moins il dit, plus on ressent.
Trois chevaux pour une vie.
Que pouvons-nous faire face à notre destin ?
Un roman court de toute beauté où le passé s'écrit et s'inscrit dans le présent, où le présent est vécu dans l'instant. Pleinement.
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babounette
  16 septembre 2012
Après avoir lu toutes les excellentes critiques sur ce livre, l'une d'elles m'a d'ailleurs donné l'envie de le lire, je n'ai plus grand chose à ajouter.
C'est le premier Erri de Luca que je lis, et je suis enchantée, tant pas le style "prose poétique", que par cette manière de dire tout sans vraiment le dire, ses souffrances, ses amours, ses amis. Sa façon de décrire les choses, fait qu'on respire l'odeur de la terre, de l'huile d'olive, des herbes aromatiques, que l'on palpe ce qu'il touche, la terre, les arbres, la nourriture, on goûte le vin avec lui.
On sent le vent dans nos cheveux.Ses souffrances sont dites avec beaucoup de pudeur et pourtant elles ont été terribles. Trois chevaux, trois vies, deux sont terminées et tout son espoir réside dans la troisième qu'il entame et qui lui apportera peut-être la sérénité et la paix qu'il cherche.
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marina53
  04 juillet 2013
La vie d'un homme dure autant que celle de trois chevaux.
Le narrateur, Italien d'origine, en a déjà vécu une. Cela s'est passé en Argentine. Opposant à la dictature des généraux, il a vu sa femme se faire assassiner et jeter à la mer. Il s'enfuit alors de ce pays et décide de retourner en Italie.
Sa deuxième vie peut commencer. Il est devenu jardinier, travaille la terre avec passion. Il connait le prix de la vie, il connait la terre, les livres qui l'apaisent. Et il rencontre par hasard, dans un bar, la belle Làila, jeune femme de trente ans qui vend son corps. Qu'importe la différence d'âge et son métier, ils s'aimeront corps et âmes pour ne faire qu'un. Il y a aussi Sélim, un éleveur africain qui vit au rythme des saisons. Une belle amitié profonde et sincère naitra entre ces deux hommes.
Erri de Luca nous offre ici un roman tout en profondeur, empli d'espoir, de malheur, terriblement ancré dans la terre et l'espace qui entourent notre héros. L'écriture est sobre, intense, tout en poésie, en finesse et l'émotion est palpable au fil des pages, les mots sont touchants et vous frappent en plein coeur. De Luca effleure les mots, les suggèrent. Ce roman est bien plus qu'un simple récit mais un poème bouleversant et évocateur. Il possède le don d'emmener le lecteur au plus profond de lui-même et réussit à merveille à retranscrire toutes ces émotions intenses et spirituelles. le passé trouble du narrateur chevauche intelligemment un présent ancré dans la terre et la vie.
Trois chevaux... un bon petit remède...
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carre
  28 juillet 2013

Difficile de mettre des mots tant ceux d'Erri de Luca offrent une telle puissance. Rencontre improbable entre deux solitudes qui malgré leur différence d'âge, vont s'aimer sans retenue malgré leurs cicatrices passées. De Luca offre un court roman époustouflant de poésie, de justesse, d'économie de mots aussi.
De Luca nous offre un arc en ciel de sensations visuelles, olfactives, sensuelles. Les éléments naturels sont là aussi omniprésents. de simples gestes, des regards, des silences ces personnages se comprennent, pas besoin dans dire plus.
Pas besoin non plus de longues phrases chez lui pour aller à l'essentiel, le seul chemin qui compte c'est celui du coeur. Il y arrive avec talent.
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berni_29
  01 août 2018
Attention ! Ce livre est magique. Si vous prenez le temps d'y entrer, vous en ressortirez transformé. Je le situe au Panthéon de mes livres préférés. C'est d'ailleurs par ce roman que je suis entré dans l'univers d'Erri De Luca. Grâce soit donc rendu à ce livre, Trois chevaux...
Erri De Luca est un auteur dont l'écriture est fine, ciselée, sensuelle et légère. Il peint le quotidien avec justesse et beauté. Les mots deviennent de la lumière sous sa plume. Ce livre est magnifique. Les gestes ordinaires y sont peints avec beaucoup de poésie. Erri De Luca est un peintre, un poète ou bien les deux à la fois. Les mots qu'il touche, qu'il pose sur le papier, deviennent de la lumière, deviennent incandescents. Ils brûlent nos mains, nos yeux, nos pas après cela.
La vie d'un homme dure autant que celle de trois chevaux.
Le personnage principal est un jardinier. Il est italien. C'est lui le narrateur. Il revient d'Argentine, de la dictature des généraux. Là-bas, il a vu sa femme se faire assassiner, son corps jeté à la mer. Elle a payé cher son combat contre la dictature. Alors il a pris la fuite, il est revenu en Italie. C'est ainsi que s'achève sa première vie, le premier cheval.
L'homme est meurtri. Il s'enferme alors dans une forme de solitude. Ce métier l'aide à cela. Un jardinier, c'est quelqu'un qui a une relation simple et direct avec les plantes, il leur parle. C'est sans doute un dialogue. Il comprend les arbres aussi, il entend ce qu'ils disent, ses gestes sont faits de rien, toucher de la terre, froisser du basilic entre les doigts, écouter les étoiles. Parfois il se souvient du corps qu'il a étreint, cette femme aimée, disparue, de l'autre côté de sa vie. C'est dans ce retour en Italie qu'il entame la deuxième tranche de sa vie, le deuxième cheval...
Trois chevaux est un cri de révolte contre la barbarie. Un cri presque silencieux. L'écriture est sobre. C'est ce qui la rend intense, lumineuse.
C'est un roman où l'amour est présent, l'amitié aussi. L'amour vient par la belle Làila, un amour corps et âmes, intense, vibrant. La différence d'âge n'est pas un fossé mais un pont. Peut-on aimer encore après la douleur et la mort ? Il y a aussi l'amitié avec Sélim, un éleveur africain qui vit au rythme des saisons, c'est une magnifique amitié. Le jardinier est quelqu'un qui comprend les saisons.
Dans ce livre, le passé et le présent se côtoient étrangement, harmonieusement. Parfois violemment. Le passé revient comme un écho, c'est comme le bruit d'une barque qui revient du rivage d'en face.
Les mots d'Erri De Luca sont sobres et attachants, sensuels aussi. On voudrait les entendre toujours couler en nous comme des fleuves dociles.
À quel cheval sommes-nous déjà rendus dans nos vies approximatives ?
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Citations et extraits (229) Voir plus Ajouter une citation
saphoosaphoo   11 septembre 2010
Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre, et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c'est la beauté, car seule la beauté dans la nature s'oppose à la gravité. Sans beauté l'arbre ne veut pas. C'est pourquoi je m'arrête à un endroit du champ et je lui demande : « ici tu veux ? » Je n'attends pas de réponse, de signe dans la main qui tient son tronc, mais j'aime dire un mot à l'arbre. Lui sent les bords, les horizons et cherche l'endroit exact pour pousser. Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur les soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait.
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PilingPiling   27 janvier 2010
Je prie, dit-il, pour tout ce que je porte à la bouche. Je prie pour lier le jour à son support, comme je le fais avec le roseau près du pied de tomates. Je bénis ce café de l'amitié.
Peut-être est-il plus facile pour un homme venu d'Afrique de lier terre et ciel par une ficelle.
Il tient la tasse blanche dans sa paume grise de pierre.
Nous buvons assis côte à côte sur le banc. Je lui dis que son italien est bon. Il répond qu'il aime la langue plus que tout le reste.
Dure vie ici ? demandé-je. Non, bonne, sans satisfaction du côté des hommes, mais bonne. On sort, on a envie d'échanger deux mots, dit-il, et rien, ici les hommes ne répondent pas. Sans satisfaction, répète-t-il, mais c'est une bonne vie.

(…)

Selim vient au jardin pour le mimosa et pour parler un peu de son pays où l'on va pieds nus et c'est pour ça qu'on parle volontiers.
Quand on met des souliers on ne parle pas, c'est ce qu'il pense de nous. Sans la plante des pieds nus sur le sol, nous sommes isolés, dit sa langue qui doit avoir une arête intérieure en argent pour être aussi sonore.
C'est la vérité, dis-je, c'est un pur amen : toute notre histoire est une chaussure qui nous détache du sol du monde. La maison est une chaussure, comme la voiture, le livre.

(…)

Je ne fais que souffler quelque merci vers le haut, dit-il.
Je fais monter mon souffler qui se mêle aux nuages et se change en pluie. Un homme prie et augmente ainsi la substance au ciel. Les nuages sont plein du souffle des prières.
Je regarde vers le haut, ils arrivent de la mer. Je dis : mince alors, ce qu'ils prient en Sardaigne.
Il rit avec moi et dit qu'il est bon de rire, que la foi vient après le rire, plus qu'après les pleurs.
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torpedotorpedo   15 septembre 2018
Je lis seulement des livres d'occasion.
Je les pose contre la corbeille à pain, je tourne une page d'un doigt et elle reste immobile. Comme ça, je mâche et je lis.
Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
Ainsi, à midi, au bistrot, je m'assieds sur la même chaise, je demande de la soupe et du vin et je lis.

(incipit)
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OsmantheOsmanthe   04 novembre 2015
Elle avance son front, une lenteur bouillante, l'appuie contre le mien, ses cheveux flous sur mes tempes au poil court, son haleine qui monte dans mes narines, ma respiration que je ne parviens plus à sentir et nous sommes si proches que nous restons immobiles.
Maintenant, elle pousse ma nuque avec sa main pour écraser nos visages à l'attache de nos bouches.
Maintenant, seuls nos nez respirent.
Puis, c'est au tour de nos mains de s'agiter pour se donner un moment de répit. Gênés de nous retenir, nous ne disons rien. J'y vais doucement pour ne pas décharger ma force sur elle. La sienne en est décuplée.
Elle est sur moi, elle frappe ma poitrine de coups sourds. Ainsi abat-on les arbres, un coup pour les fendre et une torsion pour libérer le fer de l'impact. Laila fait résonner ainsi ma poitrine, moi je résiste avec orgueil aussi longtemps qu'un arbre qui mord avec acidité le fer qui le tranche. Alors je m'écroule et elle aussi.
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ljodoinljodoin   31 juillet 2011
Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les apporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés. en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à
l’étagère
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