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Danièle Valin (Traducteur)
ISBN : 2743603763
Éditeur : Payot et Rivages (08/01/2006)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 181 notes)
Résumé :
Un été brusque de la jeunesse et l'on apprend le monde à toute vitesse. Sur une île de la Tyrrhénienne, au milieu des années cinquante de ce siècle, un pêcheur qui a connu la guerre et une jeune femme au nom difficile transmettent sans intention à un garçon la fièvre de répondre. Ce récit est une réponse, un me voici décisif comme un lieu de naissance.
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  18 mars 2016
L'île d'Ischia, au large de Naples, les années cinquante, dans l'immédiat après guerre. La mer, la plage, le soleil.
Un été chaud, magique, électrique.
Le narrateur a seize ans. Il est grave, sérieux, il fuit les adolescents de son âge, recherche la compagnie des plus grands, des adultes.
Un été sur l'eau, à l'écart, loin des autres, sur la barque de pêcheur de Nicolà, parfois avec son oncle,parfois avec Daniele, un copain plus âgé.
Un été à s'initier à la pêche, à l'âge d'homme, au silence partagé, aux gestes patients des marins.
Un été à découvrir le passé, à sentir le poids de l'Histoire: les Allemands sont vaincus, ils sont partis. Mais ils reviennent, en touristes décomplexés.
Les Américains sont venus, ils ont libéré Naples mais ils sont restés, ils l'ont colonisée, corrompue, humiliée.
Un été à s'ouvrir à la gravité d'un premier amour.
Car il y a une jeune fille, aussi sur cette île. Elle est belle, joyeuse et soudain sombre: elle est orpheline. Elle porte un nom étrange, Caia. Ou Haia, ou Hàiele.. Elle est juive. Elle a tout perdu. Mais une intonation, un geste, une phrase lui ramènent l'ombre de son père, tant aimé.
Parce qu'il a cette intonation, ce geste, cette phrase au bout des lèvres, au bout des doigts, au bout du coeur, le jeune narrateur accepte d'être le protecteur plutôt que le petit ami, le substitut paternel plutôt que l'amant.
Et parce qu'il découvre la colère impuissante devant la barbarie de l'histoire, il s'en fait le justicier inconnu. Et absurde.
Pour l'amour d'Hàiele, il fait exploser "un feu qui ne pouvait pas corriger le passé".
Un récit magnifique, solaire, inspiré. Un diamant brut, sans coquetterie stylistique, sans détour, sans trucage.
Un premier amour totalement original et qui résonne avec une simplicité et une sincérité absolues.
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gouelan
  14 avril 2016
Le temps d'un d'été sur une île, le temps d'un apprentissage, dans les années cinquante, dans cette Italie encore blessée. Le jeune garçon apprend l'Histoire entre les mots qui s'échappent des adultes et d'une jeune fille qui surgit comme une balafre sur cette île du soleil, du bonheur, des corps qui sentent le sel et la pêche, des pieds nus sans entraves.
Il entre dans le secret de sa vie, il comprend la blessure. Une blessure qui devient sienne ; Tu moi. Mieux que dans les livres, plus vraie, la guerre parvient jusqu'à lui, par l'expérience de ceux qui ont combattu malgré eux, qui ont été des marionnettes. Pour ces hommes, la guerre est comme une maladie de l'homme, elle passe et ensevelit. Ils ne font pas de politique. Leur vie est simple et saine, jusqu'à ce que cette guerre les prenne dans ses filets. Puis l'Histoire ravale ses larmes, la poussière revêt les corps. Il reste les regrets de ne pas avoir su contrer le mal, d'en avoir été complice, et l'envie d'enfouir au fond de soi sa honte…
Le garçon veut savoir, il veut des réponses. Il en aura certaines. Mais à chacun son expérience, à chacun ses réponses. « L'éveil de sentiments personnels ne venait que de l'expérience, pas de l'histoire. »
Une belle façon de raconter la guerre, presqu'en douceur, sans détails, mais avec des mots qui pénètrent, qui vont au fond des choses alors qu'ils ne semblent que les effleurer. Comme un tour de magie.

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FredMartineau
  21 octobre 2018
Une belle surprise ce Tu, mio d' Erri de Luca. Une douce et une belle promenade littéraire ilienne, le temps d'un été, qui a réveillé mes nostalgies adolescentes. L'amour qui prend forme dans le sourire d'une fille, se concrétise en fils dorés délicats effleurant les épaules, provoque les premières déceptions d'un baiser refusé et la tristesse des départs sur fond de promesse éternelles jusqu'aux prochaines vacances. L'arrière-plan est plus grave, comme la vie qui confronte toujours le merveilleux avec le plus terrible. le temps de la lecture, j'ai retrouvé mes 16 ans et l'envie d'écrire un prénom sur le sable...
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Osmanthe
  08 avril 2017
Un bon livre d'Erri de Luca (mais y'en a-t-il de mauvais de ce pilier de la littérature européenne contemporaine ?). Dans ce qui a tout l'air de ses souvenirs de jeunesse, il nous conte l'histoire d'un été dans les années 1950, celui de ses seize ans, passé chez son oncle sur une île napolitaine. Il y a son cousin Daniele, Nicola le taiseux d'origine serbe, et puis la rencontre d'une fille un peu sauvage et libre, Caia...orpheline, ses origines sont obscures, peut-être roumaines ? Au fil de leurs nombreuses parties de pêche en mer, ces garçons vont sentir secrètement monter une attirance pour Caia, qui ne se prive pas de fricoter avec d'autres garçons. Le narrateur apprend de Nicola qui l'a deviné que Caia est juive...ses sentiments grandissent pour celle qui s'appelle en réalité Hàiele, en même temps qu'un désir de vengeance à l'encontre d'allemands en vacances sur l'île qui un soir à une terrasse insultent la jeune juive, provoquant une bagarre...
Erri de Luca parvient une fois de plus à nous faire ressentir toute la force et le sel de la vie : la découverte du sentiment amoureux, le développement d'une conscience historique et humaniste, l'esprit de responsabilité et la maturité qui se forgent pour devenir adulte...Ce que je trouve peut-être de plus remarquable chez cet immense écrivain est sa capacité à nous faire saisir la puissance d'exister dans le présent, avec la nature : on ressent les effets du soleil, du vent, de la mer sur les esprits et les coeurs, le plaisir de la pêche...on sent du respect pour le maniement des outils du pêcheur et pour le poisson...Chaque page, chaque ligne est gorgée d'émotion, ce serait comme se délecter d'une bouchée tirée d'une figue fraîche. On y est, là, sur ce bateau de pêche, à manier les filets, tirer sur la corde, pendant qu'une jolie fille à demi étendue sur le pont prend le soleil et l'air marin tout en vous observant d'un oeil à la fois admiratif et amusé...car si elle s'arroge volontiers quelque possessivité sur vous (Tu, mio), elle sait qu'ELLE n'appartient à personne. Alors il faut profiter de ces instants privilégiés mais éphémères, mais avec humilité, c'est l'apprentissage de la vie...
Toute la littérature ou presque d'Erri de Luca tourne autour de ses souvenirs d'une jeunesse napolitaine d'après-guerre, hantée par les horreurs que l'homme a été capable de commettre, par le respect des gens pauvres, simples, qui savent défendre des valeurs d'honneur, de respect de l'autre, de l'étranger, de la nature, dans une légère nostalgie non larmoyante, et tout cela magnifié par une écriture d'une élégance remarquable. Personnellement, je ne m'en lasse pas !
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saphoo
  20 septembre 2015
Erri de Luca, nous surprend toujours, en si peu de pages, il sait
nous emporter dans son univers particulier, un juste équilibre entre poésie et cruauté de la vie. Un peintre des mots, sachant mettre en valeur la profondeur des personnages sans les alourdir. Le lecteur contemple plus qu'il ne lit l'histoire, comme envoûté par la magie des phrases.
Les sujets sont abordés par des chemins détournés, la plume si enchanteresse de Erri de Lucca nous berce même si derrière se dévoile un pan de l'histoire que tout à chacun voudrait ne pas avoir connu. Puis, il y a comme souvent, l'amour qui s'invite, mais là encore, le talent de l'auteur opère. Ce n'est pas des banales amourettes, ou drames, non, juste une évidence simple et surprenante.
J'aime, ce genre de roman qui nous souffle plus qu'il nous dicte. Nous laissant rêveurs mais profondément bouleversés.
A lire si vous aimez ou ne connaissez pas cet auteur.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   15 mars 2016
On obtient de la mer ce qu'elle nous offre, non pas ce que nous voulons. Nos filets, nos palangres, nos nasses sont une question. La réponse ne dépend pas de nous , les pêcheurs. Ceux qui vont là-dessous chercher la réponse avec leurs mains se croient plus forts que la mer. Seule la surface nous revient, ce qui est en-dessous lui appartient, c'est sa vie. Nous frappons à sa porte, à fleur d'eau, nous ne devons pas entrer chez elle en maîtres.
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DidiliDidili   29 août 2017
Le vent montait de la mer, il venait de Capri, assaillant avec force notre côté de l'île "Comment est-il pour vous le sirocco ? " demandais-je. "C'est le pire des vents. Il change la face de l'île, enlève une plage d'un coté, l'étend de l'autre. Ce n'est pas un vent le sirocco, c'est une rage. Le ciel disparaît, l'air chaud envahit la tête , l'empêche de raisonner. Il ne faut pas faire d'enfants quand souffle le sirocco, on ne doit pas prendre de décision non plus. Il fait éclater des incendies. Il fait sonner la cloche," tu l'entends ?" Un bourdonnement sourd remontait le courant du vent et arrivait faiblement jusqu'à la plage. " c'est un vent furieux
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FredMartineauFredMartineau   21 octobre 2018
Le soir tombait. Complètement abasourdi, je m'endormis. A mon réveil, la nuit était là, un froid dans la tête, un enchevêtrement d'étoiles dans les cieux très hauts, mes premiers pas raides, puis dégagés, puis l'envie de courir et alors une course dans des rues désertes, accompagné par moments de chiens de chasse toujours en liberté sur l'île.
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OsmantheOsmanthe   30 mars 2017
Caia tenait la main d'un garçon. En me voyant, elle s'approcha pour me dire : " Ne me juge pas, je suis une fille et c'est l'été ", à voix basse, penchée sur moi. Je ne te juge pas bien sûr, Haiele, je suis de ton côté, je suis ton plus mauvais danseur, ton gardien. De tout ce qui me passait par la tête en réponse à sa phrase, il ne me vint que : " Ne prends pas froid, Haiele ", pour qu'elle seule put l'entendre, en lui tendant ma serviette. Et elle, en échange, dans un murmure de tendresse, me dit : " Tu, mio ", et elle retourna vers le garçon en serrant ma serviette autour de ses épaules. Les miennes étaient un cilice d'épingles, en haut les étoiles étaient un essaim de méduses et je devais avoir la fièvre pour les voir ainsi.
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gouelangouelan   13 avril 2016
Nicola m'a enseigné la mer sans dire : on fait comme ça. Il faisait comme ça et comme ça c'était bien, non seulement précis mais beau à voir, sans hâte. Le comme ça de Nicola avait l'allure des vagues, ses gestes faisaient une rime que j'apprenais à saisir.
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