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Danièle Valin (Traducteur)
EAN : 9782743603762
140 pages
Éditeur : Payot et Rivages (08/01/2006)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 195 notes)
Résumé :
Un été brusque de la jeunesse et l'on apprend le monde à toute vitesse. Sur une île de la Tyrrhénienne, au milieu des années cinquante de ce siècle, un pêcheur qui a connu la guerre et une jeune femme au nom difficile transmettent sans intention à un garçon la fièvre de répondre. Ce récit est une réponse, un me voici décisif comme un lieu de naissance.
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  18 mars 2016
L'île d'Ischia, au large de Naples, les années cinquante, dans l'immédiat après guerre. La mer, la plage, le soleil.
Un été chaud, magique, électrique.
Le narrateur a seize ans. Il est grave, sérieux, il fuit les adolescents de son âge, recherche la compagnie des plus grands, des adultes.
Un été sur l'eau, à l'écart, loin des autres, sur la barque de pêcheur de Nicolà, parfois avec son oncle,parfois avec Daniele, un copain plus âgé.
Un été à s'initier à la pêche, à l'âge d'homme, au silence partagé, aux gestes patients des marins.
Un été à découvrir le passé, à sentir le poids de l'Histoire: les Allemands sont vaincus, ils sont partis. Mais ils reviennent, en touristes décomplexés.
Les Américains sont venus, ils ont libéré Naples mais ils sont restés, ils l'ont colonisée, corrompue, humiliée.
Un été à s'ouvrir à la gravité d'un premier amour.
Car il y a une jeune fille, aussi sur cette île. Elle est belle, joyeuse et soudain sombre: elle est orpheline. Elle porte un nom étrange, Caia. Ou Haia, ou Hàiele.. Elle est juive. Elle a tout perdu. Mais une intonation, un geste, une phrase lui ramènent l'ombre de son père, tant aimé.
Parce qu'il a cette intonation, ce geste, cette phrase au bout des lèvres, au bout des doigts, au bout du coeur, le jeune narrateur accepte d'être le protecteur plutôt que le petit ami, le substitut paternel plutôt que l'amant.
Et parce qu'il découvre la colère impuissante devant la barbarie de l'histoire, il s'en fait le justicier inconnu. Et absurde.
Pour l'amour d'Hàiele, il fait exploser "un feu qui ne pouvait pas corriger le passé".
Un récit magnifique, solaire, inspiré. Un diamant brut, sans coquetterie stylistique, sans détour, sans trucage.
Un premier amour totalement original et qui résonne avec une simplicité et une sincérité absolues.
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gouelan
  14 avril 2016
Le temps d'un d'été sur une île, le temps d'un apprentissage, dans les années cinquante, dans cette Italie encore blessée. Le jeune garçon apprend l'Histoire entre les mots qui s'échappent des adultes et d'une jeune fille qui surgit comme une balafre sur cette île du soleil, du bonheur, des corps qui sentent le sel et la pêche, des pieds nus sans entraves.
Il entre dans le secret de sa vie, il comprend la blessure. Une blessure qui devient sienne ; Tu moi. Mieux que dans les livres, plus vraie, la guerre parvient jusqu'à lui, par l'expérience de ceux qui ont combattu malgré eux, qui ont été des marionnettes. Pour ces hommes, la guerre est comme une maladie de l'homme, elle passe et ensevelit. Ils ne font pas de politique. Leur vie est simple et saine, jusqu'à ce que cette guerre les prenne dans ses filets. Puis l'Histoire ravale ses larmes, la poussière revêt les corps. Il reste les regrets de ne pas avoir su contrer le mal, d'en avoir été complice, et l'envie d'enfouir au fond de soi sa honte…
Le garçon veut savoir, il veut des réponses. Il en aura certaines. Mais à chacun son expérience, à chacun ses réponses. « L'éveil de sentiments personnels ne venait que de l'expérience, pas de l'histoire. »
Une belle façon de raconter la guerre, presqu'en douceur, sans détails, mais avec des mots qui pénètrent, qui vont au fond des choses alors qu'ils ne semblent que les effleurer. Comme un tour de magie.

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sandrine57
  25 juillet 2019
Un été brûlant. Une petite île au large de Naples. le soleil, la pêche, la plage. Un adolescent, plus tout à fait un enfant, pas encore un homme. Une fille, belle, mystérieuse, étrangère. Des sentiments forts, au-delà de l'amour de vacances. Et puis la guerre...
Le temps d'un été pour faire d'un gamin un jeune homme. Un été particulier pendant lequel il ne partage plus les jeux de ses camarades. Il apprend la pêche et la vie auprès de Nicola, le taiseux, sur le bateau de son oncle. Il fréquente la bande de son cousin, des garçons et des filles plus âgés que lui qui cette année-là accueillent une nouvelle, Caia. Un prénom étrange pour une fille pleine de secrets, venue sur l'île pour s'étourdir de soleil et de baisers. L'adolescent taciturne sait bien qu'il n'a aucune chance de la conquérir et pourtant ils vont se chercher, se trouver, comme s'ils s'étaient toujours connus. Un geste, un regard et Caia retrouve dans ce garçon un être cher qu'elle a perdu. Il devient alors son protecteur, son vengeur. A travers elle, il perçoit les tourments de cette guerre qui vient de s'achever et que tous passent sous silence. Ses parents évoquent à mi-voix les bombardements sur Naples, Nicola parle de sa honte d'avoir combattu dans le mauvais camp. le garçon veut toujours en savoir plus. Qui sont les vainqueurs de cette guerre ? Les américains qui se comportent à Naples comme en territoire conquis ? Les allemands qui reviennent sur l'île, en touristes, lavés de tout péché ? Caia n'a pas les réponses mais elle lui fait entrevoir la souffrance de ceux qui ont tout perdu.
Erri de Luca nous livre ici l'histoire originale d'un amour de vacances pas comme les autres. Onirique, poétique, ce récit initiatique possède la sincérité de l'enfance, la magie du premier amour, la violence du passage à l'âge d'homme.
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berni_29
  12 juillet 2020
Erri de Luca figure dans mon Panthéon littéraire. Il m'enchante par la lumière de ses mots mais n'oublie jamais de me surprendre, de m'égarer, comme ici dans ce très court roman, Tu, mio, un titre qui ressemble presque davantage à une chanson d'Umberto Tozzi ou de Ricchi e Poveri...
Le cadre de ce récit d'ailleurs pourrait tout pareillement nous tromper. Tout se passe sur une île de la Tyrrhénienne, l'île d'Ischia, au large de Naples, avec ses bateaux de pêche, l'été, les vacances, les pieds nus, une guitare qui n'est jamais loin, l'insouciance, un endroit paisible, heureux, presque endormi, et en arrière-pays la fin de l'enfance, l'adolescence qui s'éveille sur le sable fin, les filles dont on rêve déjà, les premiers émois amoureux en pensant au reflet du soleil sur leur peau nacrée...
Je dois avouer que j'ai craint tout d'abord lire une bluette estivale...
Mais l'histoire se passe dans les années cinquante. L'écho de la seconde guerre mondiale résonne encore dans les mémoires, le fascisme aussi... Nous sommes dans l'Italie juste après la guerre, celle qui panse ses plaies, voudrait tourner la page, oublier, passer à autre chose... Brusquement une jeune fille sort de l'horizon avec son histoire, écorchée. Elle s'appelle Caia, elle est roumaine, elle est juive. le narrateur en tombe éperdument amoureux, tout comme son copain Daniele, presque comme un grand frère pour lui. Mais c'est un tout autre rendez-vous qui l'attend. Un saut dans le monde adulte, la surprise d'un battement de coeur qui se trouve pris dans la nasse des souvenirs douloureux qu'on croyait éteints. Il ne tardera pas à découvrir que Caia est orpheline.
Il y a tout d'abord cette amitié très forte avec Nicola, le pêcheur. J'ai beaucoup aimé ce personnage mutique, la patience des marins qui vient dans ses yeux, dans ses gestes. Il a connu la guerre, il s'en souvient comme si c'était hier. Son coeur est hanté par le remords d'avoir combattu dans le mauvais camp. D'ailleurs, c'était hier ou presque. Les plaies sont encore à vif, il ne suffit pas de grand-chose pour éveiller les blessures dans le désordre de la mémoire. La mémoire, c'est comme du sel qu'on jette sur les cicatrices...
C'est l'été. Entre les sorties de pêche et la fête le soir en bord de mer, les jours passent avec lenteur. Parfois au loin une chanson s'élève en sourdine dans l'air moite. Pour le narrateur, c'est l'été de ses seize ans. Brusquement, il est admis à entrer dans un autre monde, celui de s'approcher des jeunes filles, espérer un baiser et peut-être plus encore...
Le passé des personnages surgit parfois empli comme une vague, comme le sirocco que l'on voit s'éveiller et souffler brusquement venant du large, celui que l'on craint ; c'est un passé chargé d'échos et de douleur.
Caia aussi, derrière l'insolence de sa jeunesse, traîne derrière elle un passé qui la hante comme une ombre qui passe de temps en temps dans ses yeux, éteint un bref instant le soleil qui s'y penchait. Il y a le souvenir de son père qu'elle retrouve dans les yeux du narrateur et contre toute attente, c'est un tout autre amour qui naît entre ces deux-là... quelque chose de presque filial, un lien secret, invisible, comme une promesse, quelque chose qui protège du malheur.
Il y a dans ce récit initiatique, solaire, quelque chose qui tient d'une étrangeté presque onirique. L'écriture poétique d'Erri de Luca enrobe les gestes de ce garçon et de cette fille qui font l'apprentissage d'un amour pas comme les autres.
J'ai aimé ce récit d'un premier amour raconté avec beaucoup de délicatesse, comme une manière de dénoncer la barbarie humaine. Tendre et bouleversant à la fois.
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FredMartineau
  21 octobre 2018
Une belle surprise ce Tu, mio d' Erri de Luca. Une douce et une belle promenade littéraire ilienne, le temps d'un été, qui a réveillé mes nostalgies adolescentes. L'amour qui prend forme dans le sourire d'une fille, se concrétise en fils dorés délicats effleurant les épaules, provoque les premières déceptions d'un baiser refusé et la tristesse des départs sur fond de promesse éternelles jusqu'aux prochaines vacances. L'arrière-plan est plus grave, comme la vie qui confronte toujours le merveilleux avec le plus terrible. le temps de la lecture, j'ai retrouvé mes 16 ans et l'envie d'écrire un prénom sur le sable...
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   09 mai 2020
Nicola me dit dans sa langue rapide : " Io nun capisco manco o mare. Nun saccio pecché'o viento' e tempesta fa onda a mare, e polvere'n terra. Campo a mare da che' ? E sulamente mare, acqua e sale, ma è funno assai.

" Je ne comprends même pas la mer. Je ne sais pas pourquoi le bateau flotte, pourquoi le vent de tempête soulève des vagues dans la mer et de la poussière sur terre. Je vis au bord de la mer depuis ma naissance et je ne la comprends pas. Et pourtant qu'est-elle-donc ? Elle n'est que mer, eau et sel, mais elle est profonde, très profonde.
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michfredmichfred   15 mars 2016
On obtient de la mer ce qu'elle nous offre, non pas ce que nous voulons. Nos filets, nos palangres, nos nasses sont une question. La réponse ne dépend pas de nous , les pêcheurs. Ceux qui vont là-dessous chercher la réponse avec leurs mains se croient plus forts que la mer. Seule la surface nous revient, ce qui est en-dessous lui appartient, c'est sa vie. Nous frappons à sa porte, à fleur d'eau, nous ne devons pas entrer chez elle en maîtres.
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DidiliDidili   29 août 2017
Le vent montait de la mer, il venait de Capri, assaillant avec force notre côté de l'île "Comment est-il pour vous le sirocco ? " demandais-je. "C'est le pire des vents. Il change la face de l'île, enlève une plage d'un coté, l'étend de l'autre. Ce n'est pas un vent le sirocco, c'est une rage. Le ciel disparaît, l'air chaud envahit la tête , l'empêche de raisonner. Il ne faut pas faire d'enfants quand souffle le sirocco, on ne doit pas prendre de décision non plus. Il fait éclater des incendies. Il fait sonner la cloche," tu l'entends ?" Un bourdonnement sourd remontait le courant du vent et arrivait faiblement jusqu'à la plage. " c'est un vent furieux
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berni_29berni_29   12 juillet 2020
Nous restâmes ainsi, les mains enlacées et dans nos mains un bout de pierre ponce. Elle m'invitait à un âge qui avait quitté mon corps et mes pensées. Elle me dit de ne pas lui répondre. Dans ce silence je songeais effectivement à une réponse. Elle me dit de la laisser être proche de moi, de la laisser attendre. Elle s'était rendu compte qu'elle aimait l'idée d'attendre. Elle n'était plus une gamine en disant cela, et elle ne parlait pas non plus à un gamin. C'était comme si quelqu'un était entre nous deux, comme si nous nous envoyions des lettres et qu'un facteur nous remettait immédiatement notre courrier. C'est ce que je lui dis, cherchant une fable en guise d'explication. Alors elle dit que l'île était le facteur, que nous l'avions apprise tout petits, à pied, maison par maison et d'un seul coup, en un seil été, c'était une île inconnue. Il n'y avait plus que nous sur cette bande de terre, nous qui avions perdu notre ville et notre âge, et qui sortions de notre coque verte comme les noix de septembre. Je ne sais plus si c'étaient ses propres mots ou bien s'ils raisonnaient ainsi contre mon tympan entre l'oreille et le cerveau.
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OsmantheOsmanthe   30 mars 2017
Caia tenait la main d'un garçon. En me voyant, elle s'approcha pour me dire : " Ne me juge pas, je suis une fille et c'est l'été ", à voix basse, penchée sur moi. Je ne te juge pas bien sûr, Haiele, je suis de ton côté, je suis ton plus mauvais danseur, ton gardien. De tout ce qui me passait par la tête en réponse à sa phrase, il ne me vint que : " Ne prends pas froid, Haiele ", pour qu'elle seule put l'entendre, en lui tendant ma serviette. Et elle, en échange, dans un murmure de tendresse, me dit : " Tu, mio ", et elle retourna vers le garçon en serrant ma serviette autour de ses épaules. Les miennes étaient un cilice d'épingles, en haut les étoiles étaient un essaim de méduses et je devais avoir la fièvre pour les voir ainsi.
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