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EAN : 9782213672533
584 pages
Éditeur : Fayard (08/05/2013)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Parce que je reviens d'où nul n'est revenu Vous croyez que je sais des choses. Et vous vous pressez vers moi. Tout gonflés de vos questions. De vos questions informulables. Vous croyez que je sais les réponses. Je ne sais que les évidences. La vie La mort. La vérité. Je reviens de la vérité. Prologue de Françoise, Qui rapportera ces paroles ?
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bruidelo
  04 décembre 2017
«Certains ont dit que la déportation ne pouvait pas entrer dans la littérature, que c'était trop terrible, que l'on n'avait pas le droit d'y toucher… Dire ça, c'est diminuer la littérature, je crois qu'elle est assez grande pour tout englober.»
Témoignant de son expérience concentrationnaire, Charlotte Delbo nous donne donc à voir le cauchemar des camps.
Il y a une tension douloureuse entre la crainte d'une inutilité ou d'une impossibilité de témoigner de ce vécu, exprimée par exemple dans le prologue:
« Alors pourquoi dire
Puisque ces choses que je pourrais dire
Ne vous serviront
À rien »
et ce sentiment d'une nécessité pour les prisonnières, exprimé plusieurs fois, qu'une d'elles au moins survive pour rapporter leurs paroles - quelque chose d'assez fort pour leur donner la volonté de s'accrocher à la vie alors même qu'elle n'en est plus une.
« Il faut qu'il y en ait une qui revienne pour dire. Voudrais-tu qu'on ait détruit ici des millions d'êtres et que tous ces cadavres soient muets pour toujours, que toutes ces vies soient sacrifiées pour rien? »
Nous sommes interpellés, placés devant nos responsabilités - comment faire pour que ces paroles ne servent pas à rien?
Il n'y a pas dans cette tragédie de héros mis en avant, ce à quoi s'attache Charlotte Delbo, c'est le collectif, les relations des prisonnières - le héros, c'est leur solidarité, leur façon de se soutenir les unes les autres, de rester si humaines, la beauté de leur fraternité - ou plutôt sororité. On aimerait alors être à la hauteur de cette oeuvre, de cette écriture, on sent bien qu'il y a quelque chose d’essentiel, de précieux à apprendre non seulement de cette mémoire historique d'une « cruauté pure, horreur pure », mais aussi de ce sens du collectif, de la générosité tenace de ces femmes privées de tout.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BruideloBruidelo   04 décembre 2017
Dans la vie, qui a besoin de voir au travers des êtres, de savoir d’un regard s’ils partageraient leur pain ou aideraient d’autres à marcher? Cette perspicacité que nous avons acquise, il faudra nous en défaire, parce que ce sera atroce de tout voir dans sa vérité. Ici, tout est vrai. Durement. Sans ombré. Les bourreaux sont les bourreaux. Ils en ont le costume, les insignes, les traits. Ils ne cherchent pas à dissimuler, à passer pour des hommes. Ils sont les bourreaux sans hypocrisie. Jamais ils ne cherchent à amadouer, jamais ils ne singent un sourire. Ils ne nous voient pas. Nous les voyons dans leur différence toute nette. Les victimes sont les victimes, brutalisées, défaites, humiliées, dégoûtantes, pouilleuses. Et celles qui, de victimes, s’arrangent pour passer du côté des bourreaux, elles prennent immédiatement les signes qui les distinguent: brassard, bâton ou fouet, gueule assortie. Nous aurons vu côte à côte, la pire cruauté et la plus grande beauté. Quand je dis cela, je pense à celles qui m’ont presque portée à leur bras pendant les semaines où je ne pouvais pas marcher, à celles qui m’ont donné leur tisane quand je suffoquais de soif, quand ma langue était comme un morceau de bois rugueux dans ma bouche, à celles qui m’ont touché la main en réussissant à former un sourire sur leurs lèvres gercées quand j’étais désespérée, à celles qui m’ont relevée quand je tombais dans la boue, alors qu’elles étaient déjà si faibles elles-mêmes, à celles qui m’ont pris les pieds dans leurs mains, le soir, au moment de se coucher et qui ont soufflé sur mes pieds quand je sentais qu’ils avaient commencé à geler pendant l’appel. Et je suis là. Toutes mortes pour moi. Personne ne meurt pour personne, dans la vie.
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Videos de Charlotte Delbo (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charlotte Delbo
Lecture par Sylvia Bergé, de la Comédie-Française.
Dans le cadre du cycle A voix haute, qui donne vie à des textes dont les manuscrits sont conservés à la BnF et exposés pour l'occasion, Sylvia Bergé, de la Comédie-Française, lit des extraits du manuscrit de Spectres, mes compagnons de Charlotte Delbo.
En savoir plus sur le cycle À voix haute : https://www.bnf.fr/fr/agenda/voix-haute-lecture-de-manuscrits-la-bnf
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