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EAN : 9782715225473
144 pages
Éditeur : Mercure de France (19/01/2006)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Léautaud n’est pas un misanthrope par défaut, par échec, rebuffade ou déception. Il est avant tout un amoureux profond et sincère de la solitude.

Léautaud n’a pas besoin de confort, de raffinement technologique. Mais il n’a pas non plus besoin des autres. Ce qu’il est convenu d’appeler gentillesse, dévouement n’est pour lui que faiblesse suspecte. Il n’est pas étonnant que ses derniers mots aient été : Maintenant, foutez-moi la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  24 novembre 2016
Philippe Delerm, dans un petit livre sagace et amical, Maintenant, foutez-moi la paix !, dit tout ce qu'il faut dire de Léautaud en évitant le romanesque dont on barbouille le personnage. Et, d'abord, Léautaud n'est pas un personnage, c'est un caractère. Tout chez lui, et même le pittoresque, passe par la tête. Il ne reste plus qu'à lire, au hasard de la fourchette, les six mille pages du Journal littéraire. Chacun, à quelque détour, y trouvera son bonheur.
On ne saurait rencontrer, comme son ami Stendhal, homme plus dénué de préjugés. Rien de plus rafraîchissant que la lecture de Léautaud, on ne sait jamais où il nous mène. Ses vérités, ses paradoxes, ses saillies, et même ses sottises, car nul n'est exempt d'en dire, nous prennent toujours à contre-pied. Rarement écrivain fut moins convenu, moins appliqué, plus attaché à écrire dans l'instant, et quelles qu'en soient les conséquences, tout ce qui lui vient à l'esprit. Il se montre à nu, mieux que Jules Renard qui, tout de même, s'observe. Il va tranquillement, avec le plus parfait naturel, sans la moindre provocation, jusqu'au bout de ses confidences qui ne sont jamais des justifications ou des aveux. C'est un Diogène, léger et railleur, mais qui ne fait pas étalage de son cynisme. Il a, jusque dans la cruauté, des candeurs d'enfant. Lui, qui détestait les enfants, ne goûterait guère ce compliment. Et pourtant, il y a chez lui une ancienne innocence. C'est un vieux gamin. Il s'étonne toujours, et peut écrire qu'«il n'a rencontré de grand dans la vie que la cruauté et la bêtise». La mort le fascine comme un évènement bizarre et incongru. Il a beaucoup d'intérêt pour le cheminement des agonies et les masques mortuaires le fascinent. Il n'y met aucune délectation, mais une curiosité intense. Il met, d'ailleurs, de la curiosité en tout.
Il parle d'un chien ou d'un chat comme personne n'en a parlé. Il ne les travestit pas, il ne leur retire pas leur identité de chien ou de chat. Ils sont comme ils sont. Léautaud est comme il est. Il est vrai, dans son style et dans sa vie, comme on n'ose plus l'être. "Philippe Delerm attrape bien cette vérité, évite la morale, le jugement, la

leçon, et, plus encore, à propos de la mère, la

psychanalyse, ce qui donne à sa biographie portative un charme certain. Après l'avoir lu, on peut entrer chez Léautaud sans frapper à la porte. Il vous recevra, car les solitaires sont souvent accueillants. Et puis, il a la sombre et tonique gaieté des misanthropes. Il faut se dépêcher de les lire", souligne le quotidien Le Figaro. du train où vont les choses, ils finiront en prison pour crime contre l'humanité, et on brûlera leurs livres. On ne se lasse pas des livres de Philippe Delerm
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fanfanouche24
  07 mai 2013
Un hommage intelligent et sensible à un écrivain atypique, misanthrope, adorant les animaux et surtout les chats....une plume acerbe mais aussi tellement de talent avec un mal être lointain, une sensibilité d'écorché vif...une de ses phrases qui retient mon attention: J'ai toujours aimé les êtres originaux, bizarres, chimériques, singuliers. Ils sont pour moi le sel de la vie, autant qu'en sont l'horreur les gens qui ressemblent à tout le monde. j'aime leur fantaisie, leur folie. je les suis quand je les rencontre dans la rue, je cherche à me renseigner sur eux, je voudrais les connaître et les fréquenter, je n'ai que dégoût pour ceux qui se retournent et rient sur leur passage. Ils ont encore pour me plaire qu'ils sont souvent très bons, bien qu'étant toujours très pauvres. N'est-ce pas curieux, cet assemblage si fréquent de l'originalité et de la bonté, alors que les gens qui se ressemblent par milliers sont, dans leur médiocrité, en général si égoïstes et si malfaisants ?
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leluez
  14 mai 2012
Le titre du livre correspond aux dernières paroles que Léautaud aurait prononcé, fidèle à lui même, désagréable pour les uns, génial pour les autres.
Sacré personnage que ce Léautaud ! Philippe Delerm, dans son style toujours aussi agréable à lire, nous éclaire et donne envie de le lire (ou de le relire). Un très bel hommage.
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mickaelig
  09 février 2015
Fabuleux Léautaud, fabuleux Delerm. On peut prolonger sa lecture par les "entretiens entre Paul Léautaud et Robert Mallet" ça date des années 50, le rire d'enfant espiègle de Léautaud est un pur bonheur (sur You Tube).
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indelebilevagabonde
  19 octobre 2017
Juste, maintenant,
foutez-moi la paix,
un titre provocateur mais qui parle,
ma méconnaissance de Léautaud m'a dessservie assurément dans la lecture, la plume de Delerm reste agréable pour cette biographie.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AustralAustral   11 avril 2013
Les écrivains sont des gens étranges. Ils attendent toujours le dithyrambe, et font semblant d'en être heureux lorsqu'ils l'obtiennent. Mais une part d'eux-mêmes plus fragile, plus sincère, attend le jugement vrai, l'avis rarissime que n'aurait provoqué aucune compromission de camaraderie, de politique, d'édition. Il y a du masochisme dans le comportement de l'homme de lettres : il fait tout pour que ses succès ne lui apportent pas le bonheur qu'il en avait escompté.
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AustralAustral   10 avril 2013
N'est-ce pas curieux, cet assemblage si fréquent de l'originalité et de la bonté, alors que les gens qui se ressemblent par milliers sont, dans leur médiocrité, en général si égoïstes et si malfaisants ?
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AustralAustral   10 avril 2013
Reçu ce matin une lettre d'une demoiselle Marie-Gabrielle Court, 39, rue Henri Barbusse, à Moulins.

Moulins, 30 août 1954

Monsieur,

Je voudrais savoir ce que vous pensez de Dieu.

Je lui ai répondu :

Le mercredi 1er septembre 1954

Mademoiselle,
Je ne connais pas ce monsieur.
Salutations.
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AustralAustral   10 avril 2013
Je ne m'intéresse qu'aux choses de l'esprit, et ces choses on peut en jouir entre quatre murs les plus nus, une table de bois blanc, un escabeau, de quoi écrire et le moindre lumignon y suffisant.
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krisordikrisordi   16 août 2011
j ai été très surprise de la vie de Leautaud ! j ai découvert avec interet !
Quand tout va mal et que l'on en a assez de tout, à lire croyez moi, il a réussi à "s'isoler" !
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Videos de Philippe Delerm (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
Et vous, quel geste vous trahit ?
Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations :
- le selfie, geste roi de nos vies modernes ; - le « vapotage », qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; - les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; - cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; - un verre qu'on tient à la main sans le boire…
À lire Philippe Delerm, on se dit souvent : « Mais oui, bien sûr, c'est exactement cela ! » Mais lui seul aura su décrire ces gestes du quotidien avec tant de finesse et de vérité – tant de profonde analyse de la nature humaine.
Inventeur d'un genre dont il est l'unique représentant, l'« instantané littéraire », Philippe Delerm s'inscrit dans la lignée des grands auteurs classiques qui croquent le portrait de leurs contemporains, tels La Fontaine ou La Bruyère. Il est l'auteur de nombreux livres à succès, dont La Première Gorgée de bière, Je vais passer pour un vieux con ou Sundborn ou les Jours de lumière (prix des libraires, 1997).
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