AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246813158
Éditeur : Grasset (23/08/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Montmartre, 1909. Masseïda, une jeune femme noire au passé douloureux, vagabonde dans des ruelles mal famées. Un jour, elle frappe à la porte de l'atelier du peintre Théophile-Alexandre Steinlen qui l'accueille. Elle devient sa confidente, son modèle, son dernier amour et entre dans un monde peuplé d'artistes. Mais la Belle Epoque s'achève et le passé de Masseïda réapparaît.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  18 décembre 2017
Montmartre . Nous sommes en 1909.
L'auteur nous remémore avec grâce ,un épisode oublié et méconnu de la vie du peintre et sculpteur , alors âgé , le cheveu et la barbe blanche , Théophile-Alexandre-Steinlen , le dessinateur de la célébre affiche du Chat Noir ........
Oú l'on découvre avec intérêt une belle jeune femme noire, Masseïda, aux yeux sombres et inoubliables, aux jambes sûres, au modeste ballot de chiffons pour tout bagage, barbouillés de rêves, sabordés d'absinthe, une femme -lionne qui deviendra son modéle, sa confidente et son dernier amour .........
Au "Lapin Agile ", cabaret artistique , Masseïda , la seule Africaine, rencontre d'abord un préfet mélomane, un poéte au cou de buffle, un peintre aux prunelles félines, un anarchiste violoneux, un maquereau patibulaire, deux catins en goguette, des filles de nuit et des marginaux que la syphilis et l'absinthe tuent aussi sûrement que la guerre .........
Masseïda conquiert bientôt leur coeur juste le temps d'une chanson .
Nous faisons aussi la connaissance de Vaillant , le chat d'Alexandre Steinlen , en hommage à un dynamiteur anarchiste qui portait sa queue en panache, au pelage épargné par la gale, combatif et contemplatif, connaissant le quartier comme les replis de sa pelisse, sa toison se confondait avec la poussière des jours.......
Oú l'on rencontre Picasso et sa bande, Guillaume Apollinaire, Aristide Bruant, Jean-Grave , le théoricien libertaire, et Felix-Feneon, le critique d'art.......
L'auteur nous parle d'un temps où la Butte de Montmartre était constellée de cabanons, de chalets, de buttes qui faisaient la nique aux lois d'airain de l'architecture , du temps de la jeunesse du peintre Steinlen .....
De tout cela ne subsiste que quelques jardinets ........
L'époque Hausmannienne avait tout méthodiquement cadastré et arasé .......
Bientôt le goudron couvrirait la terre car il fallait assainir la Butte et assurer la salubrité de la Capitale ........
Où l'on rencontre tout de même César van Hove, un des derniers allumeurs de réverbères , un vieil homme providentiel ......
Un livre enchanteur entre Recherches historiques et magie du fil du récit , une bien belle découverte , à l'écriture poétique et lumineuse , ciselée, soignée, imagée à souhait, qui nous parle avec raffinement et une intense sensualité du temps de la Bohème , de la misére qui se tenait là , aux abois, et des jours fastes où les dessins du peintre se vendaient sur les quais de Seine , grâce au renouveau et à la chaleur de la belle Massseida,.......
Une prose à l'apparence d'un conte, ponctuée de "langage parlé" , qui ajoute gouaille et panache à ce témoignage lumineux et nostalgique à propos d'une époque lointaine , plus ou moins oubliée , chère au coeur de tous les Parisiens !
Dire que je ne connaissais pas Julien-Delmaire , cet écrivain poéte !
Livre choisi à cause du titre à la Médiathéque .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4910
nadiouchka
  27 juillet 2017
C'est grâce aux conseils de ma libraire chez qui je vais pour mon Club de Lecture (le premier mercredi de chaque mois), que j'ai pu lire, en avant-première, « Minuit, Montmartre » de Julien Delmaire, romancier et poète français que je ne connaissais pas et qui a commencé à publier ses ouvrages en 2013. Je dois dire que ce fut une jolie découverte pour ce livre dévoré en une seule soirée.
On commence par faire la connaissance de Théophile Alexandre Steinlen, un vieux dessinateur habitant la rue Caulaincourt avec son chat, un matou nommé « Vaillant » (et il méritera bien ce nom).
Nous sommes en 1909, à Montmartre, où on suit une magnifique jeune femme noire, Massaeïda, qui ne sait plus où aller. Elle erre dans les rues et sa beauté attire la concupiscence des hommes qui la voient et qui l'on entendue chanter – car elle a une voix envoûtante.
A bout de forces, elle arrive chez le peintre qui accepte de l'accueillir après un épisode sulfureux avec un modèle noir, Pampelune.
Mais la guerre approche à grands pas et La Belle Époque n'en est plus une.
On découvre que Steinlen a aussi été appelé « le peintre aux chats » car c'était un de ses sujets favoris avec, notamment, des affiches comme « La Tournée du Chat Noir ». Mais son talent n'était pas limité à cela car il peignait aussi des portraits.
C'est dans ce cadre que Massaeïda va lui proposer de devenir son modèle : « Massaeïda n'ignorait rien du trouble qu'elle faisait naître chez les hommes, lorsqu'elle dansait, qu'elle chantait. Elle savait les arrière-pensées, pressantes, malsaines qui virevoltaient dans son sillage. Son reflet dans le regard des mâles valait de l'or. Elle n'avait jamais vendu son corps, (…), mais elle deviendrait modèle. Elle vendrait son reflet ». (page116).
Elle devient aussi le dernier amour du peintre mais elle fait également connaissance avec ce poison qu'est l'absinthe, poison dans lequel elle plonge de plus en plus souvent, pour oublier son passé, jusqu'à ce que Steinlen s'en aperçoive.
Entre-temps, on part à la découverte de ce Montmartre avec la vie de bohème des artistes. C'est un voyage à la rencontre de personnages tels que Aristide Bruant, Apollinaire, Félix Fénéon, Toulouse-Lautrec, La Goulue, dont nombreux sont ceux qui tirent le diable par la queue. C'est aussi l'époque des allumeurs de réverbères, dont l'un, César van Hope, accomplit sa tache méticuleusement jusqu'à la retraite en étant le témoin anonyme de bien des scènes.
On va ainsi de cabarets en studios de peintres, bien souvent des taudis.
On attache beaucoup d'importance à la si belle et généreuse Massaeïda dont le douloureux passé resurgit parfois et la plonge dans le désarroi.
C'est un récit poétique, émouvant, plein de découvertes. On observe aussi avec un grand bonheur le chat « Vaillant » qui sait rameuter sa troupe quand le besoin s'en fait sentir. Et en parlant de chats, car il en est beaucoup question dans ce livre (les amoureux de ces petits félins y trouveront leur bonheur), c'est avec eux que Steinlen va connaître une grande gloire avec ses toiles représentant, non seulement, « Le Chat Noir » mais aussi un tableau qu'il considère comme peut-être son chef-d'oeuvre car il représente une myriade de chats de toutes races. Pour lui c'est une apothéose (j'ai relevé une citation).
En conclusion, un grand merci à ma libraire pour cette jolie découverte d'un Paris auquel on ne pense peut-être plus, de ce Montmartre où ne restent plus que quelques peintres principalement attachés à « croquer » le touriste.
Si le rythme de ce livre est lent, c'est certainement une volonté de l'écrivain pour bien nous faire apprécier toutes les descriptions ainsi que l'ambiance qui règne dans ce milieu si particulier. Au fait, on y voit même le clown Chocolat…
De plus, cet épisode de la rencontre de Steinlen avec Massaeïda est méconnu, mais elle y intervient largement, elle la modèle d'ébène qui donne une grande sensualité à cet ouvrage, par son tempérament de feu, sa volonté acharnée de s'en sortir et d'aider son bienfaiteur.
Un livre à découvrir très rapidement lors de sa parution, mais j'ai vu que d'autres lecteurs l'avaient déjà lu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          276
nilebeh
  13 mai 2018
Masseïda est venue d'Afrique, migrante des années 1900, -déjà ! - qui a connu un passage sur un bateau avec viol et violence - déjà ! - et s'est retrouvée à Montmartre avec pour tout bagage sa ferme volonté et sa grâce de déesse bambara. Sa voix aussi. Quand elle chante une mélopée de son village, tout le Chat Noir retient son souffle, subjugué. Parmi les spectateurs, dans une faune hétéroclite, les marlous de Paris les artistes qui crèvent de la vie de Bohême, les proxénètes qui la mettraient bien sur le trottoir, les gigolettes et les filles de joie-filles de peine. Mais surtout, lui, Steinlen, l'artiste peintre des chats, celui qui réalise des lithos et les affiches du Chat Noir, le peintre flamand déjà vieux et chenu, qui n'attend plus grand-chose de la vie ni de son art. Ses plus belles toiles, il les cache sous des toiles blanches dans le secret de son atelier. Là où débarque un jour la belle Africaine qui cherche refuge. Et un nouveau départ sera donné à sa vie.
Ce livre, beau et secret comme un poème africain, comme un tissu peint par le peuple bambara, fait revivre pour nous, lecteurs repus et bénéficiaires d'une paix inestimable dont le sens nous échappe, le monde des années d'avant la guerre de 14-18, dans ce Paris populaire, pas encore pris d'assaut par la bobo-itude actuelle, ces rues Caulaincourt (où vit Steinlen) Saint-Vincent (chantée par Bruant), Lepic (d'avant Amélie Poulain). Il y a là mille vies, mille destins qui se côtoient, s'acceptent, se respectent. Allez vous promener Place du Tertre aujourd'hui...
L'amour-amitié qui lie Steinlen et Masseïda est tendre et respectueux, plein de compassion et d'indulgence. Malheureusement, les fléaux de l'époque font des ravages : la misère, l'absinthe qui nécrose le cerveau, et puis la Guerre, la der des Der, qui embauche à tour de bras les Parisiens, comme les autres, les gamins qui rêvent de gloire, les Africains, à qui, enfin, on dit merci d'être là ! Pour mieux les oublier, quand les hostilités auront cessé....
J'ai aimé le style de cet auteur, qui allie l'argot gavroche du titi parisien, la langue verte des artisans et des artistes à un français limpide et poétique, tout empreint de la grâce africaine. J'ai aimé le courage de la jeune femme, la voir lire lire son passé détestable dans les yeux dorés filtrants d'un des chats qui l'entourent. J'ai aimé Vaillant, le chat dévoué et courageux qui la vengera de l’infamie.
J'ai aimé découvrir Steinlen autrement qu'à travers ses portraits de chat, Steinlen qui n'a plus la force nettoyer sa pierre à lithos mais qui y croit encore, qui essaie encore, grâce à Masseïda.
J'ai aimé ce tourbillon d'images, de sensations, d'émotions, cette sensualité affleurante à tous moments, cette peinture sensible, douce et crue à la fois, bien éloignée de ce que vendent aujourd'hui aux touristes les artistes de la Place du Tertre...

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          115
lucia-lilas
  18 décembre 2017
« La tournée du chat noir » : vous connaissez certainement cette belle lithographie que l'on rencontre reproduite sous forme de posters, cartes postales, porte-clefs, et même tee-shirts lorsqu'on arpente les ruelles de Montmartre. Eh bien, elle est l'oeuvre d'un dénommé Théophile Alexandre Steinlen, artiste anarchiste qui a dédié son oeuvre à la misère des petites gens de Montmartre : ouvriers, marchands, prostituées, cabaretiers « … le peuple de la Butte était saisi sur le vif, dans le labeur des jours. Des charbonniers déchargeaient des sacs d'une carriole. Un vendeur de journaux à la criée, haut comme trois pommes, brandissait une gazette. Une marchande de savon tranchait dans un gros bloc, à ses côtés, un rémouleur aiguisait une serpette. Un allumeur de réverbères … hissait sa perche vers le candélabre ; sur la chaussée, deux poulbots le contemplaient, les prunelles en extase.» Il a en outre dessiné, peint, sculpté et recueilli un nombre infini de chats dans son atelier de Montmartre.
Il s'était installé avec sa femme sur la Butte au 21 rue Caulincourt vers 1883 mais cette dernière mourut en 1910. Il fit alors la rencontre d'une femme noire, Masseïda, originaire du Sénégal, de l'ethnie Bambara, ancienne danseuse de revue, qui lui servit de modèle et qui devint sa gouvernante et sa compagne.
Dans son dernier roman, Julien Delmaire évoque à la fois l'errance de cette femme dans les rues mal éclairées et malfamées de Montmartre où elle attire comme un aimant les regards des hommes et la rencontre avec Steinlen, le quotidien difficile d'une vie rongée par l'alcool, la pauvreté et les ravages de la guerre.
L'auteur met en scène un Montmartre sur le déclin où le préfet de Seine, Justin Germain Casimir de Selves, ose à peine mettre les pieds pour s'encanailler : les cabarets ferment peu à peu, les airs de java s'évanouissent dans l'air, l'électricité remplace petit à petit l'éclairage au gaz des réverbères ; les moulins, les ateliers d'artistes, les baraques de planches sont détruits un par un : « Tout devait être méthodiquement cadastré, arasé, haussmannisé. », les potagers qui nourrissaient Paris abandonnés, les charrettes tirées par les chevaux disparues, les chemins boueux transformés en rues goudronnées sur lesquelles les premières voitures atteignent les quarante kilomètres heure, l'âne Lolo du Lapin agile est mort ! Les jeunes hommes partent au front dont ils ne reviennent pas. « En ce temps, Montmartre avait tout d'une jungle, les fauves avaient le surin en alerte et il fallait être un peu fou pour poser son chevalet au milieu de pareils coupe- gorge. »
Et Steinlen n'a plus le courage de nettoyer sa pierre à lithographie devenue bien trop lourde pour lui... « Ça fait un bail, tu sais, que l'bon Dieu a tourné le dos à la Butte et c'est pas près de changer. » se désole le peintre qui reçoit encore quelques commandes de journaux : le Gil Blas, le Mirliton, L'Assiette au beurre… Mais « Steinlen n'en peut plus des caricatures », il veut reprendre ses pinceaux et peindre.
Beaucoup de nostalgie émane de ces pages à la fois poétiques et sensuelles. On y croise des figures célèbres comme Apollinaire, Valloton, Lautrec, La Goulue, Chocolat au cirque Bostock...
Le quotidien est difficile : la nourriture manque, l'absinthe et la syphilis tuent à petit feu de même que le froid mordant de l'hiver contre lequel il est difficile de lutter. Même les couleurs viennent à manquer...
Masseïda est très touchante : elle repense à ses années africaines, à cette terre dont elle a été arrachée et elle y repart, en pensée, se plongeant dans des songeries infinies. Elle s'occupe du logement, des chats et pose pour Stenlein : « La chevelure de Macha. Noir corbeau. Cordages silencieux. le front de Massa. Oued paisible. Noix de cajou. le ventre de Massa. Vésuve clandestin. Terre brûlée. »
Un beau roman dont l'écriture délicate et imagée (certaines pages sont de vraies splendeurs) fait renaître la bohème de cette Belle Époque finissante et les petites gens qui se battent pour survivre tant bien que mal...
Un Montmartre que l'on aurait bien du mal à reconnaître maintenant qu'il est devenu un des endroits les plus huppés de Paris où l'immobilier a flambé.
On a envie, après la lecture de ce livre, d'aller flâner rue Norvins et rue des Saules, de longer tranquillement la rue de l'Abreuvoir et l'allée des Brouillards. Avec un peu d'imagination, on croiserait peut-être César van Hove, l'allumeur de réverbères qui « parle aux candélabres, aux chats et à la lune » et l'on devinerait la présence d'une jeune femme noire suivie d'un chat disparaissant dans la brume du soir...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
coquinnette1974
  01 septembre 2017
Minuit, Montmartre est une très jolie découverte de la rentrée littéraire grâce au site Net Galley et aux éditions Grasset.
J'ai été charmée par le Paris du début des années 1900, le quartier de Montmartre (que la non parisienne que je suis connais, pour y être déjà allée plusieurs fois).
Quel plaisir de se retrouver grâce à la jolie plume de Julien Delmaire dans le Paris de ses années là :)
Le chat Vaillant ouvre ce roman, et nous emmène avec lui voir la jolie Masseïda, future muse du peintre Théophile Alexandre Steinlen. Je ne connaissais pas ce dernier, mais après recherche sur le net je me suis rendue compte que si, il a fait de nombreux dessins de chats très connus, des affiches... Et j'ai trouvé ça très intéressant d'apprendre à connaitre ce peintre dans ce roman, qui est bien une fiction mais avec des éléments proches de la réalité, tout à fait le genre d'ouvrage que j'apprécie.
La muse Masseïda est une jeune femme noire au passé trouble, elle est très mystérieuse et c'est un personnage qui m'a beaucoup plu.
En fait, je dirais que j'ai tout aimé dans ce livre : les personnages, Vaillants, les chats, l'ambiance, l'époque et la plume de l'auteur.
C'est un roman de la rentrée littéraire à découvrir car il vaut vraiment le coup d'être lu, m'a charmé et mérite bien cinq étoiles :)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   18 décembre 2017
"Sur la piste goudronnée , une charmante pagaille, de folles girations.Päris soulevait ses jupons de carbone et les Panhard déboulaient , à plus de vingt kilomètres à l'heure.Vaillant, hissé sur une borne d'incendie, dut admettre son échec..La silhouette qu'il poursuivait s'était évanouie , happée par la vitesse et le tintamarre du carrefour ........"
Commenter  J’apprécie          130
nadiouchkanadiouchka   28 juillet 2017
Vaillant n’accorda pas un regard à son portrait. Son esprit vagabondait à la poursuite d’une silhouette perdue. Le souvenir de la jeune négresse le préoccupait. (…)
Il devait être une heure du matin.
La rue appartenait aux spectres en cavale.
A l’intérieur, la flamme de la lampe expirait. Le peintre s’était emparé d’une craie, avec laquelle il apposa des rehauts blancs sur le pelage du chat. Il reprit un morceau de fusain.
Un geste rapide, en bas, à droite.
Une signature. Une griffe.
P.26/27
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          82
RAPHIKIRAPHIKI   09 février 2018
De tout cela ne subsistaient, à présent, qu' un ou deux jardinets. Paris ne pouvait tolérer les arbres sans tuteurs, les ruisseaux libres et les fleurs sauvages. Tout devait être méthodiquement cadastré, arasé, haussmannisé. Steinlen, planté au milieu de la rue, faisait corps avec un paysage à la dérive, une époque qui s'évanouissait à travers des forêts d'échafaudages. Bientôt, le goudron couvrirait la terre, les gueux n'auraient même plus le loisir de faire pousser quelques radis, de reposer leur peine à l'ombre d'un moulin. Bientôt, sonnerait le glas d'un peuple en majesté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
nathavhnathavh   23 août 2017
Le pinceau courbait les paysages, pliait les chairs. La chevelure de Massa. Noir corbeau. Cordages silencieux. Le front de Massa. Oued paisible. Noix de cajou. Le ventre de Massa. Vésuve clandestin. Terre brûlée. La couleur encadrait la silhouette mais ne l'enfermait pas. Les seins de Massa. Bijoux de la Terre. Ocre sombre. Ebonite. La couleur n'existait plus, pure condensation de l'obscur, elle ruisselait sur la toile comme sur le toit d'une prison.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Annette55Annette55   18 décembre 2017
"La Butte, en ce temps -là, paraissait une montagne.La poésie et la tuberculose y régnaient à parts égales. Surgie des cabarets , des ateliers de peintres et des bosquets en fleurs, une nuée de jeunes gens cueillait les fruits du siécle naissant .......À chaque carrefour s'aiguisaient des fantaisies et se forgeaient des merveilles..Tout semblait possible depuis qu'une bonne fée avait rendu sa chevelure haute- tension aux pylônes des boulevards........"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Julien Delmaire (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Delmaire
Après une année de résidence particulièrement généreuse, Julien Delmaire lance la 19ème édition du festival tout en poésie avec son slam "Rouge". Il cède sa place à Miguel Bonnefoy, résident 2018 !
autres livres classés : Quartier MontmartreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Prénoms de grands peintres : trouvez leurs noms ! (3)

Je suis né à Paris en 1848. Chef de file de l'Ecole de Pont-Aven, inspirateur du mouvement nabi, j'ai vécu de nombreuses années en Polynésie où je suis décédé en 1903. Je suis Paul...

Gauguin
Cézanne
Signac

12 questions
547 lecteurs ont répondu
Thèmes : peinture , peintre , art , Peintres paysagistes , Peintres français , peinture moderne , peinture espagnole , Impressionnistes , culture générale , peinture belge , peinture romantique , peinture américaineCréer un quiz sur ce livre
.. ..