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Valéry Larbaud (Préfacier, etc.)Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)Michel Gresset (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782070363070
254 pages
Éditeur : Gallimard (16/01/1973)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 546 notes)
Résumé :
"Tandis que j'agonise" est un roman paradoxal. Paradoxal, d'abord au vu du faible succès public qu'il rencontra, alors qu'il allait marquer un grand nombre d'écrivains ou d'artistes tel Jean-Louis Barrault qui fit du roman une de ses premières pièces ("Autour d'une mère"). L'autre paradoxe veut que l'auteur se soit peu investi dans la rédaction de ce texte. Faulkner l'aurait écrit en six semaines, entre minuit et quatre heures du matin, au fond d'une soute à charbon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  27 septembre 2015
Il s’agit là d’une écriture très particulière. C’est la retranscription du parcours de vie d’une famille, mais selon un processus et au cours d’une procession peu ordinaires. Les sections d’expressions sont rigoureusement attribuées et secrètent un langage intérieur proche de la pensée directe, laquelle s’extériorise simultanément, au fur et à mesure de l’émergence et de la production. Ce qui nous donne un texte d’une profondeur et d’une pureté rares. Si Larbaud, Malraux, Barrault et bien d’autres encore ont pu dire de ce livre qu’il les avait marqués, à chacun alors de trouver jusqu’à quel point. Et, Tandis que j’agonise, sacré William ! Évidemment, rien ne me vaut une telle familiarité, sinon que je suis conviée à l’accompagnement d’une marche funèbre. Car en effet, si l’action m’apparaît tant réelle, c’est que la défunte n’aura revêtu ce statut qu’après l’accomplissement du vœu ultime, son retour parmi les siens, d’où le périple jusqu’en Alabama. Ce qui par ailleurs a de quoi me surprendre, quand j’entends le père, Anse, commander à Dewey Dell de préparer le repas de feu sa mère, Addie, et pour eux-autres, car dit-il : « Il faut soutenir ses forces ». De quoi me renforcer dans l’idée que la mort n’apparaît véritablement que dans l’oubli, ce d’autant que je me sens si proche de l’auteur que pourtant je découvre aujourd'hui. Mais rien n’est aussi simple, ni monotone, quand la mort de la mère se vit comme un séisme. C’est le pilier central du lien, le mur porteur de la maison qui s’écroule. Il se fissure peu à peu comme un point de saignée qui s’élargit, une plaie véritable qui prend acte peu à peu dans la chair du tout filial et familial en même temps que la mort se propage dans la réalité. Et paradoxalement, c’est beau. Le tour de force à mon sens étant que le texte est tellement vivant qu’il occulte l’esprit de gravité pour inscrire chacun en son déclin aussi bien que dans un éternel recommencement.
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JacobBenayoune
  28 avril 2020
Ayant déjà lu le Bruit et la Fureur, j'étais prêt à revivre une nouvelle aventure avec un autre roman de William Faulkner : Tandis que j'agonise. Un véritable défi puisqu'il s'agit d'une lecture exigeante qui demande beaucoup d'attention. A vrai dire, on se sent comme à la recherche de la solution d'une énigme dont les indices sont éparpillés et enfermés hermétiquement dans des cachettes obscures. Et l'on doit ainsi suivre et trouver tout ce qui peut nous aider à comprendre ces mystères. C'est comme si William Faulkner n'informe pas, il cache, et par conséquent, c'est au lecteur de reconstituer l'histoire.
Tandis que j'agonise est un exercice de lecture à la fois difficile et captivant, puisqu'à chaque fois qu'on éclaircisse un événement ou on découvre un secret, on est plus content et plus excité aussi. Cette difficulté vient de plusieurs éléments. D'abord, le nombre de narrateurs, presque une quinzaine. Et là le lecteur doit s'adapter à la psychologie de chaque personnage puisque chaque chapitre raconté par un personnage est une sorte de monologue où le narrateur s'exprime avec liberté. Cette méthode s'inscrit dans ce qu'on appelle le courant de conscience et qu'on retrouve aussi chez Virginia Woolf entre autres. Ensuite, la narration polyphonique ne suit pas toujours un déroulement purement chronologique ; des flash-back, des ellipses narratives et parfois de véritables délires ou paroles d'enfant entrent en jeu. N'oublions pas que les narrateurs sont diverses et représentent des âges aussi différents et une multitude de caractères. Enfin, il est plus question d'expression intime et de monologue interne que de véritable narration ; autrement dit le narrateur ne cherche pas à informer le lecteur mais d'exprimer ses sentiments, de justifier ses actes, de juger les actes des autres et parfois de donner libre cours à ses divagations.
Tandis que j'agonise ; titre assez poétique ! cela est normal puisqu'il est inspiré d'Homère. Chose étrange, le titre de son roman précédent le Bruit et La Fureur lui aussi est inspiré d'un poète ; Shakespeare. Tandis que j'agonise est une marche funèbre dans l'impossible à travers les misères d'une famille où chaque membre est isolé comme une île dans un archipel. Chacun est animé par des sentiments différents et un but personnel (pour certains personnages) tout en participant à ce voyage qui devient une véritable odyssée. L'affaire tourne mal et effleure la catastrophe. Chaque personnage est affecté d'une manière ou d'une autre. L'auteur, avec une excellente maîtrise psychologique, a réussi à mener jusqu'au bout son défi romanesque et à maintenir la tension jusqu'au bout en multipliant les coups de théâtre. La chute du roman même en est une.
A vrai dire, je ne veux pas donner plus d'indices pour ne pas ôter le charme d'une lecture sans à priori.
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Meps
  14 décembre 2018
Toujours un plaisir de lire un Faulkner encore jamais lu. Et étrange que j'ai mis tant de temps à lire celui-là. C'est en effet un des premiers traduits en France, qui aura permis à toute une génération d'intellectuels de découvrir Faulkner et a même été adapté sur scène à l'époque en 1935, à peine traduit.
L'écriture du livre est contemporaine du Bruit et la fureur (qui reste pour moi son chef d'oeuvre) et du scandaleux Sanctuaire (qui lui amènera la notoriété aux Etats-Unis). Faulkner y déploie son art du monologue intérieur, mais avec la prouesse de le faire avec une multitude de personnage successifs. La technique du courant de pensée, où on est aux premières loges pour observer la pensée en train de se construire de chacun des personnages, est totalement maîtrisée ici. Il fait partie de ces livres où il faut s'accrocher pour saisir tous les tenants et aboutissants et où, une fois l'effort accompli, on ne peut qu'être subjugué par les prouesses d'écriture et saisi par l'authenticité que cela confère aux personnages.
Le contexte, bien annoncé par le titre, de l'agonie et du décès de la mère et de ses conséquences sur une famille nombreuse (le père, les quatre fils et la fille) permet une observation sociologique mais surtout psychologique voire psychanalytique de ce qui se joue dans ces instants. le tout trouve son cadre dans un périple au coeur du Sud américain profond, dépeint justement, sans bienveillance exagérée mais avec sincérité.
Mis sous le microscope faulknerien, les personnages ne peuvent qu'apparaître terribles, la dissection n'étant pas l'exercice qui embellisse le plus. En parallèle du Bruit et de la Fureur, autopsie d'une famille bourgeoise de ces régions, c'est ici le peuple de la terre qui est scruté et, à rebours d'un Steinbeck qui en magnifie la plupart du temps le courage, c'est plutôt les bassesses, les renoncements et les égoïsmes de chacun que l'auteur nous donne à voir, comme un miroir de nos propres faiblesses.
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Cer45Rt
  03 juin 2019
"Tandis que j'agonise" est un roman d'une grande beauté…
J'y ai retrouvé la peinture du monde de la campagne américaine dans les années 1930, qui m'avait plu dans "Des souris et des hommes", de John Steinbeck. Avec quelque chose en plus, lié à la dimension religieuse et métaphysique très présente dans le texte peut-être.
Avec des choses en moins aussi ; je n'y retrouve ni la même humanité des personnages, ni la même force.
Mais il y a là de grandes qualités d'écriture, de description de l'Amérique paysanne des années 30.
Et c'est un plaisir.
Un plaisir de lire un texte comme ça, avec une écriture telle que celle-ci.
Un plaisir de lire un texte aussi complexe symboliquement et aussi plein d'intelligence.
Un plaisir de découvrir une telle peinture de la campagne américaine dans les années trente.
Un bonheur, un grand et vrai bonheur.
Un très bon livre.
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belette2911
  08 septembre 2019
Comment expliquer simplement tout ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre, Prix Nobel de littérature en 1949, monument de la littérature Américaine, histoire ô combien noire mais qui pourrait être drôle, si l'humour noir de ce roman pouvait être considéré comme drôle.
J'apprécie l'humour noir et trash, mais là, j'ai ri jaune.
J'ai vu une famille pauvre assister au déclin de leur mère (et épouse pour le père), j'ai vu un fils aîné fabriquer un cercueil sous les yeux de sa mère agonisante qui a tout supervisé, j'ai vu deux fils louper le grand voyage de leur mère car ils étaient sur la route pour gagner encore quelques dollars.
J'ai assisté, impuissante, au voyage totalement fou d'un veuf et de ses 5 enfants, le corps de la décédée reposant dans le cercueil à l'arrière de la charrette, pour aller l'enterrer dans un autre comté, répétant à tous que c'était sa décision à elle.
Un périple qui n'était pas de tout repos, qui fut dangereux, aux multiples périls dont la montée des eaux et des ponts emportés, plus la chaleur qui amènera des odeurs pestilentielles et des charognards. Un voyage qui causera l'explosion de la famille.
Nous sommes face à un roman bourré de noirceur, qui a de l'humour, car la farce est grotesque mais noir, car rien ne prête à rire dans ces pages.
Le style de Faulkner est particulier. Déjà, il nous propose un roman choral et je pense qu'en 1930, ce n'étais pas aussi courant que maintenant. Chaque membre de la famille prendra la parole, dans un monologue, une introspection qui lui sera particulier, puisque chaque personnage a ses tics de langage, ses manies, ses obsessions, ses mots bien à lui.
Au départ, j'ai eu un peu de mal, ayant l'impression que le récit était une cacophonie sans nom et puis, en persévérant un peu (c'était Faulkner, que diable), j'ai trouvé mon rythme de lecture et j'ai eu du mal à en sortir à la moitié du récit, mais bon, fallait bien aller au turbin.
Véritable roman de moeurs rurales, Tandis que j'agonise met en scène une famille du Sud Profond, dans le même genre qu'Erskine Caldwell, car le père Anse Bundren a la mauvaise foi chevillée au corps comme l'avait Jeeter Lester (La route au tabac), mais moins prononcée que ce dernier, bien que les références à "Dieu m'est témoin" parsèment aussi ses dialogues, mais de chrétien, Bundren n'en a que le nom.
Toute sa vie, Anse Bundren l'a passée à gémir, n'a jamais été un grand travailleur, ni un homme de parole et on se demande avec suspicion pourquoi diable il tient tant à respecter les dernières volontés de son épouse sur son lit de mort. C'est louche… Surtout que dès le début du roman, la principale intéressée ne pourra pas nous le confirmer, vu qu'elle a cessé de parler.
En plus, ce crétin est parti sans pelle pour creuser une tombe ! Mais il nous rabâche sans cesse qu'il doit acheter un dentier pour arriver à manger les aliments que Dieu a fait pour lui… Je pense que de tous les personnages de la famille, il est le plus égoïste.
Pour les décors, Steinbeck a dû passer par-là car ils sont magnifiques, épurés, décrit avec peu de mots et pourtant, tout le poids de la Nature est dans ces pages, toute sa force, toute sa magnificence et toute sa perfidie.
Un portrait au vitriol d'une famille rurale, des introspections qui nous placent au plus près des pensées des personnages, une voyage semé d'embûches et une fois arrivés, les enfants n'en seront pas au bout de leur surprises, et nous non plus.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
ErveineErveine   26 septembre 2015
Conséquemment, ça n’a jamais été Sa volonté que l’homme habite sur une route parce que, je vous le demande, qu’est-ce qu’est fait d’abord, la route ou la maison ? L’a-t-on jamais vu poser une route près d’une maison ? Je vous le demande. Non, jamais de la vie, que j’dis, parce que c’est toujours les hommes qui n’ont pas de paix jusqu'à ce qu’ils aient une maison là où que tous ceux qui passent en charrette peuvent cracher sur leur seuil, que ça donne aux gens la bougeotte, l’envie de se lever, d’aller ailleurs, alors que dans Son idée, Il voulait que les hommes restent tranquilles, comme les arbres ou les pieds de maïs.
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ErveineErveine   27 septembre 2015
C’est un fait à remarquer qu’un homme paresseux, un homme qui n’aime pas le mouvement, s’entête toujours à aller de l’avant une fois qu’il est parti. C’est exactement comme quand il refusait de bouger. Comme si ça ne serait pas tant le mouvement qu’il déteste que le fait de partir ou de s’arrêter.
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Jean-DanielJean-Daniel   02 août 2020
Faut bien avouer que la vie est dure pour les femmes. Pour certaines femmes. Ma vieille maman a vécu soixante-dix et quelques années. Elle travaillait tous les jours, sous la pluie comme sous le soleil. Pas un jour de maladie depuis la naissance de son dernier, et puis, un beau jour, elle a comme qui dirait regardé tout autour d'elle ; elle est allée retirer du coffre la chemise de dentelle qu'elle gardait depuis quarante-cinq ans sans la porter. Elle l'a mise, et puis elle a tiré les couvertures, et puis elle a fermé les yeux : "Faudra qu'vous preniez soin d'vot'père, qu'elle a dit, moi j'suis fatiguée.
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LillyLilly   14 février 2009
"Des fois, je ne sais pas trop si l'on a le droit de dire qu'un homme est fou ou non. Des fois, je crois qu'il n'y a personne de complètement fou et personne de complètement sain tant que la majorité n'a pas décidé dans un sens ou dans l'autre."
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gouelangouelan   18 juin 2019
Mais je ne suis pas si sûr qu'un homme ait droit de dire ce qui est fou et ce qui ne l'est pas. C'est comme si, dans chaque homme, il y avait quelqu'un hors des limites de la raison et de la folie qui, témoin des actes raisonnables et insensés, les jugerait avec la même horreur et le même étonnement.

p.226
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Vidéo de William Faulkner
15 décembre 2009 : Mot de l'éditeur : Un inconnu vient se réfugier en un lieu où il croit trouver la tranquillité : une cave donnant sur une petite place, dans un village du Sud. Un inconnu : un Arabe. Le jour, il charrie des tonnes de cailloux sur un chantier de terrassement. le soir il rentre dans son trou. Pourquoi se cache-t-il ? Le village s'agite, une hostilité sourde monte de la terre. Ici, il n'est pas chez lui et ne le sera jamais. L'Arabe n'entend rien, se berce de l'illusion qu'à force de vivre invisible, il finira par disparaître. Lorsqu'un meurtre est commis sur la place, cette illusion se dissipe. Aux yeux de tous, c'est lui le coupable. Mais les forces qui se dressent contre lui sont anciennes, comme le feu, la rage, la peur. Pour leur échapper, se rendre invisible ne suffira plus.
L'Arabe est un grand roman «sudiste», où des personnages de Faulkner ou de Flannery O'Connor traverseraient des paysages à la Giono. le Sud d'Antoine Audouard est lui aussi un vieux pays vaincu, peuplé de figures tour à tour tragiques et grotesques. Ecrit dans une langue où le parler populaire se mêle à un lyrisme altier, ce roman qui multiplie les dissonances et les ruptures de ton est l'oeuvre d'un écrivain accompli.
Antoine Audouard est né en 1956. Il est l'auteur de huit romans, dont Adieu, mon unique et Un pont d'oiseaux (Gallimard).
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