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Valéry Larbaud (Préfacier, etc.)Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)Michel Gresset (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782070363070
254 pages
Éditeur : Gallimard (16/01/1973)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 499 notes)
Résumé :
"Tandis que j'agonise" est un roman paradoxal. Paradoxal, d'abord au vu du faible succès public qu'il rencontra, alors qu'il allait marquer un grand nombre d'écrivains ou d'artistes tel Jean-Louis Barrault qui fit du roman une de ses premières pièces ("Autour d'une mère"). L'autre paradoxe veut que l'auteur se soit peu investi dans la rédaction de ce texte. Faulkner l'aurait écrit en six semaines, entre minuit et quatre heures du matin, au fond d'une soute à charbon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  27 septembre 2015
Il s’agit là d’une écriture très particulière. C’est la retranscription du parcours de vie d’une famille, mais selon un processus et au cours d’une procession peu ordinaires. Les sections d’expressions sont rigoureusement attribuées et secrètent un langage intérieur proche de la pensée directe, laquelle s’extériorise simultanément, au fur et à mesure de l’émergence et de la production. Ce qui nous donne un texte d’une profondeur et d’une pureté rares. Si Larbaud, Malraux, Barrault et bien d’autres encore ont pu dire de ce livre qu’il les avait marqués, à chacun alors de trouver jusqu’à quel point. Et, Tandis que j’agonise, sacré William ! Évidemment, rien ne me vaut une telle familiarité, sinon que je suis conviée à l’accompagnement d’une marche funèbre. Car en effet, si l’action m’apparaît tant réelle, c’est que la défunte n’aura revêtu ce statut qu’après l’accomplissement du vœu ultime, son retour parmi les siens, d’où le périple jusqu’en Alabama. Ce qui par ailleurs a de quoi me surprendre, quand j’entends le père, Anse, commander à Dewey Dell de préparer le repas de feu sa mère, Addie, et pour eux-autres, car dit-il : « Il faut soutenir ses forces ». De quoi me renforcer dans l’idée que la mort n’apparaît véritablement que dans l’oubli, ce d’autant que je me sens si proche de l’auteur que pourtant je découvre aujourd'hui. Mais rien n’est aussi simple, ni monotone, quand la mort de la mère se vit comme un séisme. C’est le pilier central du lien, le mur porteur de la maison qui s’écroule. Il se fissure peu à peu comme un point de saignée qui s’élargit, une plaie véritable qui prend acte peu à peu dans la chair du tout filial et familial en même temps que la mort se propage dans la réalité. Et paradoxalement, c’est beau. Le tour de force à mon sens étant que le texte est tellement vivant qu’il occulte l’esprit de gravité pour inscrire chacun en son déclin aussi bien que dans un éternel recommencement.
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Meps
  14 décembre 2018
Toujours un plaisir de lire un Faulkner encore jamais lu. Et étrange que j'ai mis tant de temps à lire celui-là. C'est en effet un des premiers traduits en France, qui aura permis à toute une génération d'intellectuels de découvrir Faulkner et a même été adapté sur scène à l'époque en 1935, à peine traduit.
L'écriture du livre est contemporaine du Bruit et la fureur (qui reste pour moi son chef d'oeuvre) et du scandaleux Sanctuaire (qui lui amènera la notoriété aux Etats-Unis). Faulkner y déploie son art du monologue intérieur, mais avec la prouesse de le faire avec une multitude de personnage successifs. La technique du courant de pensée, où on est aux premières loges pour observer la pensée en train de se construire de chacun des personnages, est totalement maîtrisée ici. Il fait partie de ces livres où il faut s'accrocher pour saisir tous les tenants et aboutissants et où, une fois l'effort accompli, on ne peut qu'être subjugué par les prouesses d'écriture et saisi par l'authenticité que cela confère aux personnages.
Le contexte, bien annoncé par le titre, de l'agonie et du décès de la mère et de ses conséquences sur une famille nombreuse (le père, les quatre fils et la fille) permet une observation sociologique mais surtout psychologie voire psychanalytique de ce qui se joue dans ces instants. le tout trouve son cadre dans un périple au coeur du Sud américain profond, dépeint justement, sans bienveillance exagérée mais avec sincérité.
Mis sous le microscope faulknerien, les personnages ne peuvent qu'apparaître terribles, la dissection n'étant pas l'exercice qui embellisse le plus. En parallèle du Bruit et de la Fureur, autopsie d'une famille bourgeoise de ces régions, c'est ici le peuple de la terre qui est scruté et, à rebours d'un Steinbeck qui en magnifie la plupart du temps le courage, c'est plutôt les bassesses, les renoncements et les égoïsmes de chacun que l'auteur nous donne à voir, comme un miroir de nos propres faiblesses.
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Cer45Rt
  03 juin 2019
"Tandis que j'agonise" est un roman d'une grande beauté…
J'y ai retrouvé la peinture du monde de la campagne américaine dans les années 1930, qui m'avait plu dans "Des souris et des hommes", de John Steinbeck. Avec quelque chose en plus, lié à la dimension religieuse et métaphysique très présente dans le texte peut-être.
Avec des choses en moins aussi ; je n'y retrouve ni la même humanité des personnages, ni la même force.
Mais il y a là de grandes qualités d'écriture, de description de l'Amérique paysanne des années 30.
Et c'est un plaisir.
Un plaisir de lire un texte comme ça, avec une écriture telle que celle-ci.
Un plaisir de lire un texte aussi complexe symboliquement et aussi plein d'intelligence.
Un plaisir de découvrir une telle peinture de la campagne américaine dans les années trente.
Un bonheur, un grand et vrai bonheur.
Un très bon livre.
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belette2911
  08 septembre 2019
Comment expliquer simplement tout ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre, Prix Nobel de littérature en 1949, monument de la littérature Américaine, histoire ô combien noire mais qui pourrait être drôle, si l'humour noir de ce roman pouvait être considéré comme drôle.
J'apprécie l'humour noir et trash, mais là, j'ai ri jaune.
J'ai vu une famille pauvre assister au déclin de leur mère (et épouse pour le père), j'ai vu un fils aîné fabriquer un cercueil sous les yeux de sa mère agonisante qui a tout supervisé, j'ai vu deux fils louper le grand voyage de leur mère car ils étaient sur la route pour gagner encore quelques dollars.
J'ai assisté, impuissante, au voyage totalement fou d'un veuf et de ses 5 enfants, le corps de la décédée reposant dans le cercueil à l'arrière de la charrette, pour aller l'enterrer dans un autre comté, répétant à tous que c'était sa décision à elle.
Un périple qui n'était pas de tout repos, qui fut dangereux, aux multiples périls dont la montée des eaux et des ponts emportés, plus la chaleur qui amènera des odeurs pestilentielles et des charognards. Un voyage qui causera l'explosion de la famille.
Nous sommes face à un roman bourré de noirceur, qui a de l'humour, car la farce est grotesque mais noir, car rien ne prête à rire dans ces pages.
Le style de Faulkner est particulier. Déjà, il nous propose un roman choral et je pense qu'en 1930, ce n'étais pas aussi courant que maintenant. Chaque membre de la famille prendra la parole, dans un monologue, une introspection qui lui sera particulier, puisque chaque personnage a ses tics de langage, ses manies, ses obsessions, ses mots bien à lui.
Au départ, j'ai eu un peu de mal, ayant l'impression que le récit était une cacophonie sans nom et puis, en persévérant un peu (c'était Faulkner, que diable), j'ai trouvé mon rythme de lecture et j'ai eu du mal à en sortir à la moitié du récit, mais bon, fallait bien aller au turbin.
Véritable roman de moeurs rurales, Tandis que j'agonise met en scène une famille du Sud Profond, dans le même genre qu'Erskine Caldwell, car le père Anse Bundren a la mauvaise foi chevillée au corps comme l'avait Jeeter Lester (La route au tabac), mais moins prononcée que ce dernier, bien que les références à "Dieu m'est témoin" parsèment aussi ses dialogues, mais de chrétien, Bundren n'en a que le nom.
Toute sa vie, Anse Bundren l'a passée à gémir, n'a jamais été un grand travailleur, ni un homme de parole et on se demande avec suspicion pourquoi diable il tient tant à respecter les dernières volontés de son épouse sur son lit de mort. C'est louche… Surtout que dès le début du roman, la principale intéressée ne pourra pas nous le confirmer, vu qu'elle a cessé de parler.
En plus, ce crétin est parti sans pelle pour creuser une tombe ! Mais il nous rabâche sans cesse qu'il doit acheter un dentier pour arriver à manger les aliments que Dieu a fait pour lui… Je pense que de tous les personnages de la famille, il est le plus égoïste.
Pour les décors, Steinbeck a dû passer par-là car ils sont magnifiques, épurés, décrit avec peu de mots et pourtant, tout le poids de la Nature est dans ces pages, toute sa force, toute sa magnificence et toute sa perfidie.
Un portrait au vitriol d'une famille rurale, des introspections qui nous placent au plus près des pensées des personnages, une voyage semé d'embûches et une fois arrivés, les enfants n'en seront pas au bout de leur surprises, et nous non plus.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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SophiePatchouli
  20 février 2016
Un livre dont on ne sort pas indemne, pétri de symboles, façonné avec une multitude d'axes de lecture, il s'agit sans conteste d'un chef d'oeuvre...
Dans un décor à la Steinbeck, une ambiance mystique aisément comparable au Beloved de Toni Morrison, Faulkner nous emmène dans une aventure familiale épique, enveloppée de mort... Ouvrage néo-romantique, les ingrédients du courant du XIXe sont tous là : isolement, nature hostile, folie, mort, tourments, mystique...
Si la lecture de l'ouvrage paraît, d'abord, difficile et la trame décousue, que les dialogues semblent tout droit sortis d'esprits simples, le lecteur s'accommode vite de ce rythme qui participe à l'atmosphère et à la complexité simplette des personnages. "Tandis que j'agonise", roman sur la misère paysanne du Mississippi des années 30, et sur une procession funèbre aventureuse, distille une vapeur de souffre, un sentiment de crainte, où rôde, latent, le jugement dernier. A chaque chapitre, son narrateur, sa voix propre, processus permettant d'entrer dans l'intimité de chaque personnage pour une immersion totale dans leur délicate rudesse. le style, ha le style! et bien voici par exemple comment Faulkner décrit Anse le père de famille au chevet de sa femme mourante: "sa silhouette voûtée a cette allure hérissée et grincheuse de hibou offensé qui cache une sagesse trop profonde ou trop inerte pour pouvoir même être conçue." ... A vos mirettes... Pour ma part, je me jette sur "Le Bruit et la Fureur"
NB : Pour aller plus loin : très belle adaptation cinématographiques par James Franco notamment sélectionné au festival de Cannes dans la catégorie "Un certain regard"
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
ErveineErveine   26 septembre 2015
Conséquemment, ça n’a jamais été Sa volonté que l’homme habite sur une route parce que, je vous le demande, qu’est-ce qu’est fait d’abord, la route ou la maison ? L’a-t-on jamais vu poser une route près d’une maison ? Je vous le demande. Non, jamais de la vie, que j’dis, parce que c’est toujours les hommes qui n’ont pas de paix jusqu'à ce qu’ils aient une maison là où que tous ceux qui passent en charrette peuvent cracher sur leur seuil, que ça donne aux gens la bougeotte, l’envie de se lever, d’aller ailleurs, alors que dans Son idée, Il voulait que les hommes restent tranquilles, comme les arbres ou les pieds de maïs.
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ErveineErveine   27 septembre 2015
C’est un fait à remarquer qu’un homme paresseux, un homme qui n’aime pas le mouvement, s’entête toujours à aller de l’avant une fois qu’il est parti. C’est exactement comme quand il refusait de bouger. Comme si ça ne serait pas tant le mouvement qu’il déteste que le fait de partir ou de s’arrêter.
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gouelangouelan   18 juin 2019
Mais je ne suis pas si sûr qu'un homme ait droit de dire ce qui est fou et ce qui ne l'est pas. C'est comme si, dans chaque homme, il y avait quelqu'un hors des limites de la raison et de la folie qui, témoin des actes raisonnables et insensés, les jugerait avec la même horreur et le même étonnement.

p.226
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LillyLilly   14 février 2009
"Des fois, je ne sais pas trop si l'on a le droit de dire qu'un homme est fou ou non. Des fois, je crois qu'il n'y a personne de complètement fou et personne de complètement sain tant que la majorité n'a pas décidé dans un sens ou dans l'autre."
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vincentfvincentf   06 février 2011
Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil et honte.
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Videos de William Faulkner (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Faulkner
"5 secondes ? C'est comme faire l'amour dans les toilettes d'un avion ! On n'a pas le temps !"
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" Son éclat est son exploit. Il réussit à parler de l'amour au c?ur de la haine et de la vie au c?ur de la mort." Marie-Laure Delorme, JDD.
-- México, 1960. le jeune Juan Guillermo, qui a vu sa famille décimée en quelques années et son frère assassiné par un gang de religieux fanatiques, jure de venger la mort de ce dernier. Un récit intense et singulier, dans la lignée d?Herman Melville, Jack London et Faulkner, signé par un des plus grands écrivains contemporain de langue espagnole. --
Le livre : https://bit.ly/2Uny8WI
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