AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1097270033
Éditeur : Leha (23/06/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Jonas Alamänder, mage et détective, vient de perdre sa maison confisquée par le royaume voisin. Accompagné d'Edrick, l'un des soldats chargés de lui apprendre la nouvelle, et de son fidèle valet Retzel, un facétieux petit démon, il part pour Ker Fresnel, capitale de Kung-Bohr afin d'y plaider sa cause.
Jon se trouve contraint de mener l'enquête sur le meurtre mystérieux de Pallas, conseiller du roi, et de déjouer un complot visant Ernst XXX. Les aventures se ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Cycnos
  16 juillet 2019
Premier tome d'un cycle achevé, "La Porte des Abysses" d'Alexis Flamand constitue l'entrée vers le Monde fascinant d'Alamänder. Et quelle entrée, Nom d'un Moufre !
Oubliez ce que vous connaissez sur la fantasy « classique », oubliez la fantasy qui suit une ligne de facilité, avec des intrigues convenues et des créatures déjà vues-revues et oubliez cette soupe « Tolkienienne » que vous n'arrivez plus à digérer depuis des mois ou des années… Alors oui, je pense que vous essayez probablement de vous soigner en vous injectant du Jaworski ou du Péru, mais au fond de votre âme de lecteur, vous savez que ce sont les exceptions qui confirment la règle.
Pour ma part, j'ai vraiment pris "La Porte" (des Abysses) dans la gueule ! Et à ma grande stupéfaction, j'ai apprécié. de nature peu masochiste pourtant, j'ai essayé de comprendre pourquoi j'ai dévoré ce livre de 540 pages en seulement 3 jours. Il me semble avoir trouvé des débuts de réponses…
La première réponse sonne comme une évidence, j'étais alité à l'hôpital avec ce livre sous le coude, donc j'avais pour ainsi dire… le temps de lire, afin de m'occuper l'esprit pendant qu'on me soignait le corps.
La seconde réponse m'a sauté aux yeux dès les premières pages.
Je lisais quelques choses d'unique en son genre, que je n'avais encore jamais lu. le souci du détail m'a heurté sans cesse, de la description de la faune et la flore incroyables aux fascinants royaumes, de la richesse du monde au système de magie original, des personnages charismatiques aux retournements de situations intelligents et improbables, sont autant d'éléments marquants. Unique, parce que oui, je n'avais encore jamais lu un livre qui se rapprochait de près ou de loin du Monde d'Alamänder.
Tout commence avec Jonas, mage détective spécialisé dans les crimes liés à la magie qui embarque dans une aventure pour sauver sa maison et ses terres qui seront bientôt ravagées par le nouvel occupant qui n'est autre que le Royaume voisin, Kung Borr. Il décide donc de se rendre à la Capitale Ker Fresnel pour convaincre le roi Ernst XXX de préserver son bien et de lui rétrocéder. A ce stade, j'étais perplexe et circonspect. Mais où donc Alexis Flamand voulait-il m'emmener ?
Le reste m'a littéralement scotché, j'étais bouche bée, l'imagination dont l'auteur fait preuve est assez stupéfiante. A plusieurs reprises, je me suis demandé comment un « être humain » pouvait avoir une imagination aussi débordante, la poser sur le papier et arriver à accoucher d'un ensemble aussi cohérent. le talent probablement.
Comment oublier le périple de Maek ? L'école "T'Sanks" ? Les carnocéréales ou les Macrovores ? Les Skorjs et les moufres ? La magestueuse Ker Fresnel ? Mon cerveau était constamment en ébullition, face à tant de stimulis, d'images, de lieux… que j'en suis venu à me demander si mon cerveau n'était pas limité vu que j'en avais quasiment le tournis et qu'il a frisé l'erreur 404.
D'une simple enquête banale au premier abord, l'auteur nous transporte, grâce à une écriture et un style efficace, assez simple mais pas simpliste, dans un univers cohérent et très travaillé. On sent rapidement qu'Alexis Flamand maitrise son histoire. J'imagine l'auteur avec une multitude de feuilles A4 parsemée de lignes droites, de courbes et de triple loots piqués à rebondissement qui relient habillement un point A et B, comme avait pu le faire dans un autre genre littéraire Universal War One.
Les personnages sont d'une manière générale hauts en couleurs, certains plus charismatiques que d'autres, mais tous sont intéressants et bien écrits. Mention spéciale à l'énigmatique roi Ernst XXX, génie, stupide ou simple mégalo, j'hésite toujours… Et comment ne pas citer l'indispensable compagnon de Jonas, le démon Reztel, qu'on adore détester mais finalement tellement attachant. J'ai d'ailleurs regretté qu'il soit moins présent durant la seconde partie.
Et puis, il y a la Magie, ou plutôt le système de Magie, d'une cohérence et d'une originalité absolues.
Sans trop en dévoiller, la magie YArkhanie s'appuie sur la « programmation informatique » alors que la magie organique est plus… heu, « organique » ? Je crois avoir lu que l'auteur a de très bonnes notions de biologie et qu'il s'est inspiré de … la synthèse des protéines par les ribosomes, oui, rien que ça. Quand je vous dit qu'Alexis Flamand à une imagination folle et débordante… l'organique a ma préférence car beaucoup plus poétique que la première. Lorsque Jonas en use, les descriptions sont très détaillées et explicites. C'est complexe, mais très visuelle, et je crois avoir compris comment cela fonctionne… mais à bien y réfléchir, j'ai comme un doute.
Et enfin, l'humour, un flôt d'humour…. tonitruant, décapant et pour ma part, ça a fait mouche à chaque fois. Je me suis réellement fendu la poire la tête piquée vers ce très bel objet livre des éditions LEHA (et quelle belle illustration de Marc Simonetti, comme toujours).
Alors oui, l'humour en tant que tel ne fait pas une grande histoire, mais il est très bien dosé et ça ne constitue pas le coeur du livre. Ce sont simplement de petites touches qui titillent les zygomatiques régulièrement, et pour ma part, ça m'a fait un bien fou.
Et qu'on se comprenne bien, ce n'est pas une oeuvre humoristique, ou « parodique » à la Pratchett, mais bien de la vraie bonne fantasy qui « contient » de l'humour… nuance importante.
En bref, je pense que vous l'aurez compris, « La porte des Abysses » est un immense coup de coeur, un roman de Fantasy absolument unique et à l'humour irrésistible ! Un univers complexe et très bien travaillé, un mélange enquête et fantasy habilement mené. Non d'un Skarj de combat, je suis vraiment devenu « Alamändovore » ! Alors, M. Alexis Flamand, simplement, Merci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MarquePage
  15 novembre 2017
Tout d'abord merci à Babelio et un énorme merci aux éditions Leha pour cette réédition. Je suis ravie d'avoir pu gagner ce premier tome à Masse Critique, moi qui avait malheureusement des vues sur l'édition de l'Homme Sans Nom. S'il vous plait ne nous faites pas faux bond pour le troisième et dernier tome.
Par où commencer... Il y a beaucoup à dire.
D'abord l'auteur a vraiment beaucoup d'imagination, il a inventé ici un univers hors du commun avec toute une foule de détails, de royaumes, de coutumes, de personnages et bestiaires... Dans certaines descriptions il est même parfois difficile à suivre. Qu'à cela ne tienne, à nous de nous imaginer ce qu'il veut nous mettre devant les yeux. Et puis il a aussi énormément d'humour et d'autodérision. Il n'a pas l'air d'avoir pris la grosse tête et c'est très agréable. On passe vraiment un bon moment car c'est distrayant, de bons mots, des situations sorties dont ne sait où... Très fort cet Alexis Flamand !
Les personnages sont assez incroyables. Notamment Ernst très retors, dont il arrive à pousser certains traits de caractère jusqu'au risible presque mais tout en restant très crédible. Une belle brochette pour le reste, venant d'horizons différents, avec des caractères différents, très attachants, tous avec leurs défauts et leurs qualités. le personnage principal a un certain charisme sans jamais être agaçant, bien entouré, en chef d'orchestre pour l'humour, l'action, la réflexion, et tous les différents éléments d'Alamänder.
Le début commence lentement si je puis dire. On a beaucoup d'informations avec aussi l'en-tête des chapitres qui nous permettent d'appréhender certains points sans le rajouter dans le récit pour ne pas l'alourdir. Les personnages sont mis en place avec le contexte. Jon est assez passif. On ne s'ennuie pas mais on se demande où tout ça va nous mener, on ne voit pas trop la direction va prendre l'auteur. On a peur à l'enchainement d'actions sans liens. Jusqu'à la première révélation ! Et là bim bam boum on voit le récit des 100 premières pages autrement. Et puis ça n'arrête plus. On est surpris, il y a des rebondissements, ce qu'on croyait simple ne l'est plus, l'histoire ne va jamais là où on s'y attend, il y a de l'action, de la description et de l'humour à tour de bras sans jamais nous lasser. J'adore ! J'adore ! J'adore !
La fin nous laisse complètement ébahis. Et avec l'envie de se jeter sur le deuxième tome puisque ça s'arrête en plein action, sur des révélations. On a encore beaucoup à apprendre, il y a encore des sujets un peu flou. Notamment sur Maek. On sent que l'auteur en a encore beaucoup sous la pédale. Et j'ai hâte de découvrir la suite.
Alors encore merci pour cette lecture !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Lhotseshar
  04 septembre 2019
J'ai acquis ce livre aux Imaginales, suite à une conférence dans laquelle intervenait Alexis Flamand, sur le thème de l'humour dans la littérature de l'imaginaire. C'est un premier tome d'une trilogie éditée par Leha, reprenant l'intégrale des 5 différents tomes déjà parus précédemment aux éditions de L'Homme Sans Nom. Les deux autres tomes sont déjà édités, on peut donc enchaîner si on veut dès qu'un livre est terminé sans avoir à attendre des années, c'est toujours un bon point. L'illustration de couverture est très belle comme sur les autres livres de cet éditeur, elle représente la cité de Ker Fresnel.
L'amorce du roman sort déjà largement du cadre habituel d'un livre de fantasy : un mage enquêteur du royaume de Mehnzota, Jonas Alamander, se voit dans l'obligation de quitter sa maison suite à l'ordre de destruction de celle-ci par le royaume voisin de Kung-Bohr, qui vient d'acquérir la parcelle sur laquelle elle se trouve, mais notre bon mage souhaite porter réclamation pour faire annuler la procédure… Il se retrouve donc embarqué dans un voyage qui va le conduire dans la capitale du royaume de Kung-Bohr, Ker Fresnel, en compagnie de son animal démon de compagnie nommé Retzel. Après un voyage mouvementé à dos de créatures que n'aurait pas reniées Lovecraft, Alamander se trouve dans la capitale pour enquêter sur un assassinat des plus étranges, assassinat dont les visées remontent jusqu'au plus haut de l'état et sur l'origine même de la cité. Voilà pour l'amorce.
En parallèle de cette histoire, on suit tous les 2 ou 3 chapitres la création d'une guilde / école d'assassins implacables, les Tsangs, par un jeune fils de paysans du nom de Maek. On se demande d'abord le lien, puis vite on comprend que les 2 histoires seront liées à plus ou moins longue échéance, bien que se déroulant géographiquement pas du tout au même endroit et que la fondation de l'école a lieu 1.000 ans avant les aventures d'Alamander.
Ce qui marque immédiatement en lisant ce livre, c'est son ton général décalé, son second (voire troisième ou quatrième, et plus si affinité…) ton avec lequel chaque chapitre, scène, personnage est abordé ou traité. Tout est sujet à un délire ou à une mise en scène qui serait absurde dans n'importe quelle autre oeuvre, mais l'auteur arrive à faire tenir l'ensemble dans une cohérence, au point que l'on se prend à imaginer qu'une telle construction puisse exister. Un des thèmes les plus moqués dans le livre est la bureaucratie, autant du point de vue de sa complexité ou de son inertie, mais cela ne semble pas choquer grand monde dans ce monde. Ce mélange de fantasy et d'humour a souvent du mal à prendre, j'avoue ne pas être un fan de Pratchett malgré de nombreux essais infructueux, mais dans ce roman l'humour se fait autant de manière délibérément débile que subtile, en faisant appel à la culture du lecteur, et j'adore cela ! Les références sont à dénicher à chaque morceau de page, et j'imagine en avoir loupé pas mal, mais celles que j'ai trouvé après réflexion (lire certain nom à voix haute peut aider aussi) m'ont donné l'impression que l'auteur et moi pouvions avoir une certain connivence. On voit très souvent des références à la science (Bohr, Fresnel pour les plus évidentes dans les noms) au travers d'éléments de botanique, de géologie. Pour le scientifique et agronome de formation que je suis, j'ai apprécié de nombreux développements sur les massifs de champignons ou les étages géologiques de Ker Fresnel.
Au niveau des personnages, Alexis Flamand a créé une belle galerie de héros, ou plus d'anti-héros, et de personnages secondaires très fouillés. Alamander est très crédible dans le rôle d'enquêteur casanier-timide-crédule-efficace, mais néanmoins dépassé la plupart du temps par les enjeux et les événements, il devient vite très attachant et on sent que l'auteur a mis beaucoup de lui dans ce personnage. Son alliée féminime Rachel est sur le registre de la femme aguicheuse, compétente mais toujours très énigmatique. le soldat Edrick qui accompagne Alamander partout (au grade très fluctuant dans le livre selon ses réussites et échecs) est aussi sympathique, mais un peu plus lisse. Quant au souverain, Ernst XXX, on l'imagine bien en PDG de grosse boite du cac40 pour son côté calculateur froid et à la limite de la méprise de ses sujets, pour rester poli ! Enfin, les 2 personnages aussi énigmatiques que mauvais du livre (les deux membres de l'école T'Sank) brillent par leur logique toute inhumaine et leur art de donner la mort.
L'écologie du monde d'Alamander est assez originale, avec des grosses créatures poulpiques, des épis de céréales aussi appétissants que dangereux, ses formations fongiques, sa géologie tourmentée par les dieux… On découvre tout cela au fur et à mesure, mais c'est très dépaysant et toujours présenté avec un humour certain.
La magie dans Alamander est très particulière, et en fait double. La magie Menzothienne d'abord : toute manifestation magique va se faire via des formes et lignes que l'on va tisser pour faire apparaître les choses, modifier leur propriétés, de manière presque biologique… Chaque intervention magique étant ensuite visible pour qui a la bonne vision. La magie YArkhanie, celle d'un autre royaume rival de Kung-Bohr, ressemble plus à des suites d'instructions logiques, plus informatique, mais peut-être plus puissante et implacable que celle de Menzotha. Les mages sont des personnes puissantes et craintes au point d'être exclues de certains royaumes. le système de magie Menzothienne m'a fait penser à celui du roman Des Sorciers et des Hommes de Thomas Geha.
Ce premier tome de la trilogie d'Alamander est un roman qui a de nombreux atouts pour lui, mais il peut être difficile à cataloguer. Pour moi il s'adresse avant tout aux lecteurs qui ont pas mal de bouteille, car il en faut pour ne pas louper trop de références et jeux de mots débiles/subtils/à tiroir (selon le cas). On peut aussi le lire sans grande culture livresque (ou même générale), je pense que cela sera un bon divertissement. Il est très rafraîchissant du fait de ses personnages mais aussi des situations qu'il met en oeuvre, plus que par la trame générale que l'on voit venir dans les grandes lignes. Une véritable réussite dans la fantasy humoristique, genre difficile (peut-on rire de tout ? de quelle manière ? et avec qui ?). Je lirai la suite avec grand plaisir !
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
vrovro7
  17 septembre 2017
Vous entrez ici dans une épopée d'une richesse incroyable. L'auteur apporte de la dynamique à son récit en alternant 2 récits en parallèle :
- La quête de Jon, qui le mène notamment à Ker Fresnel. Il rencontrera des personnages aussi atypiques qu'attachants.
- le périple partiellement solitaire de Maek, lié à une école d'assassins.
Personnellement j'ai préféré la partie consacrée à Jon, même si suivre Maek présente tout autant d'intérêt.
Tout d'abord, ce que j'ai aimé. Les personnages centraux sont finalement peu nombreux, cela permet de mieux suivre leurs péripéties.
Cet innovant récit de fantasy se révèle donc plein d'humour, de romance et de rebondissements. Mais j'ai également énormément apprécié l'aspect imagé de cette histoire. En effet, des détails qui peuvent sembler anodins au premier abord sont en réalité d'ingénieuses métaphores de notre vie quotidienne. Je citerai le champ de blé vivant qui, selon les circonstances, forge Maek au combat ou le nourrit.
Une petite réserve toutefois. Les descriptions sont relativement fréquentes. Il est vrai qu'elles facilitent l'immersion du lecteur dans cette aventure, cependant elles peuvent parfois se révéler longues.
L'univers qui nous est proposé est si riche que l'on craint tout d'abord de s'y perdre. Mais pas d'inquiétude, on retrouve très vite nos repères ! Même si la taille du livre est relativement conséquente (536 pages tout de même !), mieux vaut ne pas étaler sa lecture sur une trop longue période. Cela permet de bien s'imprégner de l'histoire et de ne pas se perdre dans ce monde foisonnant et farfelu ! Clairement, on adhère ou pas au style de l'auteur ! Pour ma part, je lirai la suite avec plaisir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
LiseronDHiver
  23 juin 2017
J'ai commencé cette lecture avec un enthousiasme fou : cela faisait des mois (années ?) que j'attendais la nouvelle publication de cette série dont on m'avait dit tant de bien. Peu importait qu'on m'ai spoilé un des grands retournement de situation de la saga, moi aussi je voulais savoir pourquoi Retzel était si drôle.
Je le dis tout de suite : je n'ai pas été déçue. Mieux encore, Retzel est loin d'être le seul élément perturbateur. Entre gags visuels “cartoonesques”, humour absurde ou parodique, il est difficile de ne pas trouver de quoi rire un peu, la palme allant pour moi aux belles absurdités administratives de Kung-Bohr qui m'ont rappelé certains grands moments de mon inscription à la fac..!
Bien sûr, être drôle n'est pas une condition suffisante (ni nécessaire) pour faire un bon livre, mais j'ai trouvé que l'alchimie prenait vraiment bien. Ce premier tome est très introductif et de nombreuses scènes d'exposition (prenant aussi la forme d'extraits de documents en début de chapitre) permettent de découvrir le monde vaste, touffu et très détaillé d'Alexis Flamand. Ces touches d'humour qui émaillent le sérieux du texte allègent ces passages et m'ont gardé attentive pendant ces longs exposés. Mieux, j'en redemandais !
Il faut bien avouer également que l'imagination dont l'auteur fait preuve est assez bluffante. Entre les carno-céréales, les Macrovores, l'architecture de Ker Fresnel, il y avait de quoi encourager mon amour des mondes bien fait. Oui, la personne qui va lire le moindre bout de papier posé sur un paillasson dans un jeu The Elder Scrolls, qui va se jeter sur un art-book décrivant un des mondes de Magic: the Gathering ou qui va lire tout ce qui est possible sur la vie et l'oeuvre de Lovecraft, c'est moi. J'imagine que cela vous aidera à comprendre comment j'ai pu me passionner pour le système d'éclairage de Ker Fresnel ?
Qui plus est, Alexis Flamand sait également étayer ses concepts sur de vraies bases qui, autre plaisir coupable, ont ravi ma fibre biologiste. Je suis probablement la seule personne a avoir ri à la mention du duché de Copépode, non ? Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé que ces connaissances ajoutaient un peu de profondeur au monde d'Alamänder en permettant à l'auteur de déployer des trésors d'imaginations qui n'auraient peut-être pas été possibles sans certaines connaissances préalables. Rassurez-vous cependant, ce n'est pas un livre qui s'adresse à des biologistes ou des scientifiques et le texte reste accessible, l'objet de mon propos n'étant que de vous expliquer pourquoi ce monde si riche et original m'a semblé se tenir d'une façon ô combien cohérente.
Mon envie de mondes détaillés est bien construit a clairement été satisfaite à cette lecture. C'est tant mieux car l'intrigue démarre plutôt lentement : une nécessité quand on a tout un monde à découvrir. Ce premier tome est, comme je le disais plus haut, un tome d'introduction. Cependant, une fois la première moitié passée, l'intrigue comment à prendre son envol et prend de plus en plus d'importance. Je me suis laissée embarquer sans sourciller, toujours aussi avide d'en découvrir plus. Il faut dire que j'ai trouvé le style de l'auteur franchement addictif, tant à cause de ses petites piques ici et là que part les personnages haut en couleurs mais jamais caricaturaux qu'il propose.
Mention spéciale au roi Ernst XXX, que j'hésite encore à qualifier de génie de la politique ou de sombre abruti mégalomane. En tout cas je l'aime bien. Les autres personnages ne sont pas en reste et j'ai trouvé difficile de ne pas s'attacher à eux. Même les antagonistes, les esprits maléfiques les plus retors, ne sont pas dénués d'intérêt. Qu'ils soient mystérieux ou franchement étranges et malsain, aucun personnage n'est inintéressant. le seul point qui aura un peu péché pour moi aura été la façon dont les relations entre les personnages se tissent, puisque certaines m'ont parfois semblé un peu forcées. Mais c'est un point vraiment mineur et qui, à aucun moment, ne m'a empêché de me coucher à des heures déraisonnables juste pour finir le chapitre en cours.
Ainsi, sous couvert d'une “banale” enquête sur un meurtre bien mystérieux, de grands secrets vont (évidemment) être mis au jour par nos héros… L'intrigue progresse tout d'abord lentement mais prend finalement son envol, avec une progression remarquable. Jusqu'à arriver à une non-conclusion qui m'a fait hurler de frustration tant il devrait être interdit par la constitution de terminer un livre ainsi ! Heureusement, le premier tome paraîtra dans quelques petits mois… L'attente risque d'être longue.
Lien : http://liserondhiver.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
vrovro7vrovro7   17 septembre 2017
Cette étrange victoire culturelle avait eu pour conséquence un adoucissement du langage d'origine, qui entraîna à son tour un comportement moins belliqueux. [...] Jon appréciait beaucoup cette partie de l'histoire de son pays où les mots étaient venus à bout des épées.
Commenter  J’apprécie          90
JoandthebooksJoandthebooks   24 novembre 2018
Gouverner, c'est mentir, Jon. Mettez-vous ça dans le crâne. Vous connaissez la différence entre un roi et un démocrate ? Le roi manipule ses sujets en leur faisant croire qu'il a été choisi par des instances supérieures. Le démocrate fait le contraire : il affirme que c'est le peuple qui représente l'autorité sacrée. Qu'on soit désigné par le haut ou le bas, le résultat est le même : le pouvoir va à celui qui est le mieux capable d'utiliser son prochain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarquePageMarquePage   15 novembre 2017
La recherche du pouvoir est à l'opposé de celle de la sagesse. Quel que soit le domaine dans lequel nous excellons, notre ego enfle et se distend jusqu'à affecter les lois de gravité sociale. Les autres humains deviennent alors de simples satellites de nos intérêts, leur valeur assujettie à ce qu'ils peuvent nous apporter.
Commenter  J’apprécie          30
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   09 septembre 2017
(Au cours d'une autopsie)
- Messieurs, au risque de me répéter, je dois vous quitter. Je n'ai que trop tardé.
- Vous ne restez pas pour l'examen de la seconde partie du cadavre ? demanda Jon, étonné.
- Sans façon. Ce serait de la gourmandise.

p. 269
Commenter  J’apprécie          30
LiseronDHiverLiseronDHiver   23 juin 2017
- Le plus grand, oui. Et le plus redouté. Mes buts sont opposés à ceux des autres Dieux, mes pouvoirs égaux aux leurs. Nombreux sont mes fidèles dont le cœur préférerait lâcher plutôt que de me rencontrer. Leurs offrandes ne sont d'ailleurs là que pour me supplier de ne pas m'occuper d'eux. Mais, comme je viens de le dire, il existe des lois dont je ne peux faire abstraction. Comme dit l'autre, "au long des ères peut mourir même la mort". J'ajouterai avec hardiesse : "Ou les casses-pieds dans ton genre."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Alexis Flamand (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexis Flamand
Conférence Et on sourit, et on rigole ! Humour et imaginaire... enregistrée aux Imaginales 2018. Avec Jean-Claude Dunyach, John Lang et Alexis Flamand.
autres livres classés : fantasyVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La fantasy pour les nuls

Tolkien, le seigneur des ....

anneaux
agneaux
mouches

9 questions
1382 lecteurs ont répondu
Thèmes : fantasy , sfff , heroic fantasyCréer un quiz sur ce livre
.. ..