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Anne Herschberg-Pierrot (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253098361
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1997)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 233 notes)
Résumé :
Avoir l'esprit bourgeois, c'est penser selon les habitudes de son milieu et s'y conformer. Sa vie durant, Flaubert joua de la lyre, du couteau (à découper) et de la massue.

Au cours de sa vaste entreprise de démolition, lui vint l'idée diabolique du « Dictionnaire des idées reçues » à partir d'une constatation de génie : le propre des gens bêtes est de craindre par dessus tout de paraître tels.

Pour les vaincre, il faut donc les condu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Cricri124
  28 août 2016
De temps à autre, je me replonge dans ce livre qui m'amuse toujours autant. Ce n'était visiblement pas le but initial recherché par l'auteur, mais il faut croire que la patine du temps a joué en sa défaveur (et/ou, en la notre ?!).
En effet, dans une correspondance adressée à Louise Colet le 16 décembre 1852, Flaubert écrit en parlant de son projet d'écriture : "Je rentrerais par là dans l'idée démocratique d'égalité, dans le mot de Fourier que les grands hommes deviendront inutiles; et c'est dans ce but, dirais-je que ce livre est fait. On y trouverait donc, par ordre alphabétique, sur tous les sujets possibles, tout ce qu'il faut dire en société pour être un homme convenable et aimable. (…) Il faudrait que, dans tout le cours du livre, il n'y eût pas un seul mot de mon cru, et qu'une fois qu'on l'aurait lu on n'osât plus parler, de peur de dire naturellement une des phrases qui s'y trouvent."
Flaubert aura passé 30 de sa vie à rédiger, raturer, affiner, compléter ce dictionnaire qui restera cependant inachevé au moment de sa mort en 1880. Il ne sera publié pour la première fois qu'en 1913, à titre posthume. Il aurait été publié de son vivant, il aurait vraisemblablement fait scandale. Car dans chacune de ses définitions, qui sont le plus souvent de l'ordre de l'aphorisme, son écriture incisive et sarcastique dénonce les préjugés et la bêtise convenue de la société bourgeoise du XIX.
Après plus d'un siècle, l'impact s'est un peu émoussé. Mais en aucun cas le contenu.
C'est aujourd'hui un ouvrage drôle, piquant, ironique, à prendre quand même au deuxième, voire au troisième degré!
Si certains de ces aphorismes sont aujourd'hui tombés en désuétude, ils reflètent le contexte et les moeurs d'une époque. Et c'est franchement SA-VOU-REUX. Mais contrairement au but recherché à l'origine par Flaubert, d'autres de ces aphorismes sont parvenus à transcender les époques jusqu'à nous, et sont encore d'actualités ! Et c'est encore plus SA-VOU-REUX !
A chaque époque son lot d'idées reçues. Et la nôtre, qui en a pourtant accumulé bien d'autres depuis (!), continue à cohabiter avec celles du XIXème siècle. En soi, c'est beau et c'est triste Mais c'est un moment de détente assuré !
Le plus "parlant" est peut être de citer quelques extraits :
CALVITIE : Toujours précoce, est causée par des excès de jeunesse ou la conception de grande pensée.
COLÈRE : Fouette le sang ; hygiénique de s'y mettre de temps en temps.
DOIGT : le doigt de Dieu se fourre partout.
EXCEPTION : Dites qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.
FUSILLADE : Seule manière de faire taire les Parisiens.
OUVRIER : Toujours honnête, quand il ne fait pas d'émeutes.
TERRE : Dire les quatre coins de la terre, puisqu'elle est ronde.
Et il y en a tant, et tant d'autres ! (environ un millier pour donner un ordre d'idée... c'est beaucoup et si peu)
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LydiaB
  09 décembre 2012
J'aime à feuilleter ce dictionnaire où l'humour noir l'emporte sur les pseudo-aphorismes. Oui, je considère en effet qu'il faut lire ce livre au second degré. Vous me direz, je suis bon public, cela me perdra (ou pas) !
Toute la question est de savoir si cet inventaire était fait pour être publié ou pas. Quoi qu'il en soit, c'est toujours assez jouissif, même si, au final, se pose également la question du sérieux. Flaubert riait-il dans sa barbe en écrivant de telles définitions ?
Allez, quelques extraits pour vous donner une idée :
"Absinthe : Poison extra-violent. — A tué plus de soldats que les Bédouins.
Académie française : La dénigrer, mais tâcher d'en faire partie si on peut.
Barbe : Signe de force. — Trop de barbe fait tomber les cheveux. — Utile pour protéger les cravates.
Café : Donne de l'esprit. — N'est bon qu'en venant du Havre. — Dans un grand dîner, doit se prendre debout. — L'avaler sans sucre, très chic, donne l'air d'avoir vécu en Orient.
Chat : Les chats sont traîtres. — Les appeler tigres de salon (sic). — Leur couper la queue pour empêcher le vertigo."

Note de la rédaction : (Mouais... bon... là Gustave, il ne faut pas abuser !)

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Kassuatheth
  24 septembre 2016
J'ai hésité entre deux phrases pour commencer ma critique du "Dictionnaire des idées reçues." Soit : "À déguster lentement et à petites doses." Ou, "Qui trop embrasse mal étreint."
Les deux décriraient correctement cette oeuvre. Je ne lisais pas plus de quatre pages à la fois. C'était suffisant. Cela me laissait le temps de réfléchir.
Par contre, à vouloir trop en mettre, Gustave a souvent écrit la même chose pour des mots différents. Il y avait aussi d'autres mots qui ne m'ont rien apporté.
Pour profiter largement de cette oeuvre de Flaubert, je vous suggère de lire les 101 citations déjà mises sur Babelio. Par la même occasion, vous pourriez "Apprécier" celles que vous aimez. Ainsi, les paresseux pourront éventuellement profiter seulement des plus populaires si le coeur leur en dit.
PS
Pour les intéressés, il reste une bonne dizaine de citations intéressantes à dénicher.
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Aela
  09 avril 2013
C'est présenté comme un dictionnaire mais qui ne répertorie que les mots pouvant être interprétés de manière humoristique.
Et de fait on rit beaucoup.
C'est l'occasion aussi de "revisiter" ce 19ème siècle, avec ses préjugés, ses moeurs rigides, ses hypocrisies..
Ainsi la situation des femmes est largement évoquée lors de la définition du mot "courtisane": "Est un mal nécessaire. On ne peut plus sortir avec sa femme à cause de leur présence sur le boulevard. Sont toujours des filles du peuple débauchées par des bourgeois riches."
Flaubert fait coexister les préjugés avec la version "historique" des choses et c'est ce qui rend la lecture particulièrement savoureuse.
Certaines définitions seraient toujours d'actualité!
"Décoration de la Légion d'Honneur": "Quand on l'obtient, toujours dire qu'on ne l'a pas demandée."
Et les questions de "savoir-vivre" de l'époque reviennent souvent sous la plume de Flaubert, pour notre plus grande hilarité, qu'on en juge un peu:
"Erection: Ne se dit qu'en parlant des monuments"
"Etalon": "Toujours vigoureux. Une femme doit ignorer la différence entre un cheval et un étalon"
Et les défauts habituels des Français, qui existaient déjà du temps de Flaubert sont largement évoqués, comme cette déficience en langues vivantes! (déjà..)
"Langues Vivantes": Les malheurs de la France viennent de ce qu'on n'en sait pas assez."
Et pour finir, des questions de culture générale qui feront bien sourire..
"Omega": Deuxième lettre de l'alphabet grec, puisqu'on dit l'alpha et l'omega."
Rien de plus logique.
Merci Monsieur Flaubert pour ces belles maximes savoureuses et combien révélatrices d'une époque finalement pas si lointaine...
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LiliGalipette
  21 janvier 2013
Oui, c'est bien un dictionnaire. Les mots sont classés par ordre alphabétique. Certaines définitions se répondent. Mais bien loin du Littré, Flaubert explique les idées reçues, certes avec sérieux, mais surtout avec un parti féroce. L'auteur nous propose souvent de tonner et de fulminer : il est de bon ton d'être en pétard quand on débite un lieu commun. le lecteur ne s'y trompera pas : Flaubert se moque ouvertement des esprits bien pensants, étriqués et petits-bourgeois. Et c'est avec jubilation que je vous offre une sélection de mon cru.
« Académie française – La dénigrer, mais tâcher d'en faire partie si on peut. » (p. 7)
« compas – On voit juste quand on l'a dans l'oeil. » (p. 19)
« diplôme – Signe de science, ne prouve rien. » (p. 25)
« érection – Ne se dit qu'en parlant des monuments. » (p. 31)
« feuille de vierge – Emblème de la virilité dans l'art de la sculpture. » (p. 36)
« hachisch – Ne pas confondre avec le hachis, qui ne provoque aucune extase voluptueuse. » (p. 45)
« Koran – Livre de Mahomet où il n'est question que de femmes. » (p. 57)
« parrain – Toujours le père du filleul. » (p. 71)
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Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   26 octobre 2017
CRITIQUE : Toujours éminent. Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu. Quand il vous déplaît, l'appeler Aristarque, ou eunuque. 
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
ABELARD : Inutile d’avoir la moindre idée de sa philosophie, ni même de connaître le titre de ses ouvrages. Faire une allusion discrète à la mutilation opérée sur lui par Fulbert. Tombeau d’Eloïse et d’Abélard : si l’on vous prouve qu’il est faux, s’écrier : « Vous m’ôtez mes illusions. »
ABRICOTS : Nous n’en aurons pas encore cette année.
ABSALON : S’il eût porté perruque, Joab n’aurait pu le tuer. Nom facétieux à donner à un ami chauve.
ABSINTHE : Poison extraviolent : un verre et vous êtes mort. Les journalistes en boivent pendant qu’ils écrivent leurs articles. A tué plus de soldats que les Bédouins.
ACADÉMIE FRANCAISE : La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.
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Paola93130Paola93130   02 juillet 2016
Diamant: On finira par en faire! - et dire que ce n'est que du charbon. Si vous en trouviez un dans son état naturel, vous ne le ramasseriez pas.
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SeirenSeiren   13 février 2012
HACHISCH : Ne pas confondre avec "hachis" qui se fait avec de la viande, et qui ne provoque aucune extase voluptueuse.
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KassuathethKassuatheth   20 septembre 2016
« IMAGINATION :
Toujours vive. S’en défier. Quand on n’en a pas, la dénigrer chez les autres. Pour écrire des romans, il suffit d’avoir de l’imagination. »
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Vidéo de Gustave Flaubert
L?historienne Michelle Perrot, grande figure de l?histoire des femmes, retrace le destin de « George Sand à Nohant », au c?ur du Berry, dans sa maison de Nohant, où l?on croise Chopin, Flaubert, Dumas ou Delacroix. Elle revient sur l?importance qu?a eu sa maison dans l??uvre de l?écrivain : maison d?artistes où musique, littérature, peinture et théâtre se faisaient la conversation. Un livre qu?elle publie aux éditions du Seuil.
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Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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