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Albert Thibaudet (Éditeur scientifique)René Dumesnil (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070102025
Éditeur : Gallimard (01/11/1936)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Tome I

- La Tentation de saint Antoine.
- Appendice : Fragment de «Smarh» et des versions de 1849 et de 1856 de «La Tentation de saint Antoine».
- Madame Bovary.
- Appendice : Pièces du procès intenté à l'auteur et aux éditeurs du roman. Salammbô.
- Appendice : Réponse de Flaubert aux critiques de Sainte-Beuve - Réponse de Sainte-Beuve - Lettre de Flaubert à Froehner.

Tome II

- L'Éducatio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
AMR
  26 janvier 2018
Voyage en Égypte est un récit de voyage sous forme de journal écrit par Gustave Flaubert en 1851 et publié à titre posthume, mais de manière incomplète, pour la première fois en 1881.Le manuscrit, égaré depuis 1930, a été retrouvé dans les années 1980 et publié en 1991 en version intégrale.
Ce journal relate une partie du voyage effectué en Orient, d'Alexandrie en Nubie, par l'auteur en compagnie de son ami, l'écrivain et photographe Maxime du Camps dans les années 1849-50. Je découvre ce livre en version audio, lue par Daniel Mesguich. Ce dernier s'est manifestement bien approprié le texte qu'il sert avec brio.
Dans ce journal de voyage, nous découvrons une écriture antérieure à Madame Bovary, à Salammbô et à L'Éducation sentimentale, oeuvres beaucoup plus connues de Flaubert, mais son style est déjà reconnaissable et remarquable par sa grande qualité… Une forme de lyrisme romantique imprègne les descriptions des paysages, de la luminosité, des couchers et levers de soleil tandis que réalisme et souci du détail prédominent notamment dans les scènes érotiques et les portraits. Il ne faut pas oublier que Maxime du Camps a beaucoup photographié durant ce voyage ; parfois, le regard de Flaubert se focalise de manière photographique également…, comme si son ami l'avait influencé.
Flaubert était de santé fragile ; nous le découvrons dépassant ses limites, souffrant de la chaleur, de la pluie, s'essoufflant, toussant… mais ne se ménageant pas de la traversée en bateau à la croisière sur le Nil, à pied, à cheval, rampant même pour certaines visites, dormant sous la tente dans le désert, vivant à la dure…
Le texte revêt une couleur anthropologique, géographique, historique et sociale digne du plus grand intérêt..
Pour apprécier aujourd'hui un tel récit, il faut nécessairement se replacer dans les mentalités du XIXème siècle. le ton de Flaubert est paternaliste, colonialiste, supérieur… Mais il écrit en 1851 ; l'esclavage, dénoncé en 1794 dans l'allégresse de la Révolution, avait bien vite été rétabli par Napoléon en 1802… le nouveau décret d'abolition de 1848 avait été considérablement assoupli pour les colonies françaises… Ces quelques dates replacent en perspective le regard de l'auteur sur ce que nous appellerions aujourd'hui du tourisme sexuel…
Si Flaubert nous livre ici de magnifiques portraits de femmes, son regard et sa plume se font gourmands, concupiscents et s'attachent à des détails physiques toujours auréolés de sensualité : son voyage est emmaillé de parties de chasse, de visites de sites archéologiques et de rencontres charnelles… rencontres tarifées, proposées, provoquées, demandées… Même les très jeunes filles, tout juste pubères sont décrites de manière sensuelle et suggestive. Les descriptions de ses ébats sont transcrites sans pudeur, sans retenue, avec un souci du détail, de la posture, du grain de peau, des odeurs, etc…
De même, les voyageurs ne s'étonnent pas des bastonnades, châtiment longuement décrit selon le but recherché : la punition ou la mort…
Ce journal de voyage est une belle découverte, mais une incursion dans l'intimité d'un homme en quête de lui-même, qui n'est pas encore devenu le grand écrivain que nous connaissons.
Flaubert a 28 ans quand il quitte sa propriété de Croisset où il s'est retiré à cause de sa maladie nerveuse pour se consacrer à l'écriture. Ce voyage d'un an et demi représente pour lui une expérience décisive, à une époque où l'orientalisme est à la mode, mais à un moment où il est également en pleine dépression ; il écrit ses carnets de route sans penser qu'ils seront publiés un jour. Dans cette version intégrale, toutes ses aventures nous sont données à lire ou à entendre, même les plus intimes. Le lecteur curieux devient voyeur, intrusif… Qu'aurait pensé Flaubert de cette mise à nu publique ?
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araucaria
  24 août 2014
Je viens de lire le récit de voyage de Flaubert consacré à la Corse. Il force peut-être un peu le trait (bandit d'honneur, vendetta, homme montant à cheval avec un fusil à l'épaule tandis que l'épouse le suit portant les fardeaux et marchant pieds nus) il évoque aussi la paresse, l'orgueil, Bastia qui est bien plus continentale que Corse... Enfin, c'est son point de vue, et la Corse était peut-être un peu ainsi au XIXe siècle. Un texte bien écrit, agréable à lire.
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ferocias
  18 avril 2011
Le volume recueille plusieurs extraits de textes: Cahier des vingt ans et divers carnets dont la rédaction est étalée de 1840 à 1879 (soit toute la vie d'homme de Flaubert). Il ne s'agit bien sûr que d'une faible partie de ce que l'on appelle en amateur de Gérard Genette l'épitexte flaubertien.
"Le Carnet des vingt ans" montre qu'une partie de l'oeuvre de Flaubert est en gestation dès son plus jeune âge. Il se pose la question de la morale, de l'esthétique et de la beauté: « La pièce la plus immorale du théâtre est le Misanthrope, c'est aussi la plus belle ». En 1856, soit une quinzaine d'années plus tard est publié Madame Bovary que beaucoup tiennent pour le chef d'oeuvre de Flaubert, livre qui subira les attaques pour immoralité que l'on connaît bien.
Dans cette même partie, on trouve aussi un pastiche orientalisant qui annonce Salammbô (mon roman de Flaubert préféré: « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. // Les soldats qu'il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d'Eryx, et comme le maître était absent et qu'ils se trouvaient nombreux, ils mangeaient et ils buvaient en pleine liberté....) plein de sensualité.
Les carnets sont un mélange de prises de notes sur le vif, d'aphorismes, d'idées jetées sur le papier, de notes de lecture, de réflexions diverses.
Pour la préparation de Salammbô, on trouve trois pages de notes sur les objets et les supplices, des pièces carthaginoises au supplice syrien.
On découvre aussi de ces aphorismes qui se retrouveront sous une forme différente dans le Dictionnaire des idées reçues et qui dénoncent la « bêtise »: « Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise. Ne plus l'aimer, marque de décadence. » (p. 47).
Sur l'Education sentimentale, quatre carnets, rien de moins! Par exemple des réflexions sur les vêtements à faire porter par les personnages qui vivaient vingt avant. le souci de la précision, toujours.
Et des notes de lecture de Pausanias (Antiquité) à Pascal, de Buffon à Darwin car un écrivain est aussi un lecteur. Soulignons que le domaine de l'imaginaire n'est pas absent de l'oeuvre flaubertienne. Il y a bien sûr les nouvelles (les Trois contes publiés en 1877) mais aussi des ébauches comme celle-ci: « La Forêt des femmes. Des femmes arbres. Les bras et la chevelure faisant les branches. »
Comme l'annonce la quatrième de couverture, l'édition « privilégie la « traversée thématique de toute une vie d'écrivain ». Plus que le travail de l'auteur, au sens de l'écriture et du brouillon d'écrivain, c'est le travail, le cheminement de la pensée que ce petit volume offre au lecteur. Indispensable pour l'amateur de Flaubert, peut-être ardu pour celui qui ne connaît pas beaucoup l'oeuvre mais stimulant par les multiples voies empruntées par l'auteur dont l'oeuvre publiée, qui est de beaucoup moindre ampleur que celle De Balzac, condense toute une vie de travail.
Lien : http://lespeuplesdusoleil.ha..
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PiertyM
  28 janvier 2014
Une histoire bien triste avec une écriture aussi mélancolique que celle de gustave Flaubert. Monsieur Ohmlin prend de l'opium avant de dormir après une dure journée. Voila que le lendemain, ne se réveillant pas, il est tout froid. Sa bonne fait appel aux médecins. Après examens, ils concluent qu'il est mort. Un medecen n'est pas de cet avis mais il se réserve de peur d'être maladroitement incompris face à ses confrères. Une fois enterré, monsieur Ohmlin se réveille. Il se retrouve dans une caisse qui n'est autre qu'un cercueil. Il se débat dans la rage et réussit à briser le cercueil. Mais seulement il se trouve impuissant face à la terre qui le couvre. Il entend juste les aboiements de son chien. le fossoyeur décide de creuser à nouveau le trou en entendant le chien aboyer interminablement espérant y trouver quelque trésor.
Voilà ce qu'il trouve:
"Le cadavre était tourné sur le ventre, son linceul était déchiré, sa tête et son bras droit étaient sous sa poitrine. Quand je l'eus retourné avec ma pelle je vis qu'il avait des cheveux dans la main gauche, il s'était dévoré l'avant-bras – Sa figure faisait une grimace qui me fit peur – il y avait de quoi. Ses yeux tout grands ouverts sortaient à fleur de tête, les nerfs de son cou étaient raides et tirés. On voyait ses dents blanches comme de l'ivoire car ses lèvres vertes relevées par les coins découvraient ses gencives comme s'il eût ri en mourant."
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nathalie_MarketMarcel
  07 février 2015
La lecture de ces notes est austère et pas toujours intéressante, disons-le. Mais c'est Flaubert, qui déteste les bourgeois et les voyages en épicier, qui voudrait être seul ou être avec un ami, qui se moque des détails historico-pittoresques, mais qui les pourchasse, déjà nostalgique du voyage romantique, déçu avant même de partir, blasé, mais ne pouvant empêcher les élans de son coeur. Et détaillant les femmes et les bordels par où il était passé lors de son précédent voyage.
Contrairement à beaucoup d'hommes de son temps, Flaubert préfère l'architecture antique et s'il ne peut s'empêcher de goûter la poésie d'une église gothique, son admiration va au temple romain. En dépit de ses prétentions, Flaubert est un fort bon touriste. Il visite les musées, les palais, les églises, va voir les points de vue et fait le tour des lieux du patrimoine littéraire : Rousseau à Genève, le château de Mme de Staël, la chambre de Hugo à Besançon, Ferney et Voltaire, etc. C'est un vrai pèlerin de la littérature, pratiquant le culte des grands poètes.
Sa fascination pour la mer bleue de la Méditerranée est remarquable.
Ce goût pour l'Italie et la beauté est une découverte, ainsi que son admiration sensuelle pour les marbres antiques qu'il embrasse véritablement.
http://chezmarketmarcel.blogspot.fr/2015/02/comme-les-corniches-se-detachent-sur.html
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MarikristinMarikristin   22 août 2015
Si votre œuvre d'art est bonne, si elle est vraie, elle aura son écho, sa place, dans six mois, dans six ans – ou après vous. Qu'importe ! C'est là qu'est le souffle de vie, me dis-tu, en parlant de Paris. Je trouve qu'il sent souvent l'odeur des dents gâtées, ton souffle de vie. Il s'exhale pour moi de ce Parnasse où tu me convies plus de miasmes que de vertiges. Les lauriers qu'on s'y arrache sont un peu couverts de merde, convenons-en.
À Maxime Du Camp. 26 juin [1852]
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Emma20Emma20   27 février 2011
J’aime mieux l’inspiration que la réflexion, le sentiment que la raison, la clémence que la justice, la religion que la philosophie, le beau que l’utile, la poésie avant tout. L’art est plus utile que l’industrie, le beau est plus utile que le bon. S’il en était autrement, pourquoi les premiers peuples, les premiers gouvernements ne seraient-ils pas industrieux, commerçants ? Ils sont artistes, poètes, ils bâtissent des choses inutiles comme des pyramides, des cathédrales ; ils font des poèmes avant de faire du drap. L’esprit est plus gourmand que l’estomac.
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MarikristinMarikristin   22 août 2015
Si vous voulez à la fois chercher le Bonheur et le Beau, vous n'atteindrez ni à l'un ni à l'autre. Car le second n'arrive que par le Sacrifice. L'Art, comme le dieu des Juifs, se repaît d'holocaustes. Allons ! déchire-toi, flagelle-toi, roule-toi dans la cendre, avilis la matière, crache sur ton corps, arrache ton cœur ; tu seras seul, tes pieds saigneront. – Un dégoût infernal accompagnera tout ton voyage. – Rien de ce qui fait la joie des autres ne causera la tienne. – Ce qui est piqûre pour eux sera déchirure pour toi, et tu rouleras perdu dans l'ouragan, avec cette petite lueur à l'horizon. Mais elle grandira, elle grandira comme un soleil, les rayons d'or couvriront ta figure. Ils passeront en toi. Tu seras éclairé du dedans. – Tu te sentiras léger et tout esprit. Et après chaque saignée la chair pèsera moins.
À Louise Colet. [21 août 1853]
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   07 février 2015
Partout, jusqu’à Toulon, j’ai été obsédé, surtout quand j’y repense, par les souvenirs de mon premier voyage ; la distance qui les sépare s’efface, ils se posent toujours en parallèle et se mettent au même niveau, si bien que déjà ils me semblent presque à même éloignement. Au bout d’un certain temps, les ombres et les lumières se mêlent, tout prend même teinte, comme dans les vieux tableaux : les jours tristes se colorent des jours gais, les jours heureux s’alanguissent un peu de la mélancolie des autres. Voilà pourquoi on aime à revenir sur son passé.
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MarikristinMarikristin   22 août 2015
On doit toujours embarquer dans une œuvre, comme un corsaire dans son navire ; avec l'intention d'y faire fortune, des provisions pour vingt campagnes et un courage intrépide. On part, mais on ne sait pas quand on reviendra ! On peut faire le tour du monde !
À Louise Colet. [25 mars 1854].
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Vidéo de Gustave Flaubert
Le CNRS au Collège de France. Journée du 6 avril 2019. Exposé de Jean-Baptiste Amadieu, chercheur au CNRS au sein de l?unité "République des savoirs" (CNRS/Collège de France/ENS). Il est notamment l?auteur de la Littérature du XIXe siècle mise à l?Index (2017). Pourquoi Balzac, Sand, Dumas, Flaubert, Stendhal, Hugo, Lamartine, Sue ou Zola firent l?objet de procès pour un ou plusieurs de leurs romans ? Pour un littéraire de formation, de telles investigations dans les archives de la censure nécessitent des connaissances en droit, en jurisprudence et, quand ces procédures appartiennent à un état caduc de la règlementation, en histoire du droit. Lorsque le tribunal en question est la Congrégation romaine de l?Index, le savoir exigé est celui du droit canonique et de son régime de juridicité singulier ; quant aux débats de fond, ils ne se comprennent qu?à la lumière de la théologie, de l?ecclésiologie et de la théologie morale. Cette interdisciplinarité rendue indispensable par l?objet étudié s?épanouit dans des établissements propices aux recherches non conditionnées par la délivrance d?un diplôme disciplinaire, c?est-à-dire des institutions comme le CNRS et le Collège de France. Pour plus d'informations : https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Le-CNRS-au-College-de-France.htm
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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