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EAN : 9782021488616
288 pages
Seuil (20/05/2022)
2.89/5   33 notes
Résumé :
Un jour d’août 1853, une goélette jette l’ancre dans un port californien. À la couleur de sa grand-voile, les habitants comprennent que son capitaine a réussi l’impensable : capturer la « Femme Solitaire », ultime représentante d’un peuple immémorial, abandonnée dix-huit ans plus tôt dans une île sauvage située au large de Los Angeles et Santa Barbara.

Elle parle une langue énigmatique et, contre toute attente, irradie une joie extraordinaire. Un nouv... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Dans son dernier roman, L'allégresse de la femme solitaire, Irène Frain nous fait découvrir un personnage hors du commun, hors du temps.

Qui était-elle cette femme solitaire ?

Une Indienne.

Dernière représentante de sa tribu.

Les hommes du continent sont allés la chercher sur son île.

Son île.

Parce qu'elle y vivait seule depuis près de vingt ans.

Pourquoi ?

Quand elle débarque d'une goélette, sur les côtes californiennes, en ce milieu du XIXÈME siècle,  beaucoup s'interrogent.

Le Dr Shaw, qui abandonne la médecine pour élever des moutons (et pourquoi pas ? Il'y en a bien qui quittent tout pour élever des chèvres dans le Luberon), s'intéresse à elle et aimerait percer son secret.

Roman chorale qui dévoile, au travers de multiples témoignages (sont-ils toujours fiables ?), la mystérieuse jeune femme.

Elle effraie.

Elle fascine.

Objet de convoitises que l'on aimerait s'offrir.

Que d'aucuns souhaiteraient exposer.

Mystérieuse parce qu'incomprise.

Personne ne connaît les secrets de son langage.

Chacun s'étonne de sa bonne humeur, s'émeut devant ses danses, s'extasie devant son travail manuel, admire sa robe.

Véritable légende.

Des siècles plus tard, elle est encore l'objet d'études d'anthropologues.

Je suis quand même resté sur ma faim.

J'aurais aimé que l'autrice s'approche plus de cette femme, que l'on perçoit comme un fantôme, au travers de son récit.

Elle pouvait se permettre d'inventer.

Tout en gardant l'histoire originale, elle pouvait broder puisque c'est un roman qu'elle a écrit.

Avis mitigé, donc, même si ce fut une lecture plaisante. Parce qu'évidemment, Irène Frain est une romancière de talent.

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Côte californienne, août 1853.

Voici le récit de «la femme solitaire», nommée ainsi car elle a passé près de 18 ans seule, sur l'île de San Nicolas, au large de Santa Barbara, alors un petit village.

Quand le capitaine Nidever la ramène sur la terre ferme, le «pueblo» est en émoi face à cette femme d'une quarantaine d'années, vêtue de robes de plumes, qui danse, chante et dont émane une joie candide.

Mais qui est cette femme ? Comment a-t-elle survécu seule sur l'île ? Et quelle langue étrange parle-t-elle ?

Le docteur Shaw a pour mission de comprendre sa langue et de veiller à la santé de la robinsonne. Il passe beaucoup de temps avec elle, tâchant d'interpréter ses mimes et ses jolis chants.

À travers les notes du carnet du médecin, on suit la nouvelle vie de cette femme et l'accueil qui lui est fait, entre fascination et répulsion. Très vite, elle devient un phénomène de foire. Les religieux se questionnent aussi. Est-elle envoyée par le diable ? Mérite-elle le baptême ?

J'ai beaucoup aimé ce récit, plein de poésie, de bienveillance et richement documenté. L'histoire aurait pu être inventée, que je l'aurais quand même appréciée.  La pureté de l'Indienne et la persévérance du bon médecin m'ont charmée. Je trouve que ce livre est empli de douceur, on y prend son temps et l'on avance à petit pas pour ne pas effrayer la femme solitaire.

Le contexte historique fort, traversé par le massacre des Indiens, la conquête de l'Ouest et la ruée vers l'or est bien présent.

Un roman dépaysant et tendre, qui fait souffler les vents maritimes et fait renaître une figure féminine méconnue de l'histoire.

Irène Frain me surprend en changeant tout à fait de registre après le très différent «Un crime sans importance». Je commence tout juste «Les naufragés de l'île Tromelin» qui va aussi me faire voyager.

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La Femme Solitaire avait été laissée pour morte sur une île pendant dix-huit ans, et a été retrouvée par un chasseur de loutres qui la ramène sur le continent.

À la seule vue du pavillon arboré par la goélette, une partie des habitants se précipite sur la plage ; chacun sait ce qu'il annonce, un exploit qu'on croyait irréalisable.

Nidever et son second, Charley Brown, ramènent sur le continent « La Femme Solitaire », dite aussi « La femme qu'on a perdue », une Indienne abandonnée dix-huit ans plus tôt à San Nicolas, l'île la plus lointaine des Channel Islands – un archipel sauvage qui s'étire de Santa Barbara à Los Angeles.

Voilà le point de départ de ce magnifique roman choral, dont l'action se déroule pendant sept semaines lors desquelles on tente de percer le mystère de cette femme dont on ne comprend pas la langue, qui chante, danse, rit et irradie d'une joie extraordinaire.

Voilà le point de départ de ce magnifique roman choral, dont l'action se déroule pendant sept semaines lors desquelles on tente de percer le mystère de cette femme dont on ne comprend pas la langue, qui chante, danse, rit et irradie d'une joie extraordinaire. Irène Frain est revenue auréolée de son prix Interallié avec le très fort crime sans importance et avec un capital presse et librairie au meilleur.

Elle renoue ici avec les thèmes qui lui sont chers, et renouvelle les codes du roman historiques pour en faire une version moderne et épurée.

L'histoire vraie dont elle s'est inspirée fait écho à des thèmes profonds chez elle : langage, paysages insulaires, exploitation des peuples (ici les Indiens), et un personnage de femme à la fois héroïne et insaisissable.


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Nous voici à Santa-Barbara, en Californie, en août 1853. Un chasseur de loutres ramène au port une Indienne, d'une quarantaine d'années, qui avait été abandonnée seule sur une île à environ 200 km de la côte, 18 ans auparavant. Elle ne fait que chanter et danser, parle une langue que personne ne comprend et s'exprime par signes. Elle est surnommée la femme solitaire. Elle suscite tout un panel de réactions, curiosité, peur, rejet, les sentiments que déclenche en général un évènement qu'on ne comprend pas. Elle est comme les bêtes de foire qu'on exhibait alors dans les cirques ; tous les jours, une foule immense se masse pour la voir et l'entendre. Elle vivra sept semaines dans le village, partageant la joie qui l'habite. Elle est enterrée à Santa-Barbara sous le nom de Juana Maria.

Cette femme a réellement existé et était déjà un mythe en 1847, des articles de journaux l'avait évoquée. Elle incarnait les fantasmes de Robinson, de la sauvageonne, de la mère sacrificielle (elle serait restée sur l'île pour sauver son bébé alors que les membres de sa tribu étaient déportés sur le continent), du bon sauvage théorisé par Jean-Jacques Rousseau. En 1960, un roman pour la jeunesse, « L'Ile des Dauphins bleus », lui redonne vie sous les traits d'une très jeune Robinsonne. le mystère n'a jamais été éclairci.

Malgré le destin tragique de cette Indienne qui représente une sorte d'enfance du monde préservée de la civilisation prédatrice, je n'ai pas été accrochée par ce roman ; les personnages ne suscitent aucune empathie et je les ai, pour la plupart, trouvés assez caricaturaux. En revanche, j'ai apprécié l'écriture sobre et limpide ainsi que l'arrière-plan historique très bien documenté que je connais très peu, celui de la Californie, avec l'extermination qu'ont subie les Indiens lors de la colonisation espagnole sous forme de déportations massives et de massacres, la conquête américaine à partir de 1846, l'expansion vers l'Ouest et la ruée vers l'or.

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D'un fait divers authentique, Irène Frain fait un roman sur la tolérance, la différence, de vérité.

La "femme solitaire" a été amenée sur une goélette dans un port californien. Elle vivait sur une île sauvage située au large de Los Angeles.

très vite elle devient un sujet d'observation pour le Dr Shaw, qui noue avec elle une relation forte. Personne ne comprend son langage, lui essaie de le déchiffrer. Qu'a vécu cette femme sur l'île? de quels traumatismes est fait son passé?

Solitaire, elle se parle à elle même mais semble toujours dans la joie, elle danse et chante sans cesse, à la grande stupéfaction des habitants du port.

Petit à petit, avec l'aide de quelques témoins du passé, le cheminement de la femme est tracé.

C'est un livre intéressant, qui repose sur une histoire ayant eu lieu à la fin du XIXème siècle.

L'écriture de Irène Frain est riche, mais parfois difficile à suivre. Parfois je me suis perdue.

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critiques presse (2)
LeFigaro
25 août 2022
La romancière élève un magnifique tombeau littéraire à une mystérieuse Indienne d’Amérique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
SudOuestPresse
27 juillet 2022
L’écrivaine signe un roman solaire, aussi fascinant que passionnant, basé sur un fait divers qui nous transporte dans la Californie du XIXe siècle.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (5) Ajouter une citation

Il y a des vérités enfouies, dit-on, que la fiction est seule capable d'exhumer et d'exprimer. Peut-être parce que mon histoire personnelle m'a rendue très tôt sensible aux déracinés, aux langues menacées et à l'oppression de ce qu'il est convenu d'appeler les "minorité culturelles", telle a été mon ambition quand j'ai écrit ce roman.

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Il repensait aux romans qu'il avait sorti de son coffre ; il réalisait enfin pourquoi il y était si attaché. Pendant ses études et ses navigations, ils lui avaient fait cadeau d'une sensation unique, celle d'un rêve éveillé ; et il y avait pris d'autant plus de plaisir que cette vie parallèle, il avait pu la choisir, en sortir à volonté et la retrouver quand ça lui chantait. Maintenant, pas d'issue. Il était enfermé dans un livre dont il n'avait pas choisi le sujet. Pour autant, il ne pouvait pas d'avantage le lâcher.

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Ça n'empêchait rien, elle espérait. Elle parlait toute seule. Ou alors à quelqu'un qui n'était pas là, à quelqu'un qu'on ne voyait pas.

Ce qu'elle disait restait incompréhensible, mais à la façon dont elle tendait les bras vers les vagues, les mains grandes ouvertes, comme avec les enfants lorsqu'elle voulait qu'ils s'approchent, c'était évident : elle parlait à la mer.

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Il lui confessa aussi qu’il avait gagné l’Ouest au prix d’une bonne quinzaine de scalps. « Mais je n’ai pas été de ces trappeurs qui en font des couvertures ou les cousent au dos de leur veste », se défendit-il. « C’était le prix à payer pour vaincre la frontière et donner des terres vierges à l’Amérique. Voilà pourquoi je n’ai jamais caché mon œil. C’est ma médaille de pionnier. J’ai voulu que les gens se souviennent de ce qu’ils nous doivent, à nous qui avons ouvert la route de l’Ouest. Ma vie durant, je suis resté pionnier. »

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Il s’est alors demandé si ce n’était pas cela, la joie : le recueillement après l’épreuve. S’abandonner à la grâce de l’instant et à l’embellie qu’on n’attendait plus

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Videos de Irène Frain (122) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Irène Frain
The French writer Irene Frain presents her last novel “L'Allégresse de la Femme Solitaire » ( Lone Woman's Rejoice ») based on the true story of a woman left in the wild island of San Nicolas, California, where she lived alone during 18 years. In very mysterious circumstances, a captain, Goerge Nidever, led her to Santa Barbara in 1851, where some people tried to decipher her language and understand what happened in the island when she was abandoned.
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