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Michel Mohrt (Préfacier, etc.)Gilles Vannier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253047651
Éditeur : Le Livre de Poche (30/08/1997)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Recueil comprenant trois nouvelles :
-Laurette ou le Cachet rouge
-La Veillée de Vincennes
- La Vie et la mort du Capitaine Renaud ou la Canne de jonc

Vigny décrit la condition militaire avec une humanité profonde et une pitié fraternelle. Il s'élève avec fermeté contre la doctrine formulée par Joseph de Maistre, qui exaltait le guerrier comme l'instrument aveugle et prestigieux d'une mission divine. Il regarde la guerre comme un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
panurge
  15 mars 2019
QUE RESTE T-IL DE L'HONNEUR ?
On ressort de ce livre fort d'impressions très mélangées....Une question d'apparence périmée (Jean-René van der Plaetse soulève la même interrogation dans le livre dédié à son grand-père "La nostalgie de l'honneur"), des considérations très "image d'Epinal" sur la vie de famille, un conservatisme qui fleure bon le hobereau de province, un goût avéré pour le privilège aristocratique....
Bref un passé décomposé qui se regarde de loin comme on jetterait un oeil distrait sur un tableau d'ingres, du baron Gros ou d'Isabey.
L'affaire ne s'arrête cependant pas là.
Tout d'abord Alfred de Vigny écrit merveilleusement :
"Ce jour-là, il y avait en mer une seule frégate anglaise. Elle courait des bordées avec une majestueuse lenteur ; elle allait, elle venait, elle virait, elle se penchait,elle se relevait, elle se mirait, elle glissait, elle s'arrêtait, elle jouait au soleil comme un cygne qui se baigne".
Les nouvelles tirent vers le gothique ou l'effroyable ("Laurette", "La veillée de Vincennes"), détaille la dure lenteur désoeuvrée de la vie militaire en tant de Paix, montre une Communauté d'Esprits disciplinés prêts à tout endurer pour étancher la soif permanente du Danger (Sysiphe, Tantale, les Danaïdes).
"La canne de jonc", vie d'un capitaine de vieilles troupes, rassis d'abnégation, traite de la férocité de la Guerre, des horreurs absolues, des sacrifices et des combats toujours mortels , fait le portrait de Napoléon qu'il n'aime pas et qui le fascine (on pense aux officiers anglais durant la guerre du Désert de 1942 quasi-hypnotisés par Rommel) et témoigne de la vaillance silencieuse qui supporte la captivité, l'éloignement et l'oubli.
Au centre de ces récits, Bonaparte, le Dieu de la Guerre selon Clausewitz, l'Aigle foudroyant, le Capitaine égal d'Alexandre et de César, dominateur, fanatisant, vampirisant...
Le voilà insultant le Pape :
"Comédien ! Ah ! messieurs, vous prenez vite pied chez nous ! Vous êtes de mauvaise humeur parce que je n'ai pas été assez sot pour signer, comme Louis XIV, la désapprobation des libertés gallicanes ! Mais on ne me pipe pas ainsi. -C'est moi qui vous tiens dans mes doigts ; c'est moi qui vous porte du Midi au Nord comme des marionnettes ; c'est moi qui fais semblant de vous compter pour quelque chose parce que vous représentez une vieille idée que je veux ressusciter ; et vous n'avez pas l'esprit de voir cela et de faire comme si vous ne vous en aperceviez pas.
Mais non ! il faut tout vous dire ! il faut vous mettre le nez sur les choses pour que vous les compreniez. Et vous croyez bonnement que l'on a besoin de vous, et vous relevez la tête, et vous vous drapez dans vos robes de femme ! - Mais sachez bien qu'elles ne m'en imposentnullement, et que, si vous continuez, vous ! je traiterai la vôtre comme Charles XII celle du grand vizir : je la déchirerai d'un coup d'éperon. »...
Et en fond de décor, cette litanie sourde, insistante, distillant un leitmotive évocateur de la tapisserie de Pénélope : "Ce qui nous tient debout, c'est l'Honneur"...L'Honneur, l'amour de la Patrie, le don de soi, l'individu fondu, consciemment dans le collectif...L'Honneur, cette scie du Roman National, cette "valeur" à déconstruire, l'Honneur auquel on croit quand quand on a été instruit, comme moi, dans l'Ecole finissante des Hussards Noirs qui tenaient autant de Péguy que du petit père Combes...
Je ne sais pas ce qui nous tient debout en ce début de XXIème siècle.
Alfred de Vgny, en parlant de l'Armée et du pays, avec une acuité très actuelle, en faisant oeuvre d'écrivain-romancier rémémorant ce que ce mot peut sous tendre, en affirmant la primauté de cette vision "médiévale" (on pense ici à la mort très récente d'un colonel de Gendarmerie) nous rappelle à cette Notion aussi vieille que l'Histoire de France.
"Madame, pour vous avertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. » (François Ier, après la défaite de Pavie-1525)..."Tout est perd fors l'honneur"...
Quand on perd l'Honneur...que reste t-il ?
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Chasto
  06 novembre 2019
Regards de l'intérieur et introspection d'un homme sur son siècle et une existence traversant cette époque de brandebourgs et de salons.
A découvrir dans toute sa splendeur de réflexions et d'analyses.
Le talent littéraire mis au service du ravissement du lecteur.
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Limoncella
  27 mars 2015
L'armée est une nation dans la nation: c'est un vice de nos temps.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   23 février 2013
Les mots de notre langage familier ont quelquefois une parfaite justesse de sens. C’est bien servir , en effet, qu'obéir et commander dans une Armée. Il faut gémir de cette Servitude, mais il est juste d’admirer ces esclaves. Tous acceptent leur destinée avec toutes ses conséquences, et, en France surtout, on prend avec une extrême promptitude les qualités exigées par l’état militaire. Toute cette activité que nous avons se fond tout à coup pour faire place à je ne sais quoi de morne et de consterné.
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OlivOliv   07 mai 2014
Il est convenu que ceux qui meurent sous l'uniforme n'ont ni père, ni mère, ni femme, ni amie à faire mourir dans les larmes. C'est un sang anonyme.
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ChastoChasto   06 novembre 2019
Je dois même à la vie de l'Armée des vues de la nature humaine que jamais je n'eusse pas chercher autrement que sous l'habit militaire.
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ChastoChasto   08 novembre 2019
Bien souvent j'ai souri de pitié sur moi même en voyant avec quelle force une idée s'empare de nous.
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ChastoChasto   08 novembre 2019
Quand on parle de soi, la meilleure muse est la Franchise.
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Vidéo de Alfred de Vigny
Alfred de Vigny – La passion de l'honneur Documentaire de 1972.
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