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Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070381684
Éditeur : Gallimard (04/10/1989)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - Les dieux ont soif : quand il choisit pour titre ce mot de Camille Desmoulins, Anatole France ne veut nullement rejeter sur une fatalité tragique les atrocités de la Terreur. Ce texte admirable décrit l'horreur du fanatisme, l'obscurantisme gagnant les Lumières elles-mêmes, la barbarie prenant le masque du progrès. En 1912, ce livre du patriarche de la Gauche française qui dénonçait les excès de la Révolution fut accueilli comme un paradoxe... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
gill
20 juillet 2012
Anatole France écrit, dans ce roman, l'histoire d'Évariste Gamelin, jeune peintre, disciple de David.
Farouchement révolutionnaire et Jacobin, fidèle à Robespierre et à Marat, le jeune homme deviendra juré au tribunal révolutionnaire, et, sous le prétexte de protéger la révolution de divers complots, il se fera bourreau malgré son amour pour la belle Élodie.
Sa chute, entraînée par celle de Robespierre, ne sera empêchée par aucun de ses amis que son idéalisme intransigeant et sanglant a lassé.
Anatole France nous offre un roman lumineux, intelligent et qui se place, lors de sa parution, dans une polémique apparue lors du premier centenaire de la révolution, avec la pièce de Théâtre de Victorien Sardou "Thermidor".
Anatole France écrivit en 1891 que "les hommes de 93 furent dans une situation horrible, ils furent surpris, lancés, perdus dans une formidable explosion : ils n'étaient que des hommes. C'est là peut-être ce qu'on peut dire".
Et dans la brillante préface signée Marie-Claire Bancquart, celle-ci oppose la vision d'Anatole France à celle de Romain Rolland, exposée dans le "Théâtre de la révolution", pourtant pour moi, les deux auteurs se rejoignent, en ce sens qu'il montre tous les deux, l'un avec Gamelin, l'autre avec Robespierre que le fanatisme est résultat d'un idéalisme assorti d'une "imagination froide, d'une irrémédiable chasteté et d'un manque cruel de sensualité".
Ce magnifique ouvrage est sûrement, d'ailleurs, avec "Le Théâtre de la révolution" de Romain Rolland, ce qui s'est écrit de plus sincère et de plus beau sur ces années troublées de destruction et de refondation.
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JulyF
15 juillet 2013
Plongée en 1793. Un homme se laisse emporter par le culte de la Raison, par les nécessités de la Terreur. Il est jeune et bon, il se voudrait artiste, mais surtout il veut le triomphe de la Révolution. Alors, devenu juré du tribunal révolutionnaire, il juge. de son mieux. Face à lui et ses confrères, des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards, accusés d'avoir conspiré, d'avoir spéculé, d'avoir soutenu la royauté ou affaibli la Révolution.
Il sent bien que même l'amour de sa douce ne le retient plus dans l'abîme où son poste l'a plongé, mais il continue en espérant qu'il en viendra un monde meilleur, jusqu'au dénouement fatal de Thermidor.
Avec Évariste, nous vivons cette année terrible. Avec ses voisins et ses amis, nous découvrons tous les aspects de 93 à Paris : la faim, la suspicion, les magouilles pour survivre, les relations avec les émigrés.
Le roman est instructif mais ne décolle vraiment qu'avec la participation du héros au tribunal. Avec son beau-frère et son voisin arrêtés, on se prend à espérer que son humanité triomphera, mais non.
Le titre est sardonique : on ne parle jamais de dieux au pluriel dans le livre, essentiellement du Dieu des catholiques et de la déesse Raison, mais on comprend que le sang coule pour apaiser des forces supérieures qui dépassent les hommes, faibles créatures qui se trucident les uns les autres.
Ce n'est pas le meilleur livre de mon été, mais cela reste une plongée éclairante dans l'âme d'un bourreau et dans une page sombre de notre histoire.
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ThierryCABOT
06 août 2013
Par je ne sais quelle incongruité, on a quelquefois reproché à Anatole France son écriture châtiée, dépourvue de tout défaut, qui révélait simplement une connaissance fine de la langue française.
Quelques décennies plus tôt, il n'était pas rare que les écoliers et les collégiens s'échinassent sur un de ses textes. Ecrivain érigé en modèle, celui-ci fournissait la matière de bien des dictées, de bien des commentaires.
De nos jours, le grand Anatole subit une sorte de long purgatoire dont on se demande tout de même s'il ne se prolonge pas outre mesure.
Homme de lettres distingué riche d'une culture humaniste, France incarnait à merveille, ainsi que Voltaire, cet esprit français fait de pénétration et de mesure où se manifeste une partie du génie national.
Aussi peut-on selon moi partager sans la moindre réserve l'enthousiasme de Paul Guth au sujet du livre "Les dieux ont soif".
Gagné aux idéaux de la Révolution, Evariste Gamelin, son héros, va franchir peu à peu, de compromis en compromission et au nom d'une idéologie toute robespierriste, la frontière qui sépare le juste de l'ignoble, le bon de l'exécrable, le légitime du totalitaire. La force du roman réside dans le fait que le jeune homme pourrait aisément ressembler à chacun d'entre nous, qu'il est capable d'inspirer une vraie sympathie au lecteur, que ses motivations initiales n'ont rien d'inquiétant ou de répréhensible.
Or pris dans un engrenage effrayant, Evariste ne manquera pas d'évoquer le roi aztèque Moctezuma réclamant jour après jour de nouveaux sacrifices pour étancher sa soif inextinguible. La Révolution, devenue Terreur, vampirise bientôt ceux qui la servent et broie ceux qui s'écartent de ses dogmes.
L'histoire narrée magnifiquement par Anatole France progresse comme une course vers l'échafaud. Aussi précise qu'un mécanisme d'horlogerie, la trame romanesque suit les méandres d'un drame inévitable. A force d'être "pur", on finit par mépriser le genre humain, et la guillotine elle-même fait figure d'instrument de rédemption.
Dans ce livre inoubliable où les meilleurs sentiments se transforment en actes de barbarie, Anatole France brosse un tableau saisissant de la période révolutionnaire sans jamais tomber dans l'enflure et dans le pathos.
Prodigieux styliste, il fait avancer le récit de main de maître en donnant à voir de chapitre en chapitre les progrès délétères d'une "raison" ô combien déraisonnable.
On sort d'un tel roman atterré, furieux, abasourdi.
A vouloir faire le bien des hommes malgré eux, on est forcément conduit à faire leur malheur.
France nous l'enseigne ici de manière magistrale !
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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Henri-l-oiseleur
26 octobre 2015
Anatole France, un peu oublié aujourd'hui, est un prosateur classique et agréable, dont toute la vie fut marquée par les souvenirs familiaux de la Révolution française. Son roman, prophétique dans une certaine mesure, décrit les dégâts humains et spirituels que le fanatisme de l'Idée, de la raison politique, de la Révolution, peuvent exercer sur le personnage principal, qui annonce par bien des côtés les bolsheviks du XX°s. L'auteur montre, dans ce roman à idées, qu'il n'y a aucune différence entre le fanatisme religieux et le fanatisme politique qui prétend se débarrasser des religions.Ce livre, clairement opposé à toute forme de Terreur institutionnelle, lui a valu la haine des surréalistes et l'oubli des bien-pensants.
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talou61
17 juin 2017
Je viens de relire ce livre. Compulsé il y a plus de trente ans, la jeune fille que j'étais n'avait pas compris, je pense, l' enchaînement inéluctable des évènements.
J'y ai retrouvé un style remarquable qui devient de plus en plus rapide jusqu'à s'essouffler pour suivre les dernières actions.

Les descriptions des rues, du tribunal révolutionnaire et des pensées de chacun des habitants sont superbes.
Je le relirai c'est sûr !
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Les critiques presse (1)
Actualitte28 août 2017
Le roman d’Anatole France est actuel, on en modernisera les détails en relisant 1984, de Georges Orwell.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
ValdimirValdimir15 septembre 2017
La nature nous enseigne à nous entre-dévorer et elle nous donne l'exemple de tous les crimes et de tous les vices que l'état social corrige ou dissimule. On doit aimer la vertu ; mais il est bon de savoir que c'est un simple expédient imaginé par les hommes pour vivre commodément ensemble. Ce que nous appelons la morale est une entreprise désespérée de nos semblables contre l'ordre universel, qui est la lutte, le carnage et l'aveugle jeu de forces contraires. Elle se détruit elle-même et plus j'y pense, plus je me persuade que l'univers est enragé.
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ValdimirValdimir11 septembre 2017
La vie d'un homme serait intolérable, s'il savait ce qui doit lui arriver. Il découvrirait des maux futurs, dont il souffrirait par avance, et il ne jouirait plus des biens présents, dont il verrait la fin. L'ignorance est la condition nécessaire du bonheur des hommes, et il faut reconnaître que, le plus souvent, ils la remplissent bien. Nous ignorons de nous presque tout ; d'autrui, tout. L'ignorance fait notre tranquillité ; le mensonge, notre félicité.
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talou61talou6117 juin 2017
Il passa par les Champs-Elysées, où des femmes en robes claires, cousaient ou brodaient, assises sur des chaises en bois, tandis que leurs enfants jouaient sous les arbres. Une marchande de plaisirs, portant sa caisse en forme de tambour, lui rappela la marchande de plaisirs de l'allée des Veuves, et il lui sembla qu'entre ces deux rencontres tout un âge de sa vie s'était écoulé. Il traversa la place de la Révolution. Dans le jardin des Tuileries, il entendit gronder au loin l'immense rumeur des grands jours, ces voix unanimes que les ennemis de la Révolution prétendaient s'être tues pour jamais. Il hâta le pas dans la clameur grandissante, gagna la rue Honoré et la trouva couverte d'une foule d'hommes et de femmes qui criaient "Vive la République ! Vive la Liberté !" Les murs des jardins, les fenêtres, les balcons, les toits étaient pleins de spectateurs qui agitaient des chapeaux et des mouchoirs.
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irenapirenap22 février 2016
- Misérable! c’est toi qui l’as tué, et ce n’était pas mon amant. Je ne le connaissais pas... je ne l’ai jamais vu... Quel homme était-ce? Il était jeune, aimable... innocent. Et tu l’as tué, misérable! misérable! »

Elle tomba évanouie. Mais dans les ombres de cette mort légère, elle se sentait inondée en même temps d’horreur et de volupté. Elle se ranima à demi; ses lourdes paupières découvraient le blanc de ses yeux, sa gorge se gonflait, ses mains battantes cherchaient son amant. Elle le pressa dans ses bras à l’étouffer, lui enfonça les ongles dans la chair et lui donna, de ses lèvres déchirées, le plus muet, le plus sourd, le plus long, le plus douloureux et le plus délicieux des baisers.

Elle l’aimait de toute sa chair, et plus il lui apparaissait terrible, cruel, atroce, plus elle le voyait couvert du sang de ses victimes, plus elle avait faim et soif de lui.
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gillgill20 juillet 2012
Évariste Gamelin, peintre, élève de David, membre de la section du Pont-Neuf, précédemment section Henri IV, s'était rendu de bon matin à l'ancienne église des Barnabites, qui depuis trois ans, depuis le 21 mai 1790, servait de siège à l'Assemblée générale de la section.
Cette église s'élevait sur une place étroite et sombre, près de la grille du Palais.
Sur la façade, composée de deux ordres classiques, ornée de consoles renversées et de pots à feu, attristée par le temps, offensée par les hommes, les emblèmes religieux avaient été martelés et l'on avait inscrit en lettres noires au dessus de la porte la devise républicaine : "Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort"....
(extrait du premier chapitre)
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