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Pierre Gascar (Autre)
ISBN : 2702103375
Éditeur : Calmann-Lévy (01/04/1994)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 34 notes)
Résumé :
aîné par la malice du Diable, le saint homme Maël aborde une île des mers hyperboréennes où l'a poussé une tempête de trente jours. Et là, trompé par sa mauvaise vue, le vieil apôtre baptise des pingouins, causant ainsi au Royaume des Cieux une perplexité dont Catherine d'Alexandrie tire heureusement les élus en proposant de métamorphoser les pingouins en hommes. l'elle est l'origine la plus, reculée de la civilisation pingouine dont Anatole France raconte l'évoluti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
gavarneur
  22 mai 2019
Mon enthousiasme initial a un peu faibli en cours de lecture.
Les pingouins ayant été baptisés par erreur, les forces supérieures de la chrétienté décident de les transformer en hommes. La fable qui s'en suit nous propose une vision de la France, de la préhistoire à une prémonition des guerres mondiales, et même au-delà.
Les premiers chapitres tirent à boulets rouges sur les religions et les superstitions, avec un humour parfois facile, parfois instruit : il vaut mieux avoir une petite culture judéo-chrétienne pour en profiter, mais certaines ficelles sont plus accessibles. Je m'en suis régalé : Dieu essayant d'oublier qu'il est omniscient et autres paradoxes sont très bien amenés et décrits avec ironie. (Certains croyants doctrinaires ont dû s'étrangler, à l'époque).
Dans les périodes suivantes, j'ai commencé par beaucoup apprécier certaines analyses, me disant que décidément tous les gouvernements, jusqu'à aujourd'hui inclus, ont des points communs, bien peu sympathiques. Ensuite j'en ai beaucoup appris sur la IIIe république, probablement plus que pendant mes cours au lycée, par exemple sur l'affaire Dreyfus, et en réfléchissant aux intérêts des protagonistes.
Mais finalement les morales de la fable ne sont pas si puissantes : rien de nouveau sous le soleil, les hommes (même pingouins) sont des cochons*, l'argent est la cause de tous nos maux, petites causes grands effets... Anatole France (prix Nobel, tout de même) m'a fait penser, m'a amusé, mais ne propose pas de solution pour lutter contre l'hypocrisie et la ploutocratie : plus drôle que Rousseau, auquel il doit beaucoup, mais pas plus efficace.
Ce fut donc une lecture souvent prenante par l'ironie et la mise en évidence des constantes de la vie politique, un peu ennuyeuse pendant quelques courts chapitres. Si on a le temps, on peut préférer relire le Contrat Social ou La Comédie Humaine, mais ce livre est plus amusant, et plus étrange.
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Aline1102
  10 avril 2014
Alors qu'il était en route pour corriger certains de ses ouailles qu'il a évangélisé quelques années plus tôt, Saint Maël est trompé par le Diable et atterrit sur un îlot peuplé par des Pingouins. le vieil homme a eu les yeux légèrement brûlés par le soleil qui se reflète sur la banquise des Pingouins et confond ces sympathiques volatiles avec des êtres humains. Il les baptise donc sur le champ.
C'est la panique au Paradis : que faire d'une bande de Pingouins catholiques ? Après bien des discussions, Dieu, les saints et d'anciens Papes se mettent d'accord : la seule solution, c'est de transformer les Pingouins en hommes.
Lorsque cette délicate opération est réalisé, Saint Maël décide de ramener les Pingouins avec lui et traîne leur îlot jusqu'aux rivages Bretons.
Anatole France m'a surprise avec ce roman. Je m'attendais à quelque chose de long et de très vieillot vu le sujet religieux dont il est d'abord question dans les premières pages, mais en réalité, cette Île des Pingouins est plutôt une satire très bien construite.
Anatole France s'y moque à peu près de tout : la religion, certains de ses collègues écrivains, le Diable, la civilisation,... Les saints hommes en prennent pour leur grade avec le pauvre Saint Maël, finalement plus bête que méchant, mais aussi avec le Diable, qui prend plus d'une fois l'apparence d'un religieux afin de tromper Maël et de l'amener à faire n'importe quoi.
L'auteur n'hésite pas non plus à se lancer dans une sorte de critique du progrès, puisque ses Pingouins semblaient bien plus heureux et bien plus équilibrés lorsqu'ils n'étaient que des oiseaux. Après leur transformation en êtres humains, les Pingouins découvrent la civilisation et tous ses revers : appropriation des terres par la force, guerres, querelles, mensonges, vols,...
Finalement, L'île des Pingouins, loin d'être un roman long ou ennuyeux et plutôt un récit assez comique et, surtout, très réaliste : Anatole France ne se fait aucune illusion en ce qui concerne les hommes et il n'hésite pas à le prouver grâce à sa plume plus qu'acérée.
Encore une très belle découverte dans le cadre du Challenge 15 Nobel.
Challenge 15 Nobel : 12/15
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Notos
  24 novembre 2013
Peut-être le roman le plus incisif d'Anatole France : cette fois, l'auteur ne se contente pas de saillies impromptues disséminées au fil d'un récit polyvalent, mais s'attaque directement à la société dans ses fondements en en retraçant une histoire burlesque et pittoresque.
Anecdotes, réparties savoureuses et analyses brûlantes s'enchaînent pour brosser un tableau efficace et féroce de la société, abordant avec le même sourire incrédule les fondements hypothétique de la civilisation avec l'affaire Dreyfus mieux documentée mais non plus raisonnée, et c'est bien là tout le génie de Monsieur France : débusquer l'absurde derrière l'ordre, souligner la passion qui baigne la raison et ravaler l'orgueil de toute opinion bien-pensante.
Un régal de lecture.
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colimasson
  29 décembre 2015
Livre anecdotique et peu utile qui se propose de parodier l'histoire de l'humanité sur le mode du décalage animalier. Prenez l'histoire de notre espèce, remplacez les gueules d'humains par des faces de pingouins, et vous obtenez un bouquin sans intérêt. Passé le moment où les plus cons s'exclameront « trop bien, il a une tête de pingouin ! », toute l'excitation retombe.

Nous savions que l'histoire de l'humanité n'avait aucun intérêt. Croire qu'il est nécessaire de passer par une métamorphose animalière pour nous en persuader constitue une grave faute de goût.
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SamuelZiterman
  23 février 2017
L'île des pingouins est un roman d'Anatole France, publié pour la première fois en 1908. Il s'agit plus d'un roman historique que d'une anticipation (contrairement à ce qui m'a été vendu dans un encart du magazine Galaxies).
Anatole France est un peu tombé dans l'oubli . Certaines de ses positions politiques ont été critiquées, notamment sur la Première Guerre mondiale, ou au départ il a écrit des récits pro militariste et patriote. Il finira par regretter son engagement de début de guerre, pour ensuite défendre la paix, ce qui lui vaudra à nouveau des critiques.
Alors que dans le présent livre il dénonce les guerres portées pour des raisons capitalistes et les guerres tout court, difficile à suivre.
Après sa mort, ses écrits et son style seront remis en cause, jusqu'à le traiter d'écrivain officiel au style classique et superficiel. Bon, je ne vais pas m'étendre là dessus, c'est un peu trop complexe et il y a surement une bonne dose partisane là-dedans. Mais je reviendrai sur son style.
Pourquoi avoir lu ce bouquin ? Je suis tombé sur un encart dans la revue Galaxies qui en parlait, comme d'une dystopie d'un auteur français un peu oublié. Je me suis dit pourquoi pas. J'ai noté que l'auteur se rapprochait parfois du genre fantastique, après tout, ça collerait presque à de la SFFF.
L'île des pingouins est une parodie de l'Histoire de France (et un peu de l'humanité, au début), dans laquelle les Hommes sont remplacés par des pingouins.
Tout commence avec Maël, un saint qui se fait bananer par le diable, ce dernier lui propose une embarcation en granit (oui, il est pas très malin le Saint Maël) pour rejoindre ses brebis égarées au large de la Bretagne.
Le religieux, trompé par le vilain, embarque, puis échoue sur une île, bien au nord, peuplée par des pingouins. Intrigué par les résidents de ce caillou, il décide de les évangéliser, en bon saint qu'il est.
De là s'en suit un débat au paradis, entre Dieu, les saints, les anges et toute la clique. le baptême de ces pingouins est-il valable ? Leur discussion frise le ridicule. le Saint-Esprit, pour trancher, décide de transformer les pingouins et les rendre humains (à peu près).
Pauvres pingouins, ils auraient mieux fait de rester dans l'ignorance et de ne pas être touchés par la grâce divine. S'ensuit une succession de chapitres qui retrace les éléments importants de notre civilisation.
L'antiquité et ses fastes, ses philosophes et sa grandeur. L'obscur moyen-âge, la renaissance, etc.
Les pingouins découvrent la morale, la propriété, dans la douleur et la violence.
L'époque moderne est traitée sous le prisme de l'essor du capitalisme et du socialisme, tenant la date du bouquin, c'est normal. Un long chapitre est consacré à l'affaire Dreyfus (l'Affaire Pyrot, dans le livre), avec tous les remous politiques et sociaux qu'elle implique.
Finalement, l'anticipation arrive en fin de course (un peu plus d'une dizaine de pages sur 209). le tableau est sombre et tombe parfois juste.
Le livre est une succession de chapitres s'attardant chacun sur une période spécifique, le tout se déroule de façon chronologique.
Le style est classique, bourré d'ironie et très détaché. C'est très imagé, un peu trop à mon goût.
Je préfère largement le réalisme, quitte à dénoncer les choses, autant que ça soit clair.
Justement, Anatole France dénonce des choses, il tape essentiellement sur l'Église. Ce qui lui vaudra en 1922 une condamnation papale de ses oeuvres. Cet aspect est savoureux par moment, tant l'auteur s'amuse à dézinguer l'institution de façon subtile.
Il dénonce ensuite le capitalisme et le tempérament égoïste et cupide des Hommes. Il y a quelques passages qui me font douter sur sa position concernant le racisme.
D'ailleurs, il retrace toute l'histoire de l'humanité (et de la France) sans un mot sur l'esclavagisme et le colonialisme. Alors qu'il a écrit des textes anti colonialistes (avant 1908). Bon peut-être qu'il a voulu se concentrer que sur certains points, pourquoi pas. Je n'en sais pas plus.
Personnellement, je n'ai pas été conquis par le livre, même s'il y a quelques passages mémorables, le style ne me convient pas, ce n'est clairement pas pour moi.
Cependant, il s'agit clairement d'un livre écrit par quelqu'un de très érudit et instruit, il est parfois difficile à suivre. Tant les références (historiques, philosophiques, etc.) sont nombreuses.
Un extrait, avant de vous quitter, histoire de vérifier que les choses n'ont pas bien changé, malgré le siècle écoulé :
« Ce discours fut couvert d'applaudissements. le gouvernement de la république demeura soumis au contrôle des grandes compagnies financières, l'armée consacrée exclusivement à la défense du capital, la flotte, destinée uniquement à fournir des commandes aux métallurgistes ; les riches refusant de payer leur juste part des impôts, les pauvres, comme par le passé, payèrent pour eux. »
Lien : http://lecture42.blog/lile-p..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   13 janvier 2016
[…] Les trusts de l’alimentation accomplissaient les plus hardies synthèses chimiques, produisaient des vins, de la chair, du lait, des fruits, des légumes factices. Le régime qu’ils imposaient causait des troubles dans les estomacs et dans les cerveaux. Les milliardaires étaient chauves à dix-huit ans ; quelques-uns trahissaient par moments une dangereuse faiblesse d’esprit ; malades, inquiets, ils donnaient des sommes énormes à des sorciers ignares et l’on voyait éclater tout à coup dans la ville la fortune médicale ou théologique de quelque ignoble façon de bain devenu thérapeute ou prophète. Le nombre des aliénés augmentait sans cesse ; les suicides se multipliaient dans le monde de la richesse et beaucoup s’accompagnaient de circonstances atroces et bizarres, qui témoignaient d’une perversion inouïe de l’intelligence et de la sensibilité.
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gavarneurgavarneur   20 mai 2019
Ne voyez-vous pas, mon fil, s'écria-t-il, ce furieux qui coupe avec ses dents le nez de son adversaire terrassé, et cet autre qui broie la tête d'une femme sous une pierre énorme ?
-Je les vois, répondit Bulloch. Ils créent le droit ; il fondent la propriété ; ils établissent les principes de la civilisation, les bases des sociétés et les assises de l’État.
-Comment cela ? demanda le vieillard Maël.
-En bornant leurs champs. C'est l'origine de toute police. Vos pingouins, ô maître, accomplissent la plus auguste des fonctions. Leur œuvre sera consacrée à travers les siècles par les légistes, protégée et confirmée par les magistrats.
Page 62 (Édition Calmann-Lévy 1908)
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gavarneurgavarneur   22 mai 2019
[Le dieu des chrétiens parle :] Aussi, je puis vous annoncer qu'après que le soleil aura tourné encore deux cent quarante fois autour de la terre...
-Sublime langage ! s'écrièrent les anges.
-Et digne du créateur du monde, répondirent les pontifes.
-C'est, reprit le Seigneur, ma façon de dire en rapport avec ma vieille cosmogonie et dont je ne me défais pas sans qu'il en coûte à mon immutabilité...
Page 32 (Édition Calmann-Lévy 1908)
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DocIdoineDocIdoine   29 janvier 2019
Cependant la Pingouinie se glorifiait de sa richesse. Ceux qui produisaient les choses nécessaires à la vie en manquaient ; chez ceux qui ne les produisaient pas, elles surabondaient. « Ce sont là, comme le disait un membre de l’Institut, d’inéluctables fatalités économiques. » Le grand peuple pingouin n’avait plus ni traditions, ni culture intellectuelle, ni arts. Les progrès de la civilisation s’y manifestaient par l’industrie meurtrière, la spéculation infâme, le luxe hideux. Sa capitale revêtait, comme toutes les grandes villes d’alors, un caractère cosmopolite et financier : il y régnait une laideur immense et régulière. Le pays jouissait d’une tranquillité parfaite. C’était l’apogée.
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gavarneurgavarneur   24 mai 2019
Bientôt se gonfleraient du lait de la richesse ces trois mamelles des nations modernes : l'accaparement, l'agio et la spéculation frauduleuse.
Page 348 (Édition Calmann-Lévy 1908)
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