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ISBN : 2330053185
Éditeur : Actes Sud (19/08/2015)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d'obtenir de la mairie l'autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu'elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, cons... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
horline
  07 octobre 2015
Lottie n'est pas grand-chose et pourtant elle est au centre d'un monde passé qui se désagrège, un monde peuplé de fantômes qu'elle seule l'"arpenteuse de pages", la "randonneuse de rêves" est susceptible de ressusciter, témoin privilégié des drames de la famille Ardenne. Dans un paysage de vie et de mort sur plusieurs générations, Lottie se fait donc passeur de monde pour les oreilles neuves de la narratrice en racontant la vie énigmatique d'une famille de notables pour laquelle elle a travaillé. La vieillesse approchant son terme," il y a une joie sauvage à s'approprier une famille, à en retracer l'arbre, branches et racines, et en façonner l'histoire, à s'inventer les commencements qui font défaut. [Elle] ne manquai[t] pas de moyens pour le faire, tombée dans celle-là qui s'intriquait de manière assez brutale à la [sienne]".
Mais Lottie est facétieuse. Avec une langue épaisse de mystères, tressée de souvenirs et de la parole des morts, le récit longe les humeurs sombres de la Flane pour emprunter le chemin des contes. Il fait apercevoir une réalité autre, un peu floue, un peu brumeuse, une réalité parfois teintée d'imaginaire et mystérieuse de nature à exercer une étrange attraction sur la narratrice…
Dans un roman où souvenirs et impressions se confondent dans un présent hanté par le passé, Anne-Marie Garat interroge la question de la mémoire, de la transmission, la puissance des fables que l'on hérite de génération en génération. Les histoires de famille recélant des ondes secrètes que l'écriture de l'auteure ne manque pas de révéler. Avec une plume qui se veut incandescente, Anne-Marie Garat est une romancière que l'on imagine volontiers en sorcière de l'écriture avec des phrases découlant de fioles mystérieuses. Elle sait rendre palpable le suspense mélodieux qui hante les lieux tout comme les échos qui se propagent à travers le temps.
Sous le charme d'une belle lecture donc, même si l'écriture flirte parfois avec un style rabelaisien surchargé, rendant la progression de la lecture tortueuse.
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motspourmots
  27 août 2015
Anne-Marie Garat est une sorcière. Une charmeuse dont la plume telle une flûte enchantée, agit sur le lecteur comme une sorte d'envoûtement. Avec La Source, elle livre une magistrale réflexion sur la narration, la façon dont se transmettent les histoires, naissent les légendes dont se nourrissent les récits. A l'heure où le story-telling pilote toute communication, comment ne pas être captivé par ce voyage qui tente d'éclairer le processus permetant de privilégier la narration plutôt que les faits ?
Il y a d'abord la langue, reconnaissable entre toutes. Charnue, ronde, généreuse. Ces phrases qui enveloppent, tournoient, semblent se perdre avant de retomber parfaitement sur le fil narratif. Il faut un petit temps de réadaptation parce que cette langue est rare. La scène d'ouverture est là pour ça. Sublime, pleine de couleurs, de sons et d'odeurs. Déroulant peu à peu le charme déjà goûté dans la sublime trilogie (Dans la main du diable, L'enfant des ténèbres, Pense à demain).
Il y a l'histoire. Cette rencontre assez improbable entre Lottie et la narratrice dans un petit village de Franche-Comté, le Mauduit. C'est a priori le hasard qui a conduit la narratrice dans ce bourg où elle souhaite organiser pour ses étudiants en sociologie une séance de travaux pratiques à partir des archives de la mairie. le hasard encore si, faute d'hôtel dans la bourgade, elle se trouve hébergée par Lottie, une nonagénaire qui vit désormais seule dans la propriété des Ardenne, une famille autrefois influente. Dès leur rencontre, les deux femmes s'apprécient au point que Lottie pourtant habituellement solitaire et avare de confidences entreprend de raconter à sa visiteuse l'histoire de la maison et de la famille qui l'a érigée. Mais elle prévient : il ne faut surtout pas la croire sur parole.
Le hasard ? Pas si simple. L'histoire personnelle de la narratrice semble trouver des ramifications dans ce bourg où elle a le vague souvenir d'être déjà venue, enfant, à l'initiative de son père que l'étape avait semblé bouleverser. Et son séjour fait émerger d'autres souvenirs avec le secret espoir de trouver quelques réponses pour compléter les trous qu'elle devine dans son histoire familiale. Au fil de ses investigations, à la lumière des récits de Lottie, le passé refait surface, charriant son lot de joies et de drames à l'ombre de la grande Histoire, celle des monuments aux morts des deux guerres qui ont jalonné le siècle avec leurs horreurs, leurs fantômes et leurs secrets encore douloureux.
Enfin, il y a la construction. Anne-Marie Garat nous emmène sur pratiquement un siècle, entre l'histoire singulière de Lottie liée par le soin du destin (et un coup de pouce qu'elle a elle-même donné) à celle de la famille Ardenne, l'histoire du bourg, celles des membres de la famille et de leurs proches qui, outre leur lot de secret et de trahisons irradient aux quatre coins du monde et notamment dans le Grand Nord canadien. Sans oublier la quête personnelle de la narratrice et la façon dont ces histoires influeront sur sa propre vie. Tel un canevas, l'auteure tisse une matière foisonnante, développe, mélange les couleurs, arrange les motifs sans jamais se perdre, pour un résultat qui laisse totalement ébloui, avide de replonger dans ce texte pour s'en délecter encore et encore.
Hommage à ceux qui racontent les histoires et à ceux qui les écoutent, vaste interrogation sur la transformation au fil des narrations, fabuleuse saga historique, incroyable portrait d'un personnage hors du commun, ce roman est tout ça et bien plus encore. Il est de ceux qui dévoilent de nouvelles facettes à chaque lecture. Un enchantement, vous dis-je.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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litolff
  26 septembre 2015
Partie avec un a-priori plus que positif (La main du diable est probablement l'un de mes 3 romans préférés !), je me suis laissé embarquer par la plume conteuse d'Anne-Marie Garat au coeur de cette sombre histoire à tiroirs, quelque part du coté du plateau de Langres… où une jeune universitaire mue par une mystérieuse intuition décide de mener des recherches dans un village reculé qu'elle a traversé autrefois.
L'absence d'hôtel la mènera aux Ardennes, chez la vieille Lottie, ancienne bonne d'enfant puis gouvernante au domaine des Ardennes, qui a plus d'un tour dans son sac et un conte à restituer à une oreille réceptive.
J'avais a-do-ré l'écriture d'A.M. Garat dans ses précédents romans, une écriture fluide et foisonnante, véritable berceuse hypnotique et captivante. Je dois dire que cette fois-ci, cette écriture sur-travaillée a fini par me rebuter après quelques dizaines de pages : alliée à une histoire ténébreuse et surprenante, la « mayonnaise » n'a pas pris et je ne me suis pas laissée complètement emporter, même si j'ai malgré tout beaucoup aimé l'histoire de Lottie et d'Anaïs, mêlée à la propre histoire de la narratrice. J'ai fini par survoler le dernier tiers du roman sans y avoir retrouvé la grâce de la trilogie « Dans la main du diable » et me suis désintéressée du sort de la narratrice au Canada…
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JOE5
  21 août 2016
Il est de ces livres qui vous régénèrent, vous revigorent et celui-ci a été plus loin, il a posé son empreinte sur mon cerveau faisant s'épanouir une parcelle de neurones communiquant par leurs synapses en belle langue littéraire, mettant en évidence l'influence des nourritures de l'esprit sur l'individu et donnant tout son sens au terme de « culture ». Ce livre est un enchantement où la langue sublime le moindre événement, nous promenant d'un siècle à l'autre, accomplissant la transmission des savoirs en empruntant le chemin de la narration de l'histoire d'un bourg et de ses habitants au début du XXème siècle par Lottie, mémoire vivante de ce lieu. Sans doute, comme elle le souligne, il ne faut pas croire tout ce qu'elle dit, mais qu'importe si le témoignage est enjolivé ou dévié à sa convenance, il devient celui qu'elle transmet et que l'on reçoit. Mais être dépositaire n'est pas anodin car toute histoire a le don d'exercer un effet miroir qui éveille en nous des souvenirs enfouis et qui demandent réponse.
Une perle que je recommande vivement à tous les amoureux de la langue.
(Sélection du 27é salon du livre d'Hermillon 73 « prix Rosine Perrier » - 2016)
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clairejeanne
  18 mars 2018
Il y a des écrivain(e)s qui ont de belles histoires à raconter, intéressantes et enthousiasmantes ; le style par contre n'est pas toujours là... Et il y a des écrivain(e)s qui écrivent très bien, mais qui n'ont pas vraiment grand-chose à dire ; alors on s'ennuie un peu et le livre nous tombe des mains...
Anne-Marie Garat, formidable auteure peut-être pas assez connue, possède à la fois une écriture magnifique et des choses passionnantes à raconter ! Dans ce livre-ci, elle nous raconte l'histoire de Lottie : au début, une petite fille de douze ans maligne comme tout et qui n'avait pas ses yeux dans sa poche ; elle a vu un jour passer devant la barrière de sa ferme une "créature à deux têtes" - il faut dire que Lottie est souvent en train de "béer" - un inconnu portant un bébé sur son dos se rendant sans hésiter au domaine des Ardenne. La grande demeure étant vide, les Ardenne et le personnel absents, le voyageur dépose l'enfant, un portefeuille et une timbale d'argent aux initiales FA, et repart emportant un objet.
C'est Lottie qui sera la nounou du bébé grâce à son doigt magique sucé avec ardeur, une petite fille nommée Anaïs, qui d'après Madame Ardenne serait l'enfant de son fils François, parti depuis plusieurs années au Canada ; Lottie a subtilisé une enveloppe contenue dans le portefeuille de l'homme qui a apporté le nourrisson, mais il y reste un papier déclarant la naissance d'une petite Onayepa Anaïs, le 31 janvier 1904 d'une mère "native" décédée et de François "Arden", ainsi qu'une photo montrant un homme habillé en trappeur et son nouveau-né emmailloté, sur le seuil d'une cabane pleine de neige, exactement comme celle de la boule de verre que Lottie avait remarquée parmi les bibelots de la maison.
Insensiblement, au fil des pages, le récit change : c'est Lottie qui raconte et on comprend qu'elle parle à quelqu'un, une amie sans doute, elle-même en train de raconter l'histoire à son conjoint, Abel ; et donc, le lecteur suit en parallèle de celle de Lottie, l'histoire de cette jeune narratrice partie habiter Vancouver, dont la vie va se retrouver étrangement liée à celle de Lottie Carmeaux. Cette jeune femme est venue - ou plutôt revenue - dans le petit village de Mauduit (Franche-Comté) où elle a passé quelques temps enfant ; elle est professeur de géographie humaine à l'université et vient préparer une enquête de terrain à confier à ses étudiants. Elle loge chez une Lottie alors très âgée, qui devant le dîner puis le feu du soir, déroule sa vie, celle d'Anaïs et des Ardenne, tout en prévenant que souvent elle invente et qu'il ne faut pas la croire sur parole.
Mr Fernand Ardenne était un ancien militaire qui vivait dans un asile d'aliénés, et dans la grande maison il y avait à l'époque Mme Vitalie Ardenne qui dirigeait la propriété, deux tantes anciennes religieuses et infirmières venues vivre là, Delphine la principale bonne et le reste du personnel dont Lottie ; et au centre, la petite Anaïs, qui séduit tout un chacun par son charme et sa beauté extraordinaire.
Extrait p 148 : " Il fallait nicher au sein de cette famille et bien observer, comme je le faisais de tout dans cette maison, pour entrevoir que Vitalie ne les (les tantes) tolérait pas par bonté d'âme, que sa mansuétude à leur égard, et la leur envers elle, habillait un commerce sans merci, et sans même connaître à cette époque quel secret les liguait toutes trois, je sentais palpables entre elles les ondes d'un monde parallèle, duquel Anaïs était le centre. Et moi j'avais décidé par gravitation et révolutions successives de m'approprier cette enfant, quitte à la leur voler."
Un médecin est arrivé dans le bourg de Mauduit, le docteur Maître-Grand, dont les enfants (trois garçons et une fille) jouent souvent avec Anaïs ; les enfants grandissent, Anaïs aussi, et peuvent tomber amoureux... et certains révéler alors leur vraie nature.
Mais la spectatrice qu'est Lottie se pose bien des questions : Anaïs est-elle bien la fille de François Ardenne ? Pourquoi François a-t'il fuit si jeune et n'est-il jamais revenu dans sa famille ? Quel secret lie Vitalie à ses tantes ?
Et sa jeune amie, la professeure d'université, s'en pose beaucoup également, en particulier Lottie fut-elle vraiment capable de commettre un meurtre pour garder Anaïs ?
Jouant sur des époques différentes, Anne-Marie Garat fait progresser son récit par les questions que se posent les protagonistes ; un nom revient brusquement à la mémoire de la géographe, Luçon ; une petite ville de Vendée, un cimetierre, elle joue sur une tombe avec des perles. Pourquoi devient-il soudain urgent de s'y rendre, de retrouver ce lambeau de mémoire perdu ? Pour trouver quoi ?
Elle rencontre par hasard à Vancouver où elle est enfin nommée, Abel Maître-Grand, le petit-fils du bon docteur du Mauduit (!) et le fils de Jacques, pionnier de l'éthnologie amérindienne... Jacques, l'amoureux d'Anaïs pendant une période, celui qu'elle a fait tomber volontairement d'un cerisier et qui blessé à vie, n'est pas parti mourrir à la guerre de 39-45 comme ses frères...
Extrait p 112 : " ... il fallait plisser les yeux pour percevoir quelque détail disséminé dans la profusion du visible et je repensai à la paire de jumelles empruntée à Fernand par Lottie qui lui avait permis, disait-elle, de comprendre qu'on ne voit rien par soi-même si bons soient nos yeux, qu'au contraire l'acuité abuse, qu'il faut parfois l'égarer pour percer au-delà de la réalité, s'évader de soi par quelque ruse, de loupe ou de rêverie, et j'avais en effet le sentiment que le paysage dans sa splendeur cachait d'autres échelles de grandeur, cosmiques et microscopiques, condensées dans ce coin de campagne, l'intégrale présence du monde comprise dans l'accidentel aspect de ce jour."
Il y a énormément de choses dans ce livre foisonnant : nos relations avec notre propre enfance et les souvenirs que nous en gardons, l'accueil de l'autre, de l'étranger, les secrets de famille, les conséquences - encore - des guerres, le mensonge et la vérité, et de l'humour, souvent ; et surtout l'amour de la lecture :
Extrait p 184 : " le seul aspect des pages imprimées m'évoquait la promesse d'une liqueur forte qui se déversait en moi, assoiffée d'en savourer le liquide, de m'en gargariser, c'était dans ma gorge et dans ma bouche que les mots, les pages faisaient ce bruit de rocaille, de torrent d'eau froissée qui clapote et furieuse s'évade à toute vitesse... et cela allait, allait des heures entières, étourdissantes de lecture."
Un vocabulaire riche, original et toujours très bien adapté ainsi qu'un style magnifique ( la montée de Lottie à la recherche de la source de la Flane est remarquable) donnent au récit une tonalité très prenante ; recréant tout un monde dans lequel nous sommes attirés et finissons par pénétrer, l'auteure nous libère éberlué(e)s et ravi(e)s à la fin du récit.
Ce serait bien dommage de manquer cette lecture !
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critiques presse (1)
Telerama   04 novembre 2015
Conteuse inlassable, Anne-Marie Garat est notre Schéhérazade.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   25 août 2015
Celui qui a collé les photos l’une après l’autre vous conduit et vous berne avec son roman de famille bien rangé mais, dans la vie, c’est plus compliqué, parfois insoluble. L’album ne coule pas de source ni dans le bon sens. Il y a des temps morts et des temps réversibles, des retours dans l’avenir du passé, je préfère regarder les photos en vrac et par le travers, selon mon désordre personnel remonter le cours des épisodes et faire la navette entre eux comme bon me semble.
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Chris974Chris974   24 septembre 2015
J'en étais à ces réflexions et prête à battre en retraite lorsque j'entendis un bruit au coin opposé du mur. M'avançant de quelques pas je me trouvai nez à nez avec une grande vieille femme. Elle-même attirée par le bruit que j'avais pu faire se dirigeait vers moi, nous faillîmes nous heurter dans l'élan. Comme elle me dominait d'une tête, c'est à hauteur de son buste que je me trouvai, retenant la vision fugitive mais extraordinairement précise du camée accroché à son col, un ange de corail clair riant de toute sa face joufflue. Nous avions reculé d'un même mouvement, ce que je vis alors de la femme démentait la jovialité de sa broche. Un corps de cheval de labour chaussé de galoches lacées jusqu'au mollet, guindé d'un corset qui faisait bouffer ses hanches et haussait son buste, au sommet duquel un visage taillé au couteau, adouci de vastes joues moelleuses qui donnaient l'idée de baisers, mais on ne s'y serait pas risqué. Il aurait fallu affronter l'obstacle de son nez abrupt chevauché de loupes derrière lesquelles, agrandi à la taille d'un cul de bouteille, ses yeux papillonnants tenaient à distance. Tout en elle était rude hormis ses joues, et ses mains, agiles et fraîches, des mains gracieuses qu'on s'étonnait de trouver au bout de gros bras d'homme, que ses manches retroussées découvraient, pleins d'égratignures de son travail d'élagage, dont autour d'elle restaient répandus des faisceaux de branches encore fleuries.
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Vicky-LeeVicky-Lee   11 août 2016
Voici Vitalie Ardenne avec Anaïs. Le bébé avait dû bouger car sa physionomie était floue, aussi vaporeuse que sa longue robe d'apparat en mousseline couvrant jusqu'aux pieds la robe de Vitalie, seules les petites mains ouvertes en corolle étaient nettes mais la femme assise sous le figuier près du puits, qui le tenait sur ses genoux d'un geste possessif, devait savoir garder la pose et se tenir immobile pour figurer bien distincte, braquant son regard vers l'objectif comme si elle commandait elle-même le déclanchement. J'aurais voulu avoir une loupe pour agrandir le détail du visage , c'est au visage que se porte notre passion de connaître , aux traits de l'être mort ou absenté, et même de l'inconnu, comme si en approcher allait éventer le secret de son présent d'alors et son devenir, son humeur, son caractère et même l'impensé qui l'habite au moment de la prise, la mémoire qu'il a de son passé et la prescience obscur de son avenir.
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motspourmotsmotspourmots   27 août 2015
C'est que dans nos localités on a beau s'amuser à son négoce, ses trafics et ses besognes domestiques, aux fêtes publiques, aux rogations et autres processions, on est surtout abonné au désœuvrement. Aussi, pour se désennuyer, hormis un trépas irrégulier, il s'en produit parfois d'intéressants mais les crimes et les suicides sont rares, les adultères trop fréquents pour divertir vraiment, faut-il s'évertuer à enfler l'anecdote, faire des imaginations qui alimentent le commérage, broder l'accessoire, monter en œufs à la neige les petits faits compliqués de bruits d'ailleurs, si exotiques qu'ils n'ont consistance ni véritable incidence, mais même cela laisse sur sa faim.
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veronique55veronique55   27 mars 2018
page 90 La tête et les épaules couvertes d'une pèlerine, elle portait un panier très lourd empli de pommes qu'elle venait de marauder dans ce qui restait de verger, me dit-elle en guis de bonjour, mais je commençait à connaître sa manière abrupte d'aborder les gens. Les fruitiers ont plus que mon âge cependant ils donnent encore à foison, bien que ratatinées ce sont de fameuses pommes que celles-là. Des Fières bien acides, au goût super, excellentes pour la compote comme la Cabarelle, plus sucrée, leur chair se défait vite à la cuisson, et celle-ci des Louquottes, assez bonnes au couteau et de longue conservation.
Ecoutez: elles grillottent riait-elle en en secouant une à son oreille. Ce sont ses pépins détachés dedans qui font ce grelot.
Les faire tinter nous amusait, enfants, on se distrayait de peu alors.
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Videos de Anne-Marie Garat (17) Voir plusAjouter une vidéo
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Tout plaquer pour partir à l?aventure ! Jessie, l?héroïne du nouveau roman d?Anne-Marie Garat, n?a pas eu d?autre choix. À l?âge de six ans, elle doit suivre sa mère en exil, de la Californie jusqu?au Grand Nord-Ouest. Avec elle, plongez dans les paysages du Yukon et de l?Alaska des années 1930, à la rencontre des peuples amérindiens et d?innombrables secrets de famille ! « le Grand Nord-Ouest » est publié chez Actes Sud.
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