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Françoise Du Sorbier (Traducteur)
ISBN : 2213627304
Éditeur : Fayard (01/10/2005)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 488 notes)
Résumé :
C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du
Nord... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
Jooh
  01 septembre 2013
Une fois «Nord et Sud», d'Elizabeth Gaskell, terminée, je ne me suis dit qu'une chose : en voilà un livre brillant ! Il constitue un subtil mélange entre «Orgueil et Préjugés» et «Germinal», je trouve.
Je fais le parallèle avec Zola car Elizabeth Gaskell nous dépeint la société industrielle anglaise - avec des nombreux parallèles entre le Nord et le Sud du pays - et l'émergence des conflits entre classe ouvrière et patronat. Ainsi, elle aborde de manière pertinente les thématiques de la grève, des syndicats, du cadre d'évolution au travail, des conditions de vie des ouvriers (famille nombreuse à nourrir avec faible revenu, difficultés dans la vie de tous les jours, pressions au travail) en comparaison de celles des grands patrons (organisations de grandes soirées luxueuses, renommée et soutien social importants, spéculation financière pour s'enrichir davantage). J'admire le réalisme dont elle a su imprégner son roman.
Pour ce qui est d' «Orgueil et Préjugés», je retrouve de nombreuses similitudes tant dans le caractère des personnages que dans l'intrigue.
En effet, John Thorton et Margaret Hale sont aussi fiers que Darcy et Elizabeth Bennet. de plus, la première déclaration des deux hommes se voit essuyée d'un refus, et suite à celle-ci, les deux héroïnes se sentent offensées et humiliées (à tort, elles le reconnaitront plus tard d'ailleurs). Dans la suite, et malgré cet échec amoureux, Darcy tout comme Thorton vont veiller sur leur bien-aimée et donner d'eux-mêmes pour soulager leurs problèmes – et ce dans l'ombre. L'évolution des sentiments des personnages est également semblable ; ça ne m'a donc pas surprise d'apprendre qu'elle s'était largement inspirée de l'oeuvre de Jane Austen.
Malgré tout ce qu'on peut lui reprocher, j'ai pour ma part aimé l'héroïne Margaret Hale, qui est brillante et impose le respect. Son caractère et sa volonté me plaisent énormément, bien qu'elle se sente parfois trop supérieure aux autres – ce qui, néanmoins, lui confère une force de caractère inébranlable car elle est sûre d'elle - , et qui va nettement en s'améliorant au fil du récit, car plus elle souffre, plus elle devient humble, tout en gardant son éclat d'esprit.
John Thorton, par sa sincérité, son flegme et en même temps sa passion a su me séduire.
J'ai été sensible à la plume d'Elizabeth Gaskell, elle a vraiment une écriture magnifique, et surtout drôle, son immense humour m'a réellement conquise; d'ailleurs, on ne peut pas fermer le livre sans un sourire aux lèvres: la fin est vraiment réussie, et bien à l'image du livre ! Ce qui est admirable, c'est que là où elle réussit à nous faire sourire, elle parvient tout aussi habilement à dépeindre les malheurs et souffrances humaines, et il est alors bien difficile de ne pas être peiné…
Ce roman est donc une très belle découverte, et je comprends toutes les louanges entendues à son propos. A lire sans plus attendre !
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Marple
  06 septembre 2014
Que c'est bon de lire presque par hasard un roman comme ça ! Histoire d'amour, fresque sociale de l'Angleterre pendant la Révolution industrielle, description très fine des petits travers de la nature humaine, une pincée de féminisme, quelques traits d'humour... 'Nord et Sud' a vraiment beaucoup d'atouts de son côté !
Alors, certes, les pinailleurs pourraient dire qu'on s'approche parfois dangereusement du roman à l'eau de rose, surtout vers la fin, avec tous ces bons sentiments un peu naïfs entre patron et ouvriers ou les obstacles imaginaires compliqués que les héros s'inventent...
Mais je ne serai pas une pinailleuse cette fois-ci, et je n'ai pas boudé mon plaisir à suivre Margaret, jeune demoiselle bonne et courageuse, fille d'un pasteur du Sud bourgeois et agricole de l'Angleterre, obligée de s'installer dans ce Nord âpre et peu distingué dédié aux usines et au commerce...
Dans le quotidien comme dans les épreuves, elle reste fidèle à elle-même, douce et très volontaire, ce qui la rend attachante. Tout comme l'intelligent Higgins, ouvrier syndicaliste pondéré, ou les Thornton mère et fils, patrons travailleurs et dignes, ou même le vieux professeur distrait d'Oxford... Mais certainement pas comme ses parents, plutôt lâches, faibles et perpétuellement indécis; agaçants donc, mais très bien décrits, et surtout fort utiles pour faire avancer l'histoire et lui donner du relief !
Lu dans le cadre du Challenge Pavés de Gwen21 (6/xx)
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iris29
  12 octobre 2017
Si Jane Austen avait rencontré Emile Zola , ça aurait pu donner Nord et Sud...
Quand Margaret Hale, après une année à Londres afin de parfaire son éducation chez sa tante et sa cousine, revient dans le Sud, chez son père, un pasteur, elle ne s'attend pas à ce que ce brave homme ait perdu la foi et décide de devenir percepteur dans le Nord ... Un de ses élèves, un riche self made man , tombe sous le charme de la jeune fille , mais il devra faire face à l'orgueil et aux préjugés. Mais aussi à sa conscience sociale qui éclot face à la pauvreté des ouvriers , des gréves et manifestations ... Alors que le Nord , en plein essor industriel, avance vers un monde nouveau, le Sud est resté conservateur et bucolique . Au Nord , les syndicats émergent, les ouvriers se battent pour ne pas mourir de faim , les pauvres gens remettent en question la religion .
Margaret Hale, est un personnage totalement Austenien , Elizabeth Gaskell , de trente-cinq ans plus jeune que notre Jane, lui rend un parfait hommage." Fille et femme de pasteur, l'auteur connaît intimement la vie provinciale et les milieux industriels".
Et si l'histoire démarre avec des incompréhensions, des oppositions , le Nord (gris, bruyant, et pollué) contre le Sud si verdoyant , celles d'un homme et d'une femme, celles des ouvriers contre les patrons , etc... le propos d'Elizabeth Gaskell est de montrer que les contraires peuvent cohabiter , s' attirer, s'apporter et que l'humain est au centre de tout .
" - une fois sortis de leurs rôles respectifs de patron et d'ouvrier, ils avaient chacun commencé à se rendre compte que le coeur humain est partout le même."
Quatre petites soirées pour venir à bout de ce roman , et j'aurai aimé lire plus lentement , étirer le temps , tellement, les romans d'Elizabeth Gaskell sont agréables à lire . Dire que je ne la connaissais pas , il y a seulement un an ...
It's a shame
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juliette2a
  27 octobre 2011
Que dire de ce livre absolument magnifique ?
C'est l'histoire de Margaret Hale, une jeune femme de dix-huit ans, revenant dans sa maison natale à Helstone après le mariage de sa cousine Edith.
Malheureusement, sa famille doit quitter ce village après le choix de son père, pasteur, ayant des remords concernant l'Eglise.
Ils s'installent donc dans une ville du Nord, dans le Darkshire: Milton-Nothern.
Margaret fait ainsi la connaissance de John Thornton, possédant la manufacture de Malbourough-Mills mais elle le méprise dès ses premiers rapports avec lui...
Elizabeth Gaskell veut nous montrer une opposition entre le Sud (avec Helstone), paisible, tranquille, heureux ; et le Nord, sale, précaire. triste.
Le lecteur suit, tout au long de l'histoire, l'évolution des sentiments de John Thornton pour Margaret (à savoir qu'il l'admire puis l'aime passionnément) et réciproquement.
Mais cette histoire nous décrit également les conditions déplorables des ouvriers comme les Higgins- chez qui la maladie fera son apparition- tellement humains, sensibles et affectueux.
A travers joie, insouciance, tristesse, mélancolie puis souffrances, deuil et enfin paix, nous suivons le chemin de Margaret devenue plus sage au fil des évènements terribles qui vont s'abattre sur elle ; ses sentiments sur John Thornton vont évoluer au cours de l'histoire et elle parviendra à l'aimer.
Ce roman est tout simplement émouvant (je n'ai pas pu résister : j'ai dû verser quelques larmes...), attachant et tellement SPLENDIDE !!!
Ainsi, ce roman, est - et sera- toujours pour moi un chef-d'oeuvre de la littérature anglaise.
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TheWind
  22 novembre 2014
J'ai bien envie de vous présenter Nord et Sud le roman d'Elizabeth Gaskell d'une manière un peu particulière. D'une manière qui s'impose naturellement après la lecture d'un tel livre.
Pour commencer, ne vous y trompez pas. Si le titre vous évoque l'histoire de deux familles en pleine guerre de Sécession, sachez qu'il ne s'agit pas du tout de cela.
Oubliez les tuniques bleues et les champs de coton et revenez de suite sur le Vieux Continent.
Nous sommes en Angleterre, à l'ère victorienne.
Voilà, vous y êtes ?
Visualisez maintenant un tableau ceint d'épaisses moulures dorées, un tableau qui pourrait être une oeuvre du peintre James Tissot, réputé pour ses mises en scène de l'époque victorienne.
Approchez-vous un peu...
Face à vous, un intérieur bourgeois aux couleurs sombres et chaudes.
Au premier plan, votre regard est tout d'abord attiré par un immense tapis fleuri, d'un savant mélange d'ocre, de brique, de grenat et de bleu roi. Autour de ce tapis, quelques fauteuils garnis d'épais coussins, un guéridon sur lequel gisent quelques livres. Un peu plus loin, une table semble attendre les convives. Elle est dressée pour le thé.
En arrière-plan, des cadres et des miroirs ornent les murs, et les rideaux de dentelle pendant aux fenêtres ont bien du mal à cacher la sinistre et noire fumée qui s'échappe des hautes cheminées des usines massives. Lointaines mais si présentes.
La mousseline blanche, les rubans et les boucles soyeuses des dames figurant dans la pièce ont bien du mal à rivaliser avec ces nuages d'un gris plombé pour maintenir un semblant de gaieté, une étincelle de légèreté.
Atmosphère lourde et oppressante.
D'où viendra le salut ?
De cette femme âgée, assise près de la cheminée, au teint pâle et aux traits tirés ? Ou de cet homme qui pose un regard doux et tendre sur elle ?
Ou bien encore de cette jeune femme à la lourde chevelure aile de corbeau au regard inquiet mais fier, brodant dans un coin du salon ? A moins que ce ne soit de cet homme à la stature altière et au regard franc qui se tient debout dans l'embrasure de la porte ?
A bien y regarder, il semble bien que ce dernier observe la jeune fille à la dérobée et qu'elle même a bien du mal à fixer son regard sur son ouvrage. Il est certain qu'entre ces deux-là se trame une histoire d'amour... mais rien n'est dit encore. On sent comme une gêne, comme un malaise.Pour sûr, il ne s'agit pas d'une simple bleuette.
Le tableau n'en dit pas plus.
Je ne tiens pas non plus à vous le dire. Je peux juste vous révéler que Margaret Hale, fille de pasteur, originaire du sud rural et John Thornton, patron d'une grande filature du nord industriel auront bien du mal à s'entendre et qu'il faudra en tourner des pages et des pages avant de connaître le dénouement de leur histoire.
Des pages plus ou moins pesantes comme l'atmosphère de ce tableau.
Des pages empreintes à la fois d'une certaine ironie à l'égard de la société bourgeoise victorienne mais aussi d'une certaine compassion et commisération à l'égard des conditions difficiles des ouvriers.
Des pages où se mêlent dédain et mépris, fierté et orgueil, révolte et misère.
Des pages fort intéressantes mais où, je l'avoue, mon regard s'est parfois perdu, mon esprit envolé vers d'autres tergiversations que celles de Margaret.

Devant un tel tableau, je n'aurais sans doute pas fui, mais plutôt jeté des coups d'oeil aux oeuvres alentour, histoire de voir si l'herbe y était plus verte ou franchement plus sombre.
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Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   22 novembre 2016
Les gens s’étonnaient parfois de constater que de si beaux parents avaient eu une fille à la beauté si peu régulière ; ou même totalement dépourvue de beauté, disaient certains. Elle avait une grande bouche, et non un bouton de rose tout juste capable de s’entrouvrir pour laisser passer un « oui », ou un « non » ou un « je vous en prie, monsieur ». Mais sa bouche généreuse formait une seule courbe, ses lèvres étaient rouges et pleines ; si sa peau n’avait pas la blancheur idéale, elle était lisse et délicate comme l’ivoire. Bien que Margaret affichât d’ordinaire une mine trop digne et réservée pour son jeune âge, en ces moments où elle parlait à son père son expression était vive comme le matin, tout en fossettes et en regards exprimant une joie enfantine et un espoir illimité en l’avenir.
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artemisartemis   06 août 2009
Au contraire, chez Mr Thornton, des sourcils très droits dominaient immédiatement des yeux clairs, enfoncés, dont le regard sérieux, s'il n'était pas désagréablement perçant, semblait cependant assez intense pour pénétrer l'objet de son observation jusqu'au tréfonds. Son visage était dessiné à grands traits aussi fermes que s'ils avaient été sculptés dans du marbre, concentrés surtout autour des lèvres, qu'il avait tendance à serrer un peu sur une rangée de dents parfaites. Lorsque le sourire, rare et éclatant, jaillissait d'un coup, on avait l'impression d'une brusque apparition du soleil : il illuminait d'abord les yeux puis transformait la mine sévère et résolue d'un homme prêt à tout faire et à tout oser, la métamorphosait et laissait voir le pur plaisir que donne l'instant pleinement savouré, une expression qu'on ne voir guère surgir avec pareille spontanéité que chez les enfants.
(Chapitre 10)
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PartheniaParthenia   12 janvier 2016
Lorsque Mr Thornton avait quitté la maison ce matin-là, il était presque aveuglé par sa passion frustrée. Il se sentait pris de vertige, comme si Margaret, au lieu d'être une femme douce et distinguée dans son allure, ses propos et ses gestes, lui eût répondu telle une robuste harengère par un solide coup de poing. Il éprouvait une authentique douleur physique : un violent mal de tête assorti d'un pouls irrégulier qui battait très fort. Le bruit, la lumière crue, le mouvement et le vacarme permanents de la rue lui étaient insupportables. Il se dit qu'il était un imbécile de souffrir pareillement ; pourtant, il était incapable pour l'instant de se souvenir de la cause de sa souffrance, de juger si elle était à la juste mesure des conséquences qu'elle avait provoquées. Il eût trouvé du soulagement à s'asseoir sur le pas d'une porte et à sangloter, tel un petit enfant éploré qui trépigne et s'insurge contre un mal qu'on lui a fait. Il se dit qu'il détestait Margaret, mais une bouffée d'amour, aiguë et violente, transperça comme l'éclair sa révolte sourde et menaçante cependant même qu'il formulait ses paroles de haine. Il trouvait surtout du réconfort à chérir on tourment, sachant, ainsi qu'il le lui avait dit, qu'elle aurait beau le mépriser, le rejeter, le traiter avec son indifférence souveraine, elle ne le ferait pas changer d'un iota. Elle n'en avait pas le pouvoir. Il l'aimait et continuerait de l'aimer, malgré elle et malgré cette misérable douleur physique.
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cmpfcmpf   01 mars 2015
Pourtant à moins d’un kilomètre de là, Margaret connaissait chaque maison ; elle savait que, par égard pour sa tante Shaw, elle et sa mère y seraient les bienvenues si elles s’y présentaient en toute insouciance ou en toute tranquillité d’esprit. En revanche, si elles arrivaient chagrines, en quête de sympathie pour les soucis complexes qui les accablaient, leur présence serait fâcheuse partout, car ces maisons étaient celles de relations familières mais non d’amis véritables. La vie à Londres est un tourbillon tel qu’elle n’admet pas même une heure de ce silence plein de compassion qui fut celui des amis de Job lorsque « s’asseyant à terre près de lui, ils restèrent ainsi durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole au spectacle d’une si grande douleur.»
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TheWindTheWind   12 novembre 2014
Peut-être allait-elle défaillir, rougir, et se précipiter palpitante, dans ses bras comme si c'était là son port d'attache, son refuge naturel. Tantôt il brûlait d'impatience à l'idée qu'elle pourrait réagir ainsi, tantôt il redoutait de s'entendre repousser avec colère, et cette idée jetait sur ses perspectives d'avenir une ombre si funeste qu'il se refusait à l'envisager.
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