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EAN : 9782070279197
308 pages
Éditeur : Gallimard (24/11/1978)
3.67/5   29 notes
Résumé :
Dans Pompes funèbres (1947), Jean Genet propose une vision homoérotisée d'Hitler, ainsi qu'un regard trouble sur les rapports qu'entretiennent la violence nazie et l'attirance sexuelle. Il adopte dans le même ouvrage une partie du point de vue de la Milice et pointe la fascination de celle-ci pour la mise en scène du culte du corps et de la virilité développés par le nazisme. Cela ne fait pas pour autant de Jean Genet un thuriféraire du régime nazi ou de la collabor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
henrimesquida
  26 janvier 2019
Curieux roman, où le travail du deuil de Jean (prénom ambivalent, puisque c'est celui de l'auteur-narrateur, mais aussi et surtout celui de son ami mort tué par les Allemands) se fait à travers une étrange intrication de fantasmes et de réalité, parfois claire et parfois difficile à suivre, sur fond d'Occupation nazie et de mythologie genetienne "inversée"...Ce roman très complexe, à la narration démultipliée (il y a plusieurs narrateurs, Jean Genet donnant la parole tantôt à des miliciens, tantôt à Hitler lui-même qu'il ridiculise, comme il a ridiculisé le pape dans Elle, selon le même procédé, tantôt à une petite bonne flouée qui est le double meurtri de l'auteur) n'est évidemment pas un texte politique pronazi. Mais il serait trop long d'en analyser ici les procédés de narration. On peut être choqué (ce qui est, du reste, mon cas) par l'organisation des fantasmes érotiques, empruntés au monde militaire et à une pègre où triomphent la violence et la trahison, on peut même être choqué par un système poétique qui repose sur ces fantasmes, mais on ne doit jamais oublier que l'on est en présence d'un texte poétique et non pas d'un texte politique. Un texte poétique écrit par un écrivain dont l'amant était un héros de la Résistance et non un milicien.
Intéressant pour qui aime cet auteur, mais difficile au premier abord car continuellement imprégné, déformé, reformé par le flot de la subjectivité..
Genet est la mplus belle écriture fraznçaise su 19 avec Proust.
Il exige une lecture profonde et réflexive pour ne pas tomber ce procès d'intention facile d'en faire une apologie des nazis ,de Hitler et des SS. C'est à peu près le contraire en fait. Et il mélange spectaculairement la pornographie gay la plus crue à la poésie la plus belle.
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Lagardiere
  31 janvier 2017
Un jeux littéraire pourrait être de voler une partie d'un titre d'un autre auteur pour introduire ma critique de ce livre. Ainsi je dirais qu'il nous introduit dans une époque que je nommerais : l'amour au temps de l'occupation.
Oui, pourquoi pas nous lancer dans une lecture qui nous déstabilisera totalement dans notre définition de l'amour. À vous de vous prêter au jeu.
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Mahorela
  19 mars 2019
Certes, il y a un style. Réellement touchant parfois. Et certes, quelques apparentes atrocités exprimées ne sont pas à prendre au premier degré — je comprends la douleur qui fait naitre ses pensées. Mais le "Qu'on l'encule sur la tombe de sa fille, je serai content." (p. 196) il passe pas. Genre vraiment pas. Je ne vois pas comment on peut comprendre cette phrase autrement que comme un "Je serais ravi qu'elle se fasse violer". Et nope. Définitivement, ce livre peut brûler.
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Tans78
  30 juillet 2021
On peut admirer la construction de ce livre ou aimer son audace. On peut y voir une très belle histoire d'amour. Il n'empêche que c'est un livre difficile à lire de par son style et sa narration ainsi que par certains passages très crus et cruels. Je n'ai pas trouvé la beauté ou le génie que certains y ont vus.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   26 octobre 2015
La mort tranquille de ce communiste de vingt ans, descendu sur les barricades du 19 août 1944, par la balle d'un milicien charmant, orné de sa grâce et de son âge, fait honte à ma vie.
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genougenou   26 octobre 2015
J'étais enceint d'un sentiment qui pouvait, sans que je m'en étonne, me faire accoucher dans quelques jours d'un d'un être étrange, mais viable, beau à coup sûr.
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LagardiereLagardiere   31 janvier 2017
Mon art consistant à exploiter le mal, puisque je suis poète, on ne peut s'étonner que je m'occupe de ces choses, des conflits par quoi se caractérise la plus pathétique des époques. Le poète s'occupe du mal. C'est son rôle de voir la beauté qui s'y trouve, de l'en extraire (ou d'y mettre celle qu'il désire, par orguei?) et de les utiliser. L'erreur intéresse le poète, puisque l'erreur seule enseigne la vérité. Je répète ici que le poète est asocial (apparemment), il chante les erreurs, il les enchante ensuite afin qu'elles servent ― ou la soient ― la beauté du lendemain.
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moraviamoravia   20 décembre 2020
J'aime ces petits gars dont le rire ne fut jamais clair. J'aime les miliciens. Je songe à leur mère, à leur famille, à leurs amis, qu'ils perdirent tous en entrant dans la Milice. Leur mort m'est précieuse (...).
Le recrutement s'en fit surtout parmi les voyous, puisqu'il fallait oser braver le mépris de l'opinion générale qu'un bourgeois eut craint, risquer d'être descendu la nuit dans une rue solitaire, mais ce qui nous attirait surtout c'est qu'on y était armé. Ainsi j'eus, pendant trois ans, le bonheur délicat de voir la France terrorisée par des gosses de seize à vingt ans (...).
J'aimais ces gosses dont la dureté se foutait des déboires d'une nation (...). J'étais heureux de voir la France terrorisée par des enfants en armes, mais je l'étais bien plus quand ces enfants étaient des voleurs, des gouapes. Si j'eusse été plus jeune, je me faisais milicien. Je caressais les plus beaux, et secrètement je les reconnaissais comme mes envoyés, délégués parmi les bourgeois pour exécuter les crimes que la prudence m'interdisait de commettre moi-même.
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pikkupaapikkupaa   03 août 2012
Que peut on faire à la beauté qui vous crève les yeux ? On lui coupe la tête. Ainsi se venge d'une rose l'imbécile qui la cueille.
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Videos de Jean Genet (64) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Genet
Rencontres de Chaminadour 2021 : « Lydie Salvayre sur les grands chemins de Georges Bernanos ».
Jean-Basptiste Sastre et comédien et metteur en scène. Après des études au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris, il signe en 1995 sa première mise en scène, Histoire vécue du roi Toto, d'après l'oeuvre d'Antonin Artaud. Il montera par la suite des textes de Genet, Duras, Marlowe, Büchner, Marivaux, Labiche ou Coleridge. Son travail de metteur en scène ne consiste pas seulement à assurer la direction d'acteurs, mais aussi à créer avec ceux qui l'accompagnent, et plus particulièrement les poètes et les plasticiens dont il s'entoure, une esthétique propre à chaque spectacle. À partir de 2005, Jean-Baptiste Sastre, alors lauréat de la Villa Médicis hors les murs à Londres, débute un travail sur le théâtre élisabéthain et tout particulièrement sur La Tragédie du roi Richard II. En 2018, il présente au Festival d'Avignon La France contre les robots de Georges Bernanos, co-adapté avec Gilles Bernanos.
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