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ISBN : 9791091189187
Éditeur : la clé à molette (05/10/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Tenu pendant une année sabbatique, Journal pauvre interroge ce qu’est subsister sans salaire et se consacrer à l’écriture. Cueillette, glanage, troc, affût des bonnes occasions : une économie de la main à la main s’organise, pour que vivre ne soit pas seulement survivre et que cette expérience de pauvreté soit libre et sereine.
Ce journal à durée limitée s’achève sur la décision de quitter définitivement le monde du travail salarié et un modèle économique imp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Odile17
  08 novembre 2018
En découvrant l'existence de ce livre, plusieurs éléments m'ont, d'emblée, donné envie de lire ce livre proposé lors de l'opération Masse Critique (c'est d'ailleurs le seul que j'aie sélectionné en espérant le recevoir !) :
- Une sympathie naturelle pour la situation de l'auteur (qui quitte son emploi alimentaire pour s'adonner totalement à ses activités d'écriture et de peinture, lors d'une année sabbatique - qui n'en a que le nom, pas une once d'oisiveté dans ces pages : écriture, peinture, lectures, marche, nage, cueillette, cuisine, interventions auprès des scolaires, amis...) ;
- Un intérêt tout particulier pour les journaux d'écrivains (vivants, qui plus est !) et un titre qui a piqué ma curiosité !
Que dire de ce journal maintenant que j'en ai terminé la lecture ? Je suis partagée entre plusieurs sentiments et réflexions qui peuvent paraître contradictoires. Globalement, j'ai bien aimé. Je n'ai pas été captivée, j'ai trouvé certains passages un peu ennuyeux (moins intéressants à mon goût, peut-être trop éloignés de mes préoccupations ou trop banals ?). Pourtant, chaque fois que j'ai repris le livre en mains afin d'en poursuivre la lecture, je l'ai fait avec plaisir, j'avais envie de connaître la suite des aventures quotidiennes de l'auteur. Et même si je savais qu'à la fin, elle allait quitter son emploi alimentaire, j'étais curieuse de savoir comment elle allait s'en débrouiller. J'y ai trouvé une certaine forme de suspense qui m'a plu. J'ai apprécié cette impression de grande sincérité venant de l'auteur, de simplicité, le sentiment qu'elle se livrait sans fard, une certaine pudeur ou réserve aussi, à moins qu'il ne s'agisse d'un choix des sujets abordés, d'une focalisation sur certains sujets. J'ai également beaucoup aimé sa façon de décrire les choses, en se gardant d'émettre des jugements : grande qualité, assez rare, que j'apprécie beaucoup ! J'ai découvert un certain nombre d'artistes, écrivains, peintres évoqués par Frédérique Germanaud, parmi lesquels Pascal Quignard, Françoise Ascal, Anne Moréa : ils m'étaient totalement inconnus, ils le sont maintenant un peu moins, voir leurs noms revenir régulièrement dans le "Journal pauvre" m'a donné envie de m'intéresser aux oeuvres, activités et personnalités de ces artistes. Je suis également curieuse de lire d'autres livres de l'auteur. Autre élément qui m'a plu aussi, c'est l'évocation de lieux que je connais, pour certains, particulièrement en Seine-et-Marne, cela m'a donné un sentiment de familiarité, de proximité (de loin) avec l'auteur. Je referme ce livre avec une certaine émotion, avec l'impression d'avoir lu un journal à la fois banal et exceptionnel, où se mêlent harmonieusement les activités du quotidien que chacun peut connaître (cuisine, jardinage, maux du corps, marche, lecture, rencontre d'amis...) et des activités artistiques plus particulières (qui demandent toutefois un travail du quotidien que l'auteur s'impose, une besogne qui toutefois semble la combler, lui faire sentir qu'elle est à sa place et fait ce qu'elle doit faire - cela m'a émue, m'a parlé...). Comme Frédérique Germanaud, j'irai bientôt à la boîte à livres près de chez moi, déposer son "Journal pauvre" et offrir ainsi la possibilité à d'autres lecteurs de le/la découvrir à leur tour ! Merci à Babelio et aux éditions La clé à molette pour cette découverte !
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MlleBouquine
  09 octobre 2018
D'emblée, j'ai apprécié le titre de ce livre "Journal pauvre". Il y a de l'audace de la part de l'auteur car aujourd'hui le mot "pauvre" est souvent mal connoté, euphémisé, voire carrément contourné en utilisant des périphrases. Dans ce journal, pas de tabou, pas de complainte ou, au contraire, d'ode à la sobriété, à l'isolement. Fredérique Germanaud a fait le choix de quitter un emploi salarié pour prendre une année sabbatique et tenir ce journal pour relater avec une grande sincérité, cette vie « pauvre » qui n'est pas subie mais vécue pleinement: « il ne s'agit pas de survie, de faim, d'ennui mais de défendre avec opiniâtreté un territoire, quelques règles, ne pas ceder à celle qu'on voudrait m'imposer, être inventive, libre et debrouillarde. » le manque d'argent n'est pas passé sous silence mais il est largement compensé par une maîtrise totale de son temps et de ses pensées consacrés en grande partie à la lecture, l'écriture, la peinture et la marche. L'auteur opte pour la voie créative, et c'est bien là que reside tout la richesse de ce journal. Nous avons entre les mains plus que de simples fragments de vie d'une femme non salariée du XXIème siècle, nous avons le journal de bord d'un écrivain avec tout ce que cela implique de réflexions, de lectures, de poésie et de rencontres nourrissant son écriture. On plonge dans le quotidien et l'intériorité d'une auteure, d'une artiste qui aimerait que son métier soit davantage reconnu et justement rémunéré. Frédérique Germanaud ouvre des possibilités pour vivre autrement son métier d'écrivain. Ce chemin n'est pas exempte de fatigue, de soucis matériels mais il laisse place à ce qu'il y a de plus précieux : la liberté.
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Sabrinaaydora
  14 mars 2019
J'ai été attiré par le titre en premier lieu, puis intriguée par le résumé du livre. S'arrêter de travailler pendant un an, vivre au jour le jour et subsister sans forme de salaire. C'est promesse de rebondissements et de réflexion sur ce que peut être la vie. Mais non. Ma lecture est retombée comme un soufflet, il y a eu des passages sans saveurs et l'ensemble ne m'a pas emporté.
Ce qui m'a beaucoup plu, c'est le style de Frédérique Germanaud. J'ai envie de découvrir ses autres livres car elle écrit vraiment bien. le style est agréable et de qualité, des passages d'une grande banalité écrite avec justesse, et des envolées telles que je les aime apportant son lot de réflexion. Car l'auteure écrit son quotidien sans rien occulter. Un travail d'écriture où chaque mois s'égrène, les saisons passent.
Autant la forme est intéressante, autant le fond m'a déçue. Je n'ai pas ressenti l'année difficile. J'ai eu du mal à m'accrocher, sans attendre des drames ou des événements malheureux, j'ai trouvé l'ensemble sans saveur et le style n'a pas aidé à me faire apprécier l'expérience. Des passages sortent du lot : l'honnêteté de ses rapports avec son éditeur, les moments où elle travaille à l'écriture d'un autre ouvrage, les rencontres et lectures organisées dans différents lieux, parfois rébarbatifs.
Je me rends compte que c'est finalement très paradoxal d'apprécier autant la plume d'une auteure, mais ne pas avoir été entraînée dans le sillage de ses écrits ni par l'ensemble de son ouvrage. C'est dommage, et je suis la première à le regretter. Ou alors j'en attendais trop.
Quoi qu'il en soit, cela ne va pas m'empêcher de découvrir un autre livre de Frédérique Germanaud, dans un autre style sans doute.
En bref :
Une lecture où je suis un peu passé à côté, bien dommage, car l'auteure écrit avec justesse et j'ai apprécié son style. Une auteure que j'ai envie de découvrir dans d'autres écrits.
Lien : https://lecturedaydora.blogs..
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cathulu
  16 juin 2019
Abandonnant la fiction, et aussi pour une année sabbatique un travail qu'on devine pesant, l'auteure fait aussi  un choix radical : "Expérimenter le dénuement, être attentive à ceux qui vivent de très  maigres subsides, à ceux qui ont choisi de ne donner qu'un minimum de leur temps contre salaire, ou de ne se consacrer qu'à une activité peu rémunératrice."
Un cheminement qui la mènera au final à quitter définitivement le monde du travail salarié et à s'affirmer enfin "écrivain".
Journal pauvre car selon, l'auteure, "Il n'attrape qu'une infime portion de la richesse du monde.", ce texte dit aussi la solidarité, les rencontres, réelles, ou littéraires, et l'attention aux autres et au monde, dans ses plus infimes manifestations. J'ai été séduite par ce journal pudique, plus littéraire que psychologique, ainsi que par l'écriture de Frédérique Germanaud.
152 pages bruissantes de marque-pages où glaner aussi plein d'idées de lectures.
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KateNightingale
  29 octobre 2018
Dans ce Journal pauvre, Frédérique Germanaud se raconte en une période de transition. Elle vient de prendre une année sabbatique, tournant le dos à un travail salarié qu'elle ne décrit jamais mais qu'on ne peut imaginer que rébarbatif. Il va falloir s'organiser durant 12 mois sans autres revenus que ceux qu'elle tire de sa plume et quelques économies. Elle ne tente pas de rédiger un recueil de conseils mais ne parle que de son expérience propre, comme si elle se parlait à elle-même. C'est sans fard qu'elle donne les montants versés par son éditeur, raconte les lectures dans les collèges, médiathèques ou librairies, parfois décevantes, parfois enthousiasmantes. Elle donne ses menus, simples. Évoque ses problèmes de santé. Mais ce qui est central dans ce Journal pauvre, c'est surtout le processus d'écriture et ce que provoque la chance de pouvoir y consacrer tout son temps. J'ai aimé partager cette année avec elle, presque en immersion.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
KateNightingaleKateNightingale   29 octobre 2018
Au marché de la poésie, je répète à qui veut l'entendre, heureuse, que j'ai quitté mon travail salarié. A la question : que faites-vous dans la vie, je vais pouvoir répondre écrivain, peut-être pas tant par sentiment de légitimité, que parce que, réellement, je ne fais rien d'autre qu'écrire. Beaucoup trouve cette décision courageuse. Ce n'est pas le cas. Plutôt une idée de sauve-qui-peut, et aussi de dernière chance. J'ai osé.
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MlleBouquineMlleBouquine   09 octobre 2018
C’est un grand bouleversement que d’abandonner un travail alimentaire, des horaires, un salaire, des collègues. C’est lâcher cette peur qui rend, depuis plusieurs années, chaque matin difficile, chaque journée un espace hostile à traverser. Ma vie, mon temps m’appartiennent, pour la première fois.
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MlleBouquineMlleBouquine   09 octobre 2018
Il y a tant de choses à écrire, à retenir dans les pages d’un cahier. Tant de choses qui s’échappent. En cela aussi, le journal peut etre dit pauvre. Il n’attrape qu’une infirme portion de la richesse du monde.
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SabrinaaydoraSabrinaaydora   14 mars 2019
Comment formuler cela ? Essentiels dans mon écriture, c'est sûr, puisque dès la première lecture, je me suis dit, c'est ça. L'abandon de la fiction. La forme fragmentée et les questionnements.
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cathulucathulu   16 juin 2019
Se rendre compte à quel point la vie est fragmentaire, mouvante et jamais complète. Chaque action demeure inachevée. Chaque action n'est que la partie d'un tout lui même inachevé.
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