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La trilogie des gemmes tome 1 sur 3

Nelly Lemaire (Traducteur)
EAN : 9782745945471
416 pages
Milan (30/03/2011)
4.13/5   1666 notes
Résumé :
Gwendolyn a 16 ans. Elle vit à Londres. Vie normale, scolarité normale dans une grande école privée, famille normale, en apparence… Car cette famille a un secret : certaines filles sont porteuses d’un gène qui leur permet de voyager dans le temps.

Le premier tome d’une trilogie exceptionnelle.
Une histoire qui mêle délicieusement trois thèmes : l’adolescence, l’amour et le fantastique.
Un ton très drôle et décalé.
Des ventes excep... >Voir plus
Que lire après La trilogie des gemmes, tome 1 : Rouge rubisVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (394) Voir plus Ajouter une critique
4,13

sur 1666 notes
En réalité, c'est lorsque mon mari a ramené le DVD de la médiathèque où il travaille afin que nous le regardions ensemble pendant les vacances de Noël (il sait qu'il s'agit tout à fait du genre de films que j'aime) que j'ai entendu parlé de la trilogie qui existait en livres et alors là, ô joie, ô bonheur ! Certes, j'ai un petit peu triché puisque j'avais regardé le film avant de lire le premier tome mais peu importe car j'ai retrouvé cette magie nouvelle (plus forte encore oserais-je dire car un livre permet toujours de décrire plus en détail les personnages, de rajouter des éléments qui ne sont pas dans le films sinon celui-ci durerait non pas deux heures mais trois, voire quatre, alors au'avec ses trois-cents et quelques pages, je trouve même que le livre n'en compte pas assez !).

Bref, avec cette longue introduction et je prie à tout lecteur de m'en excuser, passons directement à ce qui vous intéresse vous, potentiels futurs lecteurs ou pour ceux qui l'ont déjà lu, lecteurs tout courts, de ce que j'ai pensé de cet ouvrage et de l'intrigue ! Je crois qu'il est inutile de vous dire que j'ai adoré et qu'il me tarde de découvrir les deux prochains tomes mais à ceux et celles qui ne l'auraient pas encore compris : j'ai adoré ce premier tome et mon seul et unique regret est de l'avoir lu trop vite !
Pour ce qui est de l'intrigue : Gwendolyn Shepherd est une adolescente de seize ans et demi, qui bien qu'a priori tout à fait ordinaire, vit dans une famille qui est lion de l'être. Après la mort de son père à l'age de sept ans, elle a emménagé dans une immense demeure qu'elle partage, bien évidemment avec sa mère, son frère et sa soeur mais aussi avec sa cousine Charlotte, sa tante Glenda, sa grand-tante, sa grande-mère et leur majordome. Oui, je sais, cela fait pas mal de monde, aussi est-ce la raison pour laquelle je n'ai pas pris la peine de nommer chacun des personnages afin de ne pas trop voues emmêler les pinceau. Cependant, si j'ai nommé Charlotte et sa mère Glenda, c'est parce que c'est en quelque sorte avec ces dernières que toute cette histoire commence et là, vous allez rire : Charlotte serait en réalité porteuse d'un gêne qui lui permettrait de voyager dans le temps. En réalité, ce n'est pas si drôle que cela puisque sa destinée aurait été calculée en fonction de sa date de naissance par Isaac Newton en personne. C'est pour cela qu'elle est sans cesse au centre de tout au départ de cet ouvrage : quand va-telle ressentir ses premiers vertiges et faire un saut dans le passé ? Charlotte est en quelque sorte, au détriment de Gwendolyn et de ses frère et soeur, la préoccupation essentielle de leur grand-mère.
Cependant, si il y avait eu une erreur quelque part et que ce à quoi Charlotte se prépare depuis tant d'années avec le beau Gidéon de Villiers, de deux ns son aîné, ne lui était en réalité pas destiné ?

Bon, je vais m'arrêter là car sinon, après, j'ai bien peur de ne pas pouvoir m'arrêter mais sachez qu'il s'agit là de l'un de mes coups de coeur pour ce début d'année 2016, même s'il n'est pas sorti cette année. Heureusement d'ailleurs, sinon, cela aurait voulu dire que mon calvaire (à savoir l'attente) aurait dû se prolonger encore un ou deux ans, le temps que les deuxième et troisième tomes paraissent en librairie. J'ai déjà vérifié, ils sont tous deux disponibles et j'ai bon espoir de me les voir offrir pour mon anniversaire (sinon, et si je ne peux pas tenir jusqu'au 28 janvier, j'irai me les acheter moi-même ! En attendant, rassurez-vous, j'ai de quoi tenir un v siège et vais essayer d'épurer un peu ma PAL !).

A découvrir et à faire découvrir !
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Mon rêve, c'est de voyager dans le temps, dans le passé, entendons-nous bien. Ce n'est pas encore pour tout de suite, même si à l'heure actuelle on a l'impression de vivre en pleine science-fiction.
Mais grâce à « Rouge rubis », le premier tome de la trilogie des gemmes, qu'une de mes élèves m'a prêté avec enthousiasme, j'ai satisfait mon désir.
Que ça fait du bien ! Par les temps qui courent, je peux vous assurer que c'est une évasion bienfaisante.

L'histoire ? Ou l'Histoire ?
Londres, de nos jours. Londres, 18e siècle. Londres, 1912.
Une famille pas comme les autres véhicule un gène hors du commun, celui de voyager dans le temps. Ce gène ne se transmet pas à tous les membres, mais épisodiquement, de siècle en siècle. A l'adolescence, le porteur ou la porteuse ressent les premiers symptômes – vertige, mal de tête, nausée - . Et puis sans crier gare, se retrouve pour quelques minutes ou tout au plus pour quelques heures dans le passé.
C'est ce qui est arrivé à Gwendolyn, une adolescente « apparemment » ordinaire (qui voit les fantômes), qui a une meilleure amie, qui adore regarder des DVD avec elle et partager de longues discussions. Non préparée à cet état, elle découvrira de gré ou de force qu'elle devra s'investir dans cette plongée dans le temps, liée malgré elle à une « secte » à l'objectif encore nébuleux pour elle, mais dangereux.

C'est de la littérature pour adolescents, c'est bien écrit, c'est addictif et cela nous donne même quelques leçons d'Histoire, du moins en ce qui concerne la vie quotidienne et l'habillement.

S'il a fallu quelques longueurs à l'auteure pour mettre en place les personnages et la problématique, les évènements s'enchainent par la suite et je ne peux en sortir que frustrée, puisqu'il y a encore deux tomes…que je ne peux me procurer.
Ah, si je pouvais voyager dans le temps, dans le futur cette fois, j'irais vite m'acheter la suite !
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Je suis déçue déçue déçue. Pas du livre mais de moi. Pas le bon moment pour le lire. Je n ai pas accroché, j ai eu du mal à retenir les différents protagonistes de l histoire. Pourtant ce livre avait tout pour me plaire: Gwendoline est une jeune fille attachante pleine de peps qui a vécu longtemps dans l ombre de sa cousine qui devait être l heureuse élue pour voyager dans le temps. Mais finalement, c est Gwen qui va elapser.( sauter dans le temps) en compagnie de Gedeon. le livre est bien écrit, le sujet intéressant, l héroïne pas nunuche.
Je lirai le tome 2 à tête reposée même si ce n est pas pour tout de suite.
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La trilogie des gemmes était depuis un petit moment dans ma liste des livres à lire. J'en avais entendu beaucoup de bien et le fait que l'héroïne voyage dans le temps était plutôt original (pas de vampires, loups-garous... bien que je n'ai rien contre). Elle aurait pu rester encore longtemps à prendre la poussière si le film n'était pas sorti ! Par curiosité, je l'ai regardé et j'ai beaucoup apprécié. Du coup, ni une, ni deux : j'ai commencé la trilogie.

Pour ceux qui ont vu le film ou qui vont le voir, sachez qu'il est vraiment très fidèle au roman. Et donc, pour le coup, ma lecture n'a pas été une découverte, mais cela ne m'a pas déplu pour autant. Mais je vous avoue que commencer le tome deux sans savoir ce qu'il va se passer est tout de même plus grisant !

Rouge rubis pose très bien les bases de l'histoire. On en apprend beaucoup, il y a de l'action, on entre rapidement dans le vif du sujet. En clair, le premier tome n'est pas ennuyant, certes, nous avons encore beaucoup de choses à découvrir mais l'auteur ne nous fait pas languir indéfiniment en espérant que le second tome soit plus palpitant. Le premier l'est déjà (et j'espère que la suite le sera tout autant). Le style de l'auteur est en plus très dynamique. Gwendolyn, notre héroïne, est la narratrice, et je dirais que nous retrouvons sa personnalité dans la narration : dynamique, piquante, drôle et aussi avec cette touche de jeunesse et de naïveté. Pour ma part, j'ai trouvé cela très agréable, très frais, sans pour autant desservir l'histoire.

Gwen n'est pas une écervelée de seize ans qui glousse toutes les cinq minutes. Loin de là. Elle agit comme une adolescente de seize ans, avec les préoccupations qu'on a à cet âge, mais ce qui lui arrive va la placer au-dessus de cela. Autant le dire tout de suite, j'aime énormément ce personnage. Et c'est sans aucun doute, l'un des points qui me fait tant apprécier Rouge Rubis. J'ai tout de suite accroché. Sa personnalité, sa façon de voir les choses, son côté "je ne me laisse pas faire" (enfin pas trop), son amitié avec Leslie qui est juste parfaite, le fait que pas mal de choses lui tombent dessus mais qu'elle ne se laisse pas submerger ou engloutir, elle pense par elle-même, a le goût de l'aventure... En clair, un personnage féminin fort avec ses petites faiblesses. Un personnage qui a sa place à l'heure actuelle dans la littérature jeunesse.

Rouge Rubis nous permet aussi de rencontrer beaucoup d'autres personnages. Nous n'avons pas forcément le temps de tous apprendre à les connaître et certains n'ont que de trop brèves apparitions, mais je dois avouer que la petite ribambelles de protagonistes qui peuplent Rouge Rubis sont plutôt sympathiques. Mis à part le comte Saint-Germain dont la misogynie m'a pour le moins fait hérisser le poil, ainsi que son arrogance démesurée, la plupart sont attachants à leur manière et donnent encore plus de couleurs au récit. Leslie est très pétillante et positive. Gideon arrogant mais pas que. Mr George absolument adorable et prévenant. Glenda hystérique et prétentieuse à en mourir de rire... Nous n'avons pour l'instant qu'effleurer tous ces personnages et j'avoue que j'ai hâte d'en découvrir un peu plus sur eux.

Quant à l'histoire, je suis assez enchantée. Comme je l'ai dit au début de mon avis, le thème est plutôt original par rapport à ce que l'on peut lire couramment dans la littérature jeunesse ces dernières années. Les voyages dans le temps sont de plus assez délicats à traiter, mais en un sens, pour l'instant, ils ne prennent pas tellement une grande place dans l'intrigue. On voyage bien sûr avec Gwen et Gideon à travers différentes époques mais ce qui est le plus "important" pour moi, reste les rencontres qu'ils font, pas vraiment le côté historique de tout cela. Sans compter les mystères qu'il y a autour du chronographe, des pierres et du fameux Comte. On sent tout de suite que l'aventure est prédominante plutôt que le côté fantastique. Et ce n'est pas pour me déplaire.

La lecture est passionnante, rapide et entraînante. Une très bonne combinaison. Je vais d'ailleurs enchaîner avec le tome deux et sûrement le trois dans la foulée.
Lien : http://loticadream.com/blog/..
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Challenge plumes féminines 2022 – n°21

Depuis le temps que je veux lire cette série, il aura fallu l'aide d'une pioche pour sortir ce premier tome de ma pal. Je remercie Pat0212 pour sa pioche d'Août. J'espère apprécier autant cette série que Patience, d'autant plus que j'aime beaucoup l'adaptation cinématographique.

L'histoire se lit très facilement, j'avais vraiment l'impression de visualiser le 1er film tant c'était vivant. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer en compagnie de Gwen. Elle se retrouve propulser dans un monde qu'elle ne comprend qu'à moitié car sa cousine Charlotte est formée pour un rôle bien particulier depuis l'enfance. Comme elle, nous le découvrons au fur et à mesure de ses mésaventures et de ses déconvenues. le film semble relativement proche du roman, en tout cas dans ses grandes lignes. le moins que l'on puisse dire est que les pages défilent très vite. Même si je connais déjà l'histoire grâce aux films, la trilogie sera entièrement lue avant la fin de l'année. Ce roman a été vite lu car les rebondissements sont nombreux pour Gwen, que ce soit dans le passé comme dans le présent. Difficile d'en dire plus sans spoiler ce court roman et les aventures de Gwen. Il vous faudra le lire pour le découvrir.

Comme vous l'aurez compris, ce 1er tome a été une excellente découverte, le style de l'auteure est très agréable et très vivant, on n'a pas du tout le temps de s'ennuyer. Que vous connaissiez ou non la trilogie en films, je vous conseille de découvrir cette série via les romans, on apprend ainsi à mieux connaître Gwendolyn et ce monde souterrain. Pour ma part, après une LC, je vais en lire la suite.

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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Citations et extraits (146) Voir plus Ajouter une citation
Pour me changer les idées, je me levai et commençai à remettre un peu d'ordre dans l'atelier. Il nous servait en quelque sorte de salon, car ni ma grand-mère ni ma tante ne s'adonnaient à la couture, de sorte qu'elles montaient rarement au troisième étage. Il n'y avait pas non plus de machine à coudre mais on y trouvait en revanche un escalier étroit qui menait sur le toit. L'escalier n'était prévu que pour le ramoneur, mais Leslie et moi avions élu le toit comme l'un de nos endroits préférés. On avait une vue merveilleuse de là-haut et il n'y avait pas de meilleur endroit pour des conversations de filles. (Par exemple au sujet des garçons, pour dire que nous n'en connaissions aucun qui vaille la peine que l'on en tombe amoureuse.)
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Je cherchai une cachette, mais la pièce était sobrement meublée. Il y avait une sorte de canapé sur des pieds arqués dorés, un bureau, des chaises rembourrées, rien derrière quoi se dissimuler à moins d'avoir la taille d'une souris. Je n'avais plus qu'à trouver refuge derrière l'un des rideaux dorés qui tombaient jusqu'au sol... pas vraiment le genre de cache originale. Mais pour l'instant, personne ne me cherchait non plus
Dehors, dans le couloir, des voix se firent entendre.
- Où tu vas ? Demanda une voix d'homme, d'un ton plutôt furieux.
- N'importe où ! loin de toi ! répondit une autre voix.
C'était celle d'une jeune fille... d'une jeune fille en pleurs, plus exactement. A ma grande frayeur, elle entra dans la pièce en courant. Et le type à ses trousses. J'aperçus leurs ombres flottantes à travers le rideau.
Ah, évidemment ! Parmi toutes les salles disponibles à l'étage, il fallait justement qu'ils choisissent la mienne !
- Laisse moi tranquille ! Dit la fille.
- Il n'en est pas question, fit l'homme. Chaque fois que je te laisse seule, tu en profites pour faire n'importe quoi.
- Va-t'en ! Répéta la fille.
- Non, je ne m'en irai pas. Ecoute, je suis désolé pour ce qui s'est passé. Je n'aurais pas dû le tolérer.
- Mais tu l'as fait ! Parce que tu n'avais d'yeux que pour elle !
L'homme rit doucement.
- Tu es jalouse !
- Ça te plairait, hein ?
Eh bien, super ! Deux amoureux en bisbille ! Ça pouvait durer. J'aurais le temps de m'encroûter derrière ce rideau avant de revenir dans le présent et de me trouver face à Mrs Counter en plein cours d'anglais. Je pourrais peut-être lui expliquer que j'avais participé à une expérience de physique. Ou que j'avais été là tout le temps, sans qu'elle me remarque.
- Le comte va se demander où nous sommes passés, dit l'homme.
- Il n'a qu'à envoyer à nos trousses son frère d'âme transylvanien, ton comte. En fait, il n'est même pas comte. Son titre est aussi faux que les joues roses de cette... Comment c'était déjà son nom ?
Dans sa colère, la fille n'arrêtait pas de renifler.
Tout ça m'avait un air connu. Bien connu, même. Je risquai discrètement un oeil derrière le rideau. Ils se trouvaient de profil juste devant la porte. La fille était vraiment une fille et elle portait une robe fantastique, de soie bleu nuit et de brocart brodé, dont le bas était si large que ça devait être coton de passer par une porte normale avec ça. Elle avait des cheveux blanc neige, qui formaient une montagne étrange sur sa tête et retombaient en boucles sur ses épaules. Ce ne pouvait être qu'une perruque. L'homme avait aussi les cheveux blancs, retenus sur la nuque par un ruban. Malgré leurs cheveux de vieux, ils paraissaient très jeunes, et très beaux aussi, surtout l'homme. En fait, c'était plutôt un jeune homme, dans les dix-huit ou dix-neuf ans, peut-être. D'une allure à couper le souffle. Un parfait profil de mâle, je dirais. Pour le voir encore mieux, je me penchai beaucoup plus que je ne le voulais.
- J'ai déjà oublié son nom, dit le garçon en continuant à rire.
- Menteur !
- Le comte ne peut rien au comportement de Rakoczy, dit le garçon, redevenu tout à fait sérieux. Il va certainement le punir. On ne te demande pas d'apprécier le comte, tu dois seulement le respecter.
La fille émit un reniflement de mépris et elle me sembla de nouveau étrangement familière.
- Je ne dois rien du tout, dit-elle en se tournant brusquement vers la fenêtre.
C'est-à-dire vers moi ! Au moment de plonger derrière le rideau, je me figeai sur place.
C'était impossible !
La fille avait mon visage. Je jetai un regard dans mes propres yeux effrayés !
La fille parut tout aussi stupéfaite que moi, mais elle se remit rapidement de sa frayeur. Elle fit un geste de la main sans équivoque.
Cache-toi ! Disparais !
Oppressée, je rentrai la tête derrière le rideau. Qui était-ce ? Une telle ressemblance, ce n'était pas possible. Il fallait jeter de nouveau un oeil.
- Qui est-ce ? dit le garçon.
- Rien ! répondit la fille.
Est-ce que ce n'était pas ma voix aussi ?
- A la fenêtre.
- Il n'y a rien !
- Et si c'était quelqu'un derrière le rideau, qui nous esp...
La phrase se termina dans un son de surprise. Puis soudain le silence. Que s'était-il encore passé ?
Sans réfléchir, je poussai le rideau sur le côté. La fille qui me ressemblait pressait ses lèvres sur celles du jeune homme. D'abord il se laissa faire, puis il lui enlaça la taille et l'attira vers lui. La fille fermait les yeux.
D'un coup, des tas de papillons se mirent à danser dans mon ventre. C'était étrange de se regarder soi-même en train d'embrasser. En fait, je ne me débrouillais pas si mal. Il était clair que la fille n'embrassait le garçon que pour le détourner de moi. C'était gentil de sa part, mais pourquoi faisait-elle ça ? Et comment passer près d'eux sans me faire remarquer ?
Dans mon ventre, les papillons se muèrent en oiseaux voletants, et l'image du couple enlacé s'estompa à mes yeux. Et puis, je me retrouvai brutalement dans la classe des sixième.
Silence parfait.
Je m'attendais à des cris horrifiés des élèves et peut-être même à voir Mrs Counter tourner de l'oeil. Mais la salle était vide. Je soupirai de soulagement. Cette fois-là, au moins, j'avais eu de la chance. Je me laissai tomber sur une chaise et posai ma tête sur le pupitre. Pour l'instant, ce que j'avais vécu dépassait mon entendement. Cette fille, ce joli garçon, le baiser...
La fille faisait plus que me ressembler.
La fille, c'était moi.
Aucune erreur possible. Je m'étais parfaitement reconnue à la cicatrice sur la tempe en forme de demi-lune, dont tante Glenda avait toujours dit que c'était ma "drôle de petite banane".
Une telle ressemblance, ça ne pouvait pas exister.
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— Tu as dit que je ne pourrais jamais posséder cette magie, parce que je ne suis qu’une fille tout à fait banale. Une fille comme tu en connais tant d’autres. Qui ne vont toujours qu’en groupe aux toilettes et se moquent des autres, et...

Une main se posa sur mes lèvres.

— Je sais ce que j’ai dit.
Gideon s’était de nouveau penché vers moi.
— Et je le regrette, ajouta-t-il.

Hein ? J’étais assise là, comme frappée par la foudre, incapable de bouger ou de simplement respirer. Ses doigts frôlèrent prudemment mes lèvres, caressèrent mon menton et remontèrent à tâtons ma joue jusqu’à ma tempe.

— Tu n’es pas banale, Gwendolyn, chuchota-t-il, tout en me caressant les cheveux. Tu es très inhabituelle. Tu n’as pas besoin de la magie du corbeau pour représenter pour moi quelqu’un de tout à fait particulier.

Son visage se rapprocha encore. Quand ses lèvres effleurèrent les miennes, je fermai les yeux.

OK, je n’avais plus qu’à tomber dans les pommes, maintenant.
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La limousine était devant la porte. Mon coeur se mit à battre un peu plus fort.
Le souvenir de la soirée précédente me troublait encore.
- Wouahhh ! Qu’est-ce que c’est que cette caisse ? s’exclama Gordon avec un petit sifflet d’admiration. Alors c’est peut- être vrai ce qu’on raconte : il paraît que Madonna a mis sa fille dans notre école... incognito, of course, et sous un faux nom.
- Sûr, dit Leslie en clignant des yeux au soleil. C’est pour ça qu’on vient la chercher en limousine. Pour que personne ne la remarque...
La limousine avait été repérée par d’autres élèves. Cynthia et sa copine Sarah se tenaient aussi dans l’escalier, les yeux écarquillés. Elles ne regardaient pas la voiture, mais un peu plus loin vers la droite.
- Et moi qui pensais que cette affreuse bûcheuse se fichait pas mal des garçons, dit Sarah. Surtout de ce genre de modèle de luxe.
- C’est peut-être son cousin, avança Cynthia. Ou son frère.
J’agrippai Leslie par le bras. Gideon était là, dans notre cour, plus cool tu meurs, en jean et tee-shirt. Et il parlait avec Charlotte.
Leslie comprit tout de suite.
- Ben, je croyais qu’il avait les cheveux longs, me dit-elle sur un ton réprobateur.
- Ils sont longs, non ?
- Mi-longs, précisa Leslie. Ça fait toute la différence. Super cool !
- Il est pédé, Je parie cinquante livres qu’il est pédé, lança Gordon.
Il appuya son bras sur mon épaule pour pouvoir mieux voir entre Cynthia et moi.
- Oh, mon Dieu, il la touche, s’affola Cynthia. Il lui prend la main !
Le sourire de Charlotte se devinait d’ici. Elle ne souriait pas souvent (mis à part son sourire à la Mona Lisa), mais quand elle le faisait, elle était ravissante.
Avec une petite fossette au coin de la bouche. Gideon devait la voir aussi et il ne la trouvait très certainement pas du tout banale.
- Il lui caresse la joue !
Oh, mon Dieu. Vraiment ! Je ne pouvais plus ignorer le pincement au coeur que je ressentais.
- Et maintenant il l’embrasse !
Nous retînmes toutes notre souffle. On avait véritablement l’impression que Gideon allait embrasser Charlotte.
- Mais seulement sur la joue, dit Cynthia, soulagée. C’est tout de même son cousin. Gwenny, s’il te plaît, n’est-ce pas que c’est son cousin ? !
- Non, dis-je. Ils n’ont aucun lien de parenté.
- Et il n’est pas homo non plus, ajouta Leslie.
- Tu paries quoi ? T’as qu’à regarder sa chevalière !
Charlotte fit encore un grand sourire à Gideon et partit d’un pas léger. Sa mauvaise humeur s’était visiblement envolée.
Gideon se retourna vers nous. Je me doutais bien du spectacle que nous lui offrions : quatre filles et Gordon en train de le regarder en gloussant.
Des filles de ton genre, j’en connais.
Pile poil ce qu’il pensait. Bravo.
- Gwendolyn, cria Gideon. Te voilà enfin !
Cynthia, Sarah et Gordon s’arrêtèrent de respirer en même temps. Moi aussi, pour être honnête. Leslie fut la seule à rester zen. Elle me poussa légèrement en avant.
- Presse-toi un peu. Ta limousine t’attend.
En descendant l’escalier, je sentais les regards des trois autres dans mon dos.
Ils étaient sans doute tous restés bouche bée. Gordon surtout.
- Salut, dis-je à Gideon.
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Je cherchai une cachette, mais la pièce était sobrement meublée. Il y avait une sorte de canapé sur des pieds arqués dorés, un bureau, des chaises rembourrées, rien derrière quoi se dissimuler à moins d'avoir la taille d'une souris. Je n'avais plus qu'à trouver refuge derrière l'un des rideaux dorés qui tombaient jusqu'au sol... pas vraiment le genre de cache originale. Mais pour l'instant, personne ne me cherchait non plus
Dehors, dans le couloir, des voix se firent entendre.
- Où tu vas ? Demanda une voix d'homme, d'un ton plutôt furieux.
- N'importe où ! loin de toi ! répondit une autre voix.
C'était celle d'une jeune fille... d'une jeune fille en pleurs, plus exactement. A ma grande frayeur, elle entra dans la pièce en courant. Et le type à ses trousses. J'aperçus leurs ombres flottantes à travers le rideau.
Ah, évidemment ! Parmi toutes les salles disponibles à l'étage, il fallait justement qu'ils choisissent la mienne !
- Laisse moi tranquille ! Dit la fille.
- Il n'en est pas question, fit l'homme. Chaque fois que je te laisse seule, tu en profites pour faire n'importe quoi.
- Va-t'en ! Répéta la fille.
- Non, je ne m'en irai pas. Ecoute, je suis désolé pour ce qui s'est passé. Je n'aurais pas dû le tolérer.
- Mais tu l'as fait ! Parce que tu n'avais d'yeux que pour elle !
L'homme rit doucement.
- Tu es jalouse !
- Ça te plairait, hein ?
Eh bien, super ! Deux amoureux en bisbille ! Ça pouvait durer. J'aurais le temps de m'encroûter derrière ce rideau avant de revenir dans le présent et de me trouver face à Mrs Counter en plein cours d'anglais. Je pourrais peut-être lui expliquer que j'avais participé à une expérience de physique. Ou que j'avais été là tout le temps, sans qu'elle me remarque.
- Le comte va se demander où nous sommes passés, dit l'homme.
- Il n'a qu'à envoyer à nos trousses son frère d'âme transylvanien, ton comte. En fait, il n'est même pas comte. Son titre est aussi faux que les joues roses de cette... Comment c'était déjà son nom ?
Dans sa colère, la fille n'arrêtait pas de renifler.
Tout ça m'avait un air connu. Bien connu, même. Je risquai discrètement un oeil derrière le rideau. Ils se trouvaient de profil juste devant la porte. La fille était vraiment une fille et elle portait une robe fantastique, de soie bleu nuit et de brocart brodé, dont le bas était si large que ça devait être coton de passer par une porte normale avec ça. Elle avait des cheveux blanc neige, qui formaient une montagne étrange sur sa tête et retombaient en boucles sur ses épaules. Ce ne pouvait être qu'une perruque. L'homme avait aussi les cheveux blancs, retenus sur la nuque par un ruban. Malgré leurs cheveux de vieux, ils paraissaient très jeunes, et très beaux aussi, surtout l'homme. En fait, c'était plutôt un jeune homme, dans les dix-huit ou dix-neuf ans, peut-être. D'une allure à couper le souffle. Un parfait profil de mâle, je dirais. Pour le voir encore mieux, je me penchai beaucoup plus que je ne le voulais.
- J'ai déjà oublié son nom, dit le garçon en continuant à rire.
- Menteur !
- Le comte ne peut rien au comportement de Rakoczy, dit le garçon, redevenu tout à fait sérieux. Il va certainement le punir. On ne te demande pas d'apprécier le comte, tu dois seulement le respecter.
La fille émit un reniflement de mépris et elle me sembla de nouveau étrangement familière.
- Je ne dois rien du tout, dit-elle en se tournant brusquement vers la fenêtre.
C'est-à-dire vers moi ! Au moment de plonger derrière le rideau, je me figeai sur place.
C'était impossible !
La fille avait mon visage. Je jetai un regard dans mes propres yeux effrayés !
La fille parut tout aussi stupéfaite que moi, mais elle se remit rapidement de sa frayeur. Elle fit un geste de la main sans équivoque.
Cache-toi ! Disparais !
Oppressée, je rentrai la tête derrière le rideau. Qui était-ce ? Une telle ressemblance, ce n'était pas possible. Il fallait jeter de nouveau un oeil.
- Qui est-ce ? dit le garçon.
- Rien ! répondit la fille.
Est-ce que ce n'était pas ma voix aussi ?
- A la fenêtre.
- Il n'y a rien !
- Et si c'était quelqu'un derrière le rideau, qui nous esp...
La phrase se termina dans un son de surprise. Puis soudain le silence. Que s'était-il encore passé ?
Sans réfléchir, je poussai le rideau sur le côté. La fille qui me ressemblait pressait ses lèvres sur celles du jeune homme. D'abord il se laissa faire, puis il lui enlaça la taille et l'attira vers lui. La fille fermait les yeux.
D'un coup, des tas de papillons se mirent à danser dans mon ventre. C'était étrange de se regarder soi-même en train d'embrasser. En fait, je ne me débrouillais pas si mal. Il était clair que la fille n'embrassait le garçon que pour le détourner de moi. C'était gentil de sa part, mais pourquoi faisait-elle ça ? Et comment passer près d'eux sans me faire remarquer ?
Dans mon ventre, les papillons se muèrent en oiseaux voletants, et l'image du couple enlacé s'estompa à mes yeux. Et puis, je me retrouvai brutalement dans la classe des sixième.
Silence parfait.
Je m'attendais à des cris horrifiés des élèves et peut-être même à voir Mrs Counter tourner de l'oeil. Mais la salle était vide. Je soupirai de soulagement. Cette fois-là, au moins, j'avais eu de la chance. Je me laissai tomber sur une chaise et posai ma tête sur le pupitre. Pour l'instant, ce que j'avais vécu dépassait mon entendement. Cette fille, ce joli garçon, le baiser...
La fille faisait plus que me ressembler.
La fille, c'était moi.
Aucune erreur possible. Je m'étais parfaitement reconnue à la cicatrice sur la tempe en forme de demi-lune, dont tante Glenda avait toujours dit que c'était ma "drôle de petite banane".
Une telle ressemblance, ça ne pouvait pas exister.
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Thème : La trilogie des gemmes, tome 1 : Rouge rubis de Kerstin GierCréer un quiz sur ce livre

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