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EAN : 9782743643577
Éditeur : Payot et Rivages (04/04/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Une semaine avant Pâques, dans le Naples fasciste de 1932, une prostituée de luxe connue sous le nom de Vipera est assassinée dans un bordel de première classe, le Paradiso. Son dernier client jure qu’elle était bien vivante quand il l'a quittée, le suivant dit l'avoir retrouvé étouffée sous un oreiller. Alors que la ville s’apprête à célébrer en grande pompe la résurrection du Christ, le commissaire Ricciardi devra démêler un nœud d'avidité, de frustration, de jalo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  29 mars 2018
Maurizio de Giovanni est un écrivain qui prend son temps. Son lecteur accepte et fait sienne la lenteur, la finesse, l'élégance et la poésie de son écriture. Il recherche et apprécie ce rythme assez rare dans les romans policiers, adhère sans hésitation aucune aux capacités surnaturelles de son héros qui voit des morts surgir à chaque coin des rues, et retrouve toujours avec plaisir ce qui fait le sel de la série, la pudeur, la loyauté et l'amitié. Ces valeurs transparaissent plus encore dans ce nouvel épisode.
L'assassinat de Vipéra, une prostituée très prisée du bordel le Paradiso où se presse la bonne société napolitaine, permet à Maurizio de Giovanni de mettre en parallèle les existences dévastées des jeunes campagnardes pauvres et séduisantes qui finissent comme objets de plaisir dans des maisons de passe et celles des hommes riches qui viennent s'y détendre, passe-temps socialement bien accepté du moment que la discrétion reste de mise. La montée du fascisme et le danger qu'il représente pour la population prennent dans Les Pâques du Commissaire Ricciardi une dimension bien plus concrète. On sentait le vent tourner, la tempête s'abat désormais sur les personnages.
Cet épisode marque un tournant dans la série. Désormais, en ce printemps 1932, l'étau se resserre sur la population napolitaine comme sur toute la population italienne. Des hommes sont enlevés à leurs familles dans la nuit ou au petit matin par la police secrète, sont exécutés ou déportés à Ponza ou à Ventotene . De Giovanni a sa manière à lui, poétique et pudique de dire l'arbitraire et la violence, là où Carlo Lucarelli dans Enquête interdite ou dans L'île de l'ange déchu, nous plongeait sans ménagement le nez dans la boue: « Regarde la nuit en face, elle te regarde elle aussi, impassible. Elle en a vu bien d'autres, la nuit. Elle est passée sur bien d'autres souffrances, elle a caché bien d'autres regrets. Il y a un professeur de lycée, un peu plus loin, un Calabrais. Il est là parce qu'il est homosexuel. Il dit ne pas avoir d'idées politiques, il ne vocifère pas contre le fascisme mais il a tout de même été arrêté (…) Il y a un étudiant de l'université que tu as soigné tant bien que mal pour une blessure au front. Il ne parle que par monosyllabes. (…) Et il y a un berger d'Avellino qui a osé proférer des blasphèmes à l'inauguration d'une statue de Tête de vache*. Et d'autres dont les idées sont devenues des délits qui leur valent désormais le camp de concentration. Parce que, dis-tu à la nuit, c'est bien de cela qu'il s'agit: d'un camp de concentration. Et c'est vers un de ces camps que tu vas être conduit."
Les Pâques du commissaire Ricciardi est un des meilleurs romans de la série, et on se surprend à ne plus être suspendu à l'intrigue sentimentale - Enrica Colombo, ou Livia Lucani, décide toi Ricciardi - car l'atmosphère délétère n'augure rien de bon pour les libres penseurs, les généreux, les libertaires, les athées, les pauvres, pour la droiture morale de Ricciardi , pour la générosité de Raffaele Maione, et surtout, pour Bruno Modo le médecin légiste dont on sait depuis longtemps que les prises de position risquent de lui coûter la vie. Les Pâques du commissaire Ricciardi, sur fond de Résurrection du Christ, marquent l'heure du choix. Même la très privilégiée Livia, amie intime d'Edda, la fille du Duce, va devoir ouvrir les yeux et choisir son camp, non seulement par amour, mais par conscience.
Je remercie les Editions Rivages pour ce beau roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
* Surnom donné à Mussolini par les antifascistes. (N du T).
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Bazart
  02 avril 2018
Revoici notre cher commissaire Ricciardi créé par Maurizio de Giovanni, et après « le Noël du commissaire Ricciardi » qui ouvrait joliment un nouveau cycle des Fêtes, Pâques s'avère être tout aussi anglant dans la baie de Naples.
Sacrée bonne idée de choisir Naples comme décor de polar, ne dit-on pas voir Naples et mourir ? Maurizio de Giovanni en choisissant sa ville natale et la montée du fascisme pour toile de fond, réussit à renouveler la série noire. Un commissaire torturé, un brigadier bienveillant, nous sommes en terrain connu, d'accord, mais au pied du Vésuve, foi d'amateur de polar et d'amoureux de l'Italie, je vous assure ça change tout. Après le cycle des saisons.
Une enquête pas si facile qu'il y parait, et dans laquelle Ricciardi et son adjoint devront marcher sur des oeufs, de Paques bien sur .
En toile de fond, le fascisme est de plus en plus présent, dans ses manifestations les plus brutales comme les plus sournoises.
On retrouve la virtuosité dans la construction et la finesse de l'intrigue, on éprouve toujours une belle empathie dégagé par l'auteur!
Bref, la série Ricciardi continue à être vraiment intéressante. par rapport aux agapes de Noel ces cloches de Pâues du commissaire Ricciardi hausse encore le niveau.
Roman lu dans le cadre du dernier Masse critique de chez Babelio..Merci à babelio et aux éditions Rivages !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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GeorgesSmiley
  07 juin 2018
En préambule, précisons que, grâce à lecteurs.com et aux éditions Rivages, c'est mon premier contact avec le commissaire Ricciardi, séduisant trentenaire affligé d'une infirmité assez étrange et un peu déconcertante, les habitués de la série me pardonneront, consistant à percevoir la dernière pensée des disparus de mort violente.
Passons rapidement sur l'intrigue, déjà résumée abondamment et très correctement, en notant que le dénouement m'a semblé un peu tiré par les cheveux (ceux qui ont lu le roman comprendront cette allusion, les autres la découvriront).
L'intérêt de cette lecture me semble ailleurs :
La description soignée de Naples en 1932, un monde aujourd'hui disparu où « les enfants s'arrêtaient bouche bée devant des perroquets empaillés et des trains à échelle réduite » lors de la rituelle promenade du Jeudi Saint.
Des gens simples, droits, fidèles en amitié, comme le chien du docteur, et courageux comme les modestes qu'ils sont.
Un commissaire dont « la souffrance des autres devenait la sienne…sa malédiction : l'impossibilité de se renfermer dans ce cocon d'égoïsme que tous recevaient à la naissance en cadeau de bienvenue » et « se répétant que l'origine de chaque crime se trouvait dans deux passions primaires : la faim et l'amour », faisant du mieux possible son travail pour rendre justice aux victimes et, comme la plupart de ses confrères de fiction contemporains ou pas, confronté à l'arrivisme cynique de supérieurs se moquant éperdument de son travail.
Le fascisme qui ne dérange vraiment que lorsqu'il frappe un ami alors que quelques instants plus tôt on vous explique gentiment que « la politique ne m'intéresse pas ».
Des fascistes bêtes donc méchants, avec un responsable un peu moins bête, donc un peu moins méchant ; un peu à l'image du fascisme italien, certes très brutal, mais qui n'osa pas aller jusqu'à l'horreur absolue du nazisme.
Une Semaine Sainte rythmée, chez ce petit peuple napolitain, par le respect des rites et la confection en Cuisine des plats traditionnels qui permettront de célébrer la Résurrection en même temps que la résolution de l'affaire et l'arrivée du printemps, mais aussi la Famille, l'Amour et la Tendresse car « nourrir ses proches en leur procurant du plaisir était un moyen d'établir un lien intime avec des générations de femmes aimantes qui avaient laissé dans leur sillage davantage de parfums et de saveurs que de paroles. »
Une touche de poésie dans laquelle l'auteur interroge la nuit, le printemps, l'amour pour mieux embrouiller le lecteur qui aurait l'impudence de vouloir résoudre l'énigme tout seul.
En résumé, un roman très cérébral, un cadre intéressant, des personnages complexes et attachants pour une lecture très savoureuse. Ca donne envie de goûter à un casatiello ou à une pastiera et de lire le premier titre de la série : « L'hiver du Commissaire Ricciardi ». A ce propos, enquête policière et cuisine italienne, en passant de Naples à Vérone, voici que resurgit à mon esprit le fameux commissaire Tarchinini. Et si on relisait également Exbrayat ?
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simonjean
  08 juin 2019
C'est toujours avec plaisir et délectation que je me laisse entraîner dans les rues de Naples par Maurizio de Giovanni .
Cet opus est la 6e enquête du ténébreux commissaire Ricciardi , et son adjoint , le brigadier Maione ( il vaut mieux les lire dans l'ordre ) .
Cette fois , au début de la Semaine Sainte de 1932 , une prostituée d'un bordel réputé a été étouffée sur son «  lieu de travail » … dans son lit . Surnommée « Vipera » , elle était célèbre à Naples pour sa beauté .
Qui est l'assassin ? Un client ? Un amoureux ? Le fils de sa patronne ? Une autre prostituée ? Plusieurs personnes avaient un mobile ….
J'ai eu autant de plaisir avec cette enquête qu'avec les précédentes .
Comme d'habitude , grâce à un détail passé inaperçu , le commissaire a une illumination : il découvre l'identité du ( ou de la ) coupable dans les dernières pages . Avant cela , on a eu le plaisir de suivre Ricciardi , de le voir toujours aussi maladroit avec les femmes ( Enrica et Livia ) ,
de saliver à l'évocation des recettes et traditions culinaires napolitaines ,
de sourire aux réparties sarcastiques du docteur Modo ou aux échanges entre le brigadier Maione et Bambinella , son informateur-trice préféré(e) .
Le contexte social et historique , l'Italie fasciste , est toujours bien rendu .
Le médecin légiste s'attire des ennuis en affichant encore un peu plus son opposition au régime .
Les amateurs de rebondissements à couper le souffle
et de poursuites échevelées n'y trouveront pas leur compte car l'auteur prend son temps et crée une atmosphère ...Ricciardi observe les gens , analyse les mobiles , devine les mensonges , dissèque les âmes et les sentiments .
Une fois de plus , je me suis régalé et dire qu'il y a encore 5 autres enquêtes à paraître … chic !
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Jangelis
  22 avril 2018
Un vrai bon roman policier comme je les aime : une énigme véritable, une ambiance très importante, un enquêteur, récurrent, au fort caractère et à la vie pas si simple, pas mal de personnages sympathiques... et les autres.
Côté énigme, un meurtre, horrible, mais pas détaillé de façon sanglante, et une enquête qui va nous tenir en haleine (ou pas !) jusqu'aux dernières pages.
Le commissaire, que je découvre dans ce roman mais qui a déjà vécu plusieurs saisons d'aventures, ne s'oublie pas facilement : d'une empathie poussée à l'extrême, puisqu'il a le "don" de voir les morts à l'emplacement de leur mort violente, accompagnés de leur dernière parole. Et ce même des mois après qu'ils aient disparu, ce qui, si ça l'aide dans ses enquêtes, ne lui facilite pas les déplacements dans sa ville !
Autour de lui gravitent des personnages très bien campés, pas juste des noms mais des personnalités. Que ce soit les proches du Commissaire, qu'on doit retrouver dans chaque roman, ou les personnages "de passage" dans celui-ci.
Comme la plupart des séries policières avec héros récurrents, je suppose qu'on apprécie de les lire dans l'ordre, pour suivre la vie du commissaire. Mais aucun problème à lire ce volume sans rien en connaître.
Quant à l'ambiance, alors là, on est gâté !
D'abord, le meurtre a lieu dans un bordel, donc tout ce qui tourne autour de ce lieu, avec quelques personnages hauts en couleurs.
Et puis, nous sommes dans l'Italie de 1932, Naples sous la botte du Duce, et des chemises noires.
J'ai rarement eu l'occasion de lire sur cette période, et j'ai apprécié de découvrir la vie à cette époque. D'autant que ça a ici une réelle incidence sur l'histoire.
Et surtout, nous sommes dans la semaine sainte. Et la Semaine Sainte à Naples, c'est quelque chose ! Surtout à cette période : nourriture, célébrations, processions, jeûne, j'ai adoré les passages retraçant toutes ces coutumes.
"Signori', il faut que ce soit bien clair : le plus important dans un repas de Noël du Cilento, c'est le premier plat. Tout le monde est capable de cuisiner un beau morceau de viande ou un gigot d'agneau [...] mais le premier plat est, comme on dit, capital. Et il doit être soigné jusque dans les moindres détails.
[...]
... par conséquent, poursuivi Rosa, le choix de la pâte qui doit se marier au ragù est d'une importance capitale. Vous pouvez prendre des cavatelli ou des fusilli, la consistance est la même. Certes, les cavatelli sont plus faciles à manier mais mon signorino préfère les fusilli, donc je vous conseillerais de choisir ceux-là."
Même si le terme ragù, typiquement du sud, n'était pas utilisé chez moi, ça me fait trop penser à ma maman. Les pâtes du dimanche midi ... tellement plus importantes que la suite du repas !
J'ai apprécié combien l'auteur sait nous montrer la noirceur et le danger, sans descriptions horribles, tout en légèreté et en poésie. mais on tremble avec le commissaire et ses amis pour la vie de ceux qui osent parler librement.
J'ai donc aimé énormément de choses dans ce roman, mais sans être pour autant emportée par sa lecture. J'ai pu l'abandonner pour lire un roman jeunesse, ce qui n'arrive pas en général. Beaucoup de plaisir mais pas vraiment un coup de coeur, sans que je sache trop pourquoi..
Les courts passages énigmatiques entre deux chapitres coupent un peu le rythme, et font réfléchir sans dévoiler grand chose, mais c'est trop bref pour être vraiment gênant.
Cependant, j'ai très envie de lire les autres aventures du Commissaire; Je m'aperçois que je ne connais presque rien de cette période. Qui pourtant a eu une certaine importance pour quelques membres de ma famille. (Même si nous sommes tous d'Italie du Nord, et que Naples pourrait sembler sur une autre planète, tout en étant très proche).
Et puis, découvrir Noël à Naples me tente fort !
Un grand merci aux Éditions Rivages pour m'avoir permis de faire connaissance avec cet étonnant commissaire.
Lien : https://livresjeunessejangel..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   23 mars 2018
Rosaria était belle, et chaque jour elle devenait encore plus belle. Aucun de ceux qui passaient par les fermes, les commerçants qui venaient acheter les brocolis, les bouchers qui amenaient les cochons à élever, arrivait à la regarder sans tendre la main vers elle. J'avais seize ans et elle quatorze, et je peux pas vous dire combien de fois j'ai retenu mon couteau pour la défendre, de peur de me retrouver en prison. Mais aujourd'hui, j'ai compris qu'une femme aussi belle, elle devrait pas naître dans un endroit comme celui-là. C'est pas sa place. La beauté, commissaire, il faut pouvoir se la permettre.
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BazartBazart   02 avril 2018
Qu'attends tu du printemps? Que demandes tu à cette saison qui t'offre, arrachées au parfum de la mer, de nouvelles fleurs et de nouvelles idées? Peut etre d'oublier le froid et l'humidité de l'hiver. Ne serait ce que cela. Quitter les manteaux gris, les protèges bottines, rangé les parapluies après en avoir ciré la toile une dernière fois.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   06 juin 2018
"Les hommes ne savent jamais ce qu'ils veulent, et vous savez pourquoi ? Parce qu'ils pensent que demain, ça sera la fin du monde, et qu'ils ne s'occupent que de ce qui se passe aujourd'hui. C'est nous, les femmes, qui voyons clair comme de l'eau de roche ce qui arrivera demain, et qui devons les prendre en charge. Et petit à petit...
_ ...et petit à petit, continua Enrica, nous devons les amener à faire ce que nous voulons, en leur faisant croire que la décision vient d'eux.
Rosa battit des mains.
_C'est tout à fait ça, bravo ma fille !"
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rkhettaouirkhettaoui   24 mars 2018
Ricciardi n’aimait pas les bordels.
Ce n’était pas une question de morale, bien entendu. Il estimait que ce qui se passait entre adultes consentants ne regardait qu’eux et que chacun était libre de passer son temps et de dépenser son argent comme il l’entendait. Somme toute, cette occupation n’était pas pire que d’autres. Mais il lui était arrivé par le passé de constater combien la passion concernant le sexe pouvait être un outil difficile à manier, et qu’elle conduisait trop souvent à se faire du mal. Il se rappelait l’image d’hommes poignardés, de victimes de suicide, de pères de famille pendus pour les faveurs d’une de ces demoiselles marchandes de plaisir ; d’autre part, il savait trop bien que l’amour entrait en compétition avec la faim, pour déterminer qui engendrerait le plus grand nombre de morts et de crimes.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   06 juin 2018
Erica aimait cuisiner. Elle le faisait chaque jour pour sa famille et était convaincue que c'était une belle preuve d'amour. Mais, entendre Rosa décrire la cuisine de son pays, voir la rigueur avec laquelle elle respectait ses propres traditions, en un certain sens, l'émouvait. Elle comprenait que nourrir ses proches en leur procurant du plaisir était aussi un moyen d'établir un lien intime avec des générations de femmes aimantes qui avaient laissé dans leur sillage davantage de parfums et de saveurs que de paroles.
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