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EAN : 9782709664066
200 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (20/03/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Le carnaval, disait Goethe en parcourant les rues de Rome, est une fête que le peuple se donne à lui-même. » Un peu partout, en Europe et ailleurs, la montée des populismes se présente sous la forme d'une danse effrénée qui renverse toutes les règles établies et les transforme en leur contraire.
Aux yeux de leurs électeurs, les défauts des leaders populistes se muent en qualités. Leur inexpérience est la preuve qu'ils n'appartiennent pas au cercle corromp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
  16 avril 2019
Les ingénieurs du chaos du titre sont ceux qui ont compris avant les autres que la rage était une source d'énergie colossale, et qu'il était possible de l'exploiter pour réaliser n'importe quel objectif, du moment qu'on en comprenait les codes et qu'on en maîtrisait la technologie. Avec la montée des mouvements et parties populistes en Europe et outre-Atlantique, la rage contemporaine basée sur des causes sociales et économiques réelles, n'arrivant plus à se canaliser, dans la religion ou autres idéologies de gauche disparues à jamais, explose dans un Carnaval populiste aux apparences débridées. Pourtant loin d'être débridé ce Carnaval est orchestré, caché dans les coulisses, par le travail acharné de dizaines de spin doctors, d'idéologues et, de plus en plus souvent , de scientifiques et d'experts Big Data sans lesquels les leaders populistes ne seraient jamais venus au pouvoir.
Ainsi parmi ces ingénieurs du chaos,
En Italie, Casaleggio père, aujourd'hui décédé, à sa place son fils Davide Casaleggio
derrière le Mouvement 5 étoiles , une société de marketing digital ( Casaleggio Associati )au pouvoir, qui tire les ficelles des marionnettes Beppe Grillo et Luigi di Maio, vice-premier ministre ayant à son actif dans son passé qu'un seul boulot, employé comme steward au stade San Paolo à Naples. Les Casaleggio, une dictature sans précèdent,
Arthur Finkelstein, le grand conseiller derrière Viktor Orban le dictateur hongrois,
Facebook, l'algorithme déchaîné du réseau social californien, qui mixant l'épidémie de colère aux appels à la révolte des extrémistes de droite et de gauche, les fake News et les théories de complots provenant des sources les plus variées, derrière le mouvement des Gilets Jaunes,
Steve Bannon, l'homme orchestre du populisme américain, derrière Trump, celui qui l'a conduit au pouvoir, aujourd'hui au chômage et qui passe son temps en Europe dans les suites des hôtels les plus luxueux pour fonder une Internationale populiste afin de combattre ce qu'il appelle le parti de Davos des élites globales ?.....et grand copain de Mme le Pen,
D.M. Cummings* et les physiciens derrière le Brexit,
Mais aussi des ingénieurs de petits calibres, Luca Morisi, docteur en philosophie de l'Université de Vérone, qui gère " La Bête " ( explication dans le livre), derrière Matteo Salvini, l'autre clown de la Ligue du Nord, au pouvoir en Italie.
Pour les ingénieurs du chaos " le populisme nait de l'union de la colère avec les algorithmes". Quand à leur contenu concret ," pour la première fois depuis longtemps, la vulgarité et les insultes personnelles ne sont plus des tabous. Les préjugés, le racisme, le sexisme sortent du bois. Les mensonges et les complots deviennent une clé d'interprétation de la réalité."
Des expérimentations orweliennes qui donnent froid au dos mais qu'il faut malheureusement connaître, car elle sont déjà actuelles, et seront de plus en plus efficaces dans le proche futur. Des hommes dont l'intelligence maléfique ou non, engendre des systèmes virtuels impossible à saisir ou à contrôler et qui finiront par chambouler le peu qu'il en reste de l'ordre mondial, à jamais.....Même si on en connaît déjà une part de ce qui est écrit dans ce livre, je le conseille fortement vu la riche documentation et l'argumentation qu'il renferme. Cette lecture est aussi l'occasion pour chacun de nous, pour une prise de conscience des frontières de la "terra incognita" dans laquelle nos démocraties ont commencé à s'enfoncer, où oeuvrent physiciens et autres scientifiques pour une politique quantique dont le but est de pouvoir manipuler les populations le plus efficacement possible. Non ce livre n'est pas de la science fiction, c'est l'actualité même.
Écrit par un journaliste et écrivain italien, une brillante analyse de notre monde politique actuel.

*Cummings lui-même écrit que "si Victoria Woodcock, la responsable du software employé dans la campagne, avait été renversée par un autobus, le Royaume-Uni serait resté dans l'Union européenne ".
Un grand merci aux Éditions J.C.Lattés et NetGalleyFrance pour l'envoie de ce livre.
#LesIngenieursDuChaos# NetGalleyFrance
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kielosa
  12 septembre 2019
Le titre de l'ouvrage de Giuliano da Empoli est astucieux et par ailleurs rigoureusement correct : des mauvais génies, tels Steve Bannon aux États-Unis, Dominic Cummings au Royaume-Uni, Gianroberto Casaleggio et son fils Davide, en Italie, ont effectivement et allègrement contribué à créer un climat de malaise et d'angoisse, soi-disant pour le seul bénéfice des pauvres citoyens que nous sommes ! À ce trio, il convient d'ajouter Arthur Finkelstein (1945-2017), le génial conseiller de Viktor Orbán d'Hongrie et Benyamin Netanyahou d'Israël, et avant de Nixon, Reagan et Sharon. Cet homme avait parfaitement bien compris que la haine ou la colère est un excellent motif pour gagner les élections. Cyniquement, peu avant sa mort d'un cancer, à 72 ans, il a déclaré : Je voulais changer le monde. Je l'ai fait, je l'ai rendu pire ("worse" en Anglais) !
Sûrement que l'auteur s'est inspiré du terme "ingénieurs de l'âme" que le romancier russe, Iouri Olecha (1899-1960), a inventé et lancé lors d'une rencontre chez Maxime Gorki, en présence de Joseph Staline, qui a utilisé, à partir de 1932, cette expression pour désigner les écrivains russes, supposés contribuer (exclusivement) à l'édification et la victoire du communisme.
Il existe un très bon livre historique sur ce phénomène par Frank Westerman, que je compte chroniquer sous peu.
Notre amie, Bookycooky, a présenté, déjà le 16 avril dernier, une chronique du livre de da Empoli de telle qualité, qu'il serait présomptueux de ma part de vouloir essayer de la refaire. Je vous recommande donc vivement de lire cette critique. Je souscris à son approche et conclusions et je me bornerai ainsi à quelques remarques en marge et aux tous récents développements, notamment en ce qui concerne un de ces fameux ingénieurs du chaos, Dominic Cummings, et son chef Boris Johnson dans la comédie pénible du Brexit et en Italie, l'écartement du pouvoir central de la grosse "star" Matteo Salvini, provisoirement du moins.
Je crois que j'ai été le tout premier sur Babelio à brosser un portrait, d'ailleurs peu flatteur, de l'horrible Steve Bannon dans une critique de "Une conférence au Vatican", du 17/07/2017. Je ne vais donc pas répéter mon énorme admiration pour ce "gentleman" ici. Je tiens juste à signaler que son "master plan" pour une victoire électorale partout en Europe de l'extrême droite nationaliste, qu'il avait concocté dans son bureau près des bâtiments de l'Union Européenne à Bruxelles et qu'il avait précisé à Lille lors du congrès du Rassemblement National et dans la capitale belge lors d'une audition d'experts organisée par l'extrême droite flamande ("Vlaams Belang") où a brillé également Mme le Pen, n'a pas donné les résultats escomptés par ce triste sire et grand pote de Salvini. Mais j'avoue que, comme Européen convaincu, j'ai eu peur. S'il y a un étranger que l'on devrait expulser de notre continent, c'est bien Bannon.
Quoique le ras-de-marée européen d'extrême droite populiste ne se soit pas manifesté, sauf par-ci par-là un gain de quelques sièges dans les parlements nationaux, comme malheureusement en Flandre, avec le résultat que la formation d'un gouvernement fédéral belge risque de devenir une entreprise de très longue haleine !
En Italie, la grande vedette politique Salvini, qui a provoqué, début août 2019, la chute du gouvernement de Giuseppe Conte dans lequel il était ministre de l'intérieur, en vue d'organiser des élections anticipées et sa victoire aux urnes, s'est légèrement trompé dans ses calculs. L'accord intervenu entre le mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate (PD) a conduit au gouvernement Conte II, le 4 septembre dernier, sans Matteo Salvini. le pauvre peut continuer, sur les plages italiennes ou dans bars et restos, à se laisser prendre en selfies par n'importe qui de passage où lui se trouve par hasard. Comme le note l'auteur : "Le secret de Salvini réside dans le fait qu'il a réussi à catalyser une attention constante sur lui-même".(page 89). le showman italien se trouve donc pour le moment à l'écart, mais vu sa popularité colossale, il est sûr que la bête cherche à rebondir !
Outre-Manche, le mauvais vaudeville du Brexit a connu récemment une période de faste. Toutes les initiatives de Boris Johnson n'ont mené nulle part et à chaque fois il a été défait par un vote contraire du Parlement. C'était notamment le cas avec la motion du Brexit sans accord et les élections anticipées. Sans compter des abandons qui font mal, comme celui de son propre frère Jo Johnson. Logiquement, l'on pourrait s'attendre à un renvoi immédiat de son conseiller principal Dominic Cummings pour avis erronés, mais Bojo est Bojo et uniquement intéressé par Bojo et qui sait si ce cher collaborateur ne trouvera pas une nouvelle solution magique.
Même sans son Cummings, il n'a pas hésité à se féliciter des avances de ses négociations avec l'UE. Une information formellement contredite par plusieurs sources à Bruxelles. Mais dans cette histoire on n'en est plus à un mensonge près.
J'ai toujours eu beaucoup d'estime et de sympathie pour l'Angleterre, où le premier parlement de l'histoire a vu le jour. Actuellement pourtant, avec la farce absurde du Brexit, les shows futiles du Premier ministre, son conseiller sans foi ni loi, les dissonances de Nigel Farage et Milo Yiannopoulos, mon enthousiasme pour "Dear Old England" a pris un sérieux coup.
Le gouverneur de la province où j'habite, la Flandre-Occidentale, a indiqué les graves perturbations du trafic sur le réseau autoroutier avec la France qu'il faut craindre en cas d'un retrait britannique sans accord, le 31 octobre prochain. Entretemps, les autorités sur le continent cherchent à recruter des dizaines de douaniers et s'attendent à une multiplication d'encombres pour la circulation des voitures et de délais considérables pour l'acheminement des marchandises.
J'ai été favorablement impressionné par l'analyse implacable de Giuliano da Empoli des maux de notre temps et de l'impact colossal de ses "ingénieurs" qui sur la base d'algorithmes et à travers les réseaux sociaux jouent un tel rôle politique important, pour ne pas dire hélas déterminant.
À ce propos, je me suis souvenu d'une citation du regretté Philip Kerr que j'ai posté il y a 2 ans sur Babelio et extrait de son roman "La feinte de l'attaquant", disant : "Je ne suis pas trop fan des réseaux sociaux. Selon moi, nous nous porterions tous beaucoup mieux si chaque tweet était tarifé cinq pennys, ou si nous devions coller dessus un timbre-poste avant de l'envoyer. " (page 12).
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lcath
  25 février 2020
Passionnant et effrayant!
Au travers de quelques "surprises " électorales, le mouvement Cinq étoiles, Trump, le Brexit, Orban et autres, l'auteur retrace le comment du pourquoi. Et là - ça fait peur! On connaissait les sondages, les pamphlets, l'air du temps et les conversations de troquet , on est passé à une organisation absolument et totalement -voir totalitairement , efficace. Efficacité redoutable fournie par les possibilités informatiques et les réseaux, le clic qui tue en quelque sorte ...
Association d'une tête qui gère la partie technique et d'un corps qui va remplir la fonction chair humaine de la politique, l'auteur démontre les vastes imbrications et la force de ce pouvoir sous-terrain.
Pas de complotisme dans cette analyse, juste une réalité "virtuelle" poussée jusqu'à son paroxysme - enfin celui d'aujourd'hui , des lendemains encore plus performants peuvent arriver .
Dans une société qui maintient dans un état d'enfant capricieux, ne supportant pas la frustration, les individus , où le paraître et la pulsion sont les valeurs phares , la forme politique classique qui demande du temps et s'appuie sur le compromis parait devoir s'éteindre pour laisser place à une forme autre...
Une fois commencé je n'ai pas lâché ce livre qui bien que technique donne envie de tourner les pages pour en savoir plus .
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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critiques presse (1)
Lexpress   20 mars 2019
Il est lumineux. Implacable. De Budapest à Rome et de Saint-Cloud à Moscou, il éclaire les menées de ces partis qui misent sur une sorte d'e-démocratie totale pour flatter la rage de la vox populi et, à l'arrivée, parvenir a démolir l'UE.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   15 avril 2019
Mais si l'Italie fait fort comme d'habitude, le retour en force du Carnaval va bien au-delà de la péninsule. Un peu partout, en Europe comme ailleurs, la montée des populismes a pris la forme d'une danse effrénée qui renverse toutes les règles établies et les transforme en leur contraire. Les défauts des leaders populistes se transforment, aux yeux de leurs électeurs, en qualités. Leur inexpérience est la preuve qu'ils n'appartiennent pas au cercle corrompu des élites et leur incompétence est le gage de leur authenticité. Les tensions qu'ils produisent au niveau international sont l'illustration de leur indépendance, et les fake news, qui jalonnent leur propogande, la marque de leur liberté d'esprit.
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BookycookyBookycooky   16 avril 2019
Le grand mérite de Trump est, au fond, celui d'avoir compris que la campagne électorale était un format télévisé de pacotille, produit par des dilettantes et mettant en scène des personnages tristes et sans vie, qui n'auraient probablement pas passé la roue de la Roue de la fortune, et encore moins celles d'un show de télé-réalité suivi par des millions de fans de Kim Kardashian et de Justin Bieber.
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BookycookyBookycooky   15 avril 2019
Une étude américaine a démontré qu'en moyenne chacun d'entre nous exerce 2617 pressions par jour sur son smartphone. Pas vraiment le comportement d'une personne saine d'esprit, mais plutôt celui d'un junkie en phase terminale, qui se shoote à longueur de journée à coups de refresh et de like.
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kielosakielosa   11 septembre 2019
" Un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures ! "

Mark Twain

(page 82).
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BookycookyBookycooky   16 avril 2019
John Stuart Mill...."pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des hommes de bien."
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