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ISBN : 207031331X
Éditeur : Gallimard (06/05/2004)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Ils se voient de temps en temps, pour un apéritif, un concert à l'opéra, une galette des rois. Elle s'occupe de lui quand il tombe malade, et, lorsqu'elle perd sa grand-mère, se réfugie chez lui.

Mais Vendello se fait de plus en plus absent, lui parle sans cesse du chef Noureguiev… Elle se renseigne sur Noureguiev, visite les mêmes lieux que Vendello, et finit par découvrir son homosexualité. Déçue, se sentant trahie, elle se demande pourquoi il l'a l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  14 juin 2019
Nuit. Je m'adosse au mur, demi-allongé sur mon lit, un bouquin ouvert. La lune s'est invitée à travers la fenêtre de ma chambre. Elle brille d'une étincelante lueur, elle devient bleue. Une musique se glisse sous la couette, intense et émotionnelle, elle caresse ma peau nue qui frissonne dès les premières notes. Corps sensible toujours prêt à tendre son attention dès qu'une musique joue du va-et-vient avec l'intimité de son être. Un verre de Chianti et c'est Mozart qui joue l'Italie. Un verre de whisky et c'est mon âme qui respire dans la pénombre de cette pièce bercée par la sonorité érotique du violoncelle.
Je l'imagine, elle, brune et parfumée, venue enrober de ses longues jambes à peine caramélisées, l'instrument de sa jouissance, son violoncelle. Dès la première rencontre, le premier regard, elle m'a ému, elle m'a pénétré de son âme entière jouée dans sa musique. Et puis le silence se fait. Je l'écoute encore plus. Troublant, ce silence avant qu'une note reprenne vie à travers la fine cloison de nos vies séparées. Silence.
Etoiles. Je referme le livre qui occupe essentiellement le temps de ma vie. Une vie sans lecture, je n'y pense plus. Comme une vie sans musique. Et pour bercer cette vie, il y a ce silence, un silence chargé d'amour, d'émotion et de tristesse. Comme dans les lumières de cette constellation. Comme dans tout bon roman. Comme dans toute bonne musique. La vie est faite de silence et de musique. de bière aussi. Et d'elle, bellissimma ragazza.
Je frappe à son mur, espérant retrouver la magie de Mozart, de la musique, du violoncelle. de son âme. Les notes reprennent, elle n'a pas fini ses répétitions, pour mon plus grand bonheur, intimité de l'instant présent, moi, le silence et le souvenir de son parfum, fragrance respirée d'un instant volé et ancrée profondément en moi. Lune. Je replonge mon désir sous la couette, le livre fermé et le silence posé, la note sensible vers Morphée.
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Mladoria
  02 février 2018
Première note pour capter l'attention, puis une brève pause et tout commence alors avec une mélodie à travers des murs trop fins.
Dévorée en à peine deux jours, cette histoire, celle d'un amour, d'une passion sensitive, auditive. Car en lisant ces pages, on croirait entendre la musique s'en échapper. le style ressemble à s'y méprendre à une partition, où chaque note tressaute et s'enchaîne gracieusement avec la suivante, liant le tout en un morceau mélancolique et délicieux. Vie quotidienne parisienne, déboires familiaux et sentimentaux, allégresse de la solitude et dégustation des pleins du silence.
Le titre colle parfaitement au caractère de la narratrice qui nous fait partager ces jours et ces nuits. A travers son regard et ses émotions, on éprouve, on se lie.
Jusqu'à la cassure de la note finale. Et le silence.
Entre deux, nous est donné à lire, la note sensible, cette femme de l'entre-deux, grandiose dans sa simplicité. Premier roman on ne peut plus réussi.
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saphoo
  25 mars 2017
Voilà le genre de livre que j'apprécie sans modération, le style, le rythme, un univers, la musique, la sensibilité voire la fragilité, tout coule de source, j'aime et j'en redemande. Plus je découvre cette auteure plus je l'apprécie.
L'histoire se passe à Paris, la ragazza emménage à côté d'un bel italien amoureux de la musique, il joue du violoncelle, il chante ... en tant que bons voisins, la sympathie s'installe, tout est subtile dans les dires, on ressent bien cette relation gracieuse et polie, mais on ressent aussi cette douleur quand l'amour ne peut éclore pleinement.
c'est difficile de décrire un tel roman car tout est dans le ressenti, la volupté des mots, l'atmosphère que dégage cette histoire.
Quand je termine ce genre de livre j'ai beaucoup de mal à reprendre une autre lecture, je me sens tellement en osmose avec cette écriture, je recule devant les autres romans par crainte d'y trouver que de la froideur, la pâleur, l'indifférence...
Un autre livre de Mme Goby m'attend, je ne veux pas le lire de suite, je me garde pour le jour où l'envie de me plonger à nouveau dans son univers se fera sentir trop intensément.
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myriampele
  16 septembre 2015
Le titre est évocateur, ce roman est en effet un bijou de sensibilité et un ode à la musique. Je découvre avec ce roman une auteure dont j'ai hâte de lire les autres oeuvres. Son écriture nous amène au coeur du violoncelle de Vendello , le voisin, qui se révèle, en plus d'excellent musicien, un ami tendre et attentionné; ..peut-être plus! A découvrir absolument!
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Tempsdelecture
  13 juin 2019
Ce roman est à l'image de son titre et de sa couverture, il allie musique et sensibilité, il possède un charme discret et délicat. Rien de tapageur et étourdissant, nous avons là un doux mélange de sentiments variés et confus, de musique et de silence, comme si la première servait à communiquer ce que les mots n'étaient en mesure de faire. le langage du violoncelle, celui des chants, la musicalité qui naît des éléments qui entourent Inès remplace clairement toute forme de discours. Un grand sentiment de solitude plane dans cet immeuble, plus spécifiquement sur Inès et Vendello son voisin, solitaires, confinés chacun dans leur espace. Inès est une jeune femme un peu perdue dans cette ville immense, isolée dans cette espèce de bulle qu'elle s'est fabriquée et qui la sépare des autres. Elle n'a aucun attachement particulier dans cette capitale, n'entretenant que des relations superficielles avec ses voisins et ses collègues de travail. le seul lien qu'elle ait tissé, avec son voisin de palier italien, c'est la musique qui l'a créé. Elle ne recherche d'ailleurs pas le contact, essayant de s'extraire de cette foule, qu'elle anonymise, qui l'oppresse au point de presque l'étouffer. Inès aime cette solitude mais elle se raccroche pourtant à Vendello, l'un comme l'autre parlant un langage étranger à cette ville, l'italien pour l'un, l'anglais pour l'autre, la musique pour les deux.

le fil conducteur de ce roman est clairement celui de l'univers musical, que ce soit à travers Vendello lui-même ou son instrument, à travers des chants ou chansonnettes de joie, de tristesse, de refrains machinalement fredonnés, des opéras qui rythment la narration, de toutes sortes de sonorités, de vibrations, de voix qui scandent la vie d'Inès. La musique est non seulement le motif récurrent qui porte le roman mais elle sous-entend la vie d'Inès, qui se laisse portée par elle davantage qu'elle n'est active: les seules rencontres qu'elle ait faites dans sa vie, tout comme Vendello, ont été celles que le hasard a bien voulu mettre sur sa route. Inès vibre au son de Mozart, de Don Giovanni, emporté par l'intensité du son des instruments qui s'animent ensemble. Cette assimilation à la musique se fait crescendo au fur et à mesure qu'elle fréquente son voisin. Chacun d'entre eux joue sa propre musique, avec son propre solfège, son propre instrument, ses propres notes, en duo, presque. Mais, il ne s'agit pas forcément d'un véritable duo. le fait qu'ils aillent voir Don Giovanni n'est d'ailleurs pas anodin, puisque le premier acte du « trio des masques » inclut deux sopranos, et un ténor.
A l'opposé, lorsque Inès rentre dans sa famille, les retrouvailles se font dans le tintamarre joyeux de ses proches qui festoient, sur la musique de Barbara, accompagnés du tempo de la pluie qui tombe, du feu de cheminée qui crépite, du vent qui souffle, et même des « roues (qui) sautaient sur les cailloux ». Tout est musique, tout est rythme dans ce roman mélodieux, minutieusement composé, pour un peu qu'on se donne la peine d'être attentif et de tendre l'oreille à la musique envoûtante de Vendello, la cacophonie crispante de la ville, l'ambiance musicale joyeuse et chaleureuse du réveillon familiale, les battements cadencés des éléments « la tempête battait les carreaux » qui entoure Inès.
Après Don Giovanni, nous voila face au Cygne de Saint-Saens, solo de violoncelle, qui évoque la présence latente du musicien florentin. La poésie de ce roman est suave et voluptueuse, Inès elle-même évolue dans un cocon, sous l'emprise de cette musique, comme si elle était la danseuse étoile de ce ballet ou opéra que représente La note sensible. Elle en vient à incarner ce cygne qui tournoie, guider par le son du violoncelliste.
On ne sait finalement jamais vraiment qui est Inès, cette « ragazza » insaisissable, indéfinissable, dont le lecteur ne fait que ressentir les émotions, sans en connaître davantage. La métaphore filée de la musique omniprésente inverse le cours des choses: les humains deviennent les objets des instruments, qui possèdent eux l'essence de la vie. Comme l'âme des instruments à corde qui leur permet de produire un son. Elle possède une imagination face à laquelle sa réalité parisienne semble inconsistante. Davantage que cette vie toulousaine où les relations et sentiments sont solides et chaleureux.
Ce n'est clairement pas un roman qui donne lieu à réflexion, mais un récit qui se ressent, qui se vit, littéralement, au rythme des mélodies qu'il met doucement en scène. Valentine Goby a fait preuve là d'une sensibilité extraordinaire, qui se laisse écouter, ressentir, de la même façon qu'Inès ressent la musique du violoncelle de son voisin. Chaque moment possède sa propre musicalité, les moments de bien-être par le violoncelle de Vendello, les moments heureux par des chants, le moment d'abattement par le son de l'orgue. Inès se définit par la musique, par cette note sensible, qui fait d'elle un entre-deux constant.

Ce premier roman est assurément une belle réussite, j'avoue qu'il m'a fallu une relecture pour bien découvrir et assimiler les mots très soigneusement choisis que Valentine Goby a employés pour composer son récit. Ce n'est pas qu'un livre que l'auteure nous présente là, c'est bien davantage, un opéra, une pièce musicale du début à la fin. Je ne peux que vous conseiller de lire ce court roman, lequel, l'air de rien, s'avère être bien plus riche qu'il n'y paraît. Je crois que je vais me pencher sur la bibliographie de Valentine Goby, laquelle, je pense, ne peut que réserver d'autres récits aussi remarquables!
Lien : https://wordpress.com/post/t..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   22 mai 2019
Nous avons peu parlé. J’étais bien. Le vin m’engourdissait. Il faisait bon. Une demi-heure a passé, peut-être une heure. J’ai posé mon verre sur la table basse.
- Je vais aller me coucher. Je ne connais rien au vin, mais j’ai trouvé ça délicieux. Qu’est-ce que c’était ?
- Un chianti, « Il Coltri Vigna Uno Melini » millésime 1992.
- Ah…
- Au nez, violette et glaïeul, foin et rappel d’épices. Goût plein, chaud, velouté, fond de confiture de mûre sauvage et de vanille.
Vendello éclata de rire.
- Ça n’a aucune importance, mademoiselle, j’arrête. C’est vrai que c’était bon.
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TempsdelectureTempsdelecture   13 juin 2019
Nous nous sommes assis. Le brouhaha des instruments a fait écho à celui de la salle. L’air frémissait du frottement des cordes, il y avait une tension sonore semblable aux minutes qui précèdent l’orage en été, un bourdonnement intense mêlé de cris de frayeur, un grondement venu du fond de la terre; et tout d’un coup, comme de grandes mains plaquées sur la bouche, les deux accords de l’ouverture. Ensuite, trois secondes de silence. J’avais le souffle court. Mon cœur battait à vide. Vendello me regardait. J’ai détourné les yeux ; les siens ne me quittaient pas. Le son des cordes est monté. Les violons haletaient, tour à tour doux et violents, laissant présager dès les premières mesures la tragédie finale. Les cuivres et les cordes ont entamé un long dialogue. Ils se fondaient par moments ; puis ils se disputaient l’espace jusque dans mon ventre. Après plusieurs minutes, les violons se sont apaisés. J’étais épuisée. Vendello souriait.

Alors le mur noir s’est levé. Leporello chantait, coincé sur une échelle devant la demeure du Commandeur, attendant le retour de son maître. È non voglio più servir. Par moments, je fermais les yeux. Les voix n’appartenaient plus à personne. Elles étaient instruments parmi les autres instruments. Elles n’avaient plus de visage et je les préférais ainsi. Elles se joignaient à l’orchestre invisible dans la fosse et chantaient en moi. Je ne comprenais pas l’italien. Ça n’avait pas d’importance. La musique me parlait une langue familière. Mon corps lui répondait.
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le_Bisonle_Bison   12 juin 2019
Au soleil couchant, le son du violoncelle est monté derrière la cloison. Les ombres s’allongeaient démesurément. La lune s’est levée. La nuit est tombée par la fenêtre. Et lorsque tout s’est tu, il est resté en moi l’écho d’un chant, le frisson d’une caresse, le rêve d’un baiser.
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MladoriaMladoria   02 février 2018
Tu es le demi-ton. Tu es l'entre-deux, la note suspendue, l'équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol ; tu es la défaillance retenue d'extrême justesse, tu es le bord de l'abîme. Tu es ce qui pourrait être et qui n'est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. Tu es l'incertitude. Tu es la note sensible.
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Lea25Lea25   30 mars 2013
Je n'ai jamais connu de vous qu'un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J'écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. A vous entendre, j'ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J'ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois. Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai nue devant vous, et pourtant moins vulnérable qu'au soir du 15 octobre. Je n'aurai plus rien à dissimuler, pas même de l'amour.
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Vidéo de Valentine Goby
Chronique de Pascale Frey sur onlalu à propos de l'ouvrage "Un paquebot dans les arbres", de Valentine Goby, paru aux éditions Actes Sud en août 2016.
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